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26/10/2007

Le médecin de son honneur de Calderon de la Barca

THEATRE de l' OPPRIME
78, rue du Charolais
75012 PARIS
(M° Dugommier, Reuilly-Diderot ou Gare de Lyon)
Loc. 01 43 40 44 44
Tarifs : 15 & 10 €

Du 17 octobre au 17 novembre 2007
du mercredi au samedi à 20h.30
dimanche à 17h.

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Mise en scène et traduction : Hervé Petit
avec : Karim Abdelaziz, Geneviève Esménard, Karine Fellous, Jean-Claude Fernandez, Sylvie Florio, Hervé Petit, René Hernandez, Luc Reboullet, Yasmahane Yaqini.

Texte publié aux Editions de l' Amandier

Désireux d'échapper à la trop fréquente sentence : " traduttore, traditore " Hervé Petit s'est d' évidence conformé étroitement au texte initial de Pedro Calderon de la Barca. Grâce lui en soit rendue ! Mais si les passions sont omniprésentes à toutes les époques, leur mode d'expression varie quelque peu au fil du temps ...
Les crimes de sang ou d'honneur perdurent certes, en certaines sociétés mais sont moins compréhensibles à notre époque. Aussi vous avouerai-je que (ceci n'engage que moi) entendre ce texte remarquablement écrit, souvent poétique mais également outrancier dit par des personnages habillés de façon actuelle m'a quelque peu dérangée. Nos actuelles démocraties si contestables soient elles ne conçoivent plus cette adoration du Pouvoir et même le plus délirant de nos politiques ne pourrait imaginer - face au miroir dans lequel il contrôle son rasage - que quelqu'un puisse un jour lui dire,
" le sol que vos pieds ont foulé est un dais souverain qui illumine tous les points cardinaux de l'univers " !
Si le spectateur n'écoute pas sans entendre, il lui est difficile de ne pas esquisser un sourire ...
Faire passer ce texte demande donc une longue accoutumance à cette sorte de répertoire ce que d'évidence, tous n'ont pas.
J'excepterai de cette remarque Geneviève Esménard absolument parfaite dans le rôle de Jacinta. (sa trajectoire ayant emprunté celle du TNS, faut-il s'en étonner ?) et pour d'autres raisons non moins valables, la facétieuse Ysmahane Yaquini qui apporte une note joyeuse à cette sombre histoire.
Cela dit, les spectateurs semblent passer sur place un bon moment. N'est-ce pas l'essentiel ?

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

L'ignorant et le fou de Thomas Bernhard

ATHENEE - Théâtre Louis Jouvet.
Square de l' Opéra
7, rue Boudreau
75009 PARIS
(M° Opéra, Havre-Caumartin, RER A-Auber
www.athenee-theatre.com
Pl. de 28 € à 12 €
TR de 23 à 10 €

du 25 octobre au 10 novembre 2007

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Mise en scène : Emmanuel Daumas
avec : Roland Bertin (le père) - Vincent Delandres (Madame Varga et Winter) - Michel Fau (le docteur) Dominique Valadié (La Reine de la Nuit)

Thomas Bernhard avait fait profession d'être dérangeant. Cet Alceste autrichien n'épargnait rien ni personne et son regard d'acier répertoriait inlassablement les travers de la société dans laquelle il était contraint de vivre.
Ses études musicales effectuées au Mozarteum de Salzbourg lui permirent de connaître de l'intérieur le fonctionnement mental des artistes lyriques.
Ses problèmes de santé l'obligèrent à coudoyer les médecins et gageons que le personnage de ce père alcoolique n'était pas uniquement le fruit de son imagination.
La scénographie calque plus sa subjectivité sur l' esprit de la pièce que sur les lieux où se déroule logiquement l'action. Décor gris, angles secs. Nous sommes très loin du feutré habituel d'une loge d'artiste où le père attend en s'imbibant consciencieusement de schnaps sous l'oeil désabusé du médecin.
Etrange ce docteur qui développe un cours d'anatomie afin de faire patienter le vieil homme qui répète les fins de phrases espérant prouver ainsi que les brumes éthyliques n'ont pas complètement eu raison de lui.
Arrivée de la cantatrice, cette colorature à la voix si rare, à la réputation mondiale qui attend le dernier moment pour entrer en scène et avouera un peu plus tard en avoir assez tandis qu' une toux impitoyable aura raison de son sort.
Nous assistons à la déchéance programmée de ces trois personnages. Le père aveugle qui se suicide à chaque goutte d'alcool ingurgité, la cantatrice qui ne chantera plus et le médecin qui, à force de disséquer les cerveaux, sombre dans la folie. Une société qui se gangrène, Thomas Bernhard a passé sa vie à dépeindre cela.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/10/2007

LE DIABLE AU CORPS de Andréa de Nerciat

THEATRE ESSAION
6, rue Pierre-au-Lard
75004 PARIS
(M° Hôtel de Ville)
Loc. 01 42 78 46 42

Du mercredi au samedi à 21h.30
jusqu'au : 17 novembre 2007

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Dialogues libertins d'après " Le diable au corps " et " Les Aphrodites " de Andréa de Nerciat.
Adaptation : Liliane Nataf et Jean-Louis Thamin.
Mise en scène : Jean-Louis Thamin.
avec : Samuel Bonnafil, Liliane Nataf, Cécile Sanz de Alba, Antoine Segard.

Si l'on vous dit : " Le diable au corps " vous ajouterez quasi-irrémédiablement, " Radiguet " et bien non, au préalable, le titre appartint à Andréa de Nerciat, romancier français dijonnais, qui finira ses jours à Naples en 1800 et contemporain, proche du célèbre prince de Ligne.
Le diable au corps ainsi que Les Aphrodites (ses deux derniers ouvrages) ne furent publiés que longtemps après sa disparition : 1793 pour les Aphrodites et 1803 pour Le diable au corps ... puis conservés rigoureusement dans " L'enfer " de la Bibliothèque Nationale.
L'auteur prône une philosophie phallo-coïto-pygo-glottonomique soit, pour être plus clair(e), le plaisir sous toutes ses formes et l'érotisme à tout va !
Les personnages sont désignés par des noms évocateurs ... qu'il convient de ne pas citer afin de mieux les savourer sur place.
Les costumes des interprètes sont stylisés mais restent suffisamment évocateurs, quant aux postures ... ces dernières se révèlent amplement suggestives. Les comédiens s'en donnent à coeur joie bien que cet organe se trouve ici quelque peu décalé ...
Le public (en ces temps où le puritanisme a nettement tendance à déborder de l'Atlantique) glousse ou s'esclaffe avec la joie de la liberté retrouvée. Bref, on se souvient brusquement que notre pays est celui de Rabelais, celui également des Contes drôlatiques et de Justine, pour ne faire allusion qu'à quelques uns sans oublier Restif de la Bretonne et " par les truffes d'Adonis " ( ! ) cette liberté là, même si elle appartient à une époque révolue nous comble d'aise.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent