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21/10/2018

Les carnets de Harry Haller, d'après Hermann Hesse

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GUICHET MONTPARNASSE

 

15 Rue du Maine

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse)

 

LOC. 01 43 27 88 61

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

http://www.guichetmontparnasse.com/

 

Vendredi & Samedi à 20h30

Dimanche à 16h30

 

jusqu'au : 4 NOVEMBRE 2018

 

Adaptation : Jean-Christophe BARBAUD & Frédéric SCHMITT

 

Mise en scène : Jean-Christophe BARBAUD

 

Interprétation : Frédéric SCHMITT

 

 

Quiconque a eu un jour en mains un livre écrit par Hermann Hesse sera tenté de lire tous les autres car on découvre toujours un peu de cet auteur en nous.


" Demian " mènera immanquablement au " ( le ) Loup des Steppes " et " Gertrude " conduira peut-être, à " Siddharta "

( pour ne nommer que ceux-là ) mais à chacun de choisir son ordre chronologique bien sûr.

Hermann Hesse et Harry Haller de toute évidence, ne font qu'un. L'un et l'autre traînent leur crise existentielle, l'un et l'autre regardent les autres vivre, persuadés qu'ils font partie d'un autre monde.

" … l'argent et le pouvoir appartiennent aux êtres médiocres et fades. Quant aux autres, aux êtres véritables, ils ne possèdent rien si ce n'est la liberté de mourir."

 

( ce que fit Zweig soit dit en passant )

D'évidence, il y a du Nietzsche et du Schopenhauer dans ces déclarations là !

Harry Haller est un homme d'une cinquantaine d'années qui vit seul en une modeste chambre, encombrée de bouteilles et entouré de livres. Il a coutume d'écrire or un soir, où les mots ne viennent pas, il décidera de s'arracher à ce lieu, de se contraindre à sortir, en dépit de la pluie qui tombe, afin de voir un peu comment les autres vivent et qui sait, parvenir peut-être à en faire autant ?

Cet ermite nullement identifiable dans la jungle des villes commencera par rencontrer un mur avec lequel il dialoguera presque. Puis poussant sa pérégrination nocturne de bar en bar, il croisera un quidam qui lui remettra un petit livre intitulé,

" Traité sur le Loup des Steppes "  Dès la première page, il se reconnaîtra immédiatement.

Poursuivant alors son errance, il découvrira - ou croira découvrir - car l'hallucination n'est pas loin, un " théâtre magique " puis s'abandonnera à l'ivresse de la musique.

Ce texte à portée philosophique fut écrit pour être lu et non pour être dit aussi Frédéric Schmitt encouragé en la démarche par Jean-Christophe Barbaud s'implique t-il physiquement en cette action au delà parfois du raisonnable ( mais qui peut le plus peut le moins ) et il s'agit ici, de donner chair aux mots.

Ainsi ceux qui ne connaissaient pas l'univers d'Hermann Hesse le découvriront-ils plus aisément, tandis que ceux qui s'étaient déjà imprégnés du texte de l'auteur désireront y revenir afin de conforter leur chère et vénéneuse solitude.

Ce seul en scène se déroule au Guichet Montparnasse du vendredi au dimanche ce, jusqu'au 4 novembre prochain. Aussi, faites vite !




Simone ALEXANDRE

 

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08:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/10/2018

LA MACHINE DE TURING de Benoît SOLES

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THEATRE MICHEL

 

38, rue des Mathurins

 

75008 PARIS

 

 

 

(M° Havre Caumartin)

 

LOC. 01 42 65 35 02

 

Pl. de 30 à 49€

 

http://www.theatre-michel.fr/

 

Du mardi au samedi à 21h

 

Dimanche à 16h

 

Mise en scène : Tristan PETITGIRARD

 

avec : Amaury de CRAYENCOUR et Benoît SOLES

 

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 Combien sommes nous de par le monde à nous être un jour posé la question,

- " que signifie cette pomme partiellement croquée qui figure sur les ordinateurs de la marque Apple ? "

J'avoue à ma grande confusion que si l'interrogation m'est venue à l'esprit, cela n'a pas duré plus de quelques secondes ...

Ce serait en fait un discret hommage rendu à Alan Turing, père spirituel de cet objet devenu indispensable à beaucoup d'entre nous. Il fut du reste une époque où le logo en question arborait les couleurs arc-en-ciel et ce n'était certes pas le fait du hasard, Alan Turing ce génial mathématicien s"étant suicidé en croquant une pomme imprégnée de cyanure, après avoir subi pendant deux ans une castration chimique du fait de son homosexualité.

Mais rassurez-vous si le destin de cet homme fut tragique, la pièce quant à elle est truffée d'humour " so british. " et le thème bien loin d'être dissuasif devrait en attirer plus d'un.

 

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Benoît Solès est tout à la fois l'auteur de la pièce et l'interprète du rôle de Turing.


Il présente sa fine et cependant musculeuse silhouette car le comédien n'a pas hésité à perdre 10 kg pour se glisser dans la peau de ce marathonien ( courir et calculer n'étant pas incompatible ) gageons également qu'il a dû fréquenter assidûment les salles de musculation à en juger par le résultat.

Il prête au personnage un look savamment débraillé avec ce pan de chemise qui s'échappe constamment de cet improbable pantalon qui est en fait un vulgaire pyjama tandis que le regard malicieux de cet homme reflète ponctuellement les étoiles.

Mais ne faut-il pas être rêveur pour être capable d' inventer ? …

La pièce fait voler en éclats la chronologie sans que pour autant l'action en soit ralentie, bien au contraire. Le récit commence par conséquent en 1952 et nous assisterons à de nombreux retours en arrière dont le plus important se situera durant la seconde guerre mondiale, période durant laquelle le génie de ce mathématicien sera mis à contribution.

En effet, les allemands codifiaient leurs messages au moyen d'une machine baptisée Enigma et notre homme fut chargé par le gouvernement britannique d'en décoder le fonctionnement, ce qu'il fit après deux ans de recherches obstinées et grâce à la confiance de Winston Churchill quand tous avaient cessé de croire en lui.

 

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( photos : Fabienne RAPPENEAU )



Pour donner la réplique à Benoît Solès, un comédien - un seul - en la personne d'Amaury de Crayencour sera successivement,

- le sergent Michael Ross, qui mènera l'enquête suite au cambriolage quelque peu crapuleux dont Alan fut victime et qui ainsi ira se jeter dans le piège qui se refermera sur lui.

- Arnold Murray rencontre nocturne du côté de Canal Street, lequel deviendra son amant,

et Hugh Alexander, champion international d'échecs chargé de lui confier cette mission qualifiée : " top secret."

Les deux comédiens se complètent parfaitement. Nous apprécions la précision et la rigueur de l'un face à la fantaisie de l'autre. Benoit Solès bégaie savoureusement face à son interlocuteur, se ronge les ongles tout en multipliant les traits d'esprit bref, joue les acrobates avec une maestria assez incroyable !

Que dire de la mise en scène de Tristan Petitgirard sinon qu'elle est tout à la fois précise et efficace. Le décor étant d'une importance active, je vous laisse le découvrir ...

Voilà une pièce à ne surtout pas laisser passer.


Simone ALEXANDRE

 

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09:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/10/2018

Le vieux juif Blonde d'Amanda STHERS

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THEATRE DES MATHURINS

 

36, Rue des Mathurins

 

75008 PARIS

 

 

 

(M° Havre-Caumartin)

 

LOC. 01 42 65 90 00

 

Pl. 26€ (tarif unique)

 

https://www.theatredesmathurins.com/ 

 

Mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 19h

Dimanche à 16h

 

Texte : Amanda Sthers

 

Interprète : Camille Razat

 

Musique : Stanislav Makovsky

 

sous le regard de : Volker Schlöndorff

 

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Avec régularité depuis sa création voilà douze ans, « Le vieux Juif Blonde » revient sur nos scènes parisiennes.

Première pièce d’Amanda Sthers, c’est actuellement le théâtre des Mathurins qui nous offre l’occasion de la voir ou la revoir. Cette fois, c’est le brillant Volker Schlöndorff qui assure la mise en scène, sans excès, dans un espace volontairement dépouillé, de façon sobre , élégante.

Accompagnée du son moelleux de l’archet de Stanislav Makovsky, Camille Razat nous donne à voir et à entendre une jeune femme partagée entre l’apparence qu’elle présente, une toute jeune femme blonde et fort jolie, et le personnage qui l’habite, un vieux juif de 77 ans, Joseph Rosenblatt, rescapé d’Auschwitz, qui continue de parler par sa voix.

 

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Nous entrons dans un monde fantastique où le jeune se confond avec le vieux, qui n’est pas sans évoquer l’inversion des processus retracé dans le film « L’étrange histoire de Benjamin Button », où parfois l’un prend le pas sur l’autre à la grande surprise de l’entourage de la jeune femme, pour lequel elle est simplement folle, parce qu’il convient toujours de ranger les uns et les autres dans des cases connues.

L’idée force de ce texte est d’avoir pu mêler les tourments ressentis par une jeune femme au sortir de l’adolescence et les souffrances d’un ancien déporté qui après avoir souffert dans sa chair porte sans fin le souvenir de ce passé douloureux.

Leur croisement peut revêtir quelque chose d’excessif, et pourtant la mécanique fonctionne.

Il y a dans le constat fait par la jeune fille du manque de respect accordé à sa personne une sorte de parallèle avec le mépris voire l’indifférence exercé par les bourreaux à l’encontre des déportés.

La vie de la jeune fille se trouve, par moments, par courts instants, affectée par la présence en elle de Joseph, son passé, ses croyances et les repas de famille deviennent des cérémonies baroques, surtout au moment des célébrations juives auxquelles la famille bien classique, bien bourgeoise, et peu informée, peu curieuse, au vrai qu’elle est de ce qui n’est pas elle, n’est pas du tout prête.

 

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( Photos : Richebé )



Dans une sorte de tourbillon de plus d’une heure, Camille Razat nous expose avec une grâce infinie la palette de sa sensibilité, de son talent, en interprétant plusieurs personnages, comme rapidement tracés, des esquisses, mais des esquisses suffisamment précises pour que nous rencontrions les uns et les autres avec ce qu’ils ont d’odieux ou de sympathique.

Dans un sentiment mêlé d’effroi et de curiosité que nous ne qualifierons pas, nous partageons les émois et les troubles de cette double personnalité, inquiet tant pour elle que pour celui qui l’habite.


Ce n’est pas pour autant un spectacle fantastique au sens que peut nous rendre « l’Exorciste », rien de malsain ni de macabre, juste le cheminement de deux souffrances superposées qui se retrouvent dans un même corps.

C’est à un monologue poignant que vous convie le théâtre des Mathurins, et ce « Vieux Juif Blonde » a bien du charme et des attraits.


Frédéric ARNOUX ©

 

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10:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent