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15/01/2008

Solinge de Pia Divoka

Atelier du Plateau
5, rue du Plateau 75019 Paris
(M° Buttes Chaumont)

Tél. 01 42 41 28 22
Pl. 8, 10 & 12€

Du mardi 15 janvier au samedi 2 février 2008
Du mardi au samedi à 20h.

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Mise en scène : Matthieu Malgrange et Laetitia Zaepffel
avec : Laurence Vielle.

Des murs en béton blanc. Sur celui qui fait face aux spectateurs, un clavier d'ordinateur est accroché anticipant ce qui va suivre ... Un tabouret tournant fait de métal et plastique. Quelques morceaux de moquette verte évoquant le gazon. Lumière crue. Une fille descend l'escalier qui mène à l'espace scénique, sorte de petit chaperon rouge vierge de tout maquillage (oui, bien sûr, mais on se demandera quand même pourquoi) ...
Le cheveu est raide, la bouche petite, légèrement en biais. Les gestes sont ceux qu'elle a de toute évidence dans la vie de chaque jour, une petite voix qui ne s'est pas encore débarrassée des intonations de l'enfance murmure des phrases, les laissant presque toutes en suspens. On apprend qu'elle se nomme Ludile et qu'elle s'est fait violer. Elle raconte la scène, le type qui a surgi au pied de l'immeuble qui lui a demandé d'ouvrir et puis le couteau qu'il a placé sur sa gorge et tout ce qui suivit ...
On aimerait pouvoir s'apitoyer mais le jeu ou l'absence de maîtrise de la comédienne fait écran. Elle savonne le texte, court-circuit dans sa bouche devient court-circouit - On pardonne, cela peut arriver et presque aussitôt voilà qu'elle parle de peau trop blonche, ajoutant ... " y fait jour " ... et tutti quanti.
Encore une qui a séché les cours de diction quand elle était au Conservatoire dont elle serait sortie avec un Prix " supérieur " d'art dramatique. Ah, bon ? ... y aurait il des prix inférieurs en Belgique, une fois ? En parcourant le dossier de presse on apprend qu'elle est licenciée et agrégée en philologie romane. Effectivement, ça ne mène à rien mais en revanche elle a eu un " premier prix de déclamation (sic) au Conservatoire Royal de Bruxelles." Vous m'en direz tant ! Un petit stage chez Lecoq ne lui ferait pas de mal en tous cas.
Pas de chance, le régisseur cafouille et le mot viol écrit de façon ininterrompue qui se projette sur le mur saute, disparaît à intervalles réguliers remplacé par les dossiers de l'ordinateur. Petite partie de yoyo qui amusera un temps ceux qui regardent.
Ce n'est pas cela qui va la complexer, tout en parlant, elle fixe les spectateurs, un à un en une sorte de défi. " J'y vais, j'y vais pas " dira t'elle " Oh, pis, si - j'y vais ! "
C'est peut-être ce qu'elle se dit chaque soir ? En tous cas, moi j'aurais mieux fait de ne pas y aller. Il s'agissait pourtant d'une reprise et pas la première puisque la pièce (concernant un monologue, texte serait plus exact) fut créée en avril 2007 en ce même lieu, puis est passée par Bruxelles avant de revenir au point de départ.
La première fois Télérama a même écrit : ... " cette installation là (quoi ! un bout de moquette et quelques carreaux juste posés ?) au service de cette comédienne là et sur un tel texte, ne mériterait pas d'être zappée."
Si au bout de quelques instants j'avais appuyé sur ma télécommande, j'aurais eu autre chose ? ... Il fallait le dire, je l'aurais emportée !

Simone Alexandre

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13:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/01/2008

L'homme qui rit de Victor Hugo par le Footsbarn theatre

Cartoucherie de Vincennes (sous Chapiteau)
Route de la Pyramide 75012 Paris
(M° Château de Vincennes puis navette aller-retour)

Tél. 0 892 707 507 ou 01 43 74 20 21

Du 9 au 20 janvier & du 6 au 9 février 2008

Représentations 9-10-11-12/1 à 20h.45
13/1 à 17h.
16-17-18-19/1 à 20h.45
20/1 à 17h.

6-7-8 & 9 février à 20h.45

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avec Paddy Hayter, Vincent Gracieux, Joe Cunningham, Mas Soegeng : comédiens.
Akemi Yamauchi : comédienne, acrobate.
Muriel Piquart : comédienne, musicienne.
Agnès Guerry : musicienne.

Direction artistique : Paddy Hayter.
Scénographie & masques : Fredericka Hayter.

Le roman de 668 pages commencé à Bruxelles le 21 juillet 1866 dont la plus grande partie a été écrite à Guernesey portait au bas de la dernière page du manuscrit la note suivante,

" Terminé le 23 août 1868 à dix heures et demie du matin, Bruxelles, 4 place des Barricades "

Il fut donc écrit en exil et porte la trace du préjudice que ceux que l'on nomme les grands peuvent causer à ceux qu'ils considèrent comme des sujets.

Ruy Blas, laquais propulsé au pied du trône, n'ayant pour seul atout que sa noblesse d'âme et son amour fera tonner son indignation face à ces grands d'Espagne, caste à laquelle il est censé appartenir ...

Gwymplaine ignorant de ses origines sera mutilé puis après moult péripéties, redevenu Lord Clancharlie pair d'Angleterre, entrera à la Chambre des Lords, pour lui aussi dénoncer les abus du pouvoir.

L'un est beau, l'autre est devenu laid mais la splendeur de leur âme est identique.

A moins de se situer au nombre des hugolâtres impénitents, l' Homme qui rit ne fait pas partie des ouvrages les plus connus parmi ceux qu'écrivit le grand homme. De rares adaptations scèniques en furent faites mais certains se souviennent encore de celle signée : Paule de Beaumont et Jean Kerchbron que la télévision diffusa dans les années 70 avec Philippe Bouclet dans le rôle de Gwymplaine.

Il était logique que le Footsbarn-Théâtre veuille présenter son adaptation puisque l'action se situe sur les lieux même où cette compagnie est née (en Cornouailles)
" terres anglaises de mythes et d'embruns "
Dans cette perspective, ils ont donc tous appris le français qu'ils prononcent encore avec plus ou moins de bonheur pour les oreilles de ceux qui ne connaîtraient pas déjà cette oeuvre. Personnellement, cela ne m'a pas trop gênée tant de vieilles émotions refaisaient en moi surface.
Le Footsbarn n'a pas renié ses origines saltimbanques et c'est tant mieux, car lorsque le théâtre jette l'ancre, il s'embourgeoise.
Laissons nous aller à ses jeux de lumière, à ces projections, marionnettes et masques et si parfois l'outrance n'est pas exclue, n'oublions pas que le théâtre ne doit jamais singer le cinéma comme c'est hélas, trop souvent le cas.
Que tous sachent que ce chapiteau dressé est pour nous synonyme de bonheur et qu'ils seront toujours les bienvenus.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/01/2008

Jean la Chance, Bertolt Brecht - Jean-Claude Fall

Théâtre d'Ivry Antoine Vitez
1, rue Simon Dereure
94200 IVRY
(M° ligne 7 : Mairie d' Ivry)
www.theatre-quartiers-ivry.com
tél. 01 43 90 11 11
Pl. 19/12/9€

mardi, mercredi, vendredi & samedi à 20h.
jeudi : 19h. dimanche 16h. relâche le lundi.


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photo Marc Ginot.

traduction Marielle Silhouette & Bernard Banoun (L'Arche, éditeur)
mise en scène : Jean-Claude Fall
avec David Ayala, Mihaï Fusu, Patty Hannock, Dominique Ratonnat, Roxane Borgna, Fouad Dekkiche, Jean-Claude Fall, Isabelle Fürst, Fanny Rudell, Luc Sabot.

La bonté qui pour beaucoup rime avec naïveté afin de ne pas dire pire ... fait effectivement de Jean un être bon et un peu naïf. Cela ne le dispense pas certes, d'une dose de bon sens car enfin, si le monde dans son ensemble était moins corrompu, les êtres comme lui risqueraient ils d'être punis pour trop de grandeur d'âme ?
La chance, c'est ce qui vous accompagne parfois ou qui vous tombe dessus brusquement sans l'avoir totalement mérité, conséquence de la prodigalité des dieux. Jean a tellement confiance en la vie qu'il voit constamment celle ci sous un jour favorable. Inexplicablement, il est heureux !
Sa femme va le tromper et suivre le suborneur. Qu'à cela ne tienne, puisque c'est ce qu'elle désirait et puis la servante est toujours là, prête à s'occuper de lui. D'ailleurs, son épouse lui a laissé la ferme, pourquoi alors serait-il malheureux ? Juste un peu contrarié mais cela ne durera pas car ce n'est pas dans sa nature. Tant que les étoiles s'allumeront au ciel et qu'il pourra les contempler voilà la preuve intangible que tout va bien.
Une maison ne valant pas à ses yeux deux charrettes avec au bout la liberté, il va après force schnaps accepter ce troc proposé par des filous.
Mais aucune charrette ne remplace un ami, c'est bien connu.
Celui là a la parole facile et il s'en sert auprès de ce grand enfant de Jean qui aura ensuite la tête tournée par un manège, (en toute logique) puis se fera voler une oie à laquelle il s'était attaché. Jean ira ainsi de mésaventure en mésaventure sans presque s'en rendre compte car c'est une heureuse nature qui ne retient que le bon côté des choses ...
On comprend bien que tout cela ne pouvait finir que d'une seule façon.
David Ayala est ce anti-héros qui déclenche notre sympathie teintée d'affectueuse désapprobation. On a presque envie de l'avertir : " ne fais pas cela, tu vas te faire avoir ... "
Quand un superbe mais cruel jeu scénique le plonge à demi-nu dans l'eau, on s'inquiète pour lui. Le comédien est absolument magnifique dans ce rôle pour lequel on peine à imaginer quelqu'un d'autre à sa place. Il ne saurait même en être question tant il colle au personnage que l'on aime sans réserve aucune. Autour de lui ses camarades vont et viennent, lui donnent allègrement la réplique et parfois en chansons - un peu ..." just ", le côté chant, mais nous ne sommes pas un pays de chanteurs - des musiciens aux tons et allures tziganes les accompagnent. Le tout est enlevé et ces deux heures passent sans que l'on s'en aperçoive.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent