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17/01/2008

L' Ingénu, d'après Voltaire.

Vingtième-Théâtre
7, rue des Plâtrières 75020 Paris
M° Ménilmontant

Loc. 01 43 66 01 13
Pl. 22€ TR 12 & 17€

Du mercredi au samedi à 21h.30
dimanche à 17h.30

jusqu'au 2 mars 2008

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photo : Gérard Homburger.

Adaptation de Jean Cosmos.
Mise en scène : Arnaud Denis

avec Jean-Pierre Leroux, Jacques Ciron, Monique Morisi, Géraldine Azuelos, Arnaud Denis, Jonathan Bizet, Alexandre Guanse, Denis Laustriat, Stéphane Peyran, Romane Portail, Sébastien Tonnet, Geoffrey Veraghaenne.

L'homme sincère fait immanquablement figure d' ingénu en un monde qui n'est ni l'un ni l'autre ... Après le Siècle des Lumières vient celui de l'obscurantisme puisqu'il est dit que chaque chose ici-bas, engendre son contraire.
Arnaud Denis a eu l'heureuse idée de raviver à notre esprit ce texte oublié peut-être par certains et que d'autres découvriront. L'adaptation est signée Jean Cosmos ce qui constitue un indéniable garant de qualité. La génération-radio se souvient encore de ses dramatiques à l'origine de maintes carrières. L'attrait des planches passait souvent alors par les ondes hertziennes.
Mais arrivons au spectacle.
Jean-Pierre Leroux nous gratifie d'une entrée fracassante et jouera le rôle de fil conducteur tout au long de la pièce pour au détour d'une situation devenir à son tour personnage.
C'est ainsi que metteur en scène d'un théâtre dans le théâtre, puis " didascalien " il passera de l'état d'évêque à celui de janséniste. Autant dire, un exploit ! ...
Le décor est sobre mais ingénieux, les costumes agréables à voir et les comédiens tout à fait à l'aise dans leur peau d'emprunt.
On ne serait pas chez Voltaire si l'ironie n'était présente, la société d'alors en fera donc les frais sans oublier l'église, bien entendu.
L' Ingénu en sa qualité d'être neuf, non encore corrompu par la ville et la Cour sera le garant du bon sens et de l'honnêteté morale.
Arnaud Denis tout comme son personnage de Huron apprend vite et bien, collectionnant les spectacles avec bonheur.
Ne pouvant citer tout le monde tout en souhaitant ne pas faire de jaloux, je voudrais toutefois souligner les prestations de Monique Morisi qui est la malicieuse Crédule de Kerkabon ainsi que Sébastien Tonnet lequel se distingue par une suite de personnages dont le plus réussi m'a semblé être l'officier anglais. Que les autres se rassurent car ils contribuent pleinement au succès de la pièce.
Au moment des applaudissements, les rappels sont bien là pour le confirmer.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/01/2008

La Dispute de Marivaux

THEATRE 13
103A, bd. Auguste Blanqui 75013 Paris
(M° Glacière)
Tél. 01 45 88 62 22
Pl. 22€, TR 15€
(le 13 de chaque mois, tarif unique : 13€)

mardi, mercredi, vendredi : 20h.30
jeudi et samedi : 19h.30
dimanche : 15h.30

Du : 8 Janvier au 17 Février 2008

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Conte de fées cruel de Marivaux
Adaptation et mise en scène : Filip Forgeau

avec Féodor Atkine (Le Prince) - Hélène Bosc (Adine) -
Arno Chéron (Azor) - Julien Defaye (Mesrin) -
Soizic Gourvil (Eglé) - Hervé Herpe (Le serviteur) -
Nicole Kaufmann (Hermiane).

Première scène et première surprise : le décor et les costumes s'affichent résolument en rouge et noir. D'ordinaire, quand on évoque Marivaux, les tons pastels se mettent automatiquement en place, voire un somptueux et subtil blanc et or mais le metteur en scène a d'évidence voulu rompre avec la tradition.
Le même a, au préalable remanié la pièce à l'origine très courte, (un acte composé de vingt scènes) qui flirtera ici avec les 1h.40, après avoir passé à la trappe quelques personnages jugés non indispensables ...
Nous entrerons donc dans le vif du sujet par le biais d' un dialogue opposant Hermian(n)e et le Prince, entendez Nicole Kaufmann et Féodor Atkine absolument parfait si l'on excepte ces claquements de doigts - imposés, sans doute ? - mais qui sentent plus la roture que la noblesse. Chaque fois je m'attendais à voir surgir un quadrupède hennissant car n'oublions pas quand même, que l'action est censée se situer à l'époque monarchique. Ici point de perruques (ne faut-il pas dépoussiérer tout cela ?) et Nicole Kaufmann s'est même fait la tête de Christine Angot. Non ? c'est un hasard ? - Le geste est ample, la voix grave et l'on se dit que la comédienne serait une tragédienne superbe. Enfin une ! mais là, elle s'est trompée de porte ... Du Marivaux annoncé, nous n'allons pas tarder à basculer dans le climat d'un Choderlos de Laclos et poursuivre le dérapage en direction de Crébillon, fils. La question est de savoir qui, de l'homme ou de la femme est le plus inconstant et lequel des deux a commencé ? ...
Après cette première scène à valeur de prologue devant le rideau baissé, nous découvrons un superbe décor carrément gothique dont toutes les possibilités seront exploitées.
Effets de miroir, jeux d'eau, écran de fumée tout conspire à rendre l'atmosphère fantastique et sur le plan esthétique les spectateurs sont comblés. Il n'en sera peut-être pas de même pour quelques puristes grincheux qui convaincus que chaque écriture possède sa petite musique, autant dire son style qui, s'il n'est pas respecté, est trahi.
Le narcissisme bat son plein, vite remplacé par la jalousie féminine sans oublier l'éternelle attraction-répulsion (mais il ne faut jurer de rien) entre les deux garçons. Les personnages n'ont pas froid aux yeux, ni aux lèvres ou aux mains ... Quand le spectateur surpris risque d'être gêné, il éclate de rire et le tour est joué !
C'est habile, agréable à voir, enlevé si l'on excepte quelques complaisances à traiter les situations répétitives bien plus drôles au début mais comme disait Jacques Chancel au sujet de dieu, et ... Marivaux, dans tout cela ?

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

15:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

15/01/2008

Solinge de Pia Divoka

Atelier du Plateau
5, rue du Plateau 75019 Paris
(M° Buttes Chaumont)

Tél. 01 42 41 28 22
Pl. 8, 10 & 12€

Du mardi 15 janvier au samedi 2 février 2008
Du mardi au samedi à 20h.

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Mise en scène : Matthieu Malgrange et Laetitia Zaepffel
avec : Laurence Vielle.

Des murs en béton blanc. Sur celui qui fait face aux spectateurs, un clavier d'ordinateur est accroché anticipant ce qui va suivre ... Un tabouret tournant fait de métal et plastique. Quelques morceaux de moquette verte évoquant le gazon. Lumière crue. Une fille descend l'escalier qui mène à l'espace scénique, sorte de petit chaperon rouge vierge de tout maquillage (oui, bien sûr, mais on se demandera quand même pourquoi) ...
Le cheveu est raide, la bouche petite, légèrement en biais. Les gestes sont ceux qu'elle a de toute évidence dans la vie de chaque jour, une petite voix qui ne s'est pas encore débarrassée des intonations de l'enfance murmure des phrases, les laissant presque toutes en suspens. On apprend qu'elle se nomme Ludile et qu'elle s'est fait violer. Elle raconte la scène, le type qui a surgi au pied de l'immeuble qui lui a demandé d'ouvrir et puis le couteau qu'il a placé sur sa gorge et tout ce qui suivit ...
On aimerait pouvoir s'apitoyer mais le jeu ou l'absence de maîtrise de la comédienne fait écran. Elle savonne le texte, court-circuit dans sa bouche devient court-circouit - On pardonne, cela peut arriver et presque aussitôt voilà qu'elle parle de peau trop blonche, ajoutant ... " y fait jour " ... et tutti quanti.
Encore une qui a séché les cours de diction quand elle était au Conservatoire dont elle serait sortie avec un Prix " supérieur " d'art dramatique. Ah, bon ? ... y aurait il des prix inférieurs en Belgique, une fois ? En parcourant le dossier de presse on apprend qu'elle est licenciée et agrégée en philologie romane. Effectivement, ça ne mène à rien mais en revanche elle a eu un " premier prix de déclamation (sic) au Conservatoire Royal de Bruxelles." Vous m'en direz tant ! Un petit stage chez Lecoq ne lui ferait pas de mal en tous cas.
Pas de chance, le régisseur cafouille et le mot viol écrit de façon ininterrompue qui se projette sur le mur saute, disparaît à intervalles réguliers remplacé par les dossiers de l'ordinateur. Petite partie de yoyo qui amusera un temps ceux qui regardent.
Ce n'est pas cela qui va la complexer, tout en parlant, elle fixe les spectateurs, un à un en une sorte de défi. " J'y vais, j'y vais pas " dira t'elle " Oh, pis, si - j'y vais ! "
C'est peut-être ce qu'elle se dit chaque soir ? En tous cas, moi j'aurais mieux fait de ne pas y aller. Il s'agissait pourtant d'une reprise et pas la première puisque la pièce (concernant un monologue, texte serait plus exact) fut créée en avril 2007 en ce même lieu, puis est passée par Bruxelles avant de revenir au point de départ.
La première fois Télérama a même écrit : ... " cette installation là (quoi ! un bout de moquette et quelques carreaux juste posés ?) au service de cette comédienne là et sur un tel texte, ne mériterait pas d'être zappée."
Si au bout de quelques instants j'avais appuyé sur ma télécommande, j'aurais eu autre chose ? ... Il fallait le dire, je l'aurais emportée !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent