Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/03/2007

Le Suicidé-comédie de Nicolaï Erdman

ATHENEE - Théâtre Louis Jouvet - square de l' Opéra Louis Jouvet 7, rue Boudreau 75009 PARIS
Métro : Opéra, Havre-Caumartin. Loc. 01 53 05 19 19 - billeterie en ligne : www.athenee-theatre.com
plein tarif : de 28 € à 12 € - tarif réduit : de 23 € à 10 €

Du jeudi 8 mars au samedi 7 avril 2007
mardi 19h, mercredi au samedi : 20h.
matinées exceptionnelles : dimanche 18 mars à 16h et samedi 31 mars à 15h.

Mise en scène : Anouch Paré
avec Céline Bothorel, Carlos Chahine, Jean-Marc Culiersi, Lorian Daire, Marc Ernotte, Isabelle Gouzou, Damien Houssier, Guillaume Junot, Marianne Lewandowski, Eric Malgouyres, Nadine Marcovici, Marie Réache, Christian Ruché et Chantal Trichet.

medium_Le_suicidé.jpg

PHOTO : Christophe Manquillet.

Le titre de cette pièce ne saurait plus être dissuasif à quiconque tant elle a été montée avec succès. C'est comme l'on dit un thème porteur surtout, hélas en cette période où le chômage est au coeur de nos préoccupations. Or ne convient il pas de rire des situations désespérées ?
Nicolaï Erdman pourfend à la fois la bêtise humaine et la cruauté de certains systèmes. Le personnage qui se trouve au coeur de l'action (Podsékalnikov) nous touche par sa naïveté, sa fragilité d'homme en marge de l'ordre établi.
Il convient de souligner ici l' implication parfaite de Marc Ernotte qui nous permet d'adhérer complètement à tout ce qu'il vit sous nos yeux.
Faut-il rappeler qu'il y a de cela un demi-siècle, être au chômage était considéré comme un état infamant ? Ne pas travailler et avoir des dettes plaçait ceux que nous considérons actuellement comme des victimes, au banc de la société. D' où cette (maintenant) incroyable idée de suicide car toutes les valeurs de l'époque allaient en direction du Travail et de la Patrie. A fortiori quand on se trouvait sous la férule d'un Joseph Staline !
Il fallait donc, véhiculer beaucoup d' humour pour avoir une petite chance de pouvoir monter cette pièce hautement subversive en ces temps de répression active. L'auteur paya très cher cette insolence ...
Le texte étant fort heureusement venu jusqu' à nous, s'écoute avec une délectation tout à fait jubilatoire et il est flagrant que tous les comédiens prennent un plaisir immense à l'interpréter devant nous.
Saluons également au passage la prestation de Chantal Trichet à la présence scènique indéniable et entre autres ... la fantaisie débridée d' Eric Malgouyres, prètre inénarrable !
Ils sont tous mis en valeur par une mise en scène à la fois précise et fluide, bref un excellent moment de théâtre.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

20:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

06/03/2007

LES REVENANTS de : IBSEN

Thriller psychologique d' Henrik Ibsen, mise en scène : Arnaud Denis dans une nouvelle adaptation de Jacqueline Cohen avec : Michèle André, Arnaud Denis, Jean-Pierre Leroux, Bernard Métraux, Elisabeth Ventura.
Durée du spectacle : 1h.45 sans entracte.
Représentations le mardi, mercredi, vendredi à 20h.30
jeudi & samedi : 19h.30
dimanche : 15h.30

DU : 6 MARS au 16 AVRIL 2007

Prix des places : 22 € - tarif réduit : 15 € - (le 13 de chaque mois, tarif unique à 13 €)

medium_Revenants.jpg


Rendons à César ce qui lui appartient en reconnaissant que chaque pièce mise en scène par Arnaud Denis correspond à une réussite sur le plan esthétique.
La scénographie est ici - comme toujours - choisie avec soin, en parfaite corrélation avec la situation qui va sous nos yeux s'illustrer. J' émettrai quelques réserves concernant ces chuchotis dans le noir lesquels m'ont semblé quelque peu superfétatoires mais ceci n'engage que moi. Nous pénétrons dans cet intérieur bourgeois au confort déterminé par l' époque avec en prolongement une sorte de véranda ou jardin d'hiver (il sera question de serre dans la pièce) qui aura une importance déterminante ... Régine (vestale involontaire d'un secret qu'elle ignore) s'active à ranimer le feu d'une cheminée imposante au dessus de laquelle trône le portrait de l'ancien maître des lieux.
Deux classes sociales cohabitent , réparties en deux couples : celui formé par Madame Alving (la mère) et son fils, Oswald ainsi que la partie ancillaire, symbolisée par cet autre couple : père-fille (Engstrand et Régine).
Le Pasteur Manders tour à tour dirigiste ou naïf, symbolisera le fléau de la balance qui oscille entre ces quatre là.
Le jeune metteur en scène a fait part de son intention d'éviter ce qu' il nomme (je cite) les écueils trop souvent ressassés sur nos scènes lorsqu'il s'agit d' Ibsen, pesanteur, lenteur volontaire et souvent inutile. (fin de citation)
Sans doute n'a t' il pas eu la chance (ou le temps ...) d'assister à des représentations bien jouées et en parfaite correspondance avec l'esprit du texte ?
Il s'ensuit ici une accélération volontairement excessive du rythme qui risque parfois d'égarer le spectateur.
N'oublions pas que Ibsen est par excellence l'auteur tragique moderne, ce qui détermine une approche particulière de l'oeuvre. Derrière le drame bourgeois se profile la tragédie et cette dernière sous-tend le propos, le reste n'étant qu'affaire de sobriété !
Cette réalisation vue lors de la première représentation n'avait bien évidemment pas eu le temps de trouver son rythme de croisière et gageons que cela ne saurait tarder. D'ores et déjà, saluons la prestation de Bernard Métraux dont le talent a d'emblée trouvé le ton et le rythme qui conviennent au personnage d' Engstrand.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/03/2007

Vers les cieux de Odön von Horvath

Conte de fées musical
Texte français : Henri Christophe
L' Arche éditeur et Agent théâtral du texte représenté.
Mise en scène : Julien Téphany

avec, Philippe Vieux - Anne Azoulay - Laurent Prévot - Vincent Jaspard - Michelle Brûlé - Arnaud Laurens - Luc Altadill - Alexis Jebeile - Frédéric Rose - Fayçal Benouniche.

medium_répet_deverslescieux.2.jpg

(photo de répétition)

THEATRE de la TEMPETE - Cartoucherie de Vincennes - Rte du Champ de Manoeuvre 75012 PARIS.
T. 01 43 28 36 36 www.la-tempete.fr - plein tarif : 18 € - tarifs réduits 13 € & 10 € - mercredi, tarif unique : 10 €

du mardi au samedi : 20h. dimanche : 16h.30 - Durée : 1h.30 - du 2 MARS au 1er AVRIL 2007

Pour beaucoup, l' Enfer serait rouge (vision d'anti-communistes primaires, allez-vous dire ?) et bien détrompez-vous puisqu' au théâtre, il est vert, imaginé par les soins conjugués de Julien Téphany et Guillaume Lambert.
On n'y entend pas les cris de douleur et les supplications de ceux qui rôtissent sur le gril mais les accents d'un orchestre infernal, bien sûr !
Pour accéder à l'étage supérieur - entendez le Ciel - il ne reste qu'à gravir allègrement une échelle lumineuse en haut de laquelle attend St-Pierre, le grand portier. On sait tout cela depuis le catéchisme mais Odön von Horvath a précédé les suppositions de Sartre en plus humoristique.
Entre " Le Haut et le bas " tout se tient et en Enfer, on sue éternellement, comme dans la vie. Faust ne cessera jamais de hanter la mémoire humaine et il est tout à fait logique qu'une jeune diva ayant attendu 13 semaines d'affilée sur un banc, vende son âme (pardon, sa voix) au diable afin que son attente soit récompensée.
L' auteur écrivit cette pièce quelques années avant que le Ciel lui tombe sur la tête lui, qui avait fui le nazisme en venant s'exiler au pays des Gaulois.
Vers les Cieux est un conte de fées (! ...) musical où les sorcières de Macbeth sont tapies dans l'ombre ... Réflexion philosophique nous amenant à nous poser la terrible question : en tirant les ficelles comme il le fait, Dieu vaut-il plus cher que le Diable ? On découvre ce dernier sous les traits d'un pauvre bougre libidineux, dont le ridicule déclenche la sympathie puisque " humain, trop humain. "
Nos réincarnations éventuelles incluent elles les rages de dents ? Aux questions métaphysiques, humour et dérision donnent la réplique.
Odön von Horvath s'est toujours attaqué à l'ordre établi quand ce dernier était synonyme d'injustice. A l'époque celle-ci se nommait : national-socialisme.
La pièce menée rondement par tous les comédiens se décrypte à différents niveaux mais chacun devrait d'évidence y trouver son plaisir.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent