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14/06/2010

De la fragilité des mouettes empaillées de Mateï Visniec.

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THEATRE DES VARIETES

7, bd Montmartre

75002 PARIS

(M° Grands Boulevards)

Tél. 01 42 33 09 92

Pl. de 8 à 20€

www.theatre-des-varietes.fr

tous les jours à 19h.30

(sauf dimanche et lundi)

du : 10 au 20 juin 2010 - CREATION.

Mise en scène : Isabelle Hurtin

avec : Daniel Martin (Trigorine) - Isabelle Hurtin (Nina) - Frédéric Constant (Treplev) - Mathieu Lefranc (Le soldat)


Une datcha perdue au fin fond de la steppe. Inutile de fermer les portes, il n'y a pas de voisins. Une femme entre, qui connaît les lieux, y revient après des années ... le vent souffle sur cette demeure fantomatique. Le tic-tac de la pendule a le rythme d'un glas. Treplev était allé chercher du bois afin de chauffer cette maison vide dans laquelle il passe son temps à écrire et il découvre Nina. Elle a marché longtemps pour venir jusqu'à lui, est frigorifiée, nerveuse, semble un peu folle aussi. Débarque t-on ainsi après une si longue absence ? ...
Très curieusement, l'hôte semble à peine surpris et on comprend très vite qu'il l'attendait sans trop y croire mais elle est là, omniprésente et ce rescapé de deux tentatives de suicide reste disponible, pire - soumis, esclave de cette femme qui témoigne d'une monstrueuse autorité. La mouette empaillée tel le phénix renaît de ses cendres et la pendule s'arrête.
Arrivée de Trigorine, l'auteur reconnu, celui pour lequel 15 ans plus tôt, Nina a quitté Kostia afin de le suivre. Maintenant elle ne veut plus de lui, l'accuse d'avoir volé sa jeunesse et va jusqu'à souhaiter sa mort. Deux hommes amoureux se tiennent en équilibre sur le fil du rasoir que peut constituer un caprice de femme.
Ils ne tarderont pas à assister à l'arrivée d'un troisième que le froid a transformé en statue de sel et qui symbolisera la possibilité d'envol car il est plus jeune qu'eux.
" Tout cela est une comédie " précise l'auteur. Certes, la comédie de la vie qui déclenche le rire quand il s'agit de faire barrage aux larmes.
Ces personnages sortis tout droit de Tchekhov vivent une situation en décalage,  les rêves de chacun ayant été plus grands que leur destin en une époque de grands bouleversements. L'action se situe en 1917 et ce soldat est symboliquement là pour le rappeler.
Mateï Visniec nous raconte tout cela avec une apparente légèreté, la vie n'est elle pas une plaisanterie qui nous est faite à la façon de cette encre gelée avec laquelle on avait l'intention d'écrire l'avenir souhaitable ?
Il s'agit ici d'une création donc d'un nouveau texte à découvrir écrit par un auteur à l'inépuisable imagination. Mais faites vite, la pièce n'étant programmée en ce lieu que jusqu'au 20 juin.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

10:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/06/2010

François d'Assise d'après Joseph Delteil.

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ARTISTIC ATHEVAINS

45 bis, RUE Richard Lenoir

75011 PARIS

(M° Voltaire)

Tél. 01 43 56 38 32

Pl. 30€ - T.R. 20€

- 26 ans : 10€

jusqu'au : 11 juillet 2010 -

mardi, 20h. mercredi, jeudi : 19h.

vendredi : 20h.30 - samedi 16h. & 20h.30

dimanche, 16h. relâche le lundi.


Adaptation : Adel Hakim et Robert Bouvier.

Mise en scène : Adel Hakim,

Jeu : Robert Bouvier.

Durée : 1h.25


Comme le précise l'auteur de ce texte,


- " tout homme, s'il le veut, peut devenir François d'Assise, sans être saint le moins du monde. "


Il ne suffit pour cela que d'être en complète symbiose avec la nature, l'aimer, la respecter - mieux - la vénérer comme une sainte mère puisque c'est d'elle que nous sommes issus.
En cette époque où trop d'hommes ont oublié cela, mettre en scène ce personnage ne ressemble absolument pas à du folklore religieux.
L'espace scénique est volontairement dépouillé et pourrait nous faire penser aux murs froids des villes tant que la lumière n'est pas encore venue caresser le décor et lui fournir un ton mordoré. L'habillement sonore a plus d'importance et cet homme est là dans toute sa nudité d'homme vrai, qui ne triche pas, qui ne compose pas mais fait corps avec tout ce qui l'entoure.
La voix de Robert Bouvier est belle et met en valeur cet admirable texte dont la réputation de l'auteur éloigne - hélas - les non croyants mais qu'il nous est permis ici de découvrir grâce à cette adaptation signée Adel Akim et Robert Bouvier.
Sans réserve, le spectateur adhère à cet hymne à la vie et comprend à quel point il peut et doit s'avérer indispensable. Nous sommes à cent lieues de l'image d'Epinal qui nous fut jadis servie, de cette mièvrerie qui en écarta certains.
Le comédien maîtrise parfaitement son art et joue des formes d'expression avec une aisance dont le mérite revient aussi au metteur en scène mais pas seulement bien sûr car Robert Bouvier a sur scène, une réelle présence.
C'est donc à une intéressante expérience que nous sommes conviés et ce quelque soient nos convictions.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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photo : Marion Duhamel.

16:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/05/2010

PARLOIR de Christian Morel de Sarcus

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THEATRE du NORD-OUEST


13, rue du Faubourg Montmartre

75009 PARIS


loc. 01 47 70 32 75

Places : 20 & 13€

pour connaître les jours et heures des représentations consulter

www.TheatreDuNordOuest.com

Cycle de 36 pièces, jusqu'au 20 juin 2010

dans le cadre du cycle : DES PRISONS ET DES HOMMES.

Mise en scène : Eliezer Melul

avec : Muriel Adam, Constantin Balson, Simon Coutret, Christian Macairet.


Salle d'attente d'un hôpital parisien. Un jeune homme a été retrouvé dans le canal de l'Ourcq, les parents sont convoqués car il serait dans le coma.
La mère première arrivée, submergée par l'angoisse tente vainement de faire face à la situation à grand renfort d'alcool dont une flasque de dépannage sort de sa poche à intervalles réguliers.
Bruno, ami de son fils est là pour l'accueillir, avec sollicitude certes mais lui opposant un mutisme qui ne fait qu'aggraver la situation.
Arrivée redoutée du père, (Christian Macairet) incroyable de cynisme et de fausse désinvolture !
Bien entendu, ces deux là vont s'affronter. Les plaies du divorce mal cicatrisées se rouvrir et saigner à nouveau. Reproches, mépris, invectives, la machine à remonter le temps grince effroyablement.
Marc, le père jugé insupportable (ce dont nous ne saurions douter) fut jeté dehors par l'épouse ulcérée laquelle entreprit ensuite un long travail de deuil grâce à la psychanalyse. Le résultat n'est pas évident.
Or ce diable d'homme quand il n'insulte pas joue au chat et à la souris  ... Ce poseur mégalomaniaque s'amuse à placer son ex-épouse sur le gril. Pourtant l'instant est grave et cette attitude en complet décalage avec la situation.
Les dialogues sont acérés et les flèches atteignent toutes leur cible. L'auteur traite ici d'un sujet qu'il maîtrise parfaitement et va entretenir le suspens jusqu'au moment où l'action va basculer mais si vous voulez savoir comment, il faudra aller voir la pièce car je me garderai bien de vous en dire plus.
Muriel Adam dans ce rôle de femme blessée est époustouflante de justesse et d'autorité. En dépit de ses apparitions feutrées, Simon Coutret qui joue Bruno (l'infirmier) fait preuve d'une belle présence scénique, qu'un physique agréable conforte. La grande difficulté se situe au niveau du rôle du père, personnage névrotique, instable qui fait tout pour être odieux mais a remplacé une situation qui lui échappe par l'obsession en laquelle cette famille éclatée refuse de croire.
Victor le fils (Constantin Balsan) est la victime expiatoire de ce couple raté. Le comédien n'a qu'une scène par laquelle il lui faut tout prouver car grâce à lui nous comprendrons enfin ce qui est arrivé. Le mérite de ce texte, démonstration à l'appui est de nous rappeler qu'il ne faut jamais se fier aux apparences ...
Reste à signaler (car elle ajoute à point nommé la dose voulue d'intensité à l'action) que la musique de scène est de Philippe Glass, empruntée à " Satayagrapha " opéra inspiré de la vie de Gandhi.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

09:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent