Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/10/2017

Quai des Brumes d'après le scénario de Jacques Prévert

aff.quai-des-brumes.jpg

 

 

THEATRE ESSAION

 

6, rue Pierre-au-Lard

 

75004 PARIS

 

 

 

(M° Hôtel de Ville ou Rambuteau)

 

Loc. 01 42 78 46 42

 

Pl. de 10 à 25€

 

http://www.essaion-theatre.com/

 

vendredi & samedi à 19h30

 

dimanche à 18h

 

jusqu'au : 14 JANVIER 2017

 

Musique originale et mise en scène : Philippe NICAUD

 

avec : Sylvestre BOURDEAU, Idriss HAMIDA, Fabrice MERLO, Philippe NICAUD, Sara VIOT et Pamphile CHAMBON à l'accordéon.

 

 

Publié en 1927 par Pierre Mac Orlan, le roman  « Le quai des brumes «  a fait l’objet de la célébrissime adaptation cinématographique que chacun connait en 1938, en collaboration étroite de Marcel Carné avec Jacques Prévert.


Encensé depuis lors, il ne faut pas perdre de vue que Jean Renoir, rien moins, avait rebaptisé ce film « Le cul des brêmes », sans qu’on sache s’il pensait aux poissons d’eau douce, l’action se déroulant au Havre, ou aux cartes à jouer, symboles du désoeuvrement.

« Le quai des brumes » est désormais également un spectacle théâtral, fondé non plus sur le roman, mais sur le film, dans une mise en scène et sur des musiques de Philippe Nicaud.


Selon Pierre Mac Orlan si on veut revenir aux origines, le film était du domaine du fantastique social.


La pièce qu’il nous est donné de voir est plutôt du morcellement d’action. Pour tout dire, le découpage n’est pas des plus réussis et nous assistons à une suite de saynètes plus ou moins liées entr’elles, dans une action qu’il faut reconstituer.

 



C’est une manière de puzzle théâtral, pas inintéressant, mais qui souffre par trop de ses prestigieuses origines. Par ailleurs, on s’aperçoit très vite que le vocabulaire de Prévert a mal franchi la barrière du temps, que sa poésie s’est émoussée et que la violence et la vitesse de notre époque nous empêchent d’entrer parfaitement dans cette nouvelle histoire d’amour fou et désespéré.

L’univers presque exclusivement masculin dans lequel nous sommes amenés à entrer - Jean le déserteur, amené  chez Panama, bistrotier revenu de tout y compris des Amériques par un camionneur irascible, dans un bar où se croisent un peintre suicidaire, un malfrat quinquagénaire et un jeune bourgeois en mal de rupture de ban – n’est féminisé que par une jeune femme, Nelly, perdue et ,selon toute vraisemblance, peu farouche.
Dans cette galaxie masculine, elle est nécessairement celle par qui le scandale et le drame arrivent.

En cela cette pièce, outre son atmosphère, est noire, car elle ne donne pas de la femme le meilleur reflet qui soit. On est encore très près de l’image assez fantastique de la femme corruptrice, qui donne à l’homme à croire en son rachat pour mieux le frapper et le détruire.
Dépendante des uns, elle pourrait libérer les autres, suivant ses goûts et ses affections…
On peut douter de la modernité du propos.

Les fumées largement répandues sur la scène, suggérant des brumes normandes comme la Normandie n’en connut jamais, non plus que l’accordéon ne suffisent à recréer l’ambiance du film que nous avons en tête.
Certes les performances des comédiens- et de la comédienne - ne sont pas en cause, mais on peut s’interroger  sur l’opportunité d’adapter ce qui était déjà une adaptation…

Que cette sévérité ne retienne pas un public moins averti, et peut être moins prévenu contre l’oeuvre de Prévert, d’aller applaudir cette pièce à l’Essaïon.

 

La découverte reste un moment précieux.



© Frédéric Arnoux

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

 

 

 

09:59 Publié dans SPECTACLE MUSICAL, THEATRE | Lien permanent

19/10/2017

CRIMINEL de Yann Reuzeau

aff.Criminel.jpg

 

 

MANUFACTURE des ABBESSES

 

7, Rue Véron

 

 

75018 PARIS

 

(M° Abbesses ou Pigalle)

 

Loc. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

Lundi et mardi à 21h

ainsi que le mercredi à partir du 5 Novembre

 

Dimanche à 20h

 

jusqu'au : 20 DECEMBRE 2017

 

 

Texte et mise en scène : Yann REUZEAU

 

avec : Frédéric ANDRAU ( Xavier )  Morgan PEREZ ( Boris )  Blanche VEISBERG ( Manon ) Sophie VONLANTHEN ( Camille )

 

Scénographie : GOURY - Musique : Christine MOREAU

 

Xavier-Boris.jpg

 

 

D'où vient toute cette violence, apparaissant parfois très tôt chez les enfants ?

D'évidence, Xavier et Camille ont un problème avec Elsa, petite fille en bas âge qui présente des symptômes inquiétants.

Nous ne verrons jamais l'enfant qui sera seulement évoquée car l'histoire qui se déroule sous nos yeux ne concerne que les adultes. Or nous savons tous que les traumatismes vécus durant l'enfance ressurgissent inéluctablement et sont parfois dévastateurs.

Un drame s'est déroulé 15 ans plus tôt : le meilleur ami de Xavier, frère de Camille a commis un crime et bien failli tuer sa soeur dans la foulée. Un principe d'accumulation fut à l'origine de cet acte insensé et en toute logique, le verdict est tombé.

 

retour-a-la-vie.jpg



Revenu à la raison, Boris a confié Camille à son meilleur ami ayant remarqué depuis longtemps qu'elle était amoureuse de lui. Un couple s'est ainsi formé. Or voilà que sa peine accomplie, le frère et ami criminel sort de prison et tout refait surface, les émotions, les problèmes, les contradictions …

Yann Reuzeau aborde cette histoire à la façon dont les souvenirs nous apparaissent le plus souvent, sans chronologie aucune. Ce sont des vagues de fond qui surgissent, violentes et subites interpellant ici le spectateur qui peu à peu reconstruit le puzzle.

 

Boris-Manon-3.jpg



L'espace scénique est circulaire et n'a pas seulement une fonction pratique car il évoque le samsara cette roue du destin qui nous anime tous, que nous en soyons conscients ou non.

Chaque changement sera effectué dans la pénombre, meublé par la musique qui évitera toute rupture et nous tiendra en haleine pour mieux découvrir la suite qui constituera parfois un retour dans le temps.

Les deux femmes Camille et Manon - victimes l'une et l'autre - chacune à sa façon, se rebellent et cherchent le plus souvent à se réfugier dans la rupture tandis que les hommes gèrent la situation de façon plus frontale. L'atmosphère est violente et pour nous, porteuse de réflexion.

 

Boris-Camille.jpg

( photos : Gaël REBEL )

 



Certains faits divers particulièrement dramatiques déclenchent des réactions voire des polémiques qui nécessiteraient un peu plus de circonspection or cette pièce a précisément le mérite d'approfondir la question. A voir, toutes affaires cessantes.




Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

19:48 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/10/2017

Une ombre dans la nuit de Julien Séchaud

aff.1-Ombre.jpg

 

 

 

LE GUICHET MONTPARNASSE

 

15, Rue du Maine

 

75014 PARIS

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

Loc. 01 43 27 88 61

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

http://www.guichetmontparnasse.com/

 

Vendredi & samedi à 19h

 

 

Mise en scène : Annie VERGNE - Isabelle DELAGE

 

 

avec : Ghislain GEIGER, Julien SECHAUD, Juliette STEVEZ, Annie VERGNE, Isabelle DELAGE

 

Guichet-4premierplan.jpg

 

Rien n’est difficile comme d’écrire une pièce dite policière, et suivant le mot de Voltaire, « Tous les genres sont possibles, hormis le genre ennuyeux ». C’est d’autant plus difficile que le cinéma a saisi ce genre à bras le corps depuis des années, et déploie des moyens que nulle scène ne peut offrir.

La pièce de Julien Séchaud, dont il est  par ailleurs l’un des interprètes dans une mise en scène de Annie Vergne, également sur scène ne saurait être rangée dans ce genre tant elle mêle les climats et les ambiances.


Certes, on enquête, du bout de la curiosité nécessaire, mais on se promène aussi du côté du paranormal, un peu à la manière de Jean-Christophe Grangé qui ne recule jamais devant une dose de surnaturel et on rencontre des personnages légèrement frappés, relevant parfois de la psychanalyse.

Nous sommes enfermés dans une pièce, pour une durée indéterminée, qui paraît interminable aux protagonistes, puisque le temps qui nous est suggéré va bien au-delà d’une journée…


Nous sommes donc dans  une sorte de panic-room inversée, c’est-à-dire au final, une geôle privée, à l’intérieur de laquelle trois personnages – puis quatre- vont devoir répondre aux questions et interrogations d’une voix qui, pareille à celle d’un jeu télévisé, s’adresse à eux, tout en restant très dématérialisée. C’est assez dire si la modernité dans laquelle nous sommes contraints de vivre, car « nous vivons une époque moderne », reste au cœur de cette pièce.

Un peu à la façon du « Crime de l’Orient Express » d’Agatha Christie, où chacun a une bonne raison de tuer l’autre, chacun des quatre personnages qui nous font face, connaissait la victime, mais ils s’ignoraient les uns les autres. C’est bien là ce qui constitue la zone d’ombre dans laquelle nous allons évoluer.


Et il est d’autres ombres que nous devrons croiser, celles qui se rencontrent sur le Pont Neuf, pourtant fort éclairé …, celles de la vie passée des personnages, celle de leurs craintes et de leurs espoirs, celles volontairement maintenues en place par l’auteur.

Car au final, c’est moins la résolution de l’intrigue qui importe, mais de savoir que la victime n’est pas sanctifiée par son seul état de victime, moins de savoir que ce personnage qui lie tous les autres n’était pas des plus sympathiques, c’est moins la question « qui ? » que la question  « pourquoi ? » qui importe.

 

Designation.jpg



Comme semble l’indiquer son titre « Une ombre dans la nuit » est une pièce sombre, sans beaucoup d’optimisme, forte des caractères de ses quatre personnages, très marqués, tous très différents, tous ambigus, et le restant.

C’est au Guichet Montparnasse, et c’est une nouvelle création, dont il importe que chacun aille se faire sa propre idée, puisqu’aussi bien, on ne peut en raconter quoi que ce soit à peine de priver le spectateur d’une grande partie de son plaisir futur.




© Frédéric Arnoux

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

11:22 Publié dans THEATRE | Lien permanent