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05/05/2008

ANIMA KWAHULE du 5 avril au 31 mai 2008

LAVOIR MODERNE PARISIEN

35, rue Léon 75018 PARIS

Tél. 01 42 52 09 14 

Métro : Marcadet-Poissonniers

du 29 avril au 2 mai 2008  à 21h.

Le Masque Boîteux ou Histoires de Soldats de Koffi Kwahulé

Conception, mise en scène : Adama Diop

Film d'animation : Rachid Bouchareb

avec Pierre-François Garel, Jonathan Manzambi, Gina Ndjemba, Aymeric Rouillard, Elmano Sancho, Maud Wyler, Adama Diop.

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photo : Kandida Muhuri

 
Décidément, ce " Français, vous avez la mémoire courte " trouve souvent matière à  illustration. C' est ainsi que lorsque l'on parle en France de l' Empire, on pense immédiatement à Napoléon alors que l'empire colonial français a fait plus que jouer les prolongations.
Nous sommes en 1939, au Sénégal et le film d'animation de Rachid Bouchareb évoquera pour nous cette époque avec un talent qui fait mouche !
Sur le plateau, deux civilisations apparemment aux antipodes l'une de l'autre nous sont montrées. Carabines contre sagaies, uniformes contre corps presque nus.
C'est l'enrôlement sans conditions. L'arrachement manu militari à la mère patrie pour aller en défendre une autre, celle du colonisateur.
Heureusement, l' homme africain conserve un fatalisme et un humour qui vont lui permettre de traverser bon gré mal gré, cette épreuve pourtant cruelle. Il suffit d'un numéro de music-hall pour que la bonne humeur revienne et cette Poupinette est irrésistible !
La parodie de Joséphine Baker s'avère d'une drôlerie qu'un autre spectacle actuellement à l'affiche pourrait lui envier.
Mais n'oublions pas que la guerre fait avant tout des victimes et l'un de nos engagés de force va se retrouver à l' hôpital où peu à peu, il soupirera pour les beaux yeux d'une infirmière ... blanche mais quelle importance ?
Alors, il va la charger d'envoyer une lettre aux siens en enjolivant un peu les faits. On a sa fierté, que diable ! Parlons en précisément de celui-là car notre auteur ne répugne pas à revisiter Faust, ce qui va lui permettre de tourner en dérision l'armée, et tous les honneurs civils et militaires.
Tiens, le général a l'accent algérien. Coïncidence ?
Vous l'avez compris par le biais de cette pièce Koffi Kwahulé nous offre une satire flamboyante de ce que furent et sont peut-être encore les rapports entre Afrique et Occident.
On rit beaucoup car le message est d'une savoureuse et lucide ironie.
Quel dommage que ces Histoires de soldats n'aient pas été programmées plus longtemps. Espérons que nous aurons le loisir de les r
evoir.

Simone Alexandre (www.theatrauteurs.com)

                                                                                                                          -  A suivre ... 

 

BIG SHOOT de Koffi Kwahulé (Editions Théâtrales) 

du 6 au 9 mai 2008 à 21h. 

Théâtre/Marionnettes

Mise en scène de Lélio Plotton

avec : Adrien Béal et Solène Briquet.

 

Théâtre et vidéo. C'est à la mode depuis quelques temps mais le plus souvent l'utilisation de l'une cherche à masquer les manques de l'autre sans tout à fait y parvenir. Un homme ici s'attaque à ce qui deviendra son double, petite marionnette  en papier mâché qu'il manipule, insulte, malmène. On se surprend brusquement à regretter que le comédien ne soit pas ventriloque et puis un personnage féminin vient prendre le relais en un nouveau dédoublement.
Le public assez jeune a l'air d'apprécier comme s'il était initié à certains codes, reléguant les autres au rôle inattendu de " has been." Les critères d'appréciation changent très vite au théâtre et l'assiduité n'y fait rien, la révolution y étant permanente.
Par conséquent, allez sur place forger votre propre opinion mais faites vite car le spectacle ne dure que quelques jours. 

S.A (Theatrauteurs) 

 

19:47 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/04/2008

Cinq hommes de Daniel Keene

THEATRE de la TEMPETE

Cartoucherie de Vincennes

Route du Champ-de-Manoeuvre

75012 PARIS

Tél. 01 43 28 36 36

Pl. 18/13/10€

mercredi, tarif unique : 10€

Du mardi au samedi à 20h.

Dimanche à 16h.30 (relâche le lundi)

Du : 25 AVRIL au 25 MAI 2008 

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Texte français : Séverine Magois (Editions Théâtrales)

mise en scène : Robert Bouvier

avec Antonio Buil (Paco) - Dorin Dragos (Luca) - Abder Ouldhaddi (Larbi) - Boubacar Samb (Diatta) - Bartek Sozanski (Janusz) 

Avant de parler de la pièce et des interprètes, il faut tout d'abord rendre hommage au scénographe  - Xavier Hool - dont l'impressionnante réalisation est mise en valeur par les lumières de Laurent Junod. Grâce à eux, nous sommes happés par ce qui nous est donné à voir, nous ne sommes plus au théâtre mais dans l'action, partageant l'existence de ces hommes comme si nous étions de plein pied avec eux.
Au gré des reliefs réels ou fictifs, que de scènes mythologiques n'ai-je crû entrevoir sur ce mur, exactement comme lorsque couché dans l'herbe nous regardons le ciel  dont les nuages sculptent des figures à l'infini ...
Or, les personnages sont bien là, portés par des comédiens tous aussi attachants les uns que les autres. Cinq hommes venus d'univers différents porteurs de civilisations étrangères, réunis par ce que nous nommerons la cruelle nécessité, accomplissant un travail fastidieux, illustrant ainsi la grandeur de l'homme qui paradoxalement est anobli par un travail que d'aucuns jugent avilissant.
Larbi (Abder Ouldhaddi) a en poche cette photo au nom de laquelle il accomplit tous ces efforts avec l'espoir de rentrer un jour au pays pour serrer enfin, ce fils sur son coeur.
Diatta (Boubacar Samb) écrit dans un petit cahier, non un journal mais des histoires pour enfants prolongeant ainsi cette ancestrale tradition  qui fit les conteurs africains.
Janusz (Bartek Sozanski) contemple souvent le ciel, les étoiles et prie sans le savoir, en dormant.
Luca (Dorin Dragos) a pour idéal le sport, les femmes et l'alcool pour lesquels son salaire peut disparaître en un jour.
Et puis Paco et son physique d'homme viril, fier de ses mains calleuses dont on devine qu'il a dû faire la guerre d' Espagne ou une autre mais refuse d'en parler.
Daniel Keene fournit à ses personnages une dimension métaphysique alors que son indépendance d'esprit fait dire à  l'un d'entre eux : " Dieu ? ... je lui accorde le bénéfice du doute "   prier étant parler avec quelqu'un qui n'est pas là.
C'est donc un texte fort qu'il nous est permis d'entendre, porté par des comédiens remarquables, autrement dit une pièce à ne surtout pas laisser passer.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

09:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Trois semaines après le paradis d' Israël Horovitz

Théâtre PETIT HEBERTOT

78 bis, boulevard des Batignolles

75017 PARIS

Métro : Rome - Villiers

Réserv. 01 43 87 23 23

Places : 22/15 & 10€ 

Du mercredi au samedi à 21h.

Du mercredi 19 mars au jeudi 8 mai 2008 

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Traduction : Jean-Paul Alègre et Nathalie Gouillon (texte édité à l'Avant-Scène Théâtre)

Mise en scène : Ladislas Chollat

avec Daniel San Pedro

Décor : Jean-François Servigne

Lumières : Alban Sauvé. 

Que n'a t-on dit ou écrit sur le 11 septembre ! ... Il n'est même plus utile de préciser l'année tant tout le monde sait de laquelle on parle. Pourtant, il y eut un autre 11 septembre tout aussi célèbre avant, non ? ... Il se trouve éclipsé par celui-ci.
C'est même ainsi que l'on écrit l' Histoire : cette succession de dates rivalisant au fil du temps. Ceux qui ont vécu un drame de près ne peuvent oublier. Le film repasse en boucle dans leur tête et d'évidence, Israël Horovitz est de ceux là.
" - Et maintenant, je suis un papa irakien, un papa israélien, un papa afghan ... et je connais la terreur abjecte. " avouera t-il.
Ce ne sont pas de simples mots mis bout à bout dans le but d'écrire une pièce de plus. Le vécu, le ressenti présentent des accents qui ne trompent pas.
Sur scène, la lumière nous agresse comme des éclairs de flash et c'est bien de cela dont il s'agit, des flash ... back.
Le personnage qui s'agite sous nos yeux s'en est sorti et pourrait presque se prendre pour Super-Man tant le miracle reste incroyable ! On évalue à 6000 le nombre de disparus, dont les corps ont été ensevelis à jamais sous des tonnes d'acier et de béton. Mais surtout, pour lui, le plus important est ce fils pour lequel il a tremblé, submergé par une angoisse indescriptible et dont il le sait,  les séquelles ne disparaîtront jamais. Il faudra désormais vivre avec.
Le comédien, Daniel San Pedro exprime tout cela en utilisant chaque fibre de son être. La situation l'investit sans restriction : corps et âme et toute son énergie passe par ce texte. Les images ont pourtant envahi nos écrans ad nauseam mais personne encore n'avait  exprimé avec une telle force et une telle humanité ces moments apocalyptiques que l'auteur désigne pudiquement par " dépression de fin du monde "  Car presque incroyablement, ce texte ne véhicule aucune haine à l'encontre de ceux qui firent cela. Il constate juste qu'avant c'était le Paradis puisque l'homme pouvait librement se livrer à l'insouciance et à la tranquillité ...
Ne vous laissez surtout pas rebuter par le thème, allez voir ce magnifitique comédien, écouter ce texte, témoignage d'un être humain, profondément humain, tout simplement.

Simone Alexandre.

www.theatrauteurs.com

09:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent