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18/11/2008

La Cagnotte d'Eugène Labiche

THEATRE DES QUARTIERS D'IVRY-ANTOINE VITEZ

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1, rue Simon Dereure (94) IVRY

M° Mairie d'Ivry ou

RER C, station : Ivry-sur-Seine

Loc. 01 43 90 11 11

www.theatre-quartiers-ivry.com

Pl. 19, 12 & 9€

Mardi, mercredi, vendredi & samedi à 20h.

Jeudi à 19h. & dimanche à 16h.

Jusqu'au : 3 décembre 2008.

Mise en scène : Adel Hakim

avec : Maryse Aubert, Thierry Barèges, Isabelle Cagnat, Etienne Coquereau, Jean-Charles Delaume, Malik Faraoun, Serge Gaborieau, Nigel Hollidge, François Raffenaud et Prunella Rivière.

Durée du spectacle : 2h.10 sans entracte.


Labiche qui bien que né et mort à Paris, nous décrit mieux que quiconque, les moeurs des provinciaux qui ont longtemps économisé dans le but d'aller dépenser leur argent, d'un coup, d'un seul dans la capitale, imitant en cela la démarche des papillons qui viennent se brûler les ailes sur la flamme qui les hypnotise.
Ne venez pas dire que cela ne se fait plus car il en existe encore. J'en connais. Certes, celui que l'on surnomma " l'auteur le plus gai du XIXème siècle " ne brille pas par la finesse psychologique de ses personnages mais par contre, son sens de l'observation compense largement ce léger défaut; ajoutez à cela le rythme enlevé de l'écriture et le caractère inventif des situations. (s'il n'est pas psychanalyste du moins est-il peintre de talent !)
Avant que la petite boite à écran soit inventée, les soirées se passaient souvent à jouer aux cartes. Les hommes se réunissaient alors autour d'une table tandis que les femmes brodaient. Ici, fantaisie d'auteur, l'une d'elles invente d'agréables figures chorégraphiques créant ainsi un spectacle à domicile. Et puis, c'est moins banal qu'un massacre au piano agrémenté d'une voix de crécelle comme cela arrivait parfois. Pas ici car ils chantent tous bien et parfois même à ravir.
Or cette assemblée de petits bourgeois ne mise pas seulement en utilisant des boutons de culottes et peu à peu un petit pécule s'est constitué. Ajoutez à cela une rage de dents que seul le maréchal-ferrant soigne sur place (l'action se déroulant à la Ferté-sous-Jouarre) et vous comprendrez que l'attrait de la capitale soit si grand.
Ils vont donc tous s'embarquer en une folle équipée qui leur vaudra quelques déboires et leur coûtera beaucoup plus qu'il n'était prévu. Nous allons assister à leur apprentissage collectif de la vie.
Le décor est ingénieusement mouvant, costumes et coiffures d'une drôlerie à toute épreuve et les comédiens incarnent avec brio tous ces personnages à un rythme trépidant. (Là où Adel Hakim passe ... ennui et lenteur trépassent)
Le public est ravi de constater que ce répertoire bien traité n'est pas passé de mode. Par conséquent, vous savez ce qu'il vous reste à faire ... Inutile de vous souhaiter une bonne soirée car c'est gagné d'avance !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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11:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/11/2008

Lettres à l'Humanité de José Pliya

THEATRE du LUCERNAIRE

53, rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS

M° N.Dame des Champs

Loc. 01 45 44 57 34

& sur www.lucernaire.fr

Du mardi au samedi à 19h. sauf les 25/XII & 1er/1 -

Jusqu'au : 3 Janvier 2009.

Mise en scène : Sophie Akrich

avec : Paulin Fodouop, Isabelle Fruchart et Jean-Pierre Becker.

Scénograhie et lumières : Erwan Creff.

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Afin de créer la parenthèse destinée à désamorcer la gravité du propos, le spectacle commence par une plaisanterie avec cette petite histoire juive qui nous amène à sourire ...

Il s'agira ensuite de lettres, rédigées sous forme de requêtes, écrites par des anonymes dans l'espoir d'obtenir satisfaction.
Un soldat a fait le mur pour se donner du bon temps. Le fait en soi n'est pas très grave mais quand on est militaire ... la faute pèse son poids  et là, pour avoir rêvé de liberté, on risque bien de se retrouver " au trou " comme on dit voire être fusillé comme déserteur en temps de guerre.
A part le sexe, il est des lieux où les distractions ne sont pas nombreuses et que ne ferait-on pour se sentir vivre, un peu ?
Trois comédiens, deux hommes et une femme nous évoquent ces parcelles de vie, que nous livrent ces lettres écrites il y a bien longtemps et qui font revivre pour nous ceux qui ont tracé ces lignes ...
Pour évoquer le sort que les événements leur a fait subir, il y a ce témoignage écrit par un tirailleur sénégalais, victime impuissante du colonialisme, ce couple évoqué qui a pour nom Michael et Eva, en ces périodes tourmentées de l' Histoire, celle qui s'inscrit dans la mémoire avec un grand H par respect rétrospectif pour les victimes.
Le tirailleur s'adresse au Maréchal Pétain, le juif d'Ethiopie écrit à Ben Gourion et chaque fois, on comprend que la demande correspond à un ultime espoir, évoqué en toute sincérité avec un maximum de naïveté, celle de ceux qui ont osé lever les yeux en direction de ce qui les domine.
Une blonde aryenne admirative et néanmoins victime, interpelle Hitler au nom de ses enfants dont elle est séparée ... Chaque fois, bien sûr, le " vous " ostentatoire et respectueux est utilisé. Pour mettre en valeur ces témoignages dont les conséquences ne sont pas révolues, la sobriété était de mise.
En fond de scène, côté jardin, un stock de cartons empilés comme des valises dépourvues de poignées car désormais fixés par le temps, évoque symboliquement toutes ces lettres conservées par les familles, que l'on ose à peine toucher mais que l'on conserve jalousement.
Du même côté, sur le mur un écran destiné à recueillir quelques projections afin que l'expression d'un visage s'impose au spectateur par le biais d'un premier plan. N'oublions pas que désormais les faits s'impriment ainsi dans les mémoires.
Une mention spéciale pour Jean-Pierre Becker dont la drôlerie et la richesse d'expression se démultiplient au gré des personnages successifs.
Grâce à lui et à ses partenaires, nous visitons ces temps tourmentés sans indignation ni écoeurement mais non sans réflexion car ils nous ont permis de nous imprégner de ces expériences que d'autres ont vécues et qui doivent nous être profitables ...


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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10:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/10/2008

Noces de sable de Didier van Cauwelaert

Théâtre des Deux Rêves

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5, Passage de Thionville 75019 Paris

(M° Laumière ou Crimée)

Réserv. 01 48 03 49 92

Pl. 16 & 10€

Du mardi au samedi à 21h.30

Jusqu'au : 29 Novembre 2008

Mise en scène : Julien Delbès

avec Emmanuelle Bodin

et Tristan Petitgirard.

 

Certains écrivains ont besoin d'être seuls pour écrire, d'autres puisent leur inspiration dans ce qu'ils voient, ou ce qu'ils vivent. Sylvie appartient à la seconde catégorie et précisément son amant vient de la quitter. Panne sèche. Angoisse de la page blanche. Persuadée qu'elle ne trouvera plus jamais l'inspiration, elle décide d'en finir. Projet de suicide typiquement féminin, elle envisage alors d'avaler une bonne dose de barbituriques dans une boisson bleu azur.
Le téléphone sonne. Pas moyen de se suicider en paix et voilà qu'un postulant jardinier se présente !
Bruno lui, cherche du travail de façon pour le moins dissuasive ... un peu pour meubler le temps libre qu'il a depuis le départ de sa femme.
Rencontre de ces deux âmes en peine ...
Il devient donc urgent pour Sylvie de surseoir à son projet de fuite dans l'au-delà.
Quant à Bruno, faire ça ou autre chose ! ... Finalement, pourquoi pas ?
Ces deux là vont se heurter, jouer les imprévisibles au regard de l'autre ...
Généralement, c'est l'employeur qui décide et bien pour une fois, ce sera l'inverse.
Il va y avoir du dressage de fauve dans l'air et chacun va amener son vis-à-vis à mieux se connaître ... Les deux personnages ne tarderont pas à ressembler à des trapézistes réciproquement tributaires. Avant la rencontre, chacun se croyait au bout du rouleau, ils vont se reconstruire en se regardant.
Les deux comédiens se complètent parfaitement tout en se mettant mutuellement en valeur et nous passons agréablement ce moment avec eux.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

08:37 Publié dans THEATRE | Lien permanent