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14/02/2008

L' ANTICHAMBRE de Jean-Claude Brisville

Théâtre HEBERTOT
78 bis, bd des Batignolles
75017 PARIS
(M° Villiers)
Loc. 01 43 87 23 23
Pl. de 15 à 42€

Du mardi au samedi à 21h.
matinée samedi à 18h.
& dimanche à 16h.

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Mise en scène, Christophe LIDON assisté de Nathalie NIEL
avec Danièle LEBRUN, Roger DUMAS, Sarah BIASINI.

Retour au Siècle des Lumières dont nous nous sommes tant éloignés. L'élégance pouvait alors s'offrir le luxe d'être subversive. On refaisait le monde dans les salons.
Démarche vaine, allez-vous dire ? Que nenni !
C'est de la confrontation des idées que naît la lumière et non pas de cette pensée unique dans laquelle nous sombrons trop souvent par paresse ou manque de conviction.
Madame du Deffand symbolise le courant conservateur mais accueille en son salon des philosophes aux idées modernes pour ne pas dire, révolutionnaires.
Ce n'est pas par hasard si les costumes conjuguent les diverses nuances de l'automne, soulignant ainsi le charme finissant de certaines idées afin que d'autres les remplacent plus aisément.
Le décor évoluera jusqu'à se rétrécir en toute fin, quand la dame dont l'acuité visuelle n'a cessé de diminuer restera en tête à tête avec elle-même et ses illusions mondaines perdues ...
Le souci des convenances était vécu de façon réductrice par sa protégée qui lui opposera une superbe revanche !
On aime les personnages dépeints par Jean-Claude Brisville et cela même quand on ne partage pas leurs idées car tous sont attachants.
Danièle Lebrun est formidable, comme d'habitude mais comment pourrait-il en être autrement ? Elle incarne le personnage de la maîtresse de céans avec cette précision terrible qu'on lui connaît.
La bonhomie de Roger Dumas dominée par la personnalité de la dame fait ici merveille.
Quant à Sarah Biasini, cette dernière a ce qu'il faut d'enthousiasme lucide et de détermination pour justifier les évênements.
La mise en scène de Christophe Lidon est le juste écrin pour un texte que l'on savoure porté par de tels interprètes. Un sans faute par conséquent et un pur moment de bonheur.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

14:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/02/2008

Femmes de Manhattan de John Patrick Shanley

LA MANUFACTURE DES ABBESSES
7, rue Véron 75018 PARIS
(M° Abbesses ou Blanche)
Loc. 01 42 33 42 03
www.manufacturedesabbesses.com
Pl. 20 & 12€

Jeudi, vendredi, samedi à 21h.
Jusqu'au : 29 mars 2008

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Mise en scène : Mitch Hooper
avec Isabel de Francesco, Blanche Veisberg, Sophie Vonlanthen, Walter Hotton, Marc Stussy.

De quoi parlent la majorité des femmes quand elles sont entre elles ? D'hommes, bien entendu.
De même qu'eux, de leur côté ...
Trois trentenaires dont l'une semble un tantinet éméchée, échangent impressions et confidences. C'est le soir, nous sommes à Manhattan en une époque où la gent féminine a la réputation d'être libérée.
On apprend rapidement que Billie est "très flirt" comme on dit. Pourtant elle est mariée et son époux l'adore au point de continuer à lui faire la cour après des années de mariage. (Cherchez l'erreur).
Rhonda Louise a flanqué Jerry à la porte mais ne peut se résoudre à faire disparaître les baskets du monsieur qui stationnent en plein milieu du salon.
(Cherchez la signification)
Enfin Judy convaincue que tous les hommes ou presque sont gays mais dont l'habillement est selon ses deux amies, un obstacle aux rencontres avec l'autre sexe, aura droit à quelques conseils indispensables. Du reste, Billie va arranger cela en organisant une rencontre ...
(Cherchez le mâle)
Ce dernier va se présenter sous l'apparence d'un superbe black, Duke très policé, connaissant les femmes par coeur mais qui, si l'on en croit le témoignage qui ne manquera pas de suivre, se comporte comme une vraie bête au lit.
(Inutile de chercher l'idée reçue).
John Patrick Shanley, (originaire du Bronx), après avoir obtenu un oscar du meilleur scénario en 1988 a décroché le prix Pulitzer en 2005 ce qui, selon moi - ne suffit pas à en faire un bon auteur de l'autre côté de l' Atlantique.
Le moment le plus charmant de la pièce est celui qui illustre la rencontre entre Duke et Judy mais cela repose avant tout sur la qualité de jeu de Marc Stussy.
Aucun reproche ne saurait être adressé aux autres interprètes qui font ce qu'ils peuvent avec un texte qui ne correspond pas exactement à notre mentalité profonde.
Cela dit, transposez aux Etats-Unis un texte typiquement français et à moins d'une exception qui confirmera la règle, les conséquences seront identiques.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Voyage en Sicile de Luigi Pirandello

THEATRE de l' ATHENEE
Square de l' Opéra Louis Jouvet
7, rue Boudreau 75009 PARIS
M° Opéra
loc. 01 53 05 19 19
Pl. 28,23,12 & 10€

Du jeudi 7 au samedi 23 février 2008
mardi 19h - du mercredi au samedi à 20h.
mat.except. dim 17 à 16h
& sam. 23 à 15h.

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photo : Philippe Delacroix.

Traduction, Jean-Loup Rivière,
mise en scène : Jean-Yves Lazennec.

2 pièces en 1 acte ...

- La fleur à la bouche,
avec Philippe Bombled, Jean Claude Frissung.

- Cédrats de Sicile,
avec Philippe Bombled, Chantal Deruaz, Jean-Claude Frissung, Christian Peythieu, Sophie Tellier.

Très curieusement, La fleur à la bouche écrite en 1923 va se révéler l'introduction idéale à Cédrats de Sicile écrite bien avant (en 1910) or nous savons que si l'oeuvre de Pirandello fut étroitement inspirée par sa vie, l'homme nourrissait des rapports particuliers à l'égard du temps. Il écrivait (nous dit-on) sous l'empire d'impulsions soudaines qu'il soumettait ensuite à une vigilante réflexion. La notion initiale de temps se trouvait donc abolie. On ne peut trouver mieux que le voyage pour symboliser le passage d'un état à un autre et précisément voilà un homme chargé de bagages (tout comme notre écrivain) qui vient de rater le dernier train. Il ne lui reste plus pour traverser la nuit que ses réflexions et ce providentiel interlocuteur, cet insomniaque surnommé " l'homme à la fleur à la bouche " auquel il pourra conter ses déboires familiaux.
Tel un ange bruyant, un train passe et cette fois c'est Micuccio que nous allons récupérer, lui pour qui le temps est encore immuable ainsi que les espoirs qui y sont liés. Teresina est devenue une cantatrice célèbre et l'écart s'est creusé entre elle et ce modeste joueur de piccolo. Marta, la mère tentera de rendre moins brutale la découverte mais en vain.
Ces deux textes sont servis par d'excellents interprètes et le seul regret que nous pourrions avoir est que le spectacle ne dure pas plus longtemps mais quelqu'un a dit je crois qu'il valait mieux laisser les spectateurs sur leur faim. Pirandello a donc réussi à émoustiller notre imagination et nous repartons avec la satisfaction d'avoir passé un court mais excellent moment de théâtre.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

15:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent