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14/09/2007

Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac.

THEATRE ANTOINE
33, rue du Fbg St-Martin
75010 PARIS
www.theatre-antoine.com

(M° Strasbourg St-Denis)
Loc. 01 42 08 77 71
Pl. de 17 à 49 €
" Premières " 50% du 6 au 15 sept. (17h)

Du mardi au vendredi à 20h.30, samedi à 17h & 21h.
Dimanche à 15h.30

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Mise en scène : Alain SACHS.
avec : Lorant DEUTSCH, Christiane MILLET, Philippe UCHAN, CERISE, Urbain CANCELIER, Fabienne CHAUDAT, Isabelle TANAKIL, Pierre AUSSEDAT, Caroline MAILLARD.

" L'enfant d' 1 mètre 80 ", ce sera Lorant Deutsch qui pour la circonstance régressera jusqu'à son 9ème anniversaire ce qui demande quand même un effort supplémentaire de mémoire, ne serait-ce que sur le plan de la voix !
Ce Peter Pan - en moins optimiste mais plus intelligent - va donc décider qu'au delà du chiffre 9, il n'y a plus rien à apprendre et que du reste, il en a bien assez vu comme cela !
Il va donc s'offrir un ultime baroud d'honneur en jouant les terroristes familiaux une toute dernière fois. Notre époque remarquerait à peine les facéties du gamin, on lui mettrait une télécommande en main, un coussin sous les fesses et la vie poursuivrait son cours habituel. Il ne pouvait en être de même à l'époque de la création où le thème en choqua sans nul doute plus d'un.
Presque tous les enfants possèdent un sens aigu de l'observation mais la plupart gardent leurs constatations pour eux ou se hâtent de les oublier. Les adultes disent et font des choses tellement incroyables : mieux vaut ne pas comparer leurs directives et leurs agissements. Victor lui, est conscient de tout cela et se dit qu'une bonne petite pagaille compenserait joyeusement la souffrance qu'il ressent à être au monde. Commençons par la bonne puisque c'est la première qu'il a sous la main. C'est également la plus vulnérable mais il n'en restera pas là. Les sacro-saintes apparences bourgeoises vont voler en éclats et la situation arrivera à son comble quand Ida Mortemart fera une apparition pour le moins pétaradante !
L'auteur qui avait comme on dit, les institutions dans le collimateur ... s'en donne ici à coeur joie. Nous allons suivre les péripéties de ce vaudeville surréaliste au rythme et aux rebondissements résolument burlesques pour lequel Alain Sachs n'a pas ménagé sa peine car c'est à un véritable maelström auquel nous sommes conviés.
J'eusse souhaité un Victor un peu plus facétieux que celui campé par Laurent Deutsch qui privilégie le côté Einstein en herbe de son personnage. Si sérieux soit-il, un enfant de 9 ans reste un enfant (surtout en 1928) et certaines petites lueurs malgré tout enfantines, faisaient ici défaut. Urbain Cancelier fait preuve d'une présence scénique dévastatrice et je vous laisserai découvrir tous les autres qui investissent parfaitement leur personnage respectif. Ceux qui diraient que Vitrac a vieilli ne feraient que prouver qu'ils n'étaient pas en forme ce soir là. Les comédiens en revanche le sont eux, furieusement.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/09/2007

L' un dans l'autre de Marc Fayet

PETIT THEATRE de PARIS
15, rue Blanche
75009 PARIS
(M° Trinité)
www.theatredeparis.com

Loc. 01 42 80 01 81
Pl. 35/27 € - 26 ans 10 €

Du mardi au samedi à 21h.
matinées le samedi à 17h.
dimanche à 15h.

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Mise en scène : JOSE PAUL & STEPHANE COTTIN
avec : EVELYNE DANDRY, LISA MARTINO, GERARD LOUSSINE, MARC FAYET, THIERRY HECKENDORN.

Décor : Appartement très neutre (pour ne pas dire pire), un buffet repeint présenté par dérision comme un meuble chinois, des tableaux vaguement inspirés du cubisme et des fauteuils qui ont fait leur temps. " Pas Empire mais de pire en pire " ironiseront successivement les deux hommes. C'est une blague de famille !
Arrivée d'un jeune couple - Lui, feint la désinvolture tandis qu'Elle, hésite à se dégager de la porte puis refusera même de s'asseoir.
Sur le prétendu vaisselier chinois maquillé en buffet normand, une photo le représentant, lui (ou son jumeau ?) à l'époque de la première communion. " erreur de jeunesse " raillera t' il. Un peu dérouté notre séducteur ... Face au comportement de la visiteuse, on le serait à moins, il est vrai. Ayant suggéré un tour du propriétaire, ils vont disparaître en direction de la chambre. Espoir, peut-être ? ...
Seconde arrivée d'un couple, nettement plus âgé qui revient d' une "couillonnerie de spectacle". Les répliques seront parfois calquées sur celles des deux précédents. Mêmes causes, mêmes effets. On comprend qu'il s'agit du père, guère plus triomphant que le fils. En réalité, ces deux là se connaissent depuis 30 ans mais les aléas de la vie ont fait que ...
Pour tout duo (accordé ou non) une intervention extérieure a valeur de fausse note et précisément un voisin ne cesse de s'immiscer, pire de s'incruster !
L' attention du spectateur va rebondir en permanence, passant d'un couple à l'autre, du présent au passé car ici le temps est éclaté. Peu à peu et grâce à ce voisin encombrant, nous saurons tout de chacun. Marc Fayet se joue du tragique comme un gosse qui utiliserait une corde à sauter afin que le temps passe ... Nous sommes un peu déroutés par ce puzzle qu'il nous faut bien reconstituer en nous disant au final que sa construction est sacrément habile !
Les comédiens sont tous irréprochables et prouvent que l'on peut rire de situations bancales, exactement comme dans la vie.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

14:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/09/2007

Ils habitent la Goutte d' Or de Laurence Février

Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre Dame des Champs
75006 PARIS
(M° N.D. des Champs)
Loc. 01 45 44 57 34
www.lucernaire.fr

TP 30€ TR 20€ (séniors)
Tr 15€ (-26ans, chômeurs)

Du mardi au samedi à 21h.

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avec Laurence FEVRIER, Martine MAXIMIN, Charlie NELSON.

La Chapelle - Goutte d' Or - quartiers d' urgence !
Ici comme ailleurs, les gens cohabitent de plus ou moins bon gré mais ne se rencontrent pas. Qui donc alors pourrait assurer la liaison sinon une politique qui fonctionne à l'affectif ?
Château Rouge, le marché : " une zone de non droit où l'on vend au noir du produit pour se blanchir la peau " ...
Le ton est donné, le périmètre situé. Trois personnages vont faire office de conteurs, véhiculant tour à tour un vécu, celui qui a fait d'eux ce qu'ils sont.
Tout d'abord, l'indigène, la parigote, celle qui à force de volonté a réussi à faire son trou - oh, bien modeste - dans la jungle politicienne mais elle a l'âme chevillée au corps et revendique haut et fort ses convictions. Présence, expérience, autorité, Laurence Février symbolise tout cela. Elle va donc nous exposer son programme durant 30 mn et de digression en digression nous racontera ce que fut sa vie avant d'en arriver là.
Martine Maximin lui succèdera, le sac soudé à l'épaule comme si c'était son seul et unique bien, comme si elle n'était arrivée qu'avec cet ultime atout, sa réserve à oxygène en quelque sorte quand elle a plongé en ce monde dit moderne.
Notre réfugiée politique pense que le " bonheur, c'est la maison après le travail." Mais comment avoir une maison, quand on n'a pas de travail ? ... Elle a tout vécu, tout vu depuis qu'elle est ici et cette femme que l'on devine pétrie de bon sens reste lucide. La société actuelle se caractérise trop souvent pas son manque de repères, cette amoralité qui n'est que la conséquence d'un désarroi profond. Elle - sait parfaitement ce qui est bien ou mal. Comment approuver ce viol perpétré par 10 sénégalais, par exemple ?...
En lui succédant le baroudeur-libraire (Charlie Nelson) fournira une tentative de réponse : " ici, les africains prennent nos défauts, pas nos qualités " C'est qu'il l'a connait bien lui, l'Afrique pour l'avoir parcourue en tous sens. Il demeure aussi convaincu que seule la laïcité peut permettre aux individus d'où qu'ils viennent de bien raisonner et de rester dignes. On ne pose pas son baluchon sur les terres de Louise Michel par hasard et l'expérience lui a appris que la mémoire était toujours romanesque.
Ils ont chacun ouvert leur parenthèse, résumant le monde et se livrant un peu, chemin faisant.
Les spectateurs se diront en sortant du théâtre, qu'ils ne croiseront plus personne sans se poser de questions, au moins pour quelques temps ...

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent