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05/05/2007

HAPPY BIRTHDAY DADDY de Christophe Averlan

VINGTIEME THEATRE
7, Rue des Plâtrières
75020 PARIS
Tél. 01 43 66 01 13
(M° Ménilmontant)

du 2 MAI au 17 juin 2007
du mercredi au samedi à 21h.30
& le dimanche à 17h.30

Places : 22€, T.R. 17/12€

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Mise en scène : Patrice Kerbrat
avec Emeric Marchand (le fils) - Jean-Yves Chilot (le père)

- Tu seras une folle furieuse, mon fils ...
Ne faut-il pas que les cendres de Kipling s'aérent un peu ?
Si vous doutiez encore des méfaits de la psychanalyse allez sans tarder voir cette pièce. Freud, que de crimes a t'on commis en ton nom !
Schéma classique, un père dirigiste enseigne à son fils par des méthodes musclées comment devenir un homme.
Tous les enfants ont peur du noir. La proximité du néant dont deux êtres nous ont extirpé en est la cause, sans doute ? Il ne suffit que d'une sensibilité un peu exacerbée pour qu' en réaction, la haine surgisse.
Un fils en plein délire schizophrénique décide de fêter le 60ème anniversaire de son père de façon un peu particulière ...
L' auteur sciemment, accumule les redites. Un être dérangé ne fonctionne t' il pas en boucle ? Ce personnage est obsédé par un vécu mal assumé, par une série de complexes dus à l'admiration haineuse qu'il voue à celui qui a voulu le façonner à sa guise sans toutefois le reconnaître.
Faute de pouvoir assumer, son objectif est la destruction.
Le spectateur assiste à cette malsaine situation à la fois curieux et tétanisé, souhaitant un salutaire revirement qui lui permettrait de retrouver un air pur au lieu de cette atmosphère viciée.
Patrice Kerbrat est un directeur d'acteurs exceptionnel et nous le prouve une fois de plus. C' est simple, cet homme aurait mérité d'être sage-femme !
Sous sa férule, la précision de jeu s'allie à la hardiesse du mouvement. Rien n'est laissé au hasard. Avec lui tout prend signification.
Emeric Marchand (le fils) incarne ce jeune fauve iconoclaste dont la désespérance destructrice s'attaquera au père (Jean-Yves Chilot) qui joue ici une partition aussi difficultueuse que muette.
En sortant on se remémore les deux Commandements battus délibérément en brèche (Tu ne tueras point et honoreras tes père et mère) et l'on se dit que comparativement, Oedipe a pris un sale coup de vieux.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent

27/04/2007

FIAT LUX comédie écrite et mise en scène par Gaëtan Peau

CINE 13 THEATRE
1, avenue Junot
75018 PARIS
(M° Lamarck-Caulaincourt)
T. 01 42 54 15 12

Du mercredi au samedi à 21h.
Places : 17 € - TR : 10 € jusqu'au : 24 mai 2007

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Photo : Henry-Noël Peau

avec, Jean-Paul Bezzina, Olivier Faliez, David Seigneur.

L' amitié, en laquelle on croit " dur comme fer " quand on est adolescent, que l'on place souvent au dessus de l'amour pour constater un peu plus tard que ce sentiment est porteur des mêmes désillusions ...
Comme chaque mardi soir, Emmanuel reçoit à huis-clos, dans son établissement ses deux copains de toujours : Pascal et Stanislas. C'est un rite sacro-saint !
Pascal est l' artiste tourmenté (pléonasme) du trio. Il doute de lui en permanence.
Stanislas semble son absolu contraire : officiellement prof de philo, il s'offre le luxe de monter sur scène avec un talent inversement proportionnel au premier.
Emmanuel (le patron du lieu, cette brasserie où ils se réunissent) est celui qui en apparence du moins a le plus gardé les pieds sur terre.
Comme chaque semaine, les trois amis sacrifient à Bacchus, goûtent les spécialités mitonnées par le maître des lieux et sélectionnent les quelques anecdotes de la semaine écoulée évoquant également le passé qu'ils ont en commun. N'a t'on pas coutume de dire " in vino veritas " ? A mesure que la température monte le ton se met au diapason.
De même qu'il n'y a pas d'amour heureux, les amitiés sans nuages n'existent pas nous le savons tous. Or cette soirée n'est pas semblable aux précédentes puisque c'est la dernière. Emmanuel vient de l'annoncer et la foudre tombe brusquement au milieu de ces trois là. Le noeud gordien vient d'être rompu et tout s' effondre.
Nous allons assister à cette nuit mémorable durant laquelle le linge sale va être déballé sans vergogne. Foin des apparences, elles ne sont plus de saison !
Nous passons brusquement des anecdotes au règlement de comptes. Le plus assuré de tous va se déliter sous nos yeux.
L'auteur ( Gaëtan Peau ) a écrit ce texte avec humour et lucidité; sa mise en scène met efficacement en valeur des comédiens rivalisant de réalisme. Ils sont parfaits tous trois. Il est impossible à nous spectateurs de prendre parti pour l' un ou l'autre tant les personnages sont attachants.
Allez-y, c'est un excellent moment que vous passerez à leur écoute et vous y découvrirez également une version de la chanson " dans le port d'Amsterdam " qui à elle seule, vaudrait le détour.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

10:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/04/2007

Confidences trop intimes de Jérôme Tonnerre

THEATRE de L' ATELIER
1, place Charles Dullin
75018 PARIS
(M° Anvers)
Tél. 01 46 49 24
Place de 7 à 38 € - gr. 31 € - 26 ans : 10 €

Du mardi au samedi à 21h.
Matinées samedi & dimanche à 16h.

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Photo : Gérard Giaume/H&K

avec Christophe Malavoy - Florence Darel - Noémie Kocher & Alain Rimoux. (nouvelle distribution)
Mise en scène : Patrice Leconte.

Imaginez que souffrant de troubles gastriques, vous sonniez chez le plombier. C'est à peu près ce qui va se produire le jour où Anna franchira la porte d'un conseiller fiscal en croyant avoir eu le courage de s'adresser à un psy.
C'est cela en mieux car mon exemple risque de paraître trivial alors qu'il ne s'agit que de définir la part de prémonition dans un acte manqué ? On redoute quelque chose et on y va tout droit. On souhaite une issue et on s'y précipite tout en le niant.
Méandres de l'âme humaine ! ...
D'une part, Anna Delambre (Florence Darel) va harceler, s'imposer à ce faux psy tandis que sa victime : William Faber (Christophe Malavoy) jouera les bons Samaritains tout en se faisant piéger. Quel merveilleux sujet d'analyse ! ...
Au moment de la rencontre, l'un et l'autre se trouvent dans une impasse. William a rompu avec Jeanne et pour ne pas avoir trop mal joue la carte de l'amitié. Il vit en ce lieu désuet après avoir pris la succession de son père et s'ennuie comme un train sur les rails ... Anna quant à elle a failli écraser son époux en voiture (ses commentaires à ce sujet seront parfois d'un goût douteux) et depuis par remords, sans doute ? ... a fait de sa victime son bourreau.
Hmmm ! apprécierait le Dr Monnier (le vrai psy interprété par Alain Rimoux) qui face aux confidences féminines a tendance à se prendre pour Guitry.
Vous reconnaîtrez que le thème est pour le moins jubilatoire et bien non, ou du moins pas encore car Christophe Malavoy qui vient juste de prendre la succession de Jacques Gamblin paraît aussi coincé par son personnage que ce dernier l'est par les chiffres; ce qui rejaillit forcément sur Florence Darel qui semble hésiter à se prendre pour une boule dans un jeu de quille. Il est vrai que le personnage de cette dernière ne sait pas trop où il en est ! Elle va donc additionner les visites et bouleverser une vie tout en prétendant qu'elle ne veut surtout pas changer la sienne. Du coup, l' Ex. (Noémie Kocher) va avoir un coup de " revenez-y ". Parfaitement logique ! Abordée dans les complications, pimentée par les non dits ou les aveux excessifs, la pièce trouvera une happy end ensoleillée digne d'un roman photos.
Parfois au théâtre, il nous arrive de dire : " cela ferait un très bon film".
L'inverse n'est pas obligatoire mais ne désespérons pas car si de mauvais acteurs (ce qui n'est absolument pas le cas ici) peuvent compromettre un texte, en revanche de bons comédiens peuvent sauver une pièce disons ... un peu moins réussie que le film. Il ne suffit pour cela que de leur laisser le temps d'investir leurs personnages respectifs.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent