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11/03/2009

Le pas de l'homme. Création 2009

F.Paya.jpg

Théâtre du Lierre

22, rue du Charonnet

75013 PARIS

(M° Bibliothèque François Mitterand)

Loc. 01 45 86 55 83

theatre.du.lierre@free.fr

Pl. 20€, TR : 15€

mercredi, TU : 12€

Jusqu'au : 5 Avril 2009

Mercredi et samedi à 20h.30

Jeudi et vendredi à 19h.30

Dimanche à 15h.

Texte, mise en scène, scénographie et masques : Farid Paya.

Musique : Bill Mahder

avec : Aloual, Antonia Bosco, Isabelle Chevalier, Patrice Gallet, Xavier-Valéry Gauthier, Philippe Klein, Lydie Marsan, Martine Midoux, David Weiss.

 

Les peuples n'existeraient plus depuis longtemps sans leurs mythologies. 
Sans elles, ils seraient morts d'ennui ...
Un écran va figurer pour nous tout l'univers, celui qui est présent depuis la nuit des temps. L'historique s'inscrira tout en haut tandis que la voix d'un choeur antique en fera lecture, voix d'homme côté jardin, voix de femme côté cour et ce, à tour de rôle. Les personnages vont alors se découper en ombre chinoise, silhouettes fantastiques avant que la lumière inondant l'espace ne leur permette de venir à nous.
Etrange histoire que celle qui nous est racontée par cette horde humaine tout à la fois royale et loqueteuse en une psalmodie entrecoupée de danse guerrière et de chants. Ce sont les tueurs d'hommes ou de dieux ce qui revient au même, à la recherche d'une vérité fuyante découpée en des gestes cinglants.
Théâtre épique par excellence où tout s'inscrit dans un équilibre global, chorégraphié avec précision tandis que la poésie du texte est véhiculée par la voix qui cingle, rugit ou s'élève en un chant tantôt solitaire tantôt collectif.
On peut douter de la présence des dieux mais jamais de celle de la nature dont chaque être est issu et retournera pour se fondre en elle. La nature sera donc le lien à ces trois récits.
Comme il est dit dans le texte " l'homme meurt dans son dieu. Les dieux disparaissent avec l'homme " ...
Volcans, glaciers, forêts perdureront tandis qu'au banquet des dieux, les dieux seront absents.
Farid Paya auteur du texte a également mis en scène ces comédiens, chanteurs et danseurs lesquels investissent ce grand espace au moyen de déplacements aussi précis qu'évocateurs. Du très beau travail !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photo, graphisme :  K.A. Sheckler-Wilson)

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10:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/03/2009

En remontant le Niger de Arezki Mellal

 

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LE TARMAC de la Villette

Parc de la Villette

211 av. Jean-Jaurès

75019 PARIS

(M° Porte de Pantin)

Loc. 01 40 03 93 95

Pl. 16€, T.R. 12€

Jusqu'au : 4 avril 2009

du mardi au vendredi à 20h.

le samedi à 16h.

 

Mise en scène : Maria Zachenska

avec Jacques Allaire, Criss Niangouna et Chantal Trichet.

 

Quel terrible miroir Arezki Mellal nous met il ici sous les yeux !
Nous aimerions pouvoir nous dire que le trait est obligatoirement forcé, la vocation du théâtre étant avant tout que le message passe ...
Car l'européen n'est pas ménagé par l'auteur mais ce qui est dit est tellement vrai que nous nous empressons d'en rire pour ne pas être gênés.
Certes, nous sommes dans la farce, dans le clownesque mais cela suffit-il à nous consoler ?
Un couple européen a décidé de remonter le Niger pour une croisière mi-crapuleusement commerciale pour le fils, mi-touristique à but sexuel pour la mère qui a visiblement comme on dit " quelques heures de vol."
Ce superbe indigène fera parfaitement l'affaire. A savoir, Moussa, vulgarisation de Moïse, rebaptisé Lustucru par un français ignare qui confond imparfait du subjonctif avec plus-que-parfait. De toutes façons, utiliser l'un ou l'autre est démodé en cette ère de profits où seules les spéculations présentent un quelconque intérêt.
La mère est en mal de ... mâle, et cette femelle lubrique voit à peine ce fils sans âge tant elle poursuit son obsession personnelle.
Il fallait un talent aussi dévastateur que celui qui anime Chantal Trichet pour ne pas sombrer dans le ridicule. La comédienne est absolument époustouflante dans ce rôle tant son engagement mental et physique est absolu.
Jacques Allaire compose avec brio ce personnage de fils veule et mercantile qui en dépit de tout ses défauts finira par nous apitoyer en une situation aussi caricaturale que paroxystique.
Moussa, ah ! Moussa ... l'énigme pour des esprits habitués aux clichés en vigueur.
Cris Niangouna est magnifique de présence tranquille faisant preuve d'une patience à l'humour subtil.
Vous l'avez compris, ce spectacle est un sans faute : le texte fait mouche, les comédiens sont parfaits et la mise en scène physique au possible mise au point par Maria Zachenska, qui elle aussi a beaucoup de choses à dire. C'est simple, n'y allez pas : courez y !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photos : Eric Legrand)

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11:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/03/2009

NATHALIE RIBOUT de Philippe BLASBAND

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MARIGNY (Salle Popesco)

Carré Marigny

75008 PARIS

(M° Champs-Elysées)

Loc. 01 53 96 70 20

Pl. 40/35/30€

Du mardi au samedi à 21h.

Dimanche à 16h.

 

 

Mise en scène : Christophe LIDON

avec Virginie EFIRA et Maruschka DETMERS.

Le texte est publié aux éditions : Actes Sud.

 

Philippe Blasband par le biais de cette pièce analyse la complexité des sentiments humains, démontrant à quel point une femme délaissée risque de devenir dangereuse  ... (Double clin d'oeil en direction de Diderot et Choderlos de Laclos.)
Sonia, l'épouse légitime vit mal cette instance de divorce et son art (elle est cantatrice) va s'avérer insuffisant à lui faire oublier sa condition présente.
Comment continuer à se sentir vivre quand on n'existe plus aux yeux de l'Autre ?
Elle va donc mettre au point un plan machiavélique en payant grassement une prostituée qui aura pour mission de séduire l'époux inconstant. La sélectionnée viendra régulièrement tout raconter par le menu sans omettre le moindre détail ...
Le sadomasochisme ne connaît pas de limites mais il ne saurait tout prévoir.
Au physique comme au moral, les deux femmes sont dissemblables, ce qui ajoute du piment à la situation et paradoxe, qui ne manque pas de saveur, la professionnelle sera initiée par sa commanditaire.
Or, on ne devient pas pervers sur commande et l'embourgeoisement aura le mot de la fin. Tout l'intérêt de cette pièce réside dans l'imprévisible évolution des sentiments déclenchés par les situations et le plaisir que l'on prend à voir évoluer deux belles comédiennes, Quant au message, chacun tirera ses propres conclusions en fonction de son vécu personnel. Maintenant si votre vie et celle de votre entourage s'avère aussi étale qu'une mer d'huile, vous pourrez toujours aller épier les dames du bois de Boulogne !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent