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07/02/2008

Femmes de Manhattan de John Patrick Shanley

LA MANUFACTURE DES ABBESSES
7, rue Véron 75018 PARIS
(M° Abbesses ou Blanche)
Loc. 01 42 33 42 03
www.manufacturedesabbesses.com
Pl. 20 & 12€

Jeudi, vendredi, samedi à 21h.
Jusqu'au : 29 mars 2008

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Mise en scène : Mitch Hooper
avec Isabel de Francesco, Blanche Veisberg, Sophie Vonlanthen, Walter Hotton, Marc Stussy.

De quoi parlent la majorité des femmes quand elles sont entre elles ? D'hommes, bien entendu.
De même qu'eux, de leur côté ...
Trois trentenaires dont l'une semble un tantinet éméchée, échangent impressions et confidences. C'est le soir, nous sommes à Manhattan en une époque où la gent féminine a la réputation d'être libérée.
On apprend rapidement que Billie est "très flirt" comme on dit. Pourtant elle est mariée et son époux l'adore au point de continuer à lui faire la cour après des années de mariage. (Cherchez l'erreur).
Rhonda Louise a flanqué Jerry à la porte mais ne peut se résoudre à faire disparaître les baskets du monsieur qui stationnent en plein milieu du salon.
(Cherchez la signification)
Enfin Judy convaincue que tous les hommes ou presque sont gays mais dont l'habillement est selon ses deux amies, un obstacle aux rencontres avec l'autre sexe, aura droit à quelques conseils indispensables. Du reste, Billie va arranger cela en organisant une rencontre ...
(Cherchez le mâle)
Ce dernier va se présenter sous l'apparence d'un superbe black, Duke très policé, connaissant les femmes par coeur mais qui, si l'on en croit le témoignage qui ne manquera pas de suivre, se comporte comme une vraie bête au lit.
(Inutile de chercher l'idée reçue).
John Patrick Shanley, (originaire du Bronx), après avoir obtenu un oscar du meilleur scénario en 1988 a décroché le prix Pulitzer en 2005 ce qui, selon moi - ne suffit pas à en faire un bon auteur de l'autre côté de l' Atlantique.
Le moment le plus charmant de la pièce est celui qui illustre la rencontre entre Duke et Judy mais cela repose avant tout sur la qualité de jeu de Marc Stussy.
Aucun reproche ne saurait être adressé aux autres interprètes qui font ce qu'ils peuvent avec un texte qui ne correspond pas exactement à notre mentalité profonde.
Cela dit, transposez aux Etats-Unis un texte typiquement français et à moins d'une exception qui confirmera la règle, les conséquences seront identiques.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Voyage en Sicile de Luigi Pirandello

THEATRE de l' ATHENEE
Square de l' Opéra Louis Jouvet
7, rue Boudreau 75009 PARIS
M° Opéra
loc. 01 53 05 19 19
Pl. 28,23,12 & 10€

Du jeudi 7 au samedi 23 février 2008
mardi 19h - du mercredi au samedi à 20h.
mat.except. dim 17 à 16h
& sam. 23 à 15h.

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photo : Philippe Delacroix.

Traduction, Jean-Loup Rivière,
mise en scène : Jean-Yves Lazennec.

2 pièces en 1 acte ...

- La fleur à la bouche,
avec Philippe Bombled, Jean Claude Frissung.

- Cédrats de Sicile,
avec Philippe Bombled, Chantal Deruaz, Jean-Claude Frissung, Christian Peythieu, Sophie Tellier.

Très curieusement, La fleur à la bouche écrite en 1923 va se révéler l'introduction idéale à Cédrats de Sicile écrite bien avant (en 1910) or nous savons que si l'oeuvre de Pirandello fut étroitement inspirée par sa vie, l'homme nourrissait des rapports particuliers à l'égard du temps. Il écrivait (nous dit-on) sous l'empire d'impulsions soudaines qu'il soumettait ensuite à une vigilante réflexion. La notion initiale de temps se trouvait donc abolie. On ne peut trouver mieux que le voyage pour symboliser le passage d'un état à un autre et précisément voilà un homme chargé de bagages (tout comme notre écrivain) qui vient de rater le dernier train. Il ne lui reste plus pour traverser la nuit que ses réflexions et ce providentiel interlocuteur, cet insomniaque surnommé " l'homme à la fleur à la bouche " auquel il pourra conter ses déboires familiaux.
Tel un ange bruyant, un train passe et cette fois c'est Micuccio que nous allons récupérer, lui pour qui le temps est encore immuable ainsi que les espoirs qui y sont liés. Teresina est devenue une cantatrice célèbre et l'écart s'est creusé entre elle et ce modeste joueur de piccolo. Marta, la mère tentera de rendre moins brutale la découverte mais en vain.
Ces deux textes sont servis par d'excellents interprètes et le seul regret que nous pourrions avoir est que le spectacle ne dure pas plus longtemps mais quelqu'un a dit je crois qu'il valait mieux laisser les spectateurs sur leur faim. Pirandello a donc réussi à émoustiller notre imagination et nous repartons avec la satisfaction d'avoir passé un court mais excellent moment de théâtre.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

15:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

NEIGE d'ETE de Céleste Florain & R.Alexandre de l'Ambre.

THEATRE de MENILMONTANT
15, rue du Retrait 75020 PARIS
M° Gambetta
Loc. 01 46 36 98 60
resa.menilmontant@wanadoo.fr
Pl. 23,50€ & 18,50€

Du 5 février au 6 mars 2008
du mardi au samedi à 20h.45
samedi & dimanche à 16h.

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Mise en scène : Daniel Mesguich & Satoshi Miyagi.

avec : Ayako Terauchi, Marie Frémont, Rebecca Stella,
Philippe Noël, Sophie Carrier, Nicolas Chupin, Florent Ferrier, Catherine Berriane, Laurent Montel.

Le travail de Daniel Mesguich s'est toujours distingué par la manifestation d'un grand sens esthétique.
Il en a toujours été de même dans le théâtre asiatique en général et japonais en particulier.
Il était donc quasi inévitable que les deux cultures finissent un jour par se rencontrer afin de faire bloc.
Nous connaissons depuis longtemps l'attirance gémellaire du premier et cette option du théâtre dans le théâtre nous paraît d'autant plus logique.
En un pays d'orient, une troupe a mis en répétition la célèbre pièce : " Dou E, l'innocente condamnée". Climat spécifique à la préparation d'un spectacle avec les éternels comportements de celui qui dirige : " C'est parfait, c'est très bien, MAIS ! "
Dans la salle, les comédiens rient plus que les autres ...
Au fil des incidents de parcours, nous faisons la connaissance de chacun. C'est ainsi que ce personnage agressif va se révèler curieusement paresseux dans la vie ... d'autres seront plus effacés tant le désir de concentrer toute l'énergie sur le rôle, investit l'interprète qui se veut disponible.
Et puis comme toujours, il y a les événements extérieurs et la politique des gouvernants qui régit tout et transforme parfois les êtres en de dérisoires marionnettes.
La pièce avait d'ancestrales racines mais la violence de l'actualité vient de la rattraper. Sciemment, les co-auteurs (Celeste Florian et R.Alexandre de l' Ambre) ont fait en sorte que le spectateur européen ne puisse utiliser la référence unique du Japon.
La langue est là, certes mais la situation politique fait étrangement penser à ce que fut la Chine du temps de Mao quand la répression commença à gangrener le pays. Et puis, à tort ou à raison on pense au théâtre No mais ici certains rôles sont joués par des femmes ...
Au fait ? ... Neige d' Eté est elle une légende chinoise ou japonaise ? Peu importe à notre ignorance européenne puisque la poésie est au rendez-vous.
Ce à quoi nous assistons est agréable à voir et entendre nonobstant les aller-retours un peu agaçants du rideau qui, en marquant le temps, ont pour effet de le ralentir et une sonorisation poussée parfois à l'extrême (simple problème de régie qui a dû depuis trouver la solution puisqu'il s'agissait de la première représentation).
N'importe, les talents conjugués de Daniel Mesguich et de Satoshi Miyagi ajoutés à ceux des interprètes nous font passer une soirée agréablement dépaysante. Qu'ils en soient tous remerciés.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

14:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent