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05/09/2007

Ils habitent la Goutte d' Or de Laurence Février

Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre Dame des Champs
75006 PARIS
(M° N.D. des Champs)
Loc. 01 45 44 57 34
www.lucernaire.fr

TP 30€ TR 20€ (séniors)
Tr 15€ (-26ans, chômeurs)

Du mardi au samedi à 21h.

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avec Laurence FEVRIER, Martine MAXIMIN, Charlie NELSON.

La Chapelle - Goutte d' Or - quartiers d' urgence !
Ici comme ailleurs, les gens cohabitent de plus ou moins bon gré mais ne se rencontrent pas. Qui donc alors pourrait assurer la liaison sinon une politique qui fonctionne à l'affectif ?
Château Rouge, le marché : " une zone de non droit où l'on vend au noir du produit pour se blanchir la peau " ...
Le ton est donné, le périmètre situé. Trois personnages vont faire office de conteurs, véhiculant tour à tour un vécu, celui qui a fait d'eux ce qu'ils sont.
Tout d'abord, l'indigène, la parigote, celle qui à force de volonté a réussi à faire son trou - oh, bien modeste - dans la jungle politicienne mais elle a l'âme chevillée au corps et revendique haut et fort ses convictions. Présence, expérience, autorité, Laurence Février symbolise tout cela. Elle va donc nous exposer son programme durant 30 mn et de digression en digression nous racontera ce que fut sa vie avant d'en arriver là.
Martine Maximin lui succèdera, le sac soudé à l'épaule comme si c'était son seul et unique bien, comme si elle n'était arrivée qu'avec cet ultime atout, sa réserve à oxygène en quelque sorte quand elle a plongé en ce monde dit moderne.
Notre réfugiée politique pense que le " bonheur, c'est la maison après le travail." Mais comment avoir une maison, quand on n'a pas de travail ? ... Elle a tout vécu, tout vu depuis qu'elle est ici et cette femme que l'on devine pétrie de bon sens reste lucide. La société actuelle se caractérise trop souvent pas son manque de repères, cette amoralité qui n'est que la conséquence d'un désarroi profond. Elle - sait parfaitement ce qui est bien ou mal. Comment approuver ce viol perpétré par 10 sénégalais, par exemple ?...
En lui succédant le baroudeur-libraire (Charlie Nelson) fournira une tentative de réponse : " ici, les africains prennent nos défauts, pas nos qualités " C'est qu'il l'a connait bien lui, l'Afrique pour l'avoir parcourue en tous sens. Il demeure aussi convaincu que seule la laïcité peut permettre aux individus d'où qu'ils viennent de bien raisonner et de rester dignes. On ne pose pas son baluchon sur les terres de Louise Michel par hasard et l'expérience lui a appris que la mémoire était toujours romanesque.
Ils ont chacun ouvert leur parenthèse, résumant le monde et se livrant un peu, chemin faisant.
Les spectateurs se diront en sortant du théâtre, qu'ils ne croiseront plus personne sans se poser de questions, au moins pour quelques temps ...

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

NE NOUS QUITTE PAS ! de Gil Galliot Yves Hirschfeld

THEATRE TRISTAN BERNARD
64, Rue du Rocher
75008 PARIS
(M° Villiers)
Loc. 01 45 22 08 40
Pl. 32/26/20€
Etud. - 26 ans : 10€
- 50% sur le plein tarif jusqu'au 11 septembre.

Du mardi au samedi à 21h.
+ samedi à 18h.

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Mise en scène : Gil GALLIOT
avec Philippe LELIEVRE, Gil GALLIOT & Fred NONY.
et la voix de Sophie Le TELLIER.

Combien de personnalités peuvent-elles cohabiter en un seul personnage ? ...
Comment est-on perçu par l'être aimé ? ...
Ce sont les questions (insidieuses au possible), que semblent se poser nos co-auteurs mais comme ils ne voulaient pas que le spectacle vire à " la prise de tête " ils ont choisi le mode ludique, voire carrément burlesque pour évoquer la chose ...
Un être n'est pas absolument le même aux différentes périodes de sa vie. Il évolue plus ou moins bien et parfois celui ou celle que nous avons connu au départ n'a plus rien à voir avec celui de l'arrivée, 15 ou 20 ans après. Pourtant, c'est bien la même personne ?
Agnès pleure ses trois Paul,
- celui du tout début, beau jeune, fougueux (Philippe Lelièvre)
- cet autre plus mûr, sécurisant, un tantinet possessif et parfois pragmatique jusqu'à l'ennui. (Gil Galliot)
- et enfin, ce Paul rhumatisant, dont la fragilité - pourtant poétique - le pousse à l'hypocondrie car certains hommes vieillissent mal. (Fred Nory)
Chacun de ces trois comédiens prend un plaisir évident à investir son personnage, que dis-je ? A se vautrer dans ses travers ... et ce faisant, ils nous arrachent des rires. Après s'être convoquée, notre trinité masculine va conclure que " le couple, c'est simple mais ... dans une sorte de complexitude "
Le premier Paul ne pensait qu'à l' amour en tant que prouesse physique, le second est obsédé par le travail et s'exprime en termes de marketing et enfin, le troisième Paul est presque retombé en enfance tant il a besoin qu'on lui dorlote ses petites misères. Alors forcément, Agnès regarde ailleurs ... et Paul ne comprend pas ce qui arrive.
Célibataires ou mariés, les spectateurs croient se souvenir de certaines situations qui - appliquées à d'autres - sont mille fois plus drôles, évidemment !
On ne verra jamais Agnès puisqu'elle est l'obsession de ces hommes de même que ces derniers ne parviennent à quitter son esprit. Ah ! l' Amourrr ... l'Amourrr !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com.

16:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/09/2007

Un Monde Fou de Becky Mode

Théâtre La Bruyère
5, rue La Bruyère
75009 PARIS
M° St-Georges
Loc. 01 48 74 76 99
Pl. 36/28/21/15€
-26ans : 10€
- 50% sur le plein tarif jusqu'au 7 septembre 07.

Du mardi au samedi à 21h.
matinée : samedi à 17h.30

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Mise en scène : Stephan Meldegg.
avec Eric Métayer
sur un texte français de Attica Guedj & Stephan Meldegg.

L'auteur (e) - c'est une femme - a connu cette situation qui consiste à devoir accepter un travail purement alimentaire dans l'attente d'un rôle. Léo Ferré disait à peu près ceci : " quand on accepte un boulot pour bouffer, il faut craindre d'être bouffé par lui. " Et oui, mais comment faire ? Si à défaut de figurer en tête d'affiche on ne veut pas risquer de passer derrière sans les décoller, on est contraint d'accepter n'importe quoi. Heureusement que Becky Mode avait plus d'une corde à son arc, ce qui lui a permis d'écrire.
Son anti-héros, Sam répond au standard d'un restaurant dans le vent dont la direction fait fi de la pose syndicale. Il fait habituellement équipe avec un collègue qui, ce jour là, précisément est absent. Comme il n'a pas le choix, il assume !
Eric Metayer se démultiplie à une cadence infernale. Il évoquera pour nous une trentaine de personnages, ceux qui appellent pour réserver tout en exigeant la meilleure table ... les invisibles collègues sont à l'étage car apparemment le standard semble situé au sous-sol. C'est du moins l'interprétation possible que l'on peut faire du décor (assez surprenant). Toujours à cent à l'heure, il répond aux clients, communique les informations à ses collègues, eux aussi débordés. La plus sympa est Stéphanie " oui, Sam ! " lui répond-elle mi-complaisante, mi-ahurie car le miracle est que le comédien nous fait voir les personnages, adoptant non seulement la voix mais le comportement de chacun. Il mime, bruite sans accessoires, se déplace à la vitesse de l'éclair et parfois, réussit l'exploit de nous faire rire aux larmes.
Plus contestable est la scène de projection censée déclencher l'hilarité générale et qui n'était peut-être pas indispensable. Le cours de diction téléphonique, totalement impromptu, conséquence de la double activité est inénarrable.
Le terme de one-man-show s'avère inadéquat car c'est à un numéro de haute voltige auquel nous assistons. Comme on dit, le comédien mouille sa chemise : quelle belle énergie !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

19:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent