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19/04/2007

Barbe-Bleue, espoir des femmes de Dea Loher

THEATRE de la TEMPETE
Cartoucherie Route du Champ-de-Manoeuvre
75012 PARIS

Métro : Château de Vincennes
puis navette gratuite " Cartoucherie "
ou bus 112

Location au : 01 43 28 36 36

Du 20 avril au 20 mai 2007
du mardi au samedi 20h.
dimanche à 16h.30

Texte français : Laurent Muhleisen
mise en scène : Véronique Widock.

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(relâche exceptionnelle le 11 mai, supplémentaire le mardi 15 mai à 14h.30)

avec Olivier Comte (Henri Barbe Bleue) - Ioana Craciunescu (L'Aveugle) - Lise Maussion Thompson (Juliette) Elisabetta Barucco (Anne) - Cecile Arch (Judith) - Diana Sakalauskaïté (Tania) - Claudie Decultis (Eve) - Geneviève de Kermabon (Christiane).

Le Henri Barbe-Bleue de Dea Loher est plus proche de Roberto Zucco que du personnage de Perrault et à mille lieues de celui interprété en son temps par Pierre Brasseur dans la version cinématographique de Christian-Jaque.
Ici Henri est en quelque sorte un Dom-Juan-malgré-lui. Les femmes le convoitent et comme il ne peut répondre à cet amour " au delà de toute mesure " il les tue.
L' humour féroce de l'auteur n'est pas loin de rappeler celui plus lapidaire d'un certain Léo Campion lequel en son temps s'amusa à définir le satyre comme le dernier espoir des dames usagées.
Ici les partenaires sont jeunes et belles mais éphémères, ce qui met d'autant plus en valeur le personnage hors normes de l'aveugle personnifiant le destin sous les traits de la remarquable Ioana Craciunescu l'un des deux piliers significatifs de la pièce avec le rôle de Barbe-Bleue joué par Olivier Comte dont on ne fait plus l' éloge depuis longtemps. Car quelque soit le rôle choisi, ce dernier lui va toujours comme un gant. Situation idéale pour un marchand de chaussures allez vous dire !
L'action résolument contemporaine ne se passe plus dans un château mais dans un magasin où les femmes vont et viennent espérant trouver " chaussure à son pied " dans tous les sens du terme ...
L'univers de Dea Loher est violent mais notre époque ne l'est elle pas ? Il suffit de s'intéresser à l'actualité pour en être aussitôt persuadés.
L'écriture de la pièce est sensuelle, imagée, " assez crue " diront certains.
L'action se déroule à Munich ce qui ne doit pas être tout à fait par hasard car à défaut d'accord la question sera tranchée ! Toutes les formes d' exécution seront alors déclinées. On ne se demande même plus si Henri est un vulgaire psychopathe car la situation évoquée dépasse largement ces limites. L' amour ... la mort ... n'oublions pas que Dea Loher avait choisi comme formation : littérature et philosophie il est par conséquent logique que son théâtre soit issu des deux.
La mise en scène de Véronique Widock va droit au but. Encore une pièce de Dea Loher à voir et revoir car si elle ne laisse pas intacts, on continue à creuser la question qu'elle pose chaque fois ouvrant la porte à de multiples réflexions.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Hughie de Eugène O' Neill

THEATRE LE LUCERNAIRE
53, rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS
(M° Notre Dame des Champs)
Tél. 01 45 44 57 34

Places : 30 € - CV 20 € - 26 ans, étud. ch. rmistes 15 € -

Du mardi au samedi à 21h.30 -
matinée le samedi à 16h.30
Jusqu'au : 14 Juillet 2007

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Texte français de Jacqueline Autrusseau et Maurice Goldring.
Adaptation scénique et mise en scène : Laurent Terzieff.

Avec : Laurent Terzieff et Claude Aufaure.

1928 dans le hall de réception d'un hôtel américain qui jadis eut son heure de gloire ... L' action va se situer entre 3 heures et 5 heures du matin. Une omniprésente et active horloge est là pour nous le rappeler. (conception : Pierre-Jean Horville)
Le gardien de nuit (Claude Aufaure) somnole vaguement à son poste quand survient un noctambule qui réclame la clé du 412.
Il s'agit d'un habitué ( Erié) auquel Laurent Terzieff prête sa carcasse paradoxalement vive et nonchalante, ce flegme actif qui va caractériser le personnage. Costume rayé et chapeau clair, canne censée le classer parmi les dandys ... Il avouera une cuite mémorable de cinq jours, prise en l' honneur de la disparition de celui qui est remplacé par son interlocuteur, ce nouvel homme aux clés d'or à l'oreille accueillante. Censée l'être du moins car Erié a beaucoup de choses à dire et nullement l'intention d'aller se coucher. Prosaïquement, Charlie (le gardien) attend que le temps passe afin de pouvoir enfin se déchausser.
Des voix off (*) interviendront de façon ponctuelle et portées par une lumière différente, nous communiqueront même les pensées. Le procédé pourtant simple est habile et permet à l'action de ne jamais retomber.
Le contraste fourni par la cohabitation de ce flambeur souffreteux et la bonhomie placide du gardien met en valeur un texte qui nous parle de solitudes conjuguées qu'une partie de dés (pipés bien entendu) viendra un temps, distraire.
Certains êtres enjolivent les faits pour supporter la réalité et d'autres écoutent sans entendre afin de mieux se protéger.
N'oublions pas que l'auteur, Prix Nobel de littérature en 1936 était lui même né dans une chambre d' hôtel quoi de plus naturel alors qu'il ait imaginé la conclusion à laquelle nous allons assister ?
Cette pièce portée par deux excellents comédiens fait salle comble chaque soir mais avec un peu de patience vous devriez pouvoir vous faufiler. Ne manquez surtout pas le rendez-vous car c'est à un moment exceptionnel auquel vous êtes conviés.

(*) voix off : Da'ad de Gunsbourg - Philippe Laudenbach et Patrick Bonnel.

Simone Alexandre.

www.theatrauteurs.com

09:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/04/2007

Le baiser de la Femme Araignée de Manuel PUIG

THEATRE L' ARTICLE
41, rue Volta 75003 PARIS
(M° Arts et Métiers)
Tél. 01 42 78 38 64

Prix des places : 15 € - TR : 10 €

Traduction : Albert Bensoussan
Texte publié aux Editions du Seuil.

Direction d'acteurs et mise en espace,
Aurélie Harp et Aude Saintier.

avec Antoine Levannier (Valentin)
Pierre Loïc Monfroy (Molina)

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Samedi à 21h. Dimanche à 19h.30
jusqu'au : 27 mai 2007

Il est dans les c.v. des références ronflantes comme celle de l' Actors Studio car de grands noms ont émergé de cet endroit et chaque époque possède son miroir aux alouettes. Disons que celui-ci est l'actuel.
" Le baiser de la femme araignée " faisant partie de mes pièces-fétiches il faudrait un cataclysme ( et encore ! ) pour que je n'assiste pas à l'une de ses nombreuses adaptations. Ici, la loi des comparaisons n' a pas lieu d'être car le texte est assez riche pour inspirer le moins doué des metteurs en scène.
Saluons au passage la scénographie à la fois réaliste et très belle en dépit du caractère sordide du lieu (une prison). La facture en est talentueuse et mérite d'être soulignée.
N' en déplaise à certains, les moyens physiques d'expression pèsent lourd dans le choix d'un interprète et je dois avouer qu' Antoine Levannier (ceci n'engage que moi) ne correspond pas exactement à l'idée que je m'étais faite jusqu'à ce jour du personnage de Valentin ...
Même cassé, brisé par les tortures il reste en tout révolutionnaire un fond d'énergie bouillonnante sans laquelle il ne serait pas ce qu'il est - tout simplement. Motivée sans nul doute par un souci de vérisme ... la double direction d'acteurs nous livre un être démantelé, faible reflet de ce qu'il est supposé représenter. N' y aurait il plus dans tout Valentin un Che Guevara qui sommeille ?
Pierre-Loïc Monfroy alias Molina a certes investi son personnage mais son débit de paroles plus que précipité est préjudiciable au texte (n'enseignerait on plus la diction dans les cours d'art dramatique ?) et quand il parle la bouche pleine cela devient carrément de la bouillie pour les chats. Désolée de dire aussi brutalement ce que je pense mais il me semble que c'est plutôt lui rendre service que de l'inciter à modifier certains détails qui au final pèsent lourd, comme parler d'eau " chode " et de constater face au mutisme de l'autre : " tu te té ? "
La traduction n'a rien à lui envier puisque Albert Bensoussan semble avoir écrit : " sur ton corps, que je me souviens si bien " (sic)
Ultime paradoxe, la voix off en dépit des craquements de l'enregistrement s'exprime fort et clair et correspond aux seuls moments crédibles de l' action.
En conclusion, quatre copains ayant usé leur fond de culotte chez Jack Waltzer ont voulu sympathiquement monter une pièce mais l'exigence d'un oeil extérieur réellement professionnel, semble leur avoir fait cruellement défaut.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent