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06/03/2007

LES REVENANTS de : IBSEN

Thriller psychologique d' Henrik Ibsen, mise en scène : Arnaud Denis dans une nouvelle adaptation de Jacqueline Cohen avec : Michèle André, Arnaud Denis, Jean-Pierre Leroux, Bernard Métraux, Elisabeth Ventura.
Durée du spectacle : 1h.45 sans entracte.
Représentations le mardi, mercredi, vendredi à 20h.30
jeudi & samedi : 19h.30
dimanche : 15h.30

DU : 6 MARS au 16 AVRIL 2007

Prix des places : 22 € - tarif réduit : 15 € - (le 13 de chaque mois, tarif unique à 13 €)

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Rendons à César ce qui lui appartient en reconnaissant que chaque pièce mise en scène par Arnaud Denis correspond à une réussite sur le plan esthétique.
La scénographie est ici - comme toujours - choisie avec soin, en parfaite corrélation avec la situation qui va sous nos yeux s'illustrer. J' émettrai quelques réserves concernant ces chuchotis dans le noir lesquels m'ont semblé quelque peu superfétatoires mais ceci n'engage que moi. Nous pénétrons dans cet intérieur bourgeois au confort déterminé par l' époque avec en prolongement une sorte de véranda ou jardin d'hiver (il sera question de serre dans la pièce) qui aura une importance déterminante ... Régine (vestale involontaire d'un secret qu'elle ignore) s'active à ranimer le feu d'une cheminée imposante au dessus de laquelle trône le portrait de l'ancien maître des lieux.
Deux classes sociales cohabitent , réparties en deux couples : celui formé par Madame Alving (la mère) et son fils, Oswald ainsi que la partie ancillaire, symbolisée par cet autre couple : père-fille (Engstrand et Régine).
Le Pasteur Manders tour à tour dirigiste ou naïf, symbolisera le fléau de la balance qui oscille entre ces quatre là.
Le jeune metteur en scène a fait part de son intention d'éviter ce qu' il nomme (je cite) les écueils trop souvent ressassés sur nos scènes lorsqu'il s'agit d' Ibsen, pesanteur, lenteur volontaire et souvent inutile. (fin de citation)
Sans doute n'a t' il pas eu la chance (ou le temps ...) d'assister à des représentations bien jouées et en parfaite correspondance avec l'esprit du texte ?
Il s'ensuit ici une accélération volontairement excessive du rythme qui risque parfois d'égarer le spectateur.
N'oublions pas que Ibsen est par excellence l'auteur tragique moderne, ce qui détermine une approche particulière de l'oeuvre. Derrière le drame bourgeois se profile la tragédie et cette dernière sous-tend le propos, le reste n'étant qu'affaire de sobriété !
Cette réalisation vue lors de la première représentation n'avait bien évidemment pas eu le temps de trouver son rythme de croisière et gageons que cela ne saurait tarder. D'ores et déjà, saluons la prestation de Bernard Métraux dont le talent a d'emblée trouvé le ton et le rythme qui conviennent au personnage d' Engstrand.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/03/2007

Vers les cieux de Odön von Horvath

Conte de fées musical
Texte français : Henri Christophe
L' Arche éditeur et Agent théâtral du texte représenté.
Mise en scène : Julien Téphany

avec, Philippe Vieux - Anne Azoulay - Laurent Prévot - Vincent Jaspard - Michelle Brûlé - Arnaud Laurens - Luc Altadill - Alexis Jebeile - Frédéric Rose - Fayçal Benouniche.

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(photo de répétition)

THEATRE de la TEMPETE - Cartoucherie de Vincennes - Rte du Champ de Manoeuvre 75012 PARIS.
T. 01 43 28 36 36 www.la-tempete.fr - plein tarif : 18 € - tarifs réduits 13 € & 10 € - mercredi, tarif unique : 10 €

du mardi au samedi : 20h. dimanche : 16h.30 - Durée : 1h.30 - du 2 MARS au 1er AVRIL 2007

Pour beaucoup, l' Enfer serait rouge (vision d'anti-communistes primaires, allez-vous dire ?) et bien détrompez-vous puisqu' au théâtre, il est vert, imaginé par les soins conjugués de Julien Téphany et Guillaume Lambert.
On n'y entend pas les cris de douleur et les supplications de ceux qui rôtissent sur le gril mais les accents d'un orchestre infernal, bien sûr !
Pour accéder à l'étage supérieur - entendez le Ciel - il ne reste qu'à gravir allègrement une échelle lumineuse en haut de laquelle attend St-Pierre, le grand portier. On sait tout cela depuis le catéchisme mais Odön von Horvath a précédé les suppositions de Sartre en plus humoristique.
Entre " Le Haut et le bas " tout se tient et en Enfer, on sue éternellement, comme dans la vie. Faust ne cessera jamais de hanter la mémoire humaine et il est tout à fait logique qu'une jeune diva ayant attendu 13 semaines d'affilée sur un banc, vende son âme (pardon, sa voix) au diable afin que son attente soit récompensée.
L' auteur écrivit cette pièce quelques années avant que le Ciel lui tombe sur la tête lui, qui avait fui le nazisme en venant s'exiler au pays des Gaulois.
Vers les Cieux est un conte de fées (! ...) musical où les sorcières de Macbeth sont tapies dans l'ombre ... Réflexion philosophique nous amenant à nous poser la terrible question : en tirant les ficelles comme il le fait, Dieu vaut-il plus cher que le Diable ? On découvre ce dernier sous les traits d'un pauvre bougre libidineux, dont le ridicule déclenche la sympathie puisque " humain, trop humain. "
Nos réincarnations éventuelles incluent elles les rages de dents ? Aux questions métaphysiques, humour et dérision donnent la réplique.
Odön von Horvath s'est toujours attaqué à l'ordre établi quand ce dernier était synonyme d'injustice. A l'époque celle-ci se nommait : national-socialisme.
La pièce menée rondement par tous les comédiens se décrypte à différents niveaux mais chacun devrait d'évidence y trouver son plaisir.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

27/02/2007

ENCORE UNE HISTOIRE D'AMOUR de Tom KEMPINSKI

Adaptation : Jean-Claude GRUMBERG
Mise en scène : Antonia MALINOVA
avec Charlotte RONDELEZ & Philippe IVANCIC.

au Théâtre ESSAION : 6, rue Pierre au Lard 75004 PARIS
(Métro : Hôtel de Ville ou Rambuteau)
Tél. 01 42 78 46 42 - www.essaion.com
du mercredi au samedi à 21h.30 -
Durée du spectacle : 1h.30
Prix des places : 18€ (PT) - 12€ (TR : chômeurs, étudiants ...)

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Le chauffage doit être en panne ? Une sorte de clochard emmitouflé se traîne dans un fauteuil sinon défoncé, d'une propreté douteuse, en tous cas. L' homme n'a rien d'un séducteur-né !
On la découvre, elle - tout le contraire - belle, élégante à un détail près car dès qu'elle bouge, son disfonctionnement se découvre, devient omniprésent. Cette jeune femme (de son propre aveu) souffre de polynévropathie. Très rapidement, on s'aperçoit qu'il n'est pas en meilleur état qu'elle car nettement psychotique - Victime de son succès, il ne parvient plus à écrire. C'est arrivé à d'autres que lui et certains ne s'en sont jamais sortis, l'exemple de Truman Capote hante les mémoires ...
La sonnerie du téléphone s' est déclenchée entre ces deux là qui vont régulièrement se parler en dépit de la distance qui les sépare, reliés comme par un cordon ombilical lancé au dessus des flots.
Peu à peu, cet échange va s'avèrer indispensable, se transformer en raison de vivre, de se battre ensemble pour remonter la pente.
Les deux personnalités vont s' affronter. Lui, avec son égoïsme de mâle, sa suffisance d' auteur à succès et elle, à cause de cette volonté farouche qui la fait ressembler à Frida Kahlo le corps en miettes mais les veines envahies par une lave torrentielle.
L' affrontement aura lieu tout d'abord à 4500 kms de distance puis face à face après l' émoi de la rencontre, vite écourtée.
Il fallait des comédiens exceptionnels pour s'attaquer à un tel texte, illustrer de telles situations. La palette de sentiments est multiple allant de la retenue la plus pudique au paroxysme de la violence. Dans l'attente de ce qui va suivre, les spectateurs retiennent leur souffle, se laissent porter par le rire quand l'humour salvateur leur est offert par un auteur qui sait toujours jusqu' où il peut aller.
Il est rare de parler d'un sans faute en matière de théâtre mais ici tout sonne juste, le texte, les comédiens, la mise en scène. On a envie d'y revenir, encore et encore brisés par l'émotion et reconnaissants pour tout cet amour prodigué.
Bravo ? ... le terme est faible !

Simone Alexandre.

www.theatrauteurs.com

08:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent