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10/03/2009

En remontant le Niger de Arezki Mellal

 

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LE TARMAC de la Villette

Parc de la Villette

211 av. Jean-Jaurès

75019 PARIS

(M° Porte de Pantin)

Loc. 01 40 03 93 95

Pl. 16€, T.R. 12€

Jusqu'au : 4 avril 2009

du mardi au vendredi à 20h.

le samedi à 16h.

 

Mise en scène : Maria Zachenska

avec Jacques Allaire, Criss Niangouna et Chantal Trichet.

 

Quel terrible miroir Arezki Mellal nous met il ici sous les yeux !
Nous aimerions pouvoir nous dire que le trait est obligatoirement forcé, la vocation du théâtre étant avant tout que le message passe ...
Car l'européen n'est pas ménagé par l'auteur mais ce qui est dit est tellement vrai que nous nous empressons d'en rire pour ne pas être gênés.
Certes, nous sommes dans la farce, dans le clownesque mais cela suffit-il à nous consoler ?
Un couple européen a décidé de remonter le Niger pour une croisière mi-crapuleusement commerciale pour le fils, mi-touristique à but sexuel pour la mère qui a visiblement comme on dit " quelques heures de vol."
Ce superbe indigène fera parfaitement l'affaire. A savoir, Moussa, vulgarisation de Moïse, rebaptisé Lustucru par un français ignare qui confond imparfait du subjonctif avec plus-que-parfait. De toutes façons, utiliser l'un ou l'autre est démodé en cette ère de profits où seules les spéculations présentent un quelconque intérêt.
La mère est en mal de ... mâle, et cette femelle lubrique voit à peine ce fils sans âge tant elle poursuit son obsession personnelle.
Il fallait un talent aussi dévastateur que celui qui anime Chantal Trichet pour ne pas sombrer dans le ridicule. La comédienne est absolument époustouflante dans ce rôle tant son engagement mental et physique est absolu.
Jacques Allaire compose avec brio ce personnage de fils veule et mercantile qui en dépit de tout ses défauts finira par nous apitoyer en une situation aussi caricaturale que paroxystique.
Moussa, ah ! Moussa ... l'énigme pour des esprits habitués aux clichés en vigueur.
Cris Niangouna est magnifique de présence tranquille faisant preuve d'une patience à l'humour subtil.
Vous l'avez compris, ce spectacle est un sans faute : le texte fait mouche, les comédiens sont parfaits et la mise en scène physique au possible mise au point par Maria Zachenska, qui elle aussi a beaucoup de choses à dire. C'est simple, n'y allez pas : courez y !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photos : Eric Legrand)

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11:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/03/2009

NATHALIE RIBOUT de Philippe BLASBAND

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MARIGNY (Salle Popesco)

Carré Marigny

75008 PARIS

(M° Champs-Elysées)

Loc. 01 53 96 70 20

Pl. 40/35/30€

Du mardi au samedi à 21h.

Dimanche à 16h.

 

 

Mise en scène : Christophe LIDON

avec Virginie EFIRA et Maruschka DETMERS.

Le texte est publié aux éditions : Actes Sud.

 

Philippe Blasband par le biais de cette pièce analyse la complexité des sentiments humains, démontrant à quel point une femme délaissée risque de devenir dangereuse  ... (Double clin d'oeil en direction de Diderot et Choderlos de Laclos.)
Sonia, l'épouse légitime vit mal cette instance de divorce et son art (elle est cantatrice) va s'avérer insuffisant à lui faire oublier sa condition présente.
Comment continuer à se sentir vivre quand on n'existe plus aux yeux de l'Autre ?
Elle va donc mettre au point un plan machiavélique en payant grassement une prostituée qui aura pour mission de séduire l'époux inconstant. La sélectionnée viendra régulièrement tout raconter par le menu sans omettre le moindre détail ...
Le sadomasochisme ne connaît pas de limites mais il ne saurait tout prévoir.
Au physique comme au moral, les deux femmes sont dissemblables, ce qui ajoute du piment à la situation et paradoxe, qui ne manque pas de saveur, la professionnelle sera initiée par sa commanditaire.
Or, on ne devient pas pervers sur commande et l'embourgeoisement aura le mot de la fin. Tout l'intérêt de cette pièce réside dans l'imprévisible évolution des sentiments déclenchés par les situations et le plaisir que l'on prend à voir évoluer deux belles comédiennes, Quant au message, chacun tirera ses propres conclusions en fonction de son vécu personnel. Maintenant si votre vie et celle de votre entourage s'avère aussi étale qu'une mer d'huile, vous pourrez toujours aller épier les dames du bois de Boulogne !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/02/2009

Bartleby le scribe, une histoire de Wall Street d'Herman Melville

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La Pépinière théâtre

7, rue Louis Le Grand

75002 PARIS

(Métro : Opéra)

Loc. 01 42 61 44 16

Tarif unique : 25€

(moins de 26 ans : 10€)

Lecture-spectacle mise en scène par François Duval

avec Daniel Pennac.

Texte français : Pierre Leyris (éditions Gallimard)

Adaptation, Daniel Pennac

Scénographie : Charlotte Maurel.

Du mardi au samedi à 19 heures.

 

La scénographie est tout à la fois sobre et impressionnante, magnifique pour tout dire mais si vous me demandez de la décrire ... " je préférerais pas ! " car il serait criminel de vous priver du plaisir de la découverte.
Avec une discrète générosité, Daniel Pennac va nous lire ce texte qu'il affectionne bien qu'il m'ait semblé que la présence de la brochure était plus un détail de mise en scène qu'un besoin réel.
Tout chez lui inspire la sympathie, sa façon de bouger à la fois précise et feutrée, sa manière de dire sans aucune esbroufe avec les mots du coeur, en toute simplicité. Vous avouerais-je que je m'étais rendue à cette lecture-spectacle avec une petite appréhension. J'avais il y a quelques années assisté à une représentation théâtrale sur le thème de Bartleby avec tous les personnages représentés sur scène et je craignais que la comparaison fût défavorable.
Et bien non ! c'est autre chose mais l'attention du spectateur est complètement captée par le texte et celui qui le dit. Mieux, il me semble que l'humour se taille ici la part belle, que la profondeur des sentiments exprimés devient presque palpable.
La magie de la lecture se réincarne sur scène. Le spectateur imagine les personnages ... pour un peu, il se surprendrait à porter à ses lèvres l'un de ces gâteaux au gingembre dont le scribe raffolait. Merveille de l'imagination, on croit voir le buste de Cicéron se détacher dans un halo de lumière ! La cour de la prison se mue en purgatoire avant que le héros devienne mythique.
Quand ce fut fini, j'aurais voulu que le temps se rembobine, que le livre bénéficie d'une seconde lecture mais rien ne vous empêche d'aller voir ce spectacle plusieurs fois de suite. Je suis persuadée que vous y découvrirez des nuances subtiles. Merci, Monsieur Pennac !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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11:19 Publié dans THEATRE | Lien permanent