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17/12/2016

Mileva Einstein d'Angelo Corda

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THEATRE de la REINE BLANCHE

 

2 bis, passage Ruelle

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° Chapelle)

 

 

loc. 01 40 05 06 96

 

 

http://www.reineblanche.com/

 

du : 22 novembre au 30 décembre 2016

 

à 19h.

 

Places de 10 à 20€

 

 

Texte et mise en scène : Angelo CORDA

 

 

avec : Marc-Henri LAMANDE, Aude KERIVEL,

Arnaud CERMOLACCE et Ambjörn ELDER

 

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Nous connaissons tous le couple formé par Pierre et Marie Curie, celui constitué par Albert et Mileva Einstein l'est moins. Angelo Corda a donc eu l'idée d'écrire et de mettre en scène cette farce politico-vaticanesque.
 
Il existe depuis toujours une incompatibilité entre l'Eglise et la Science. ( se souvenir de Galilée et de Giordano Bruno pour ne nommer que ces deux victimes là )


Or même à l'aube du Vingtième Siècle - où se situe l'action - les esprits avaient peu changé : l'hégémonie pontificale se voulait toujours omnisciente et s'attaquait à tout ce qui risquait d'ébranler ses théories. Celle de la relativité du Temps pouvait donc mettre à mal la croyance voulant que l'Univers ait été créé en 6 jours ( et non 7 ) puisque Dieu s'est alors reposé et visiblement poursuit son oeuvre en fermant les yeux et se bouchant les oreilles dans l'attente de l'Apocalypse prévue.

En ce cas, comment s'étonner que le " représentant de Dieu sur terre " ait eu l'idée d'envoyer un espion au domicile des époux Einstein afin de les dissuader de faire paraître leurs travaux ?  Deux précautions valant mieux qu'une, ce ne sera pas un émissaire du Vatican mais deux qui se présenteront et par conséquent, un de trop.

Je voudrais saluer ici la sobre prestation de Ambjörn Elder à la présence bien trop éphémère, hélas !

Les moyens utilisés sont pour le moins expéditifs et comme Mileva ( qui n'était pas de confession juive ) fait figure de brebis égarée, le Saint Siège pèsera de tout son poids pour la ramener en son camp. C'est l'instant précis où la pièce dévie en direction du thriller et où l'épouse rudoyée par un chercheur macho deviendra une ébauche de Mata-Hari.

 

C'est énorme bien sûr et les comédiens voguent sans retenue sur cette mer d'intranquillité. Einstein cocufié par un évêque, la situation ne manque pas de piquant et devrait réjouir tous les anticléricaux de France et de Navarre pour employer une expression aussi célèbre que désormais obsolète.

La vie de Mileva Einstein fut légèrement différente de ce qui nous est ici montré mais n'oublions pas que nous sommes au théâtre où parait-il, tout est permis ? …
Quant à savoir si les travaux de l'homme qui tirait la langue doivent plus à son épouse qu'à Poincaré, laissons les scientifiques trancher la question or il semble que la polémique ne soit pas éteinte.

 

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Ceux qui, un peu plus sérieusement voudront s'intéresser au personnage-titre pourront bien sûr se pencher sur les " Lettres d'amour et de Science " d'Albert Einstein et Mileva Maric parues au Seuil ainsi que sur " Mileva-Maric Einstein, vivre avec Albert Einstein " par Radmila Milentijevic aux Editions de l'Age d'homme. Une double idée de cadeaux pour les fêtes de fin d'année également.

En attendant, vous pouvez certes aller vous divertir en prenant le chemin qui mène à la Reine Blanche d'autant que le désopilant Marc-Henri Lamande fait tout pour cela, sans retenue aucune tant il est évident que le comédien s'en donne à coeur joie !

 

Simone Alexandre

 

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15:23 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/12/2016

La vie à l'envers de Charlotte-Rita PICHON

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THEATRE du NORD-OUEST

 

13, rue du faubourg Montmartre

 

75009 PARIS

 

 

 

(M° Grands Boulevards)

 

loc. 01 47 70 32 75

 

 

http://theatredunordouest.com/

 

Prochaines représentations

 

les 18 et 29 décembre 2016 à 19h

 

 

Mise en scène : Alexis LOUBIERES

 

 

avec : Charlotte-Rita PICHON, Emmanuelle COUSIN

et Paul MARGENEST

 

 

Réveil en sursaut !  

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Charlotte-Rita Pichon compose ( parfois jusqu'à l'excès ) son personnage de vieille dame cassée en deux, tremblotante, vacillante et quelque peu sénile.

La personne en question ne va pas tarder à se révéler envahissante auprès d'une voisine, laquelle s'avèrera d'une complaisance assez incroyable ; le fait trouvera son explication un peu plus tard …


 
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Alors que la jeune femme ( Emmanuelle Cousin ) interrompue dans son écriture

( elle a un livre en préparation ) cherche désespérément une suite à son roman, cette intruse viendra lui infliger le récit de sa vie et de ses amours vieilles d'un demi-siècle. Car elle a jadis aimé un comédien séduisant au possible lequel s'est brusquement envolé.

 

Très curieusement, la jeune personne ne lui opposera que peu de résistance et une fois l'impression de dérangement passée se pliera de bon gré aux exigences de cette femme visiblement dérangée.

Elles ont l'une et l'autre le même prénom : Marianne mais l'ainée se fit rapidement appeler Marie pour ne pas subir les jeux de mots que la finale du prénom en question déclenchait. Ce ne sera que l'un des nombreux caprices de cette Marianne là car le fantôme de son amant nous apprendra qu'elle ne fut pas facile à vivre ... ( comme on dit )
Sans doute n'avait-elle pas confiance en elle et conséquence logique ne pouvait croire totalement en l'autre ?

 

C'est là que la fable fantastique commence car une idée va germer en son esprit : ramener cet Orphée des Enfers afin qu'il séduise celle qui lui ressemble tant. Le projet est pour le moins machiavélique puisque le contrat sera de courte durée.
Ce Faust au féminin tirera diaboliquement les ficelles en un remake qui comblera d'aise celle qui a conçu l'ultime machination.



Il n'est pas rare que nous assistions à des représentations où le théâtre s'invite dans le théâtre or ici, c'est l'écriture elle même qui réussit cet exploit. La jeune femme sans le savoir réécrit ce que l'ancêtre a vécu, vibre des mêmes émotions, bref accomplit son destin en un copié-collé quasi absolu.

Le spectateur de façon haletante - au détour d'une phrase - s'épuise à imaginer la suite tout en restant complètement à la merci de ce texte qui l'entraîne en dehors des sentiers battus.

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Je ne vais certes pas vous raconter la suite, sachez toutefois que l'objet du désir de ces dames en la personne de Paul Margenest est un élégant et séduisant fantôme tandis qu'Emmanuelle Cousin personnifie la victime tout à la fois éperdue et comblée par le retour à la vie de ces deux personnages.



Car à supposer que la vie soit un songe, seuls comptent les rêves que nous construisons en vue de l'améliorer dussions-nous - ô paradoxe ! - en souffrir quelque peu, puisque l'amour est une délicieuse souffrance dont nous ne saurions nous priver avant de nous abimer dans un ailleurs peuplé ou non de fantômes …

Prochaines représentations les 18 et 29 décembre, ( 19h ) n'oubliez surtout pas ces deux dates, ce serait dommage car le thème de la pièce est bien plus qu'intéressant et j'avoue être ressortie du théâtre complètement envoûtée par le déroulé de l'action.

 


Simone Alexandre

 

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09:52 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/12/2016

Les émigrés de Slawomir Mrozek

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THEATRE DE LA REINE BLANCHE

 

2 bis, passage Ruelle

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° La Chapelle)

 

loc. 01 40 05 06 96

 

Pl. 15€ - T.R. 10€ - groupes : 8€

 

http://www.reineblanche.com/

 

du mardi au samedi à 20h.45

 

Durée : 1h40

 

Mise en scène : Imer KUTLLOVCI

 

avec : Mirza HALILOVIC ( l'ouvrier )

& Grigori MANOUKOV ( l'intello )

 

 

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L'action est censée se dérouler en une cave, seul refuge que les deux hommes ont trouvé, location émanant d'un infâme propriétaire comme il en existe, parfois.

Côté jardin, un paravent pour le moins vétuste, un peu plus loin, une chaise avec une bouilloire posée dessus, du linge étendu à une corde et en guise de table, une vulgaire table à repasser … Contre le mur du fond, deux lits de fortune surmontés d'une étagère destinée à accueillir les maigres provisions.
 
Depuis combien de temps vivent-ils là ? … Comment se sont-ils rencontrés ? Une seule chose est certaine, dans leur pays d'origine, chacun serait resté dans sa sphère et leurs routes ne se seraient jamais croisées.

L'un est réfugié politique et passe son temps à méditer le livre qu'il veut écrire, l'autre un ouvrier, économise sou-à-sou dans le but de retourner en sa Pologne natale où l'attendent femme et enfants.  Visiblement celui qui travaille vit aux crochets de celui qui ne fait rien : source évidente de conflits ... Seul l'exil les rapproche.

Or c'est la nuit de la St-Sylvestre et les échos de la fête en provenance des étages supérieurs, arrivent jusqu'à eux.

 

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( photos : Pascal GELY )

 


 
L'eau vient brusquement à manquer puis la lumière ( il est minuit sans doute) et comme pour marquer le coup ils ont ouvert une bouteille de vodka, le ton monte peu à peu. L'atmosphère va carrément virer au drame, chacun faisant le bilan de son existence.

Les deux comédiens l'un et l'autre, originaires de l'Est se révèlent tour à tour drôles, émouvants car terriblement humains. Leur jeu est criant de vérité et les spectateurs sont littéralement happés par cette histoire qui leur fait réaliser que peut-être - sans doute même - à proximité de chez eux, des êtres semblables existent, vivent la même galère dans l'anonymat le plus complet. Ce n'est pas par hasard si les personnages n'ont pas de nom.  Slawomir Mrozek a écrit cette pièce dans les années 70 mais depuis, peu de choses ont changé … C'est même pire qu'avant !
 
La mise en scène de Imer Kutllovci est précise et met parfaitement en valeur les deux comédiens, excellents l'un et l'autre. Cette pièce est à voir, toutes affaires cessantes et croyez-moi, vous ne le regretterez pas. Du reste tous les avis sont unanimes la concernant.




Simone Alexandre

 

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15:11 Publié dans THEATRE | Lien permanent