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28/03/2007

NORWAY, TODAY d' Igor Bauersima

MANUFACTURE des ABBESSES
7, rue Véron 75018 PARIS
(M° Blanche)
Tél. 01 42 33 42 03
Places : 20/12 € - 20ans & RMI : 7 €

Jeudi, vendredi, samedi à 21h.
Dimanche à 16h.

Mise en scène : Andreas Westphalen.

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avec, Pierre-Vincent Chapus et Mélodie Orru.

" To be or not to be ? ... " la blancheur nordique exaspérerait-elle les troubles existentiels ? Non, car c'est parti d'un vulgaire chat-room entre deux anti-Roméo & Juliette qui loin de ne pas concevoir la vie l' un sans l' autre ( puisqu'ils ne se connaissaient même pas ), vont imaginer la mort ensemble.
Juliette puisqu'elle se nomme ainsi - est on le devine - une petite fille riche qui a tout eu et ne peut plus rien imaginer en dehors du néant.
Son Roméo se nomme en fait Auguste et n'a rien d'un empereur mais serait plutôt un quelconque loser (c'est ainsi qu'elle le décrira à ce mystérieux Fred auquel elle enverra un message plus tard). Dans l' intervalle, c'est évidemment elle qui prend les rennes, va décider pour deux, payer le voyage en avion qui les mènera sur les lieux du sacrifice.
Si l'on additionne leur âge respectif, ils n'ont pas un demi siècle et tout l'avenir devant eux, donc rien à voir avec le suicide-accompagné d'un Zweig à l'issue d'une vie remplie par une oeuvre colossale. Eux, n'ont rien fait ou presque et en ont déjà assez. L' auteur rappelle que " les gens sont prisonniers de leur construction mentale " ... Ces deux là, veulent s'échapper avant d'avoir eu le temps de se construire !
Ils se tiennent juchés à 600 mètres d'altitude et il ne suffit que de 10 secondes, juste le temps de dire : " ça y est ! " avant de plonger. Or, là - il ne s' agit pas d'un saut à l' élastique, aucune remontée n'est envisageable. C'est le saut qu'effectuaient les nihilistes à une certaine époque ni pire ni meilleure que l'actuelle, du haut de leur gratte-ciel.
Si la Camarde les attend fébrilement, le confiant Cupidon est tout prêt à jeter un filet à ces deux équilibristes. Je ne vous dirai pas qui va gagner l'enjeu car il faut aller les voir ...
Mélodie Orru est belle, élégante et sa conviction nous fait mal. On aurait presque envie de lui crier : " non ! change d'avis, tu ne te rends pas compte des atouts que tu possèdes " confondant ainsi personnage et interprète.
Pierre Vincent Chapus est craquant avec son côté indécis et naïf, sorte d' ourson égaré sur une banquise en train de fondre ...
Le soir où je suis allée voir la pièce, le comédien boulait un peu le texte en tout début mais s'est vite rattrapé.
Réduite à l'utilisation de quelques simples accessoires, la mise en scène est efficace mettant ainsi le texte à nu. Aucune sophistication de langage, c'est du théâtre moderne en prise directe avec notre temps.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

14:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

23/03/2007

RUTABAGA SWING de Didier Schwartz

COMEDIE des CHAMPS ELYSEES
15 avenue Montaigne
75008 PARIS
(Métro : Alma-Marceau)
T. 01 53 23 99 19

Représentations du mardi au samedi à 21h.
dimanche à 16h.30
Relâches exceptionnelles les 3, 28 avril, 1er & 8 mai.

Prix des places de 15 à 35 €
Tarifs jeunes -26 ans : 10 € les mardi, mercredi et jeudi selon disponibilités.

Durée : 1h.50 sans entracte. (le CD des chansons est disponible)

Comédie tragique avec chansons,
mise en scène de Philippe Ogouz.

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Suite au succès remporté au Théâtre 13 où le spectacle fut créé,
reprise exceptionnelle pour 100 représentations
à partir du 23 mars 2007

avec Bruno Abraham-Kremer ou Philippe Ogouz, Emmanuel Curtil, François Feroleto, Jacques Haurogné, Jacques Herlin, Amala Landré, Marion Posta et Ezequiel Spucches.

L' époque était dramatique, tragique même or c'est précisément dans ces moments là que l'on a le plus besoin de la musique, des chansons pour supporter la vie de chaque jour. Il paraît qu' alors, les théâtres ne désemplissaient pas, toute une foule, toute une population s'y retrouvant pour oublier et se prouver que la chaleur humaine n'était pas une utopie.
L'action se situe dans le café que l'on devine unique d'un petit village français à l'époque de l' occupation allemande. Les habitants s'y donnent rendez-vous, pas spécialement pour y boire un verre mais ponctuellement pour chanter ensemble, histoire de se serrer les coudes.
Une chambre de l'établissement est louée à quelqu'un qui n'est pas revenu alors qu'une exécution vient d'avoir lieu suite à un attentat perpétré par la Résistance. Face à cette absence, les interrogations ont vite fait de se transformer en certitude.
Arrivée d'un officier allemand. Il s'agit d'un lieutenant de la Wehrmacht sanglé dans son uniforme impeccable. Le type même du bel aryen qu' un certain nombre de femmes prisèrent, payant très chèrement ensuite cet attrait.
Précisément, elles sont deux sur place qui bien que séduites par le jeune homme vont réagir différemment. Didier Schwartz sachant que les caractères ne sont pas d'un bloc cisèle ceux de ses personnages tout en nous manageant quelques surprises, çà et là. Philippe Ogouz signe ici une mise en scène vive, qui ressemble au petit éclair qui scintille dans son regard quand il prend plaisir à jouer car le personnage du patron de l'établissement est interprété en alternance par lui ou par le non moins talentueux Bruno Abraham-Kremer et quand on a vu l'un ou meurt d'envie de voir ce que l'autre propose à son tour.
Faut il le redire ? - Amala Landré est le charme et la grâce personnifiés.
On prend plaisir à retrouver Jacques Haurogné dans ce rôle de facteur patriote complètement dépassé (comme beaucoup) par les évênements.
En centenaire obsédée, Jacques Herlin est tellement drôle que l'on a peine à ne pas crier " bis " tant ses trouvailles nous réjouissent.
Si François Feroleto n'a pas exactement la raideur prussienne, en revanche il est remarquable dans la scène d' ivresse et charmant le reste du temps.
N'oublions pas Marion Posta en sensuelle Suzy ni Emmanuel Curtil à qui revient le rôle difficile de Philippe car il en fallait bien un ...
Du côté salle, ceux qui ont connu cette époque ou sont arrivés juste après, reconnaissent les chansons qu'ils croyaient avoir oubliées et sont ravis de les entendre à nouveau tandis que les plus jeunes les découvrent avec autant de bonheur. Fait trop rare en France et qui de ce fait mérite d'être souligné, les comédiens sont d'excellents chanteurs et inversement.
Quant au contexte, ô paradoxe ! ... les meilleures choses peuvent naître parfois des pires situations lorsque l'humour et le temps ont rempli leur office, bien entendu.

Simone Alexandre

theatrauteurs. hautetfort.com

15:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/03/2007

Cet enfant de Joël Pommerat

Théâtre des Bouffes du Nord
209 rue du Faubourg St-Denis
75010 PARIS
(Métro : La Chapelle (ne pas confondre avec la Pte de la Chapelle)
T. 01 46 07 33 00
www.bouffesdunord.com

Mise en scène : Joël Pommerat
Compagnie Louis Brouillard

du mercredi 21 mars au samedi 14 avril 2007
du mardi au samedi à 21h.
matinée le samedi à 15h.30 - Durée : 1h.10
Relâches les dimanches et lundis.

avec Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Lionel Codino, Ruth Olaizola, Jean-Claude Perrin & Marie Piemontese

Création musicale : Antonin Leymarie, Scénographie & lumières : Eric Soyer
Le texte est édité chez Acte Sud-Papiers.

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photo : Elisabeth Carecchio.

Beaucoup ont à des degrés divers, vécu l'une de ces situations, utilisant alors la crudité des mots pour évoquer la cruauté de situations.
Presque toutes les filles ont - un temps - haï leur mère et l'ont abreuvée - ne serait ce que mentalement - de ces phrases tantôt perfides, tantôt brutales.
Ironie du sort, une mère cela devrait se résumer en une chanson douce pour toutes ces berceuses chargées de tendresse exprimée ou non.
On parle communément de " couper le cordon ombilical " mais parfois cette expression est destinée au père qui assiste incrédule à cette violence, à cet arrachement pour lui inexplicable.
Les enfants sont cruels car ils n'ont pas demandé à venir, parce que la vie leur fut imposée sans consultation préalable et qu'ils doivent faire avec, ce qui explique le taux de suicide parmi les adolescents. Tous ceux qui n'ont pas eu ce courage se réfugient en une salutaire révolte mais parfois, à la longue la lassitude est telle que trouver la force de se lever demande un effort surhumain et puis le relais change de main ...
L'enfant d'hier sera la nouvelle mère, échafaudant déjà les plus ambitieux projets pour son enfant.
Après moult rencontres, Joël Pommerat a illustré ces situations en des tableaux chargés de toute la violence qui est faite à ceux qui, confrontés aux difficultés sont conditionnés, piégés par elles.
Le ton utilisé par les membres de sa troupe est identique à celui que l'on entend dans la vraie vie. L'engagement des comédiens ici présents ne saurait se nommer théâtralité. C'est autre chose, comme une sorte de témoignage à l'état brut.
Ils ont fui toute sorte de sophistication en se voulant vrais jusqu'au dérangement car les questions importantes sont ici posées, les contraintes exposées, les rejets affichés et ces modernes Atrides font mouche !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent