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05/05/2007

LE MANDAT de Nicolaï Erdman.

THEATRE 13
103A, boulevard Auguste Blanqui
75013 PARIS
(M° Glacière)
Tél. 01 45 88 62 22

Pl. 22€ - TR. 15€
& le 13 de chaque mois : TU : 13€

mardi, mercredi, vendredi à 20h.30
jeudi & samedi à 19h.30
dimanche à 15h.30
jusqu'au : 3 juin 2007

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photo : Virgile Biechy.

Mise en scène : Stéphane Douret
avec : Claire Nadeau, Gwendal Anglade, Romain Cottard, Olivia Dalric, Julie Jacovella, Paul Jeanson, Yves Jégo, Françoise Lépine, Agnès Ramy, Antoine Rosenfeld et les musiciens du groupe : Pad Brapad Moujika.

Peut-on être un grand auteur d'art dramatique et n'avoir écrit que deux pièces ?
En voici la preuve. Nicolaï Erdman n'avait que 24 ans quand il écrivit Le Mandat.
Meyerhold monte alors la pièce en 1925 et son impact est tel qu'elle sera reprise à Berlin deux ans plus tard. Or l'auteur y fait preuve d'une lucidité dérangeante en cette période de totalitarisme et il paiera très cher cette hardiesse.
Jamais ce texte ne sera publié de son vivant et le fait d' avoir écrit Le Mandat et Le Suicidé lui vaudront trois années de déportation suivies d' une assignation à résidence. On ne badinait pas avec Staline !
Les personnages de la pièce n'appartiennent déjà plus à la période écoulée, (ce tsarisme déchu) et peinent à s'intégrer dans l'ère nouvelle. Ils vont donc être à la recherche de ce que l'on nommerait maintenant une intégration et ce, dans leur propre pays ... Ils n'existent tous que par leur paranoïa qui n'est en réalité qu'une forme de prémonition car l'auteur avait vu juste.
La mère ne pense qu'à marier sa fille tout en incitant le fils à s' engager politiquement afin d'assurer leurs arrières, tout en se lamentant " Mais c'est quoi cette vie, c'est quoi ? " Magnifique Claire Nadeau !
Le père de celui que l'on destine à la fille à marier était il y a peu un opulent propriétaire. Resté secrètement fidèle au souvenir de Nicolas II, il recherche la garantie de quelqu'un affilié à l'actuel pouvoir car il s'agit pour tous d'afficher des opinions conformes à l'idéologie en vigueur.
A l'ex-commerçante, une malle sera confiée avec son précieux contenu, un secret mal gardé et une supercherie engendreront des situations où comique et tragique jongleront pour se transformer en farce par le seul pouvoir d'un Mandat, petit papier symboliquement rouge qui de surcroit s'avèrera faux.
Afin d'encadrer et de ponctuer cet imbroglio, cette cavalcade de situations aussi délirantes qu'enchevêtrées, les musiciens du Groupe Pad Brapad Moujika s'intègrent au spectacle et les rythmes tziganes nous entraînent dans leur tourbillon.
Le spectacle dure 2 heures, durant lesquelles l'attention du spectateur est sans cesse sollicitée, il en ressort quelque peu bousculé mais ravi.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

DIABLESSES comédie d' Ida Gordon & Aurélien Berda.

TAMBOUR ROYAL
94 rue du Fbg du Temple
75011 PARIS
(M° Goncourt ou Belleville)
T. 01 48 06 72 34

Pl. 21€, TR.16€

mercredi, jeudi, vendredi à 21h.
samedi à 17 & 21h.

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Mise en scène : David Rozen.
avec Caroline Anglade, Céline Hilbich, Carine Ribert, Antoine Schoumsky.

Ces jeunes comédiens nous offrent une désopilante comédie à l'allure farcesque dont les personnages directement inspirés de séries B vont nous entraîner à leur suite au rythme des dessins animés d'un Tex Avery.
Cette nounou indigne que fut pour beaucoup la télé est ici brocardée allègrement.
Le trait avec lequel chaque personnage est tracé fait plus que friser la caricature et les clichés abondent délibérément.
Imaginez une grosse, très, très grosse ménagère : visage de madone et arrière-train volumineux, naïve à un degré à peine concevable, dont l'avocat d'époux se prend à l'extérieur pour une mitraillette sexuelle.
Clara est folle de son Maxime et croit vivre avec lui en un Paradis Terrestre comparativement à cette foule de complications rencontrées par ses héros d' Adultère et Compassion, le feuilleton que non seulement elle suit quotidiennement mais enregistre ...
En un temps record et sans bouger de son home-sweet-home, elle fera la connaissance d' Alice, la star du petit écran et de Windy la secrétaire gaffeuse de son époux qui lui ouvrira les yeux.
Solidarité féminine aidant (mais oui, parfois cela existe ! ) nos trois dames joueront les Sorcières d' Eastwick histoire de donner une bonne leçon à l' époux volage. Tout cela à un rythme effréné dans la plus pure tradition burlesque.

Simone Alexandre.

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13:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

HAPPY BIRTHDAY DADDY de Christophe Averlan

VINGTIEME THEATRE
7, Rue des Plâtrières
75020 PARIS
Tél. 01 43 66 01 13
(M° Ménilmontant)

du 2 MAI au 17 juin 2007
du mercredi au samedi à 21h.30
& le dimanche à 17h.30

Places : 22€, T.R. 17/12€

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Mise en scène : Patrice Kerbrat
avec Emeric Marchand (le fils) - Jean-Yves Chilot (le père)

- Tu seras une folle furieuse, mon fils ...
Ne faut-il pas que les cendres de Kipling s'aérent un peu ?
Si vous doutiez encore des méfaits de la psychanalyse allez sans tarder voir cette pièce. Freud, que de crimes a t'on commis en ton nom !
Schéma classique, un père dirigiste enseigne à son fils par des méthodes musclées comment devenir un homme.
Tous les enfants ont peur du noir. La proximité du néant dont deux êtres nous ont extirpé en est la cause, sans doute ? Il ne suffit que d'une sensibilité un peu exacerbée pour qu' en réaction, la haine surgisse.
Un fils en plein délire schizophrénique décide de fêter le 60ème anniversaire de son père de façon un peu particulière ...
L' auteur sciemment, accumule les redites. Un être dérangé ne fonctionne t' il pas en boucle ? Ce personnage est obsédé par un vécu mal assumé, par une série de complexes dus à l'admiration haineuse qu'il voue à celui qui a voulu le façonner à sa guise sans toutefois le reconnaître.
Faute de pouvoir assumer, son objectif est la destruction.
Le spectateur assiste à cette malsaine situation à la fois curieux et tétanisé, souhaitant un salutaire revirement qui lui permettrait de retrouver un air pur au lieu de cette atmosphère viciée.
Patrice Kerbrat est un directeur d'acteurs exceptionnel et nous le prouve une fois de plus. C' est simple, cet homme aurait mérité d'être sage-femme !
Sous sa férule, la précision de jeu s'allie à la hardiesse du mouvement. Rien n'est laissé au hasard. Avec lui tout prend signification.
Emeric Marchand (le fils) incarne ce jeune fauve iconoclaste dont la désespérance destructrice s'attaquera au père (Jean-Yves Chilot) qui joue ici une partition aussi difficultueuse que muette.
En sortant on se remémore les deux Commandements battus délibérément en brèche (Tu ne tueras point et honoreras tes père et mère) et l'on se dit que comparativement, Oedipe a pris un sale coup de vieux.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent