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01/10/2008

" Elle t'attend " de Florian Zeller

Théâtre de la Madeleine

19, rue de Surène 75008 PARIS

(M° Madeleine)

aff.Zeller.jpg

loc. 01 42 65 07 09

Pl. de 15 à 50€

-26 ans : 10€ les mardi, mercredi & jeudi.

www.theatremadeleine.com

Du mardi au samedi à 21h.

mat.suppl. samedi à 18h.30

dimanche à 15h.

jusqu'au 31 décembre 2008.

Mise en scène de l'auteur.

avec : Laetitia CASTA (Anna) - Bruno TODESCHINI (Simon)

Nicolas VAUDE (le frère) - Michèle MORETTI (la mère)

Thierry BOSC (le père) - Magali WOCH (la soeur)

Stanislas KEMPER (le gendarme).

 

Y aurait-il en chaque homme un Ulysse qui sommeille ? ...
(Avouez que c'est plus valorisant que l'expression habituelle)
N'allez surtout pas croire que Florian Zeller nous offre ici un remake de l'Odyssée version 2008 que nenni ! C'est juste une référence qu'un frère jaloux utilisera pour tenter (vainement) d'ouvrir les yeux de celle qu'il aime presque au delà des limites permises ...

Nous sommes en Corse, la chaleur est insupportable et les sentiments encore plus. Laetitia Casta en moderne Pénélope détricote les dernières heures de son histoire, ce sentiment qui la liait à un homme marié qu'elle a cru un temps pouvoir accaparer.

Dès le départ, on ressent le malaise qui habite l'élu qu'Anna a décidé de présenter à sa famille alors que leur liaison n'a que 3 mois d'existence.
Nous comprendrons que ce n'est pas la première fois qu'elle effectue semblable démarche qui toutes bien évidemment ont avorté.

On n'accède pas à la victoire avec un sentiment d'échec inéluctable or celle ci en dépit de sa jeunesse et de sa beauté se considère un peu comme une ratée de l'amour, elle précisera même que c'est de famille ...

D'évidence Simon ainsi piégé manque d'air. Il choisira donc d'effectuer une excursion en solo dans la montagne, dès le petit matin mais c'est promis, il va revenir ... C'est promis ? Non, c'est même là que le bât blesse car l'auteur par le biais de nombreux flash-back s'amuse à brouiller les pistes ...
Nous assistons alors aux affres d'Anna, à la sollicitude un peu cynique de son frère, aux efforts persuasifs de la mère tandis que le père éperdu lutte contre un Alzheimer galopant, la soeur hélas n'est qu'une silhouette ou peu s'en faut.
Du théâtre-introspection qui va son petit bonhomme de chemin cahin-caha car il ne se passe pas grand chose, le héros ayant pris la fuite ...
Il n'en demeure pas moins que Nicolas Vaude campe brillamment ce personnage de frère aussi attentif que désabusé, que le couple de parents constitué par Michèle Moretti et Thierry Bosc est irréprochable.

Leur expérience à l'un et à l'autre donne une consistance à des rôles qui ne sont qu'esquissés ...
Bruno Todeschini a l'air de sérieusement s'ennuyer mais nous ne doutons pas un seul instant que son personnage en soit seul responsable.
Quant à Laetitia Casta et sans aller jusqu'à dire qu'elle a la beauté des roses du Bengale ... son angoisse n'est pas absolument communicative mais peut-être est-ce la raison pour laquelle Anna ne retient pas les hommes, tout simplement ? Gardons nous par conséquent de toute conclusion hâtive. Stanislas Kemper en gendarme subtil (preuve que cela peut exister) est très, très bien.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

13:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/09/2008

PALATINE, adaptation : Jean-Claude SEGUIN

THEATRE de NESLE

Palatine.jpg

8, rue de Nesle 75006 PARIS

(M° Odéon ou Pont-Neuf)

Loc. 01 46 34 61 04

Du 1er Octobre au 27 Décembre 2008

du mercredi au samedi à 19h.30

Mise en scène de Jean-Claude SEGUIN

avec : Marie GRUDZINSKI.

d'après la correspondance de Charlotte-Elisabeth de BAVIERE (1652-1722)

 

Quand on pense au personnage de La Palatine, on se demande pourquoi Marie Marquet ne l'a pas joué. C'était alors presque du sur mesure ! ...
Il est vrai qu'à l'époque, on n'adaptait pas les textes, les comédiens jouant exclusivement des pièces écrites directement pour le théâtre.
Sacrée virago épistolaire que cette femme là qui n'écrivit pas moins de 60.000 lettres rédigées le plus souvent en un langage de charretier.
Mariée à Monsieur, frère du roi lequel lui préférait visiblement ses mignons, le couple fit chambre à part d'un commun accord dès la troisième naissance et la dame acquit rapidement un sérieux embonpoint qu'elle n'hésitait pas à commenter elle-même de sa verve habituelle.
Marie Grudzinski n'a certes rien d'un monstre et l'illusion physique sera entretenue avec force tissus et autre ajouts d'étoffe, la mode en vigueur à la Cour du Roi Soleil s'y prêtant de façon opportune, la perruque faisant le reste.
C'est à la chronique d'une époque que nous sommes conviés, narrée en un style percutant qui devait faire dire à ses contemporains que Madame ne mâchait point ses mots. Une pointe d'accent teutonique apporte du relief aux commentaires de ce dragon-femelle. C'est là peut-être que pour la véracité de l' Histoire, le bât blesse légèrement, la comédienne par tempérament sans doute, polissant inconsciemment le discours. Disons qu'elle fait passer du velours là où l'on s'attendait à trouver des chevaux de frise et au lieu d'une affreuse mégère, nous découvrons une femme de caractère (tout simplement) qui nomme un chat, un chat ce qui devait être assez surprenant à l'époque. Le texte dans toute sa verdeur fait mouche en direction du public et devrait rencontrer un écho, les monologues à portée historique n'étant pas légion.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photo, Alexandre FAY)

La-Palatine.jpg

24/09/2008

Paula Spencer, la femme qui se cognait dans les portes de Roddy Doyle

Théâtre de la Tempête

Cartoucherie de Vincennes

route du Champ-de-Manoeuvre 75012 PARIS

Réserv. 01 43 28 36 36

Du 16 au 28 septembre 2008 à 20h.30

Dimanche à 16h.30 - relâche le lundi.

lafemme.jpg

Adaptation et mise en scène : Michel Abécassis

avec Olwen Fouéré.

 

Dans le noir, introduction musicale puis une voix s'élève lourde de pathos, forte et pleine, amplifiée inutilement par un micro et le personnage apparaît, une petite femme aux longs cheveux platine, un visage aux méplats immenses qui captent la lumière, une lionne drapée dans un manteau de misère, fourrure dérisoire choisie un jour de défi. Le sort n'est pas tendre avec certains êtres et celle là en fait partie.
Paula Spencer tomba un jour amoureuse d'un voyou avec toute la violence de sentiment dont elle était capable. Rien ne pouvait la détacher de lui, pas même les coups qu'il ne tarda pas à lui dispenser généreusement. Fière, elle continuait à prétendre qu'elle s'était cognée. Comme l'homme était alcoolique, elle l'accompagna dans sa déchéance. Ne fallait-il pas cela pour supporter ? Maintenant elle raconte, sans rancune et sans haine car c'était sa vie. Un jour elle s'est rebellée et son tortionnaire a eu droit à quelques coups de poêle à frire ... On ne pousse pas éternellement dans ses retranchements une femme qui a ce tempérament là ! Maintenant c'est fini, l'homme est mort et elle ne boit plus mais on imagine quelle lutte fut la sienne afin de remonter la pente pour en parler ainsi avec humour.
Olwen Fouéré allume une cigarette, s'assied à califourchon sur une chaise, évoque cette rencontre qu'elle vient de faire et s'amuse à évoquer les circonstances qui ont placé ce nouvel homme sur son chemin ...
La comédienne a une présence scénique incroyable et l'on se sent brusquement orphelins quand elle part.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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reprise au Théâtre des Bouffes du Nord, Paris

du 12 au 15 novembre 2008 à 18h.30 (Tél. 01 46 07 34 50)

12:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent