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12/03/2007

" Elle " de Jean Genet

THEATRE de la CITE INTERNATIONALE
17 bd Jourdan 75014 PARIS - Tél. 01 43 13 50 50
RER B & Cité Universitaire.

du : 6 MARS au 6 AVRIL 2007
lundi, mardi, vendredi, samedi à 21h.
jeudi à 19h.30
dimanche à 17h.30 - relâche le mercredi -
durée : 1h.15 : Resserre.
tarif plein : 21€ - tarif réduit : 14 €, lundi tarif réduit pour tous : 14 € moins de 30 ans ; 12,50 €

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photo : Julien Piffaut.

Mise en scène et lumière : Olivier Balazuc et Damien Bigourdon
collaboration à la scénographie : Pierre-André Weitz

avec : Olivier Balazuc, Damien Bigourdon, Bruno Blairet, Thibault Lacroix.

" Elle " est publié aux Editions de l' Arbalète.

A l'époque où Genet, mû par une inspiration iconoclaste, écrivit ce texte à l'emporte-pièce, personne ou presque n'osait contester l' infaillibilité papale, les catholiques convaincus voyant en cet homme (le premier de la chrétienté) la représentation de Dieu sur terre.
" Elle " ce n'est pas la Vierge mais le Pape, bien sûr, " Sa Sainteté " et comme aurait dit alors le petit gavroche-athée de service " S' il est pas content, çà lui apprendra à s' habiller en gonzesse ! "
Un photographe est venu rencontrer cette icône, l' immortaliser afin que sa diffusion puisse couvrir le monde entier. Damien Bigourdan nous restitue l'appréhension compréhensible de celui qui doit approcher un Grand de ce Monde aggravée par la mission qui est la sienne.
Mais un pape, qu'est-ce ? Que voit-il quand il se regarde dans une glace ?
Celui-ci a l' impression de n'être qu'un morceau de sucre à dilution rapide dont on distribue des morceaux en cette Epoque de Grande Consommation.
Un avatar de l' hostie, en quelque sorte ? Celui que l'on nomme : Elle, reconnaîtra, " je ne suis que pause puisque je suis le pape " déplorant l' image figée de lui alors qu'il a choisi de se déplacer en patins à roulettes pour parcourir les longs couloirs du Vatican tout en s' aérant l' intimité arrière ...
Bruno Blairet projette son texte comme s'il se trouvait en haut du balcon lors des bénédictions papales avec toute la foule de Rome à ses pieds; son personnage est cependant miné par la demande de ces " quinze millions d'âmes avides "
Thibault Lacroix symbolisera la première étape surprenante mais indispensable avant d'être admis à rencontrer Celui que l'objectif photographique doit fixer pour l' éternite. Il faut comme chacun sait passer par la pourpre cardinalice avant d'accéder à l' ultime blancheur ...
Mais les prémisses à la rencontre finale incombent à Olivier Balazuc qui est un huissier inénarrable de fantaisie et de drôlerie savamment dosées.
Anti-cléricaux obscurs ou avoués, allez y, vous allez vous régaler quant aux autres, ils n'auront qu'à se signer à la sortie !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

08:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/03/2007

Il Matrimonio segreto - opéra bouffe de Domenico Cimarosa

THEATRE ARTISTIC ATHEVAINS, 45 bis RUE Richard Lenoir 75011 PARIS (Métro : Voltaire) T. 01 43 56 38 32
à partir du 6 Mars 2007, les mercredi, vendredi, samedi à 20h.30 - dimanche à 16h. lundi à 19h.
prix des places : 30 € - tarif réduit : 16 € - pour les moins de 26 ans : 10 €
& 50 % de réduction sur le plein tarif jusqu'au 25 mars " soyez les premiers aux premières "

LE MARIAGE SECRET, livret italien : Giovanni Bertati -
Direction musicale : Andrée Claude Brayer
Mise en scène : Anne Marie Lazarini.
avec l' orchestre-studio de Cergy-Pontoise.

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avec : Frédéric Bang-Rouhet (baryton) - Pierre-Michel Dudan (basse) - Claire Geoffroy-Dechaume (mezzo-soprano) - Karine Godefroy (soprano) - Gaëlle Pinheiro (soprano) et Gorka Robles-Alegria (ténor)

Pour conduire ce Mariage Secret, le chef d'orchestre est une femme et le fait suffisamment rare pour mériter d'être souligné d'autant que Andrée-Claude Brayer dirige les musiciens de son Orchestre-Studio avec une conviction communicative d'où ce résultat optimal.

Maintenant, passons de l' orchestre à la scène pour découvrir un décor que l'on pourrait qualifier de néo-classique écrin de verdure et de pierre (ou de marbre blanc : à vous de choisir ...) permettant aux personnages d'évoluer tout de noir vêtus et en costumes contemporains ce, en évitant curieusement l'écueil de l'austérité. Premier exploit !
Légère surprise aussi mais les voix sont belles, amples et force est de reconnaître que l' anachronisme volontaire évoqué, destiné à illustrer un texte du 18ème siècle se fera vite oublier avant de trouver sa justification finale car tout ici contribue au plaisir des oreilles et des yeux.

L' intrigue bien entendu est le reflet d' une époque révolue où l'on retrouve les complications de la comédie italienne, amour et intérêt se conjuguant à loisir ...
La seconde partie de cet opéra-bouffe nous ménagera quelques surprises esthétiques ou revirement inattendu qui devraient satisfaire le spectateur qui réapprend (s'il l'avait oublié) que la vocation initiale du spectacle était de nous aider à oublier les vicissitudes de la vie le temps d'une représentation.

Heureuse initiative qu' Anne-Marie Lazarini a eue là ! Nous ne saurions trop l'encourager à poursuivre son oeuvre en cette direction et pour notre plus grand plaisir.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

15:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/03/2007

Le Suicidé-comédie de Nicolaï Erdman

ATHENEE - Théâtre Louis Jouvet - square de l' Opéra Louis Jouvet 7, rue Boudreau 75009 PARIS
Métro : Opéra, Havre-Caumartin. Loc. 01 53 05 19 19 - billeterie en ligne : www.athenee-theatre.com
plein tarif : de 28 € à 12 € - tarif réduit : de 23 € à 10 €

Du jeudi 8 mars au samedi 7 avril 2007
mardi 19h, mercredi au samedi : 20h.
matinées exceptionnelles : dimanche 18 mars à 16h et samedi 31 mars à 15h.

Mise en scène : Anouch Paré
avec Céline Bothorel, Carlos Chahine, Jean-Marc Culiersi, Lorian Daire, Marc Ernotte, Isabelle Gouzou, Damien Houssier, Guillaume Junot, Marianne Lewandowski, Eric Malgouyres, Nadine Marcovici, Marie Réache, Christian Ruché et Chantal Trichet.

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PHOTO : Christophe Manquillet.

Le titre de cette pièce ne saurait plus être dissuasif à quiconque tant elle a été montée avec succès. C'est comme l'on dit un thème porteur surtout, hélas en cette période où le chômage est au coeur de nos préoccupations. Or ne convient il pas de rire des situations désespérées ?
Nicolaï Erdman pourfend à la fois la bêtise humaine et la cruauté de certains systèmes. Le personnage qui se trouve au coeur de l'action (Podsékalnikov) nous touche par sa naïveté, sa fragilité d'homme en marge de l'ordre établi.
Il convient de souligner ici l' implication parfaite de Marc Ernotte qui nous permet d'adhérer complètement à tout ce qu'il vit sous nos yeux.
Faut-il rappeler qu'il y a de cela un demi-siècle, être au chômage était considéré comme un état infamant ? Ne pas travailler et avoir des dettes plaçait ceux que nous considérons actuellement comme des victimes, au banc de la société. D' où cette (maintenant) incroyable idée de suicide car toutes les valeurs de l'époque allaient en direction du Travail et de la Patrie. A fortiori quand on se trouvait sous la férule d'un Joseph Staline !
Il fallait donc, véhiculer beaucoup d' humour pour avoir une petite chance de pouvoir monter cette pièce hautement subversive en ces temps de répression active. L'auteur paya très cher cette insolence ...
Le texte étant fort heureusement venu jusqu' à nous, s'écoute avec une délectation tout à fait jubilatoire et il est flagrant que tous les comédiens prennent un plaisir immense à l'interpréter devant nous.
Saluons également au passage la prestation de Chantal Trichet à la présence scènique indéniable et entre autres ... la fantaisie débridée d' Eric Malgouyres, prètre inénarrable !
Ils sont tous mis en valeur par une mise en scène à la fois précise et fluide, bref un excellent moment de théâtre.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

20:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent