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20/01/2008

Le Funambule de Jean Genet

Maison de la Poésie-Paris- Petite salle.
passage Molière
157, rue St-Martin 75003 Paris
(M° Rambuteau)
Tél. 01 44 54 53 00
www.maisondelapoesie.com

Du 17 janvier au 13 avril 2008
Du mercredi au samedi à 19h.
Dimanche à 15h.
(relâche lundi et mardi)

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Mise en scène et jeu : Pierre Constant.

Objets inanimés, avez vous donc ...

Le funambule devra séduire, apprivoiser le fil comme s'il s'agissait d'un renard rétif. Genet propose à Abdallah d'aimer l'objet qui doit le porter, d'un amour charnel.
Le fil fera de lui un albatros puisque le poète précise : " Je ne serais pas surpris quand tu marches par terre, que tu tombes. " La transcendance est à ce prix.
Nous allons découvrir Pierre Constant couché sur le sol, le crâne rasé, tout comme celui qui parle par sa bouche, soie rouge entre les dents : immense bout d'étoffe semblable à un parachute qui en touchant le sol se serait transformé en linceul. Car il s'agit d'atteindre une solitude mortelle, non de danser pour le public et ses applaudissements puisque c'est la propre image de l'artiste qui va oeuvrer pour lui et alors seulement, le fil dansera.
Jean Genet prodigue tous ses conseils au funambule lui précisant ce qu'il doit faire pour déclencher la fascination du public. Pour cela, il devra s'identifier à sa propre image non en une approche narcissique mais afin de se voir comme les autres le perçoivent, mieux : l'éprouvent ! Personne depuis Diderot n'avait à ce point, analysé l'état de l'artiste en action.
Par le miracle du verbe, Pierre Constant devient tout à la fois funambule et mentor, victime active et bourreau en puissance. Nous savons comment tout cela a fini. Ecrire ce texte était un tribut que l'auteur devait à celui dont la vie trop brève a traversé la vie de Genet comme une comète.
Faut-il tuer ce que l'on aime ? ...
Une fois entrés en possession de vos places l'accès à la petite salle s'effectue par la galerie située au 161, rue St-Martin où là, vous découvrirez des portraits du poète signés par des grands noms, ( allant de Jean Marais, à Cocteau en passant par Gilles Dattas et quelques autres); divers écrits originaux de l'auteur sont exposés, parsemés d'émouvantes ratures. Arrivez donc sur place en avance afin de pouvoir tout à loisir apprécier.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

LA NORD-SUD d'après " Entretien avec le professeur Y " de Louis-Ferdinand Céline.

Théâtre Clavel
3, rue Clavel 75019 Paris
(M° Pyrénées)
Loc. 01 42 38 22 58
Pl. 24€ TR, 15€

Du mardi au samedi à 20h.
Jusqu'au : 12 avril 2008

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Adaptation et mise en scène : Igor Futterer.
avec Roland Farrugia, Marcel Philippot et la participation de Karine Delgado.

" Le père Céline, on lui doit tout. Sans lui, aucun auteur actuel n'écrirait ou alors comme Duhamel.
Mais là-dessus, personne ne moufte jamais. On n'admet pas " Michel Audiard.


Céline avait situé le ou les lieux de ce court roman à l' extérieur mais comme l'auteur précisait que tout était parti du métro, en toute logique, Igor Futterer a recentré l'action en ciblant une station de la ligne Nord-Sud.
Louis-Ferdinand par son style particulier, du fait de ses déclarations sulfureuses était mis à l'index par beaucoup, ce qui tombe bien puisque c'était son geste favori !
Qui, sinon un fou pouvait se lancer dans l'interview du bonhomme, afin d' essuyer le feu roulant de ses diatribes ?
Le professeur Y, (géniale invention du lyrique Ferdi') prostatique à l'extrème et colonel improbable fit l'affaire ...
Allions nous assister à un débat philosophique explicitant " les mutations du progrès par les transformations du soi " ?
Céline ne pouvait certes accepter semblable tarte à la crème, puisqu' il avait passé l'âge de courir après les bouts de bois creux. Il fallait avant tout dénoncer comme il le fit durant toute sa vie, conspuer toutes les émotions en toc, tous ces chromos que l'on accepte, faute d'imagination.
Sans lui, le goût de l'authentique était perdu, il le remettait donc à la mode grâce au " style émotif " de son écriture que l'on pouvait comparer à la démarche des impressionnistes.
Le Dr Destouches n'était pas sans connaître l'impact des électrochocs et l'évidente paranoïa du colonel Réséda avait donc rencontré celui qui convenait.
Roland Farrugia bien qu'un peu trop élégant pour incarner sans réserve le sublime clochard qui à la fin de sa vie retenait ses pantalons avec une ficelle, (ayant fort longtemps traîné le chat Bébert qui le suivait partout dans une besace) nous gratifie çà et là, de quelques fulgurances. Dans ces instants là, on le prendrait presque pour Céline tant le verbe créé l'individu.
Marcel Philippot par une approche progressive jusqu'au crescendo final constitue la plus grande part humoristique du spectacle.
Les célinolâtres se régaleront et il y a fort à parier que les autres dont les idées reçues les ont peut-être éloignés de la lecture de cet auteur y viendront enfin.
Par conséquent, à ne pas manquer !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

10:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

17/01/2008

L' Ingénu, d'après Voltaire.

Vingtième-Théâtre
7, rue des Plâtrières 75020 Paris
M° Ménilmontant

Loc. 01 43 66 01 13
Pl. 22€ TR 12 & 17€

Du mercredi au samedi à 21h.30
dimanche à 17h.30

jusqu'au 2 mars 2008

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photo : Gérard Homburger.

Adaptation de Jean Cosmos.
Mise en scène : Arnaud Denis

avec Jean-Pierre Leroux, Jacques Ciron, Monique Morisi, Géraldine Azuelos, Arnaud Denis, Jonathan Bizet, Alexandre Guanse, Denis Laustriat, Stéphane Peyran, Romane Portail, Sébastien Tonnet, Geoffrey Veraghaenne.

L'homme sincère fait immanquablement figure d' ingénu en un monde qui n'est ni l'un ni l'autre ... Après le Siècle des Lumières vient celui de l'obscurantisme puisqu'il est dit que chaque chose ici-bas, engendre son contraire.
Arnaud Denis a eu l'heureuse idée de raviver à notre esprit ce texte oublié peut-être par certains et que d'autres découvriront. L'adaptation est signée Jean Cosmos ce qui constitue un indéniable garant de qualité. La génération-radio se souvient encore de ses dramatiques à l'origine de maintes carrières. L'attrait des planches passait souvent alors par les ondes hertziennes.
Mais arrivons au spectacle.
Jean-Pierre Leroux nous gratifie d'une entrée fracassante et jouera le rôle de fil conducteur tout au long de la pièce pour au détour d'une situation devenir à son tour personnage.
C'est ainsi que metteur en scène d'un théâtre dans le théâtre, puis " didascalien " il passera de l'état d'évêque à celui de janséniste. Autant dire, un exploit ! ...
Le décor est sobre mais ingénieux, les costumes agréables à voir et les comédiens tout à fait à l'aise dans leur peau d'emprunt.
On ne serait pas chez Voltaire si l'ironie n'était présente, la société d'alors en fera donc les frais sans oublier l'église, bien entendu.
L' Ingénu en sa qualité d'être neuf, non encore corrompu par la ville et la Cour sera le garant du bon sens et de l'honnêteté morale.
Arnaud Denis tout comme son personnage de Huron apprend vite et bien, collectionnant les spectacles avec bonheur.
Ne pouvant citer tout le monde tout en souhaitant ne pas faire de jaloux, je voudrais toutefois souligner les prestations de Monique Morisi qui est la malicieuse Crédule de Kerkabon ainsi que Sébastien Tonnet lequel se distingue par une suite de personnages dont le plus réussi m'a semblé être l'officier anglais. Que les autres se rassurent car ils contribuent pleinement au succès de la pièce.
Au moment des applaudissements, les rappels sont bien là pour le confirmer.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent