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10/03/2010

LOS DEMONIOS de Valérie Boronad

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Vingtième Théâtre

7, rue des Plâtrières

75020 PARIS

(M° Ménilmontant)

Loc. 01 43 66 01 13

Pl. 24, 19 & 12€

Du mercredi au samedi à 19h.

Dimanche à 15h.

Jusqu'au : 25 avril 2010


Texte et dramaturgie : Valérie Boronad

Mise en scène : Philippe Boronad.

avec : Philippe Boronad, Moana Ferré et Luis Jaime-Cortez.


Même en pensant les connaître, chacun de nous va - à un moment donné de son existence - partir à la recherche de ses origines. Chaque écrivain fait cela, chaque exilé est hanté par cela,Tango alias Samuel plus que tous. Sa mère vient de mourir après avoir vainement attendu le retour de celui qui a disparu, tombé d'un avion sans doute quelque part en Argentine; les militaires avaient coutume de survoler l'océan afin d'y précipiter le passager politique. Beaucoup de destins s'achevèrent de la sorte après la prison et la torture. Luis, le père a sans nul doute fini ses jours ainsi. Mais faute de preuves, Samuel ne peut qu'imaginer ce qui s'est passé. Devenu définitivement orphelin, il va retourner dans l'hôtel de son enfance et là, convoquer les fantômes de son existence afin de coucher leur histoire sur le papier.
Symboliquement l'espace scénique est composé de deux écrans comme les deux pages d'un livre ouvert ou d'un cahier sur lequel tout va s'écrire à mesure ...
L'écriture est belle, poétique, et le comédien Philippe Boronad l'accompagne de tout son corps en une presque chorégraphie, pliant sa voix et son jeu (ce qui peut créer une impression d'inégalité) à tous les registres nécessaires afin de nous faire voir ce que Tango a vécu ou imaginé.
Augusto Angel Zapatas interprété avec maestria par Luis Jaime-Cortez est celui qui accueille le petit garçon qui a grandi et une fois arrivé à l'âge adulte, veut comprendre ce qui s'est passé afin d'exhumer ce que d'autres ont voulu enfouir.

Augusto évoque lui aussi un être disparu (sa femme) à laquelle il s'adresse en quasi permanence ...
Samuel s'est fixé la tâche de témoigner à la face du monde de façon non oculaire bien sûr, mais affective et pour se retrouver aussi tout simplement.
Ce n'est donc pas un livre politique qu'il a entrepris d'écrire mais l'histoire d'une famille broyée par l'engrenage d'une époque.
Moana Ferré est Ana la mère mais également Camilia puisque le fils désigne la ressemblance cause de son attirance sans doute ? La comédienne est belle a une indéniable présence scénique et apporte la part de tendresse indispensable à cette histoire que les militaires ont rendue effroyable.
La musique de scène signée Philippe Laccarrière  habille le spectacle en nous permettant d'adhérer complètement au texte tandis que les effets visuels font le reste. Vous l'avez compris, la mise en scène est belle, le propos intéressant, que demander de plus ?


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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12:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/02/2010

Puissants & Miséreux de Yann Reuzeau.

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MANUFACTURE des ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS.

(M° Abbesses)

Loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ - TR : 13€

en février : vendredi, samedi, dimanche à 21h.

en mars & avril : vendredi & samedi à 21h.

dimanche à 19h. (relâche 19, 20, 21 mars)

jusqu'au : 25 avril 2010.

Assistante à la mise en scène : Sandra Poirier

avec : Jean-Luc Debattice, Marine Martin-Ehlinger, David Nathanson, Morgan Perez, Damien Ricour, Romain Sandere, Sophie Vonlanthen.


Un abri, quelque part, sous le périphérique ... quelques toux pour le moins avinées montent de la pénombre. Deux hommes partagent ce territoire depuis assez longtemps et une femme est venue accidentellement se joindre à eux, ce que Bariton réprouve avec véhémence.  La rue, il connaît puisqu'il y fut condamné il y a de cela 30 ans; pour un homme c'est déjà galère, alors pour une femme ! ...
En fait, c'est Hector qui a ramené la fille et s'est quelque peu saoulé hier en sa compagnie. Elle se nomme Mélanie est à la dérive et même l'existence de ses enfants ne peut parvenir à lui donner le courage qui lui fait défaut pour remonter la pente sur laquelle elle dégringole. Trop fragile, trop seule surtout.
Dylan va à son tour faire son apparition, brouillon comme d'habitude mais plus acharné que les autres à s'en sortir. Cà, c'est le monde d'en bas. Celui que ceux d'en haut ne rencontreront jamais sinon au détour d'un fait divers lu dans la presse.
Le seul lien entre ces deux univers se créera au pied de la scène, à la fin de la première partie du diptyque, quand face au public, Jean-Luc Debattice quittera la défroque du clochard pour endosser l'habit de magnat de l'industrie. La métamorphose aura alors lieu en direct, sous nos yeux.
Nous quittons la meute pour aborder l'univers des requins.
Daniel est ce PDG qui a un temps levé le pied, suite à un accident de santé et sa fille Carole s'est empressée de prendre l'affaire en mains. Bien entendu, elle a des idées nouvelles, veut les imposer et le maître des lieux de retour ne voit pas cela d'un très bon oeil. Alain le fils et le frère a décidé d'abandonner le monde des affaires pour celui de la politique. Et puis il y a Eric, cet ancien trader pièce rapportée certes mais qui s'est investi et pense avoir son mot à dire ...
Les deux extrêmes de la société actuelle sont dépeints ici, crûment avec un indéniable jusqu'au-boutisme qui ne fait hélas que traduire la réalité.
Les comédiens semblent s'être investis, corps et âme et ce qu'ils disent sonne terriblement juste. La présence et l'envergure surtout de Jean-Luc Debattice, sa puissance d'expression sans égale est porteuse bien évidemment. Et s'ils sont tous visiblement au meilleur de leur forme, je voudrais souligner l'intéressante composition réalisée par Sophie Vonlanthen. C'est à la fois subtil, intelligent et elle rend naturel quelque chose de très compliqué à faire par une élocution tout spécialement mise au point. (du travail d'orfèvre en quelque sorte mais d'où l'émotion se dégage.) 

Une pièce dont le thème ne nous quitte pas en sortant mais reste bien au contraire présente à l'esprit quand on l'a vue.

A voir et revoir même !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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15:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/02/2010

GOUTTES DANS L'OCEAN de R.W.FASSBINDER

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THEATRE MOUFFETARD

73, rue Mouffetard

75005 PARIS

(M° Place Monge)

Loc. 01 43 31 11 99

Pl. 22€ - TR. 15€

du mercredi au vendredi à 20h.30

samedi à 21h. dimanche à 15h.

Jusqu'au : 6 Mars 2010.


Texte français de Jean-François Poirier

Mise en scène : Matthieu Cruciani

avec Yann Métivier, Julien Geskoff, Laetitia Le Mesle, Emilie Beauvais ou Christel Zubillaga.


Certains connaissent peut-être le film de François Ozon,

" Gouttes d'eau sur pierres brûlantes "  ? ...

Pour ma part, j'ai voulu le visionner à nouveau après avoir assisté à la représentation théâtrale et il me semble évident que cette dernière a mille fois plus d'impact sur le spectateur.

C'est plus dérangeant aussi ... preuve que c'est réussi.

Quelque soit l'admiration que l'on puisse nourrir pour ce génie qu'était R.W. Fassbinder, beaucoup seront tentés d'assimiler Léopold à l'auteur et sans doute auront-ils (partiellement) raison. Mais que le Ciel nous préserve de rencontrer un jour semblable manipulateur !

Un jeune homme (Franz) ayant croisé son chemin, sera irrémédiablement attiré par lui et tombera dans le piège, comme tous ceux qui l'ont précédé et même ceux qui suivront quelque puisse être la conséquence des événements.


La mise en scène de Mathieu Cruciani ajoute un indéniable impact à l'action qui se déroule sous nos yeux tandis que le vécu des personnages nous tétanise.


Certains êtres ne se sentent vivre que dans le conflit, c'est bien connu créant des situations paroxystiques afin d'alimenter leur névrose. En même temps, on est tenté d'expliquer cela comme une tentative désespérée de compensation.
En effet, cet homme dont l'activité semble être celle d'un voyageur de commerce, convaincu du dérisoire de son existence a besoin de se sentir vivre intensément dès qu'il a quelque temps libre devant lui. Il fera alors feu de tout bois.
Bisexualité doublée de schizophrénie vont transformer ceux et celles qui l'approchent en victimes de ce féroce rituel.


Chaque comédien ou comédienne incarne son personnage de façon quasi parfaite et pour une fois, l'utilisation de la vidéo ne saurait être confondue avec un alibi au manque d'imagination comme c'est trop souvent le cas. Pas ici, bien au contraire !

A voir par conséquent et plutôt deux fois qu'une car Fassbinder avait indéniablement le don de nous rendre un peu plus intelligent chaque fois qu'il nous interpellait.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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16:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent