Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/10/2007

GIACOMO, l'enfant de la cité de et avec : Gilbert PONTE

THEATRE 12 Maurice Ravel
6, avenue Maurice Ravel
75012 PARIS
(M° Porte de Vincennes)
Loc. 01 44 75 60 31
Pl. 13 € - TR. 11 €

Du mercredi au vendredi à 20h.30
Samedi à 19h.30
jusqu'au 27 octobre 2007

2ab89d40c8f06a1820d375899305cd8c.jpg

Photo : Hughes Marcouyau

Adaptation & mise en scène : Stéphane AUCANTE

Ah ! les valises ... Nous en dénombrerons plus d'une demi-douzaine comme si Gilbert Ponté était une divinité hindoue aux multiples bras. En l'air, au sol, partout, elles symbolisent la longueur du voyage, les nombreuses étapes, toutes plus incontournables les unes que les autres.
Giacomo nous raconte la venue en France de ses parents fuyant l' Italie et ses séquelles fascistes, l'inconfort du voyage pour cet enfant qui a le mal des transports. Luigi et Maria (le père et la mère) ont le mal du pays mais ils savent qu'ils y retourneront un jour (plus tard, quand ils auront gagné beaucoup d'argent) afin d'y construire une belle et grande maison, celle de leurs rêves où il fera bon vivre et s'y reposer ... enfin !
En attendant, il va falloir travailler et beaucoup. Le père passera 16 heures par jour au chantier, la mère fera des ménages et Giacomo ira à l'école.
En ces temps là, l'éducation se faisait à coups de règle. Il y avait bien sûr, l'incontournable règle de trois mais la plus cuisante était celle que l'on prenait sur les doigts qu'il fallait tendre comme en une muette prière. Heureusement, le petit Giacomo va se faire des copains : Evio, Jésus, ( " Ressous ... " ) et Boubaker. Ils vont faire équipe, tous les trois.
Comme Giacomo n'a pas l'oeil dans sa poche - comme on dit - et les oreilles non plus, il suivra, curieux, les péripéties qui se déroulent entre Lucette et Rocco: elle qui passe son temps à tourner la tête des hommes en se promenant en nuisette transparente et lui, le fulminant macho.
Gilbert Ponté nous invite à faire connaissance avec toute sa galerie de personnages tous plus hauts en couleurs les uns que les autres. Il nous raconte leur vie respective avec un enthousiasme et une énergie qui iront crescendo tout au long du spectacle. A la fois comédien et mime il devient tour-à-tour chacun d'eux et parfois tous en même temps. Et comme à la fin du spectacle, il nous annonce qu'il y aura bientôt une suite, nous grillons déjà d'impatience.
Comme il faut toujours rendre à César ce qui lui appartient, je me garderai bien d'oublier le metteur en scène en la personne de Stéphane Aucante qui a ici fait du bon, du très bon travail, une fois de plus.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Le Professionnel de Dusan KOVACEVIC

THEATRE RIVE GAUCHE
6, rue de la Gaité
75014 PARIS
(M° Edgar Quinet)
Loc. 01 43 35 32 31
www.edgar.fr
Pl. 35/31/26 €
ET. 18 € - 26 ans : 10 €
plein tarif, veilles, jours de fêtes & samedi.

Du mardi au samedi à 20h.
Dimanche à 15h.

365f6033aedbd1b476ec7d9d4b584970.jpg

Adaptation et traduction : Anne RENOUE & Vladimir CEJOVIC
avec Jean-Pierre KALFON, Jean-Marie GALEY, Muranyi KOVACS, Jérome LE PAULMIER.

Mise en scène : Stephan MELDEGG.

Les gens des pays de l' Est semblent aux yeux de beaucoup d'entre nous présenter une paranoïa tout à fait spécifique; mais comment y échapper après ce qu'ils ont vécu ?
Belgrade 1990, nous sommes dans le bureau du tout nouveau rédacteur en chef d'une maison d'édition de la " Nouvelle Serbie " le rôle incombe à Jean-Marie Galey et son personnage est convaincu que sa nomination n'est que la conséquence logique de ses mérites.
La musique ayant toujours été un excellent véhicule de contestation, son prédécesseur manifeste sa réprobation par le biais de nuisances sonores pour le moins envahissantes, là - juste à côté - de derrière la cloison car il a choisi de stationner sur place.
Brusque irruption d'un personnage que Marta, l'assistante n'a pu empêcher d'entrer.
" Tu ne sais pas qui je suis ? " sont ses premières paroles.
Cet ancien policier attaché secrètement à la personne de l'écrivain jadis contestataire, s'est vu licencié au lendemain de l'effondrement de la Yougoslavie du Maréchal Tito. Bien que malade, il se voit contraint pour survivre, d'exercer le métier de chauffeur de taxi. Il a apporté avec lui une valise, véritable boite de Pandore d'où surgira le passé.
Luka en professionnel zélé a tout noté des faits, gestes et déclarations de cet homme que le régime en place lui avait demandé d' étroitement surveiller. Il est même allé jusqu'à ramasser les objets que Téodor perdait, petit Poucet inconscient paraphant ainsi son parcours de façon incontestable.
Il n'est pas concevable de coller à ce point à la vie privée de quelqu'un sans risquer d'y perdre sa propre identité.
C'est peut-être finalement cette constatation qui incitera Marta à s'éloigner ?
Le climat de la pièce est âpre, comme la vie qui se déroulait là-bas. Le décor a la couleur glauque des étangs dans lesquels on s'enlise.
On ne loue plus depuis longtemps le talent de Jean-Pierre Kalfon, personnage essentiel de l'histoire qui confirme ici ce que nous savons de lui.
Je voudrais également souligner la prestation de Jérome Le Paulmier qui compense la brièveté de son intervention par sa présence dévastatrice.
Muranyi Kovacs constitue la touche féminine sans laquelle ce climat aurait pu se révéler pour le moins austère.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

27/09/2007

Les Nègres de Jean Genet

ATHENEE, Théâtre Louis Jouvet
Square de l' Opéra Louis Jouvet
7, rue Boudreau
75009 PARIS
(M° Opéra)

Loc. 01 53 05 19 19
www.athenee-theatre.com
Pl. de 12 à 28 €

Grande salle
du mercredi au samedi à 20h.
mardi à 19h.

Du 27 septembre au 20 octobre 2007

8be7da5ef9b9d29e86b91844c45a5e72.jpg
photo : Stephane Durieu.
Mise en scène : Cristèle Alves Meira.
avec : Jean-Baptiste Anoumon, Cédric Appietto, Julien Béramis, Olivier Dote Doevi, Mata Gabin, Tella P.Kpomahou, Jean Bediebe, Juliette Navis Bardin, Marie-Jeanne Owono, Olivier Parisis, Francisco Pizarro, Sarah Pratt, Pablo Saavedra.

Ce n'est certes pas par hasard si Jean Genet a prévu 13 personnages (chiffre tabou au théâtre plus qu'ailleurs) en référence à un sacrifice qu'il est inutile de nommer. Ici, l'être immolé sera un avatar de dieu, à savoir une femme blanche car toute évolution présuppose une identification où le provisoire le dispute au dérisoire. La société africaine est bruyante et s'agite beaucoup plus que celle de l'homme blanc, habitué à stimuler les autres ...
Cristèle Alves Meira nous offre ici une mise en scène pléthorique justifiée par le choix que fit Jean Genet de créer cette situation de théâtre dans le théâtre.
Les Nègres s'adressent à nous - public blanc - jouant à présenter la vision que trop de blancs ont d'eux car les clichés ont la vie dure, piégeant ceux envers qui ils s'exercent, les traumatisant pour mieux les justifier.
Crime et viol seront accomplis, pire : revendiqués en une perspective de libération vis à vis de cette " race blafarde et inodore, privée d'odeurs animales " car si " depuis 2000 ans, Dieu est blanc " seul le sacrifice réitéré pourra amener la libération. L' identification sera donc un temps le palier, masques blancs sur faces noires avant que chacun récupère son identité. Dans l'intervalle, ils enverront les blancs à l' Enfer enseigné puisque le baptème a eu lieu et La Reine pourra disparaître, étouffée par son désir d'un Grand Noir qui la tue ...
En fin de représentation, Archibald conclura : " Nous sommes ce qu'on veut que nous soyons, nous le serons donc jusqu'au bout absurdement. "
Scénographie et masques que l'on doit à Yvan Robin sont superbes et les costumes de Benjamin Brett n'ont rien à leur envier.
Je ne saurais nommer un comédien ou une comédienne plus qu'un autre car chacun s'implique parfaitement dans le rôle qui lui est imparti.
Un demi siècle plus tard, les questions n'ont hélas pas trouvé de réponse satisfaisante, la superbe Clownerie reste donc d'actualité.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent