Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/06/2009

JOURNAL D'UNE AUTRE d'après Notes sur Anna Akhmatova de Lydia Tchoukovskaïa

PARIS-VILLETTE

Parc de la Villette

211 av. Jean-Jaurès

75019 PARIS

(M° Porte de Pantin)

Loc. 01 40 03 75 75

Pl. 21€ - T.R. 15/10€

lundi, mercredi, samedi : 19h.30

mardi, jeudi, vendredi : 21h

jusqu'au : 27 JUIN 2009

adaptation : Valérie Blanchon et Isabelle Lafon

Mise en scène : Isabelle Lafon.

avec Johanna Kortals Altes et Isabelle Lafon.

journal-autre-1.jpg

 

Comment restituer les rencontres qui eurent lieu entre ces deux femmes ? Telle est la question que Isabelle Lafon a dû se poser avant de mettre en scène et s'impliquer physiquement dans cette réalisation.
Le texte nous plonge au coeur des purges staliniennes quand on tremblait pour les proches, pour soi et tous les autres. Aucune pensée personnelle ne devait alors s'exprimer, seule la pensée collective était admise. Il ne fallait par conséquent laisser aucune trace. Verba volant, scripta manent ... le verbe d'Anna Akhmatova s'envolera alors en direction de cette oreille amie qui apprendra tout par coeur, le texte écrit sera ensuite détruit pour limiter les risques. On peut n'être que deux pour entamer une résistance et ces deux femmes s'y employèrent. Lydia Tchoukovskaïa sera la vestale du texte, de tous les textes confiés par Anna Akhmatova.
Jadis la culture relevait d'une tradition orale et en période de crise politique grave il est certes plus prudent d'y revenir.
Non seulement Lydia apprend les poèmes par coeur mais au fil du temps et des événements elle va tout consigner en langage codé, sorte de journal non pas introspectif mais sous forme de témoignage.
Comme accessoires : une table couverte de livres et de manuscrits éphémères pour la plupart, quelques tabourets, un éclairage basique et le texte dit pour tout support.
Théâtre minimaliste, dépouillement voulu car il appartient au spectateur de créer lui-même les images en fonction de ce qu'il entend.
Certains soirs, la pluie sur le toit s'invite créant une impression de réalité.
Le jeu des comédiennes est sobre, à la limite d'un texte à l'italienne mais ce public là n'est pas venu par hasard aussi repartira t-il avec l'impression d'avoir partagé quelques instants de vie en compagnie de l'auteur(e) évoquée.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

journal-autre.jpg

 

 

16:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

L'école des veuves de Jean Cocteau

Aff.veuves.jpg

Théâtre ESSAÏON

6, rue Pierre au Lard

(angle 24 rue du Renard)

75004 PARIS

(M° Rambuteau, Hôtel de Ville)

Loc. 01 42 78 46 42

Jusqu'au 30 Juin : lundi et mardi à 20h.

A partir du 1er juillet, du mercredi au samedi à 20h.

Mise en scène et vidéos : DEJAN ILIC

avec Marie DELAROCHE, Anne CADILHAC,

et Richard MEDKOUR

Cocteau-garde.jpg

 

Conjuguer Cocteau à la mode fellinienne sous prétexte qu'il a tourné un Satyricon duquel est sorti ce personnage de matrone inventé par Pétrone puis repris par La Fontaine dans ses contes érotiques fait que l'on peine à discerner le ton habituel du Prince des Poètes. C'est un parti-pris de mise en scène que Dejan Ilic assume, n'en doutons pas. Cette légère pièce en un acte écrite tout spécialement pour Arletty fut représentée nous dit-on en 1936 à l'ABC et reste peu connue du grand public.
L'aventure est ici amenée par le biais d'un prologue au cours duquel Fanny Ardant et Fabrice Lucchini feront une double apparition (vocale) par le biais d'imitations assez bien rendues, il faut le reconnaître !
Décor et costumes sont amusants et aptes à servir cette farce que l'on pourrait presque attribuer à Aristophane ...
Une veuve éplorée décide d'aller rejoindre son époux dans la tombe et comme entre maîtresse et servante des liens parfois se créent, cette dernière voudra suivre l'exemple à son corps défendant, tout de même !
Un garde viril passera par là ... je vous laisse deviner la suite.
Certes, si vous allez voir cette pièce pour l'auteur, vous allez être un peu déroutés mais ceux qui se rendront à ce rendez-vous l'esprit vierge de toute idée préconçue risquent d'en tirer plaisir. Les réactions de la salle sont là pour en témoigner.
Les trois comédiens Marie Delaroche, Anne Cadilhac et Richard Medkour ne ménagent pas leurs effets et disons que dans le registre drolatique, c'est assez réussi. En revanche, les puristes seront peut-être d'un autre avis mais n'en faut-il pas pour tous les goûts ? Par conséquent, je ne saurais trop vous inciter à aller sur place forger votre propre opinion.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

Ecole-veuves-A.jpg

 

11:34 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/06/2009

Play Strindberg de Friedrich Dürrenmatt

Play-Strind-H.jpg

L' ATALANTE

10, Place Charles Dullin

75018 PARIS

M° Anvers, Abbesses, Pigalle

Loc. 01 46 06 11 90

Jusqu'au : 20 JUIN 2009,

lundi, mercredi, jeudi, vendredi à 20h.30

samedi à 19h. - dimanche à 17h.

(relâche le mardi)


Mise en scène : Alain-Alexis BARSACQ.

avec : Agathe ALEXIS, Philippe HOTTIER, Dominique BOISSEL, Frédéric BOUBET

confrontation.jpg

(photos : Grégory Fernandes)

Ici, Friedrich Dürenmatt parodie la Danse de Mort de Strindberg, transformant la tragédie du couple en farce grotesque à la portée quasi métaphysique ...
Le destin de cet homme et de cette femme est de vivre ensemble, de se haïr mais de se supporter, pire d'être indispensables l'un à l'autre.
Pour décor, un salon aux allures de ring de boxe car c'est bien de cela dont il s'agit. Il convient que l'autre soit mis k.o !

En douze rounds, le chiffre n'est pas choisi par hasard, un treizième aurait été synonyme d'irrémédiable trahison or ces deux là dans leur détestation sont liés " à la vie, à la mort " certes pas pour le meilleur mais sans nul doute pour le pire.
Alice a abandonné sa carrière pour se marier avec cet homme, autoritaire, égocentrique et lui en fait constamment reproche. Edgar règle sa vie en parfait militaire, faisant table rase autour de lui. Les rouages grincent bien chez ces deux là, l'atmosphère est explosive et l'escalade permanente.
Le cousin d'Alice, Kurt va arriver à point nommé non pour faire diversion mais pour jouer les projecteurs braqués sur cette danse macabre.
Entre chaque coup de gong, Agathe ALEXIS et Philippe HOTTIER rivalisent de talent. Alice est drôle, féroce et lucide. Edgar est odieux et cependant on ne peut se départir d'une forme de compassion admirative pour cet être condamné qui s'écroule à intervalles réguliers pour se relever avec l'obstination de celui qui veut être vainqueur.
Le rôle de Dominique BOISSEL (Kurt) est plus ambigu; cette relation triangulaire ne pouvant lui être favorable alors même qu'il personnalisait l'espoir, voire la solution offerte ...
Frédéric BOUBET sera l'arbitre, illustrant le caractère brechtien de la mise en scène.
Une heure cinquante d'intérêt intense pour les spectateurs qui concluent en sortant qu'ils viennent indéniablement d'assister à l'un des meilleurs spectacles de la saison.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

Play-Strinberg-4.jpg

 

11:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent