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22/04/2008

Cinq hommes de Daniel Keene

THEATRE de la TEMPETE

Cartoucherie de Vincennes

Route du Champ-de-Manoeuvre

75012 PARIS

Tél. 01 43 28 36 36

Pl. 18/13/10€

mercredi, tarif unique : 10€

Du mardi au samedi à 20h.

Dimanche à 16h.30 (relâche le lundi)

Du : 25 AVRIL au 25 MAI 2008 

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Texte français : Séverine Magois (Editions Théâtrales)

mise en scène : Robert Bouvier

avec Antonio Buil (Paco) - Dorin Dragos (Luca) - Abder Ouldhaddi (Larbi) - Boubacar Samb (Diatta) - Bartek Sozanski (Janusz) 

Avant de parler de la pièce et des interprètes, il faut tout d'abord rendre hommage au scénographe  - Xavier Hool - dont l'impressionnante réalisation est mise en valeur par les lumières de Laurent Junod. Grâce à eux, nous sommes happés par ce qui nous est donné à voir, nous ne sommes plus au théâtre mais dans l'action, partageant l'existence de ces hommes comme si nous étions de plein pied avec eux.
Au gré des reliefs réels ou fictifs, que de scènes mythologiques n'ai-je crû entrevoir sur ce mur, exactement comme lorsque couché dans l'herbe nous regardons le ciel  dont les nuages sculptent des figures à l'infini ...
Or, les personnages sont bien là, portés par des comédiens tous aussi attachants les uns que les autres. Cinq hommes venus d'univers différents porteurs de civilisations étrangères, réunis par ce que nous nommerons la cruelle nécessité, accomplissant un travail fastidieux, illustrant ainsi la grandeur de l'homme qui paradoxalement est anobli par un travail que d'aucuns jugent avilissant.
Larbi (Abder Ouldhaddi) a en poche cette photo au nom de laquelle il accomplit tous ces efforts avec l'espoir de rentrer un jour au pays pour serrer enfin, ce fils sur son coeur.
Diatta (Boubacar Samb) écrit dans un petit cahier, non un journal mais des histoires pour enfants prolongeant ainsi cette ancestrale tradition  qui fit les conteurs africains.
Janusz (Bartek Sozanski) contemple souvent le ciel, les étoiles et prie sans le savoir, en dormant.
Luca (Dorin Dragos) a pour idéal le sport, les femmes et l'alcool pour lesquels son salaire peut disparaître en un jour.
Et puis Paco et son physique d'homme viril, fier de ses mains calleuses dont on devine qu'il a dû faire la guerre d' Espagne ou une autre mais refuse d'en parler.
Daniel Keene fournit à ses personnages une dimension métaphysique alors que son indépendance d'esprit fait dire à  l'un d'entre eux : " Dieu ? ... je lui accorde le bénéfice du doute "   prier étant parler avec quelqu'un qui n'est pas là.
C'est donc un texte fort qu'il nous est permis d'entendre, porté par des comédiens remarquables, autrement dit une pièce à ne surtout pas laisser passer.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

09:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Trois semaines après le paradis d' Israël Horovitz

Théâtre PETIT HEBERTOT

78 bis, boulevard des Batignolles

75017 PARIS

Métro : Rome - Villiers

Réserv. 01 43 87 23 23

Places : 22/15 & 10€ 

Du mercredi au samedi à 21h.

Du mercredi 19 mars au jeudi 8 mai 2008 

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Traduction : Jean-Paul Alègre et Nathalie Gouillon (texte édité à l'Avant-Scène Théâtre)

Mise en scène : Ladislas Chollat

avec Daniel San Pedro

Décor : Jean-François Servigne

Lumières : Alban Sauvé. 

Que n'a t-on dit ou écrit sur le 11 septembre ! ... Il n'est même plus utile de préciser l'année tant tout le monde sait de laquelle on parle. Pourtant, il y eut un autre 11 septembre tout aussi célèbre avant, non ? ... Il se trouve éclipsé par celui-ci.
C'est même ainsi que l'on écrit l' Histoire : cette succession de dates rivalisant au fil du temps. Ceux qui ont vécu un drame de près ne peuvent oublier. Le film repasse en boucle dans leur tête et d'évidence, Israël Horovitz est de ceux là.
" - Et maintenant, je suis un papa irakien, un papa israélien, un papa afghan ... et je connais la terreur abjecte. " avouera t-il.
Ce ne sont pas de simples mots mis bout à bout dans le but d'écrire une pièce de plus. Le vécu, le ressenti présentent des accents qui ne trompent pas.
Sur scène, la lumière nous agresse comme des éclairs de flash et c'est bien de cela dont il s'agit, des flash ... back.
Le personnage qui s'agite sous nos yeux s'en est sorti et pourrait presque se prendre pour Super-Man tant le miracle reste incroyable ! On évalue à 6000 le nombre de disparus, dont les corps ont été ensevelis à jamais sous des tonnes d'acier et de béton. Mais surtout, pour lui, le plus important est ce fils pour lequel il a tremblé, submergé par une angoisse indescriptible et dont il le sait,  les séquelles ne disparaîtront jamais. Il faudra désormais vivre avec.
Le comédien, Daniel San Pedro exprime tout cela en utilisant chaque fibre de son être. La situation l'investit sans restriction : corps et âme et toute son énergie passe par ce texte. Les images ont pourtant envahi nos écrans ad nauseam mais personne encore n'avait  exprimé avec une telle force et une telle humanité ces moments apocalyptiques que l'auteur désigne pudiquement par " dépression de fin du monde "  Car presque incroyablement, ce texte ne véhicule aucune haine à l'encontre de ceux qui firent cela. Il constate juste qu'avant c'était le Paradis puisque l'homme pouvait librement se livrer à l'insouciance et à la tranquillité ...
Ne vous laissez surtout pas rebuter par le thème, allez voir ce magnifitique comédien, écouter ce texte, témoignage d'un être humain, profondément humain, tout simplement.

Simone Alexandre.

www.theatrauteurs.com

09:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Camille Claudel 1864 - 1943, de Christine Farré

CINE 13 THEATRE

1, avenue Junot

75018 PARIS

Tél. 01 42 54 15 12

Pl. 22€ - Tarif réduit : 13€ 

M° Lamarck-Caulaincourt - Abbesses

www.cine13-theatre.com 

Du mercredi au samedi à 19h.

Dimanche à 17h.30

Du 23 AVRIL au 24 MAI 2008.

Durée du spectacle : 1h.30 

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Spectacle adapté et mis en scène par Christine Farré d'après la correspondance de Camille Claudel, les textes de Paul Claudel, Auguste Rodin, Mathias Morhardt, Octave Mirbeau, Henri Asselin.

avec Camille Claudel : Ivana Coppola - Auguste Rodin : Enrico Di Giovanni - Octave Mirbeau : Pierre Carrive

Henri Asselin : Bernard Montini, Paul Claudel : Pierre Remund.

Créations lumières : Jean-Luc Chanonat -

Création son : Christophe Chouet. 

Camille Claudel en a déjà inspiré plus d'un au théâtre comme si une obscure attirance venait en quelque sorte compenser son génie contrarié mais évident. Deux grands hommes, deux proches en qualité de frère et d'amant ont masqué le soleil qui ne demandait qu'à resplendir. Elle paiera cette contrariété par trente deux ans d'asile ... Il fallait pour incarner le personnage, une comédienne à l'expression intense et il est évident qu' Ivana Coppola est bien l'artiste idéale.
Sous nos yeux, elle incarne Camille avec fougue, douleur et surpassement de soi.
En amont, Christine Farré a collecté les correspondances, s'imprégnant de cette existence pour la faire revivre, nous immergeant dans le monde de celle dont certains n'ont pas hésité à déclarer qu'elle avait encore plus de talent que Rodin !
Cet univers est reconstitué par la présence scénique des personnages qui ont gravité autour d'elle mais pas seulement hélas, Auguste Rodin bien sûr, son frère Paul, Octave Mirbeau et Henri Asselin que notre époque connaît peut-être un peu moins. J'ai assisté à la première représentation dans ce lieu et si le jeu de chacun était remarquable, en revanche, il m'a semblé que chaque interprète jouait encore sa partition. Au fil des représentations, la symbiose ne va pas tarder à s'installer d'elle même et c'est alors à un grand moment de théâtre auquel les spectateurs pourront assister, toutes les conditions étant pour cela requises.
La pièce n'étant programmée que pour une courte durée (un mois) allez y vite car le thème et ce qui en est fait méritent le déplacement.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

09:13 Publié dans THEATRE | Lien permanent