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27/02/2007

ENCORE UNE HISTOIRE D'AMOUR de Tom KEMPINSKI

Adaptation : Jean-Claude GRUMBERG
Mise en scène : Antonia MALINOVA
avec Charlotte RONDELEZ & Philippe IVANCIC.

au Théâtre ESSAION : 6, rue Pierre au Lard 75004 PARIS
(Métro : Hôtel de Ville ou Rambuteau)
Tél. 01 42 78 46 42 - www.essaion.com
du mercredi au samedi à 21h.30 -
Durée du spectacle : 1h.30
Prix des places : 18€ (PT) - 12€ (TR : chômeurs, étudiants ...)

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Le chauffage doit être en panne ? Une sorte de clochard emmitouflé se traîne dans un fauteuil sinon défoncé, d'une propreté douteuse, en tous cas. L' homme n'a rien d'un séducteur-né !
On la découvre, elle - tout le contraire - belle, élégante à un détail près car dès qu'elle bouge, son disfonctionnement se découvre, devient omniprésent. Cette jeune femme (de son propre aveu) souffre de polynévropathie. Très rapidement, on s'aperçoit qu'il n'est pas en meilleur état qu'elle car nettement psychotique - Victime de son succès, il ne parvient plus à écrire. C'est arrivé à d'autres que lui et certains ne s'en sont jamais sortis, l'exemple de Truman Capote hante les mémoires ...
La sonnerie du téléphone s' est déclenchée entre ces deux là qui vont régulièrement se parler en dépit de la distance qui les sépare, reliés comme par un cordon ombilical lancé au dessus des flots.
Peu à peu, cet échange va s'avèrer indispensable, se transformer en raison de vivre, de se battre ensemble pour remonter la pente.
Les deux personnalités vont s' affronter. Lui, avec son égoïsme de mâle, sa suffisance d' auteur à succès et elle, à cause de cette volonté farouche qui la fait ressembler à Frida Kahlo le corps en miettes mais les veines envahies par une lave torrentielle.
L' affrontement aura lieu tout d'abord à 4500 kms de distance puis face à face après l' émoi de la rencontre, vite écourtée.
Il fallait des comédiens exceptionnels pour s'attaquer à un tel texte, illustrer de telles situations. La palette de sentiments est multiple allant de la retenue la plus pudique au paroxysme de la violence. Dans l'attente de ce qui va suivre, les spectateurs retiennent leur souffle, se laissent porter par le rire quand l'humour salvateur leur est offert par un auteur qui sait toujours jusqu' où il peut aller.
Il est rare de parler d'un sans faute en matière de théâtre mais ici tout sonne juste, le texte, les comédiens, la mise en scène. On a envie d'y revenir, encore et encore brisés par l'émotion et reconnaissants pour tout cet amour prodigué.
Bravo ? ... le terme est faible !

Simone Alexandre.

www.theatrauteurs.com

08:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/02/2007

JEFFREY de Paul RUDNICK

Comédie adaptée et mise en scène par Christian BORDELEAU
Chrorégraphies : Joseph FOWLER

THEATRE CLAVEL : 3, rue Clavel 75019 PARIS (Métro : Pyrénées) T. 01 42 38 22 68
Du lundi au jeudi à 21h.30 jusqu'au 29 mars
puis du mardi au samedi à 21h.30 du 3 au 28 avril 2007 -
Durée : 1h.40

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avec : Julien BAPTIST, Loïc BLANCO, Emilie COITEAUX, Samuel GANES, Jean LELOUP, Cyril MONTERO, Renato RIBEIRO, Edouard THIEBAUT.

Musique disco, le LA est donné en ce qui concerne l' époque à laquelle l'action se situe mais aussi l'ambiance dans laquelle les personnages vont évoluer ...
Un lit occupe le milieu de l'espace scènique dans lequel les partenaires ne feront que passer très, très rapidement en un défilé érotico-humoristique.
Jeffrey est un jeune gay qui multiplie les aventures d'un moment pour une simple et bonne raison : le sexe, il aime, c'est sa drogue à lui !
Comédien au chômage comme beaucoup, il gagne sa vie en tant que barman aussi a t' il besoin de s'offrir du bon temps pour compenser, tout simplement.
La catastrophe planétaire va se produire, ce que d'aucuns assimileront à un remake du Concile d' Amour d'autant que la communauté gay va un temps, jouer les boucs émissaires à cause de sa liberté affichée.
En un réflexe qu' aurait approuvé Jean-Paul II, Jeff va prendre une décision drastique : no sex, never ! C'était compter sans l' énergie de la jeunesse.
Il aura l' idée de se dépenser autrement et ira grossir le flot de tous ceux qui passent leurs loisirs en salle de sports et là, patatras ! Le Hasard lui fera rencontrer Stéphane. On peut résister à des pulsions mais certes pas au Sentiment.
Or, il s'avère que l'objet de ce coup de foudre partagé (eh ! oui, ça arrive ...) est séropositif. Panique de Jeffrey.
Christian Bordeleau a choisi de traiter ce thème en utilisant les rouages d' une comédie musicale. Le résultat est enlevé, gai dans tous les sens du terme et l'on gagne en plaisir ce que l'on perd en intensité dramatique.
Certes, du temps s'est écoulé depuis l'écriture de la pièce et les mentalités ont changé surtout, pas toujours dans le sens espéré ...
En dépit de la volonté affichée d'actualiser le propos, quelques scènes paraissent un peu kitch mais le tout se laisse voir agréablement.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

14:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/02/2007

Munich-Athènes de Lars Norén

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PHOTO : Depagne/Palazon.

KIRON ESPACE : 10, rue de la Vacquerie 75011 PARIS (Métro : Voltaire)
Réserv. 01 44 64 11 50 - resa@kiron-espace.com
18 euros plein tarif - 12 euros tarif réduit.

Du mardi 30 janvier au samedi 24 mars 2007

Une pièce sur l'amour - Traduction : Pascale Balcon
Mise en scène & Scénographie : Charlène Lyczba.

avec Sophie Carrier, Nicolas Malocco, Jan Olszewski.

7 ans : durée fatidique à beaucoup de couples - chiffre symbolisant une période de crise," ça passe ou ça craque " disent certains ...
Précisément, dans la perspective de passer ce cap réputé difficile, Sarah et David ont décidé de s'offrir un voyage en direction d' Athènes.
Jusqu' alors, Lui - consacrait son temps à l'écriture d' un roman au titre évocateur ... " La fuite inaccomplie " tandis qu' Elle - réservait le sien aux enfants d'un hôpital psychiatrique.
Nous sommes en gare et le couple se chamaille, le rythme de l'un ne correspondant pas exactement à celui de l'autre. Sarah est survoltée, impatiente de partir tandis que David joue les prolongations, échange quelques mots avec un personnage féminin bizarre ... comme s'il voulait s'offrir un sursis.
Le voyage va s'avérer très cahotique et servira de prétexte au bilan que chacun établira vis à vis de l'autre, ponctué par les interventions quelque peu intempestives de ce contrôleur symbolisant le Destin.
Munich-Athènes, ultime parcours de ce couple qui se demande s'il va ou non quitter les rails ou bien poursuivre la route ensemble.
L'ombre couplée d' Eros et Thanatos plane au dessus de ce trio improvisé.
La scénographie mise au point par Charlène Lyczba est impressionnante et s'exhaussera jusqu'au tragique en un esthétisme ravageur.
Il est dommage qu'elle n'ait pas utilisé la même implication dans la direction des acteurs dont le jeu reste les trois quart du temps, assez extérieur si l'on excepte la dernière partie de la pièce, laquelle en revanche, accède au sublime.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

15:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent