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01/03/2007

Vers les cieux de Odön von Horvath

Conte de fées musical
Texte français : Henri Christophe
L' Arche éditeur et Agent théâtral du texte représenté.
Mise en scène : Julien Téphany

avec, Philippe Vieux - Anne Azoulay - Laurent Prévot - Vincent Jaspard - Michelle Brûlé - Arnaud Laurens - Luc Altadill - Alexis Jebeile - Frédéric Rose - Fayçal Benouniche.

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(photo de répétition)

THEATRE de la TEMPETE - Cartoucherie de Vincennes - Rte du Champ de Manoeuvre 75012 PARIS.
T. 01 43 28 36 36 www.la-tempete.fr - plein tarif : 18 € - tarifs réduits 13 € & 10 € - mercredi, tarif unique : 10 €

du mardi au samedi : 20h. dimanche : 16h.30 - Durée : 1h.30 - du 2 MARS au 1er AVRIL 2007

Pour beaucoup, l' Enfer serait rouge (vision d'anti-communistes primaires, allez-vous dire ?) et bien détrompez-vous puisqu' au théâtre, il est vert, imaginé par les soins conjugués de Julien Téphany et Guillaume Lambert.
On n'y entend pas les cris de douleur et les supplications de ceux qui rôtissent sur le gril mais les accents d'un orchestre infernal, bien sûr !
Pour accéder à l'étage supérieur - entendez le Ciel - il ne reste qu'à gravir allègrement une échelle lumineuse en haut de laquelle attend St-Pierre, le grand portier. On sait tout cela depuis le catéchisme mais Odön von Horvath a précédé les suppositions de Sartre en plus humoristique.
Entre " Le Haut et le bas " tout se tient et en Enfer, on sue éternellement, comme dans la vie. Faust ne cessera jamais de hanter la mémoire humaine et il est tout à fait logique qu'une jeune diva ayant attendu 13 semaines d'affilée sur un banc, vende son âme (pardon, sa voix) au diable afin que son attente soit récompensée.
L' auteur écrivit cette pièce quelques années avant que le Ciel lui tombe sur la tête lui, qui avait fui le nazisme en venant s'exiler au pays des Gaulois.
Vers les Cieux est un conte de fées (! ...) musical où les sorcières de Macbeth sont tapies dans l'ombre ... Réflexion philosophique nous amenant à nous poser la terrible question : en tirant les ficelles comme il le fait, Dieu vaut-il plus cher que le Diable ? On découvre ce dernier sous les traits d'un pauvre bougre libidineux, dont le ridicule déclenche la sympathie puisque " humain, trop humain. "
Nos réincarnations éventuelles incluent elles les rages de dents ? Aux questions métaphysiques, humour et dérision donnent la réplique.
Odön von Horvath s'est toujours attaqué à l'ordre établi quand ce dernier était synonyme d'injustice. A l'époque celle-ci se nommait : national-socialisme.
La pièce menée rondement par tous les comédiens se décrypte à différents niveaux mais chacun devrait d'évidence y trouver son plaisir.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

27/02/2007

ENCORE UNE HISTOIRE D'AMOUR de Tom KEMPINSKI

Adaptation : Jean-Claude GRUMBERG
Mise en scène : Antonia MALINOVA
avec Charlotte RONDELEZ & Philippe IVANCIC.

au Théâtre ESSAION : 6, rue Pierre au Lard 75004 PARIS
(Métro : Hôtel de Ville ou Rambuteau)
Tél. 01 42 78 46 42 - www.essaion.com
du mercredi au samedi à 21h.30 -
Durée du spectacle : 1h.30
Prix des places : 18€ (PT) - 12€ (TR : chômeurs, étudiants ...)

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Le chauffage doit être en panne ? Une sorte de clochard emmitouflé se traîne dans un fauteuil sinon défoncé, d'une propreté douteuse, en tous cas. L' homme n'a rien d'un séducteur-né !
On la découvre, elle - tout le contraire - belle, élégante à un détail près car dès qu'elle bouge, son disfonctionnement se découvre, devient omniprésent. Cette jeune femme (de son propre aveu) souffre de polynévropathie. Très rapidement, on s'aperçoit qu'il n'est pas en meilleur état qu'elle car nettement psychotique - Victime de son succès, il ne parvient plus à écrire. C'est arrivé à d'autres que lui et certains ne s'en sont jamais sortis, l'exemple de Truman Capote hante les mémoires ...
La sonnerie du téléphone s' est déclenchée entre ces deux là qui vont régulièrement se parler en dépit de la distance qui les sépare, reliés comme par un cordon ombilical lancé au dessus des flots.
Peu à peu, cet échange va s'avèrer indispensable, se transformer en raison de vivre, de se battre ensemble pour remonter la pente.
Les deux personnalités vont s' affronter. Lui, avec son égoïsme de mâle, sa suffisance d' auteur à succès et elle, à cause de cette volonté farouche qui la fait ressembler à Frida Kahlo le corps en miettes mais les veines envahies par une lave torrentielle.
L' affrontement aura lieu tout d'abord à 4500 kms de distance puis face à face après l' émoi de la rencontre, vite écourtée.
Il fallait des comédiens exceptionnels pour s'attaquer à un tel texte, illustrer de telles situations. La palette de sentiments est multiple allant de la retenue la plus pudique au paroxysme de la violence. Dans l'attente de ce qui va suivre, les spectateurs retiennent leur souffle, se laissent porter par le rire quand l'humour salvateur leur est offert par un auteur qui sait toujours jusqu' où il peut aller.
Il est rare de parler d'un sans faute en matière de théâtre mais ici tout sonne juste, le texte, les comédiens, la mise en scène. On a envie d'y revenir, encore et encore brisés par l'émotion et reconnaissants pour tout cet amour prodigué.
Bravo ? ... le terme est faible !

Simone Alexandre.

www.theatrauteurs.com

08:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/02/2007

JEFFREY de Paul RUDNICK

Comédie adaptée et mise en scène par Christian BORDELEAU
Chrorégraphies : Joseph FOWLER

THEATRE CLAVEL : 3, rue Clavel 75019 PARIS (Métro : Pyrénées) T. 01 42 38 22 68
Du lundi au jeudi à 21h.30 jusqu'au 29 mars
puis du mardi au samedi à 21h.30 du 3 au 28 avril 2007 -
Durée : 1h.40

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avec : Julien BAPTIST, Loïc BLANCO, Emilie COITEAUX, Samuel GANES, Jean LELOUP, Cyril MONTERO, Renato RIBEIRO, Edouard THIEBAUT.

Musique disco, le LA est donné en ce qui concerne l' époque à laquelle l'action se situe mais aussi l'ambiance dans laquelle les personnages vont évoluer ...
Un lit occupe le milieu de l'espace scènique dans lequel les partenaires ne feront que passer très, très rapidement en un défilé érotico-humoristique.
Jeffrey est un jeune gay qui multiplie les aventures d'un moment pour une simple et bonne raison : le sexe, il aime, c'est sa drogue à lui !
Comédien au chômage comme beaucoup, il gagne sa vie en tant que barman aussi a t' il besoin de s'offrir du bon temps pour compenser, tout simplement.
La catastrophe planétaire va se produire, ce que d'aucuns assimileront à un remake du Concile d' Amour d'autant que la communauté gay va un temps, jouer les boucs émissaires à cause de sa liberté affichée.
En un réflexe qu' aurait approuvé Jean-Paul II, Jeff va prendre une décision drastique : no sex, never ! C'était compter sans l' énergie de la jeunesse.
Il aura l' idée de se dépenser autrement et ira grossir le flot de tous ceux qui passent leurs loisirs en salle de sports et là, patatras ! Le Hasard lui fera rencontrer Stéphane. On peut résister à des pulsions mais certes pas au Sentiment.
Or, il s'avère que l'objet de ce coup de foudre partagé (eh ! oui, ça arrive ...) est séropositif. Panique de Jeffrey.
Christian Bordeleau a choisi de traiter ce thème en utilisant les rouages d' une comédie musicale. Le résultat est enlevé, gai dans tous les sens du terme et l'on gagne en plaisir ce que l'on perd en intensité dramatique.
Certes, du temps s'est écoulé depuis l'écriture de la pièce et les mentalités ont changé surtout, pas toujours dans le sens espéré ...
En dépit de la volonté affichée d'actualiser le propos, quelques scènes paraissent un peu kitch mais le tout se laisse voir agréablement.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

14:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent