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07/02/2008

NEIGE d'ETE de Céleste Florain & R.Alexandre de l'Ambre.

THEATRE de MENILMONTANT
15, rue du Retrait 75020 PARIS
M° Gambetta
Loc. 01 46 36 98 60
resa.menilmontant@wanadoo.fr
Pl. 23,50€ & 18,50€

Du 5 février au 6 mars 2008
du mardi au samedi à 20h.45
samedi & dimanche à 16h.

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Mise en scène : Daniel Mesguich & Satoshi Miyagi.

avec : Ayako Terauchi, Marie Frémont, Rebecca Stella,
Philippe Noël, Sophie Carrier, Nicolas Chupin, Florent Ferrier, Catherine Berriane, Laurent Montel.

Le travail de Daniel Mesguich s'est toujours distingué par la manifestation d'un grand sens esthétique.
Il en a toujours été de même dans le théâtre asiatique en général et japonais en particulier.
Il était donc quasi inévitable que les deux cultures finissent un jour par se rencontrer afin de faire bloc.
Nous connaissons depuis longtemps l'attirance gémellaire du premier et cette option du théâtre dans le théâtre nous paraît d'autant plus logique.
En un pays d'orient, une troupe a mis en répétition la célèbre pièce : " Dou E, l'innocente condamnée". Climat spécifique à la préparation d'un spectacle avec les éternels comportements de celui qui dirige : " C'est parfait, c'est très bien, MAIS ! "
Dans la salle, les comédiens rient plus que les autres ...
Au fil des incidents de parcours, nous faisons la connaissance de chacun. C'est ainsi que ce personnage agressif va se révèler curieusement paresseux dans la vie ... d'autres seront plus effacés tant le désir de concentrer toute l'énergie sur le rôle, investit l'interprète qui se veut disponible.
Et puis comme toujours, il y a les événements extérieurs et la politique des gouvernants qui régit tout et transforme parfois les êtres en de dérisoires marionnettes.
La pièce avait d'ancestrales racines mais la violence de l'actualité vient de la rattraper. Sciemment, les co-auteurs (Celeste Florian et R.Alexandre de l' Ambre) ont fait en sorte que le spectateur européen ne puisse utiliser la référence unique du Japon.
La langue est là, certes mais la situation politique fait étrangement penser à ce que fut la Chine du temps de Mao quand la répression commença à gangrener le pays. Et puis, à tort ou à raison on pense au théâtre No mais ici certains rôles sont joués par des femmes ...
Au fait ? ... Neige d' Eté est elle une légende chinoise ou japonaise ? Peu importe à notre ignorance européenne puisque la poésie est au rendez-vous.
Ce à quoi nous assistons est agréable à voir et entendre nonobstant les aller-retours un peu agaçants du rideau qui, en marquant le temps, ont pour effet de le ralentir et une sonorisation poussée parfois à l'extrême (simple problème de régie qui a dû depuis trouver la solution puisqu'il s'agissait de la première représentation).
N'importe, les talents conjugués de Daniel Mesguich et de Satoshi Miyagi ajoutés à ceux des interprètes nous font passer une soirée agréablement dépaysante. Qu'ils en soient tous remerciés.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

14:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/02/2008

Quand nous nous réveillerons d'entre les morts d' Henrik Ibsen

Théâtre du Chaudron
Cartoucherie de Vincennes
Route du Champ de Manoeuvres
75012 PARIS

Loc. 01 43 28 97 04
Pl. 20/15/13€


Représentations à 20h. dimanche à 16h.
relâche, mercredi 6 février.

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Variations : Frédéric Vossier
Mise en scène : Jacques David

avec Dominique Jacquet, François Macherey, Claude-Bernard Perot, Pierre Tessier, Johanne Thibaut.

Quelle étrange démarche que celle qui consiste à vouloir, en partant d'une oeuvre qui a forcément son style et son rythme,
" en un geste aussi grave qu'ironique " (je cite) de bousculade et de dépoussiérage du texte du vieux Ibsen (sic et re-sic) y injecter des variations écrites dans le rythme et le lexique organiques ( ... ) de l'auteur dramatique, Frédéric Vossier."
Cette attitude aussi prétentieuse que stupide a pour conséquence de dépoussiérer le texte au papier de verre en le vidant de son essence même.
Messieurs les adaptateurs et metteurs en scène, vous signez là une double trahison, ce qui serait un moindre mal si elle n'était à ce point réductrice.
EXIT certains personnages peut-être pas essentiels mais qui avaient leur raison d'être au sens psychologique du terme.
EXIT les divers lieux où l'action se déroulait pour limiter celle ci à un hôtel dans lequel les personnages (enfin, ceux qui restent) vont aller et venir comme on pourrait le faire en un iieu d'exposition en utilisant un ton aussi convaincu que celui en vigueur lors de certaines générales de presse.
On peut ne pas aimer Ibsen mais en ce cas, qu'on le laisse tranquille !
Cette pièce, la dernière, illustrait bien pourtant l'introversion de celui qui s'était détourné de la trop fidèle reproduction du monde extérieur. Sa passion pour l'art qu'il exerçait, l'incompréhension dont il fut l'objet et qui l'ont mené au seuil du suicide devraient logiquement se retrouver chez Arnold Rubeck lequel a négligé sa vie privée au bénéfice de la création. En Irène il ne voyait que le modèle et non la femme.
Son oeuvre terminée il la remerciera " pour cet épisode ", s'étonnant ensuite de sa disparition.
" Le Jour de la Résurrection " était pourtant leur enfant à tous deux. C'est donc un être mort, au bord de la folie qui revient vers lui, porté(e) par un dessein de vengeance.
Maja est une charmante enfant, à qui si l'on promet la lune entend que l'on aille la lui décrocher. Rien qui puisse inspirer un génie créateur. Elle suivra donc le premier chasseur d'ours venu. La scène si poétique au bord du torrent n'aura pas lieu puisque l'hôtel restera la prison jusqu'à la délivrance finale.
Si nous nous réveillons un jour d'entre les morts, il faudra bien alors rendre des comptes à Ibsen (et à quelques autres, bien entendu).

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

10:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/02/2008

La Ballade de la geôle de Reading d' Oscar Wilde.

Maison de la Poésie-Paris
passage Molière, 157 rue St-Martin 75003 PARIS
(M° Rambuteau)
Loc. 01 44 54 53 00
Pl. 20 & 15€

Du mercredi au samedi à 19h.
(sauf les 13 & 16 février)
Dimanche, à 15 h.

Du 1er au 17 février 2008

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photo : Thierry Cohen.

Traduction Henry-D.Davray (parue au Mercure de fRANCE, 1898)
Mise en scène : Céline Pouillon
avec Stanislas Nordey et Julie Pouillon
Musique : Siegfried Canto.

La mise en scène restera symbolique : un homme, une femme sans doute pour évoquer ce couple à l'origine du drame. Il avait tué son épouse et pour cela, conformément aux lois en vigueur, devait être pendu ...
Wilde emprisonné pour moeurs réputées coupables, de sa geôle assistera de loin à l'exécution qu'il vivra de toute sa chair, à l'instar de St-Sébastien auquel il s'est si souvent référé, endurant le supplice.
Tel François Villon écrivant sa ballade des pendus, Oscar Wilde témoignera en une suite de strophes de six vers chacune, faisant du sort malheureux de celui qui va payer, sa propre rédemption.
Pour tous, l'espoir est aussi relatif que ce petit pan de bleu que nomment ciel les détenus de la prison mais ils continuent de s'y accrocher tandis que les heures s'éternisent et que vibre en soi la faute d'autrui.
Les aphorismes mondains ne sont plus de mise, un poète nouveau vient de naître en un ultime sursaut. La ballade de la geôle de Reading a valeur de chant du cygne, l'épreuve ayant à jamais marqué cet homme qui transformait jadis son apparente superficialité en suprême élégance.
L'image de fin sera hautement symbolique, représentant une piéta alors qu'il est dit que nous tuons tous ce que nous aimons. C'est à la fois la constatation faite par Oscar Wilde face à cette exécution et l'épreuve que la vie lui réservait puisqu'il fut victime d'un amour que l'époque victorienne condamnait.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

10:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent