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13/12/2007

Une laborieuse entreprise de Hanokh Levin

Théâtre Artistic Athévains
45bis, rue Richard Lenoir
75011 PARIS
(M° Voltaire)
Tél. 01 43 56 38 32
Pl. 30€, TR 20/15€
- 26 ans : 10€
jusqu'au : 30 décembre 2007

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photo Arthur PEQUIN.

traduction :Laurence Sendrowicz (Editions Théâtrales)
mise en scène et scénographie : Jean-Pierre Berthomier
avec, Christine Joly (Leviva), Philippe Lebas (Yona), Jean-Pierre Mesnard (Gounkel)

Un homme assis cogite dans son lit. Le sol jonché de vêtements épars a des allures de champ de bataille. Ses cogitations aboutissent à la constatation suivante, " tout bouge, tout évolue, une seule chose reste immuable, le mariage ! " et le résultat ne semble pas le satisfaire. Féroce, il prétend traîner " un boulet de viande avariée " On ne saurait faire plus aimable et avec ce texte Hanokh Levin va se surpasser sur le plan de l'humour grinçant, déclenchant des cascades de rire dans le public.
Tout ce que vous n'avez jamais osé dire sur le mariage va être ici exprimé sans le moindre détour. Si ce texte n'était aussi prégnant on pourrait lui juxtaposer la chanson d' Aznavour,
- " tu t'laisses aller, tu t'laisses aller ... "
Leviva est sans doute plus en chair qu'au moment du mariage, du moins on le suppose mais elle est toujours aussi aimante et puis Yona, les années aidant n'est pas plus frais qu'elle avec ses cheveux hirsutes et son front dégarni seulement voilà, un homme continue à se voir en coq jusqu'à la fin de ses jours (ou presque).
Bref, il va vouloir partir, recommencer sa vie avec une autre, plusieurs même ? Après tout, pourquoi pas !
Il a fait le tour de son épouse et même plusieurs fois, c'est simple, il devine tout ce qu'elle va lui dire ... Oh ! ironie, il chante tandis qu'elle pleure et puis comme il le dira crûment : " on ne peut pas bâtir sa vie sur un cul ! "
Arrivé à l'âge où l'on effectue le bilan de son existence, le résultat est clair, Yona n'a pas eu ce qu'il voulait et ajoute t' il,
- " ce que j'ai ... j'en veux pas ! "
Les jours ou plutôt les nuits, s'additionnent tous et toutes identiques, ponctués par les bruits de la rue quand la fenêtre est ouverte mais également aussi par les scènes de ménage.
Un voisin jouant les intrus se verra du même coup, transformé en boute-en-train et repartira assez piteusement.
Les situations sont atroces, lucides et furieusement cocasses d'autant que de toute cette férocité émerge l'évidente tendresse qui unit ces deux là presque malgré eux.
La mise en scène et scénographie de Jean-Pierre Berthomier adhèrent à la drôlerie du texte, les interprètes sont tous les trois formidables grâce à une justesse d'expression qui amène le public à passer par tous les sentiments allant du rire aux larmes. C'est bien là et de toute évidence, l'une des meilleures pièces vues depuis le démarrage de saison !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

14:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Entretien avec M. Saïd Hammadi, ouvrier algérien.

Théâtre de Ménilmontant
15, rue du Retrait
75020 PARIS
(M° Gambetta)
Tél. 01 46 36 98 60
Pl. 15€, TR. 10€

Du mardi au samedi à 20h.45
Dimanche à 16h.
Relâche exceptionnelle le 30 décembre.
... jusqu'au : 31 décembre 2007

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Texte de Tahar Ben Jelloun
publié dans Le Monde du 11 avril 1978 sous le titre,
" Les grilles du temps "
Mise en scène : Alexandre Laurent
Scénographie & création lumière : Mathieu Bataille

avec Zahir Boukhenak (M. Saïd Hammadi)
& Philippe Haug (Journaliste-écrivain)

Combien de M. Saïd Hammadi avons nous croisé dans notre existence sans penser peut-être, à leur accorder un regard ? Parfois certains ont fait pire ...
Que venaient faire ces hommes qui avaient quitté leur pays, leur famille pour se perdre parmi une population qui ne les voyait même pas, ne leur concédant que le droit de travailler pour un salaire de misère ?
Après avoir colonisé les algériens chez eux, dans leur propre pays, nous avons ensuite réussi à les faire venir pour les coloniser en France, à domicile !
Beaucoup sont venus de leur propre chef car de même que le rêve américain attirait irrésistiblement tous ceux qui pour une raison ou une autre se sentaient mal là où ils étaient, il semble qu'un rêve européen soit devenu la dernière utopie en cours ... Les générations françaises précédentes ont fait croire à leurs enfants que certaines tâches étaient indignes d'eux, il fallait alors avoir recours à une main-d'oeuvre externe et si possible, au meilleur prix.
M. Saïd Hammadi est de ceux là. Habitué au soleil, il doit se contenter du ciel gris, de la petite chambre qui ne fait que 12m2 et qu'il partage avec un collègue. Comme il le dit, aucun français n'accepterait de vivre en de telles conditions.
Seulement, sur les malheureux 3000 fr qu'il gagne en France (c'était avant l' euro qui n'a sans doute rien arrangé ...) il peut en faisant très attention en adresser 1000 à sa famille restée au village, là-bas, de l'autre côté de la mer qu'il traverse une fois par an pour aller les rejoindre et revenir ensuite galèrer jusqu'à la retraite.
Un journaliste-écrivain va l'interroger afin de comprendre ou du moins essayer ...
Ce texte de Tahar Ben Jelloun est paru dans le Monde sous le titre " Les Grilles du Temps " en 1978 mais depuis, qu'y a t' il de changé ? ...
Les flux migratoires alternent quant à leur provenance tandis que les problèmes restent identiques. Le fantasme de l' An 2000 qui occupa les esprits s'est évanoui au fil des années. M. Saïd Hammadi ne sera pas " la dernière génération à émigrer " bien au contraire, puisqu' il semble que les raisons de bouger se multiplient. On prévoit même des arrivées massives dues aux désastreuses modifications climatiques dont les pays riches sont en grande partie responsables, bien entendu.
De tous les regrets qu'il peut collectionner, notre transfuge déplore avant tout de ne pas avoir eu la possibilité de s'instruire afin d'être en mesure de mieux se défendre. Ce texte nous en dit long sur le sort de certains alors qu'un minimum d'humanisme aurait pu et pourrait encore tout changer.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

14:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/12/2007

FURIE de et avec Jérôme ROUGER

LUCERNAIRE
53, Rue Notre Dame des Champs
75006 PARIS
(M° N.D. des Champs)
Tél. 01 45 44 57 34
Pl. 20€ TR (sauf samedi) 15 & 10€

jusqu'au : 18 janvier 2008

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Photo : Damien Bossis.

Mise en scène : Jean-Pierre Mesnard.

Une voix off avertit : " toute personne âgée oubliée dans la salle sera immédiatement détruite " ... Vous imaginez la panique, un dimanche après-midi ? Une chance que FURIE ne soit programmée que du mardi au samedi et qu'entre 19 heures et 20 heures, il ne soit pas encore l'heure de dormir. Quoique ...
Les autres commentaires d'attente seront du même cru mais je vous les laisse découvrir. Au bout de quelques instants, le comédien décide de s'aventurer sur scène, s'exprimant d'une petite voix timide bien que parfaitement audible (c'est ça, le métier ! ) et une expression touchante de chien battu.
Il ne tardera pas à exécuter rien que pour nous, un petit numéro de danse et croyez moi, si - un samedi soir - vous le lancez sur une piste encombrée, il vous la dégagera mieux et plus vite qu'un sergent de ville en plein carrefour !
Comme notre homme est philosophe, il a forcément remarqué que la catastrophe du monde moderne provient du fait que les gens savent ... Aussi pour compenser, a t' il décidé d'éliminer le texte. De ce qui aurait dû être écrit, ils n'en sauront rien ! Inutile d'insister et du reste le comédien est un spectateur comme les autres, venu simplement là, pour voir ce qui va se passer.
Finie l'ère du spectateur-consommateur, ici il n'y a rien à consommer, circulez, puisqu'on vous dit qu' il n'y a rien à voir ! Bien qu'un peu déroutés, ceux qui sont présents ne sont pas d'accord.
Partir ? ... pas question ! Ce qui, soit dit en passant, arrange bien notre acteur car s'ils l'avaient pris au mot, il les aurait rattrapés, c'est certain.
En réalité Jérome Rouger possède l'art et la manière de capter son public, tout à fait naturellement, presque sans avoir avoir l'air d'y toucher.
Mieux, il paraît qu'il n'y a pas de texte ? ... Et bien, on en redemande !
C'est inédit, original et tenez pour un peu, on crierait : BIS.

Simone Alexandre

theatrauteurs. hautetfort.com

22:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent