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12/04/2007

La Muse Gueule ou l' opéra gourmand

THEATRE du RENARD
12, rue du Renard
75004 PARIS
(M° Hôtel de Ville)
Location : 01 42 71 46 50

Du mardi au samedi à 19h.
Tarif normal : 20 €
Tarif réduit : 15 €

Conception et mise en scène : Aude Sardier.
avec, Aude Sardier (soprano) - Elisabeth Conquet (soprano) - Pierre Espiaut (ténor) - Bernard Imbert (baryton)
au piano : Michel Frantz.

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Photo : LOT.

" Auprès de la marmite qui fait son ronron " prodiguant ses effluves appétentes ... tous les sens (ou presque) vont être ici sollicités.
Comme il n'y a pas de plaisir sans attente, nous patienterons en surveillant du coin de l'oeil le rougeoiement intermittent du fourneau tandis qu'affolées par ce qui les attend, d' invisibles poules caquetteront alors qu'un coq perturbé sans doute par la perspective de passer à la casserole confondra le jour et la nuit.
L'opéra gourmand se prépare ...
Un énorme poussin jaune à la crête écarlate s'installe au piano attaquant un endiablé rythme jazzy. Du reste, tous les répertoires seront abordés qu'il s'agisse de chansons populaires, de prestigieux airs d'opéra ou d' aimables extraits d'opérette.
Aude Sardier a conçu ce spectacle en musicologue accomplie. Les voix sont belles, fortes et pleines c'est donc un pur régal pour les oreilles, sans oublier l'esprit, les papilles gustatives ayant quant à elles, quelque peu tendance à s' affoler ...
Un conseil, n'allez pas voir ce spectacle le ventre complètement creux au risque de vous retrouver tantalisé.
Le spectacle tient du pastiche et même parfois de la charge mais un savant dosage d' humour en garantit le succès.
Allez y et si en sortant, vous n'avez pas envie de vous ruer en chantant vers la première bonne table venue tant la joie de vivre est communicative, il ne me restera plus qu'à gober la souris de mon ordinateur !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

12:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/04/2007

Désillusion parlementaire de Nathalie Detrois

THEATRE ESSAION
6, rue Pierre au Lard (à l'angle du 24 rue du Renard)
75004 PARIS
(M° Hôtel de Ville ou Rambuteau)

Prix des places : 18 & 12 euros.

Du : 9 avril au 5 juin 2007 à 21h.30

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Un polar politique mis en scène par Philippe Brigaud
avec Pierre Deny et Stéphanie Lanier.

Pouvoir et trahison. L'un engendre habituellement l'autre. Il en est ainsi depuis toujours. La pièce écrite par une jeune femme révèle tout à la fois l'absence d'illusions concernant la politique et en direction des personnages, une naïveté qui n'appartient qu'à Corneille !
Imaginez les méandres de complications avec pour inspirateur son rival de toujours ( Racine ) car c'est bien à une tragédie moderne que nous allons assister.
Alexandre, ce candidat parti à la conquête de l' électorat aurait bien fait de se méfier en acceptant pour conseillère en communication une femme dont le patronyme semblait descendre en droite ligne du trop célèbre espion napoléonien.
Existerait-il un gêne de la trahison ? ...
En outre, l' histoire tant politique que religieuse regorge d'exemples édifiants, Samson ne fut il pas victime de Dalila ? Holopherne ne perdit il pas la tête à cause de Judith ? Pour ne citer que les principaux ...
Il faut une lente et pénible ascension avant de se retrouver sous les feux croisés des projecteurs et les carrières fulgurantes qui succédèrent à la chute de l' Ancien Régime ne sont plus de mise à notre époque.
La mégalomanie a toujours aveuglé ceux qui en souffrent et la paranoïa qui protège un temps les dictateurs ne les met pas à l'abri de la chute.
Epoque mercantile aidant, plus rien ne s'acquiert par volonté ou par mérite, tout s'achète.
Alexandre est dirons nous, un ambitieux gentil. Il a naïvement rêvé à de grandes choses qu'il se croyait capable d'accomplir ... Une conquête amoureuse viendra parachever son aveuglement.
Pierre Deny incarne ce politique élu de fraîche date, jeune, plein d'énergie que le pouvoir n'a pas encore eu le temps de corrompre. Son physique en fait bien sûr, la coqueluche des électrices et sa récente ambition n'a pas eu le loisir de tuer la notion de morale en lui. C'est donc un être confiant en l' Avenir.
Stéphanie Lanier (Sophie) a l' alsacienne blondeur et va se révéler d'une efficacité redoutable. Elle portera son homme politique à bout de bras mais loin de lui être corps et âme dévouée on découvrira qu'elle n'est pas seule et peut-être plus fragile qu'il n'y paraît ?
La pièce n'incitera certes pas les électeurs indécis à prendre le chemin qui mène aux urnes mais a cependant le mérite de tomber à point nommé. Cet opportunisme là, ne saurait être condamnable !

Simone Alexandre.

www.theatrauteurs.com

14:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/03/2007

JOURNALISTES de Pierre NOTTE

THEATRE TRISTAN BERNARD
64, rue du Rocher
75008 PARIS
(M° Villiers)
T. 01 45 22 08 40
Prix des places : 32/26/20 €
Mercredi : 26/20 & 15 €
- de 26 ans : 10 €

Du mardi au samedi : 21h.
également à 18h. le samedi.

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photo : Claire Besse.

Mise en scène : Jean-Claude Cotillard
avec Sophie Artur, Zazie Delem, Romain Apelbaum, Marc Duret et Hervé-Claude Ilin.

L' arrivisme : thème central de la pièce.
Pierre Notte a choisi de parler du monde du spectacle en général et des journalistes en particulier parce que c'est un microcosme qu'il connaît bien.
Nous allons donc suivre ces drôles d'animaux qui officient dans la presse, découvrir leurs ambitions, leurs mesquineries, bref tous les petits travers d'une profession qui possède le pouvoir sans en avoir automatiquement l'envergure ...
Nous mesurons ici toute la différence qui sépare le métier de la vocation et si la vieille dame du Théâtre français avoue peu de temps avant de mourir de façon burlesque, " j'ai mal au théâtre " nos trois pigistes bien loin d'avoir mal au journalisme souffrent surtout d'opportunisme piaffant puisqu'ils ne servent que leur ambition personnelle.
Les propos sont à la fois ronflants et creux ce qui donne un petit aperçu de ce qu'ils pourront écrire à supposer qu'ils le fassent un jour.
La journaliste féminine (Zazie Delem) avoue être " engagée depuis 6 mois et ... pas une ligne écrite ! " On pense aussitôt à ces jeunes comédiens qui à peine sortis du Conservatoire se retrouvaient admis dans la maison de Molière pour être laissés dans l' ombre ... mais le fait appartient au passé, sans doute ?
Nous avons tous croisé (au moins une fois) l'un de ces auteurs complètement imbus de leur personne qui faisaient des ronds de jambe à eux-mêmes et dont la monomanie ne s'appliquait pas à l'écriture mais à la perspective de passer à la postérité !
Hervé-Claude Ilin et sa longue silhouette dégingandée jouera pour ce rôle, les pauseurs en mal de piédestal.
La journaliste évoquée tout à l'heure ne jure que par Isabelle Huppert est littéralement hantée par elle et envisage d' écrire une pièce sur mesure qui lui serait destinée sans parvenir à choisir le thème ni l'époque dans lesquels elle la situerait. A supposer que la comédienne accepte de prêter son talent à cet auteur même pas en herbe mais virtuel !
Parmi les scènes plus spécialement drôles figure celle de l' interviewer (Romain Apelbaum) qui maîtrise encore mal son matériel, a préparé une succession de questions fermées et tendra son micro jusqu' à la crampe car si l'auteur tarde à démarrer, une fois lancé son discours n' aura plus de fin.
Marc Duret en époux malheureux joue la carte compensatrice en fomentant un putsch destiné à dynamiter toute l'intelligentsia en place, croyant à lui seul la remplacer.
Sophie Artur se démultiplie à l'infini par le biais de personnages à la présence dévastatrice.
Si les portraits sont incisifs " jusqu' à la caricature " diront ceux qui ne veulent pas se reconnaître ... en revanche obnubilés par leurs objectifs, les personnages manquent singulièrement d'esprit.
Nous sommes loin de l'humour d'un Tristan Bernard qui répondait à qui l'interrogeait sur la pièce qu'il venait de voir : " Barsacq ? ... S.A.C.Q ! " cet esprit immédiat, fonctionnant à l'emporte-pièce étant devenu rarissime à notre époque.
Il faudra donc nous contenter de ces ambitieux au petit pied.
Poursuivant sa satire, Pierre Notte n'oublie pas le public sans trop s'appesantir car on ne tient pas en joue la poule aux oeufs d'or ... dénonçant au passage ceux qui ne viennent que pour Arditi à une époque où l'on a tendance à nier les monstres sacrés tout en les fabriquant de toutes pièces.
Vous l'avez compris, la gageure consistait à obtenir un succès tout en fustigeant la presse en priorité, l'institution théâtrale " qui touche des subventions en dévalisant le contribuable pour que d'autres s'amusent " et en grondant le spectateur qui ne se déplace que pour des vedettes.
Il convient toutefois de saluer l'efficacité de Jean-Claude Cotillard qui en vrai montreur de marionnettes fait apparaître ou escamote les personnages avec le brio d'un prestidigitateur.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

15:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent