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19/09/2016

Vient de paraître d'Edouard Bourdet

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THEATRE 14

 

20, avenue Marc Sangnier

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Porte de Vanves)

 

 

loc. 01 45 45 49 77

 

 

http://theatre14.fr/

 

Le lundi à 19h

du mardi au samedi à 21h

Relâche le dimanche

 

jusqu'au : 22 OCTOBRE 2016

 

Mise en scène : Jean-Paul TRIBOUT

 

avec Jean-Paul BORDES (Maréchal) - Eric HERSON-MARCAREL (Marc) - Caroline MAILLARD (Jacqueline) - Laurent RICHARD (Olibet et Félix) - Xavier SIMONIN (Brégaillon et Henri) - Jean-Marie SIRGUE (Bourgine) - Jean-Paul TRIBOUT (Moscat)

 

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A en juger par le nombre de parutions littéraires actuelles on pourrait croire que le monde de l'édition a changé mais sans doute ne faut-il pas y regarder de trop près ?


Ambition et vanité sont toujours les deux moteurs en exercice … quant au sens du profit, notre époque bat tous les records jusqu'alors accomplis.

Edouard Bourdet écrivit cette pièce en 1927 et le thème reste d'actualité. Avec finesse et acuité, l'auteur épinglait alors ce monde qu'il connaissait bien ( et pour cause …) le tout agrémenté d'une touche de férocité que je qualifierai de jouissive.

Profane qui t'enorgueillis de compter un ou plusieurs auteurs au nombre de tes amis prends garde à ne leur faire aucune confidence, n'affiche pas trop ta vie privée au risque de la voir couchée sur le papier ou exposée sur scène.
( A moins qu'il ne s'agisse d'un désir inavoué mais fort heureusement, l'exhibitionnisme n'est pas le fait de tous.)

A première vue, Marc et Jacqueline forment un couple parfait et ce, depuis très longtemps or peut-on être tout à l'autre lorsque l'on écrit ? Pour pallier ce genre d'inconvénient, certains pratiquent l'écriture comme d'autres le piano ( à 4 mains ) alors qu'en certains cas, l'un (e) écrit et l'autre signe. Cela existe et je me garderai bien de nommer qui que ce soit puisqu'après tout, l'Art n'a que les Muses qu'il veut bien s'octroyer.

En ce monde qui fonctionne en quasi autarcie, l'agitation est grande parfois, surtout lorsqu'un prix est l'enjeu des démarches. Que ne ferait-on alors pour l'obtenir ? ...
Quant à l'éditeur, ce dernier spécule sur ce qui se vend le mieux.

Le vibrionnant Jean-Paul Tribout est Moscat, deus ex machina de l'édition. D'un simple coup de fil il peut lancer une carrière ou bien la défaire. Il connait son pouvoir, en use et abuse de façon quasi machiavélique.

Le couple uni est interprété avec intelligence et finesse par Caroline Maillard et Eric Herson-Marcarel.

Jean-Paul Bordes ( Maréchal ) sera cette caricature d'auteur tellement imbu de lui-même qu'il se croit irrésistible et le cynique Moscat y verra aussitôt une possibilité dont il pourra tirer profit ...

Dans cette pièce, l'objectif de tous est commun, faire parler de soi afin d'exister aux yeux des autres. Vanitas, vanitatum … ( vous connaissez la suite ).

 

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( photos LOT )



C'est drôle, le rythme est excellent, bref on passe un heureux moment en leur compagnie à tous et en repartant on ne peut s'empêcher de constater que les auteurs savaient bigrement construire les pièces à l'époque !




Simone Alexandre

 

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11:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/09/2016

Politiquement correct de Salomé Lelouch

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La Pépinière Théâtre

 

7, Rue Louis le Grand

 

75002 PARIS

 

 

 

( M° Opéra )

 

Loc. 01 42 61 44 16

 

http://www.theatrelapepiniere.com/

 

Pl. 29 & 38€

 

- 26 ans : 12€

 

A 21h du mardi au samedi

 

Matinée le samedi à 16h

 

 

Texte et mise en scène : Salomé LELOUCH

 

avec : Thibault de MONTALEMBERT ( Alexandre, avocat ) - Rachel ARDITI ( Mado, prof' d'histoire ) - Ludivine de CHASTENET ( Andréa ) - Bertrand COMBE ( Louis, fleuriste et militant FN ) - Arnaud PFEIFFER ( Gérant du café )

 

 

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Sans doute vais-je passer pour " une affreuse réac' " si je vous dis que le fait de recharger son téléphone portable en dehors de chez soi, me paraît une démarche pour le moins ?… cavalière, dirons-nous. Et peu " politiquement correct " par conséquent. 

 

Oui, mais sans ce prétexte, l'écriture de la pièce n'aurait pas eu lieu, alors faisons avec et oublions ce " sans gêne " bien à la mode semble t-il ? Un soir, dans un petit théâtre, j'ai effectivement vu un spectateur brancher son téléphone dans le hall et n'ai pu m'empêcher de penser : " en voilà un qui est gonflé ! "  Mais passons ...

 

Alexandre et Mado fréquentent sans le savoir, le même café,

" chez Loulou " et ce jour là, ont fait la même chose, confiant leur cellulaire respectif au sympathique gérant du lieu. Seulement dans la précipitation, au moment de la restitution des appareils dûment rechargés, une confusion s'est produite. Chacun est ensuite reparti avec le téléphone de l'autre …

Voilà qui facilite bien les rencontres ! 

 

Mado qui se situe décidément " carrément à l'ouest " n'avait pas rentré de mot de passe ce qui fait qu'Alexandre a pu lire certains messages qui auront une évidente répercussion sur la suite de l'aventure ...

 

Nous sommes en pleine période électorale or il se trouve que l'une est de gauche tandis que l'autre est carrément d'extrême-droite. Aïe ! aïe ! aïe ! …

 

Je me suis alors souvenue que ma grand-mère était une fervente catholique, votant à droite, mon grand-père un farouche communiste et que cela ne les a nullement empêché de passer leur vie ensemble mais " autre temps, autres moeurs ! "

En outre, l'un et l'autre étaient des militants de base alors qu'ici Alexandre est pour le moins engagé dans l'action que je ne qualifierai pas de directe, le terme risquant de lui déplaire …

 

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( photos : Christophe VOOTZ )

 

 

Pourtant, le coup de foudre a bien eu lieu entre ces deux là et peut-être que s'ils n'étaient pas flanqués l'un et l'autre d'un (e) ami (e) et confident (e) les choses se seraient passées autrement ? 

 

Seulement voilà, Andréa est psy ' donc, se targue d'y voir clair, tandis que Louis, fleuriste de son état ne vend pas spécialement des roses rouges mais composerait plutôt des bouquets du style : bleuet, marguerite, coquelicot. 

 

De toutes façons, quand un membre du Front National rencontre une bobo de gauche, il y a forcément de la rumba dans l'air ! 

 

Thibault de Montalembert qui s'est fait la tête de Me Collard a quelques démêlés avec sa chevelure dans laquelle il passe constamment des doigts impatients.

 

Rachel Arditi, jeune prof' d'histoire vit comme elle peut, c'est à dire assez mal, cet amour contradictoire en complet décrochage avec ses convictions.

 

Ludivine de Chastenet est comme son nom ne l'indique pas : marxiste convaincue et féministe bien sûr ; elle verra donc d'un oeil plus que critique ce à quoi elle assiste.

 

Bertrand Combe dont le personnage n'a pas inventé l'eau chaude ( mais pour les fleurs, ce n'est pas recommandé ) joue ici les militants aussi bornés que convaincu.

 

Enfin, Arnaud Pfeiffer ( celui par qui involontairement le malheur est arrivé ) est très, très drôle dans son rôle de témoin amusé par cette idylle naissante mais quelque peu perturbé par ce qu'il voit et entend.

 

Vous l'avez compris, vous êtes ici au théâtre comme dans la vraie vie. Chacun adoptera les répliques qui lui conviennent et si j'ajoute que la chute de la pièce est très habile, vous voudrez sans doute en savoir plus ?

Auquel cas, vous savez ce qui vous reste à faire ...

 

 

Simone Alexandre

 

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10:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/09/2016

La Louve, comédie de Daniel Colas

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THEATRE LA BRUYERE

 

5, rue La Bruyère

 

75009 PARIS

 

 

 

(M° St-Georges)

 

loc. 01 48 74 76 99

 

 

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Pl. 22 à 38€

 

- de 26 ans : 10€

 

 

Texte et mise en scène : Daniel COLAS

 

 

avec : Béatrice AGENIN (La Louve) - Gaël GIRAUDEAU (François 1er) - Coralie AUDRET (La Reine Marie) - Maud BAECKER (La Reine Claude) - Yvan GAROUEL (Le Bègue) - Adrien MELIN (Suffolk) - Patrick RAYNAL (Le Roi Louis XII)

 

 

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La Louve, entendez par là : Louise de Savoie, mère de celui qui allait devenir François 1er, - vous savez … le héros du Camp du Drap d'Or ? - mais nous n'en sommes pas encore là. ( Les louves ont la réputation de devenir féroces lorsqu'il s'agit de défendre leurs petits, à fortiori, si celui-ci doit devenir chef de meute.)

1515 : Marignan, la date la plus facile à retenir de toute l'Histoire de France; même les cancres y parvenaient jadis. Auparavant, en ce 1er Janvier de la même année, François de Valois, comte d'Angoulême devait devenir François 1er et la veuve de Charles d'Orléans intrigue en ce sens depuis longtemps. Elle défend son louveteau " bec et ongles " dans la perspective qu'il devienne " un nouveau César."

Béatrice Agenin met toute son énergie à faire revivre cette nouvelle Agrippine plus honorable que la précédente mais non moins motivée.

Charmant, ( le nez certes, un peu court par rapport au modèle ) complètement folâtre,  effectuant des moulinets avec les mains, volontiers truculent, le tourbillonnant Gaël Giraudeau campe ce roi en herbe.

Avec ce monarque aux goûts fastueux, hanté par l'Art italien, le pays quittera le sombre Moyen Age pour accéder à une nouvelle ère, celle de la Renaissance.

Quand la pièce commence, Louis XII vit ses derniers instants. Usé par les guerres, épuisé par ses vaines tentatives à donner un héritier au trône, celui que les Etats Généraux ont salué en 1506 par le titre de " Père du Peuple " s'éteint.

Patrick Raynal confère toute la dimension à ce personnage que l'ingratitude historique oublie trop souvent. Sa jeune épouse, Marie est soeur d'Henri VIII et l'on ne sait que trop la convoitise que La France déclenchait outre-Manche.

Marie feindra un temps d'être enceinte espérant que son amant Suffolk palliera les carences de l'époux mais le subterfuge ne tardera pas à être découvert.

Car celle qui veille au grain, l'incontournable Louise de Savoie a des espions. Un, en particulier, ce bègue amoureux d'elle

( irrésistible Ivan Garouel ! ) qu'elle s'emploie à manoeuvrer, ce qui lui permettra de déjouer le plan mis en place pour l'orienter au profit de son fils.

Faut-il rappeler que la loi salique refusait la couronne aux femmes et non la Régence que Louise exercera à deux reprises durant les campagnes italiennes de son fils mais n'anticipons pas.

François est marié à la claudiquante Claude ( fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne ) et se doit pour asseoir son pouvoir de lui faire des enfants ( mâles de préférence ).
Or l'homme est volage et il faudra toute l'insistance de sa mère pour qu'il accomplisse son royal devoir conjugal aussi souvent que possible.

 

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( photos : LOT )

 



Daniel Colas nous narre avec brio cette époque-épique ( ô combien ! ) au cours de laquelle la classe privilégiée alors au pouvoir occupait joyeusement son temps, passant allègrement de la chasse au desduit se gardant d'oublier la guerre et ses promesses de récompenses ...

Brantôme - peu lu à notre époque - a fourni les anecdotes figurant à cette foisonnante " Vie des dames galantes " inspirant l'auteur de cette pièce. Joyeuse comédie, quasi farce mais l' Histoire n'en est-elle pas une par définition ?

Les costumes bien que sombres sont assez beaux, le décor est d'une élégante sobriété et la mise en scène efficace. Que demander de plus ? …



Simone Alexandre

 

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11:46 Publié dans THEATRE | Lien permanent