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21/05/2008

JAZ de Koffi Kwahulé

LAVOIR MODERNE PARISIEN

35, rue Léon  - 75018 PARIS

(M° Château Rouge) 

Loc. 01 42 52 09 14

Pl. 15 & 10€ (TR) 

Du : 20 au 23 mai 2008 à 21h.

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Le viol semble être un thème récurrent dans l'oeuvre de Koffi Kwahulé et d'aucuns (les femmes surtout) pourront s'en déclarer dérangés. L'évocation de certaines images est difficile à supporter. Ici " pour renfort de potage " l'auteur a recours à la scatologie. On peut ne pas apprécier. Eternel débat entre ceux qui estiment que l'espace scénique est le lieu transcendantal par excellence et les autres qui le transforment en arène sacrificielle mettant en lumière toute la déchéance humaine.
Jaz est à l'origine un monologue de femme qui raconte la violence de l'existence.
Il arrive que l'on se demande pourquoi les mésaventures tombent sur certaines tandis que d'autres sont épargnées. L'auteur semble vouloir trancher la question en précisant : " De même qu' il y a des têtes à claques, il y a des femmes à viol "
Laissons lui la responsabilité de ses dires ... Il faudrait surtout que la notion de viol ne surgisse pas en certaines têtes ! Il est vrai qu'en temps de paix, cet acte reste fort heureusement marginal mais les pays en guerre nous le savons, ont toujours recours aux antiques barbaries. (pillage, viol, tout ce qui est exécrable dans la nature humaine peut alors s'exprimer !) C'est à désespérer de l'évolution au fil des siècles. Jaz vit dans un immeuble surpeuplé où les latrines débordent. La métaphore est cruellement expressive et résume bien les conditions de vie auxquelles certains sont confrontés. De tout temps, pour échapper au sordide de la vie, les humains ont construits des temples, églises ou autres lieux de purification.
Ici, il n'y a qu'une sanisette située poétiquement Place Bleu de Chine, dernier hommage rendu à l'empereur Vespasien puisque vues sur un certain angle, toutes les civilisations se valent. Ce sera l'autel du sacrifice perpétré par cet homme " au regard de Christ " mais au dard de scorpion.
Trois jeunes comédiennes et un saxophoniste vont nous raconter de façon hachurée cette mésaventure au rythme haletant. La musique sera interrompue en plein vol par le verbe et ce dernier devra à nouveau se taire quand elle reprendra.
Cette contemporaine tragédie trouvera sa logique conclusion que je vous laisse bien entendu découvrir. Si le coeur vous en dit, faites vite alors car le spectacle n'est programmé en ce lieu que du 20 au 23 ...


Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:56 Publié dans THEATRE | Lien permanent

17/05/2008

Le plus heureux des trois de Eugène Labiche.

THEATRE MOUFFETARD

73, rue Mouffetard

75005 PARIS

(M° Place Monge)

Loc. 01 43 31 11 99

Pl. 22€, TR : 15€

Du mercredi au vendredi à 20h.30

Samedi à 17h. & 21h.

Dimanche à 15h.

Du 14 mai au 28 juin 2008. 

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Mise en scène : David Friszman.

avec Aurélie Bargème, Emma Darmon, Frédéric d'Elia, Salvatore Ingoglia, Arnaud Maudeux, Delphine Rivière, Cédric Tuffier. 

Costumes, décor et lumières : Mattéo Porcus

Son et adaptations musicales : Jean-Christophe Dumoitier 

 

Nous découvrons un décor d'une kitcherie pour le moins étonnante : tentures vert turquoise et canapé saumon à la forme évocatrice ...
Si l'on ne savait déjà que Labiche est l'auteur, on pourrait supposer que l'on va découvrir l'adaptation d'un roman paru dans la collection Harlequin.
Au mur, une tête de cervidé femelle (histoire de doser l'allusion, sans doute ?) Nous constaterons plus tard que c'est la face visible d'un iceberg qui a pour nom boite-à-lettres, d'autant qu'iceberg, c'est vite dit, même si certains messages vont en refroidir certains.
Les costumes aussi sont bariolés et la soubrette Pétunia (Emma Darmon) arbore une coiffure en feu d'artifice ! Le mari, Marjavel (Salvatore Ingoglia) a décidément la tête de l'emploi et s'impatiente parce que Ernest, son meilleur ami (Frédéric d'Elia) mais surtout celui de sa femme Hermance (Aurélie Bargème) est en retard.
" Ah ! combien perfides sont les femmes " entonneront ils lors de l'un de ces intermèdes musicaux dont l'anachronisme le dispute parfois au grivois du contenu.
 En fait, Marjavel est un veuf remarié comme l'atteste le double portrait pivotant, côté cour.
Chez les bourgeois de Labiche les allées et venues sont fréquentes et les remplacements constants, sinon on s'ennuierait  et c'est ici formellement interdit !
Madame a un amant mais son mari est volage et la nouvelle domestique Lisbeth (Delphine Rivière) lui a tapé dans l'oeil, comme on dit. L'époux de cette dernière, le  roué Krampach (Arnaud Maudeux) est aux prises avec un hanneton venu se loger dans sa culotte à pont.
L'ancien amant de la première maîtresse de céans Jobelin (Cédric Tuffier) est inconsolable et pour parfaire le tout, les conducteurs de fiacre s'adonnent au chantage. Au moins un, en tous cas ! On ne le verra pas mais il sera souvent question de lui.
Sachez que Delphine Rivière est également la jeune et jolie Berthe amoureuse de l'amant de madame. Que de complications allez vous dire ? Eh ! oui, nous sommes venus pour cela, non ? Ce que beaucoup n'osent faire dans la vie est contemplé au théâtre en une salutaire compensation. Or, le climat est joyeux, les situations savoureusement scabreuses et pour assumer, ça, les comédiens assument !
Voilà par conséquent une bien belle soirée en perspective ...

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

  

10:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/05/2008

Ne disons pas au jour les secrets de la nuit

THEATRE de NESLE

8, rue de Nesle

75006 PARIS

(M° Odéon)

Loc. 01 46 34 61 04

Pl. 20€ TR : 15/12€ 

Du mercredi au samedi à 21h. (sauf le 21 juin) 

Du 14 mai au 28 juin 2008. 

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Adaptation de Dominique MARNY et Jean-Paul GOUREVITCH d'après leur roman publié aux Presses de la Renaissance.

Mise en scène et décor : Jean-Pierre NORTEL

avec Marion DUBOS (Claire) et Olivier GALFIONE (Serge) 

Une maison située à proximité de la mer dont on perçoit le bruit des vagues.
Le vent souffle en tempête et précisément une radio locale recommande la prudence.  Un appel téléphonique annonce à Claire l'arrivée d' un visiteur censé lui apporter un message urgent. Elle avait pourtant prévu de rester seule mais son interlocuteur insiste. Brusque coupure d'électricité ! Apparemment aucune bougie ni allumettes, elle restera donc dans le noir et peu à peu, bercée par le vent, ne tardera pas à s'assoupir.
Coups redoublés à la porte ! Un grand gaillard fait son apparition. Comment le laisser dehors par un temps pareil et puis sa visite n'était-elle pas annoncée ?
Or il y a maldonne, ce visiteur n'étant pas celui qui était attendu et voilà qu'elle l'a accueilli avec un surcroît d'amabilité, lui offrant même à boire ! ...
Quand elle réalise la situation, vague angoisse, vite dissipée alcool aidant.
 Il n'y a plus de chauffage, ils sont coincés là, tous les deux, rien à manger et dehors, la tempête fait rage.
Nos deux interlocuteurs apprennent à se connaître, les confidences feront le reste. Le trouble peu à peu, s'installe ...
Petit jeu du chat et de la souris qui durera la nuit durant.
Seul reproche mais dois-je l'adresser aux comédiens ou à moi car je suis sans nul doute allée voir la pièce un peu trop tôt ? (la seconde représentation est généralement évitée par les professionnels).
L'éclairage ne laissait pas supposer que les personnages n'y voyaient goutte, ce qui enlevait un peu de crédibilité à la situation. La mer est brusquement devenue silencieuse, le vent ne s'est plus fait entendre rendant aléatoire la présence prolongée du visiteur en ces lieux.
Je chipote allez-vous dire ? Sans doute, mais dans un huis-clos le plus petit détail a de l'importance.
Nos deux tourtereaux d'une nuit vont additionner vin rouge et vodka et si l'on peut concevoir qu'un homme en pleine force de l'âge tienne le coup, on se serait attendu à ce que sa compagne ait en revanche une élocution quelque peu pâteuse or il n'en fut rien.
Une maladresse, il se coupe et sans chercher (n'oublions pas que nous sommes dans le noir), elle trouve aussitôt le pansement !
(Il est vrai qu'elle est fleuriste et que les roses piquent comme chacun sait alors tel le compositeur qui peuple de partitions son appartement, parsème t-elle, peut-être, le lieu de petits bouts de sparadrap ?) 
Tous ces petits détails ont la fâcheuse tendance à rendre la situation improbable. Mais ne doutons pas que le metteur en scène va " resserrer les boulons " - comme on dit - et que dans quelques jours, il n'y paraîtra plus.
Ils sont jeunes, beaux l'un et l'autre, le spectateur peut donc aisément se projeter dans cet épisode romanesque au possible, par conséquent lorsque la pièce aura trouvé son rythme de croisière, ne doutons pas que beaucoup seront ravis de partager ces instants avec eux.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

22:43 Publié dans THEATRE | Lien permanent