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02/02/2008

Quand nous nous réveillerons d'entre les morts d' Henrik Ibsen

Théâtre du Chaudron
Cartoucherie de Vincennes
Route du Champ de Manoeuvres
75012 PARIS

Loc. 01 43 28 97 04
Pl. 20/15/13€


Représentations à 20h. dimanche à 16h.
relâche, mercredi 6 février.

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Variations : Frédéric Vossier
Mise en scène : Jacques David

avec Dominique Jacquet, François Macherey, Claude-Bernard Perot, Pierre Tessier, Johanne Thibaut.

Quelle étrange démarche que celle qui consiste à vouloir, en partant d'une oeuvre qui a forcément son style et son rythme,
" en un geste aussi grave qu'ironique " (je cite) de bousculade et de dépoussiérage du texte du vieux Ibsen (sic et re-sic) y injecter des variations écrites dans le rythme et le lexique organiques ( ... ) de l'auteur dramatique, Frédéric Vossier."
Cette attitude aussi prétentieuse que stupide a pour conséquence de dépoussiérer le texte au papier de verre en le vidant de son essence même.
Messieurs les adaptateurs et metteurs en scène, vous signez là une double trahison, ce qui serait un moindre mal si elle n'était à ce point réductrice.
EXIT certains personnages peut-être pas essentiels mais qui avaient leur raison d'être au sens psychologique du terme.
EXIT les divers lieux où l'action se déroulait pour limiter celle ci à un hôtel dans lequel les personnages (enfin, ceux qui restent) vont aller et venir comme on pourrait le faire en un iieu d'exposition en utilisant un ton aussi convaincu que celui en vigueur lors de certaines générales de presse.
On peut ne pas aimer Ibsen mais en ce cas, qu'on le laisse tranquille !
Cette pièce, la dernière, illustrait bien pourtant l'introversion de celui qui s'était détourné de la trop fidèle reproduction du monde extérieur. Sa passion pour l'art qu'il exerçait, l'incompréhension dont il fut l'objet et qui l'ont mené au seuil du suicide devraient logiquement se retrouver chez Arnold Rubeck lequel a négligé sa vie privée au bénéfice de la création. En Irène il ne voyait que le modèle et non la femme.
Son oeuvre terminée il la remerciera " pour cet épisode ", s'étonnant ensuite de sa disparition.
" Le Jour de la Résurrection " était pourtant leur enfant à tous deux. C'est donc un être mort, au bord de la folie qui revient vers lui, porté(e) par un dessein de vengeance.
Maja est une charmante enfant, à qui si l'on promet la lune entend que l'on aille la lui décrocher. Rien qui puisse inspirer un génie créateur. Elle suivra donc le premier chasseur d'ours venu. La scène si poétique au bord du torrent n'aura pas lieu puisque l'hôtel restera la prison jusqu'à la délivrance finale.
Si nous nous réveillons un jour d'entre les morts, il faudra bien alors rendre des comptes à Ibsen (et à quelques autres, bien entendu).

Simone Alexandre

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10:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/02/2008

La Ballade de la geôle de Reading d' Oscar Wilde.

Maison de la Poésie-Paris
passage Molière, 157 rue St-Martin 75003 PARIS
(M° Rambuteau)
Loc. 01 44 54 53 00
Pl. 20 & 15€

Du mercredi au samedi à 19h.
(sauf les 13 & 16 février)
Dimanche, à 15 h.

Du 1er au 17 février 2008

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photo : Thierry Cohen.

Traduction Henry-D.Davray (parue au Mercure de fRANCE, 1898)
Mise en scène : Céline Pouillon
avec Stanislas Nordey et Julie Pouillon
Musique : Siegfried Canto.

La mise en scène restera symbolique : un homme, une femme sans doute pour évoquer ce couple à l'origine du drame. Il avait tué son épouse et pour cela, conformément aux lois en vigueur, devait être pendu ...
Wilde emprisonné pour moeurs réputées coupables, de sa geôle assistera de loin à l'exécution qu'il vivra de toute sa chair, à l'instar de St-Sébastien auquel il s'est si souvent référé, endurant le supplice.
Tel François Villon écrivant sa ballade des pendus, Oscar Wilde témoignera en une suite de strophes de six vers chacune, faisant du sort malheureux de celui qui va payer, sa propre rédemption.
Pour tous, l'espoir est aussi relatif que ce petit pan de bleu que nomment ciel les détenus de la prison mais ils continuent de s'y accrocher tandis que les heures s'éternisent et que vibre en soi la faute d'autrui.
Les aphorismes mondains ne sont plus de mise, un poète nouveau vient de naître en un ultime sursaut. La ballade de la geôle de Reading a valeur de chant du cygne, l'épreuve ayant à jamais marqué cet homme qui transformait jadis son apparente superficialité en suprême élégance.
L'image de fin sera hautement symbolique, représentant une piéta alors qu'il est dit que nous tuons tous ce que nous aimons. C'est à la fois la constatation faite par Oscar Wilde face à cette exécution et l'épreuve que la vie lui réservait puisqu'il fut victime d'un amour que l'époque victorienne condamnait.

Simone Alexandre

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10:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/01/2008

RECEPTION de Serge Valletti

THEATRE des MATHURINS
36, rue des Mathurins 75008 PARIS
(M° Havre-Caumartin)
Loc. 01 42 65 90 00
www.theatremm.com
Tarif unique : 35 €

Du mardi au samedi à 21h.
Matinées le samedi à 16h.60
& le dimanche à 15h.

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Mise en scène : Christophe Correia
avec Claire NEBOUT & Jean-Claude DREYFUS.

La scénographie composée d' éléments de guingois est là pour nous avertir que quelque chose ne tourne pas rond, que nous allons être les témoins d'une drôle de nuit ...
Jacques (Jean-Claude Dreyfus) la cinquantaine aussi hirsute que crasseuse est d'une humeur de chien mais c'est peut-être finalement son caractère habituel ?
L' homme est campé derrière son comptoir qu'il bouscule et encombre, tel un bouledogue dans sa niche et à voir son accoutrement, on se demande dans quel bouge l'arrivant vient d'atterrir mais apparemment, il lui en faut plus que cela pour le dérouter !
Celui qui vient d'entrer a le cheveu gomminé et la parole facile du voyageur de commerce en pleine activité. Précisément, il a tout un stock de photocopieuses à fourguer ce dont Jacques n'a que faire, lui et son incroyable myopie.
N'importe, le visiteur insiste et va utiliser tous les arguments imaginables pour parvenir à ses fins,
Une femme est annoncée et le champagne est au frais, sur commande. Le locataire de la chambre disparu, elle fera son apparition, très provocante, robe rouge échancrée et cheveux d'une couleur que la tradition prête aux vamps ...
En dépit de sa résistance, le gros zigoto de la réception ne tardera pas à se sentir émoustillé et le piège va peu à peu, se refermer. Les interprètes ne lésinent pas sur les moyens qui frisent souvent la farce aussi énorme que grinçante. Jean-Claude Dreyfus s'en donne à coeur joie, bredouille, éructe, semble pris de boisson avant même d'avoir troqué tisane pour whistky. L'intrigue ne se dénouera qu'en toute fin de pièce. Dürrenmatt tout aussi féroce était moins gore mais à chacun son style et puis Claire Nebout si elle ne fait pas oublier Julie Andrews dans Victor-Victoria est accoutumée aux énigmes policières et la pièce flirte avec le genre.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

09:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent