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18/11/2008

Bastringue de : Alexis Ragougneau

Théâtre de l'Etoile du Nord

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16, rue Georgette Agutte 75018 PARIS

Métro : Guy Moquet

Loc. 01 42 26 47 47

contact@etoiledunord-theatre.com

Pl. : 19, 14, 10 & 8€

mardi, mercredi, vendredi à 20h.30

jeudi à 19h.30

samedi à 16h & 19h.30

jusqu'au 6 décembre 2008.

Mise en scène : Frédéric Ozier.

avec : Emilie Patry, Antoine Cholet, Benoît Costa, Frédéric Jessua, Aurélien Osinski, Alexis Ragougneau, Sébastien Rajon, Grégory Veux.

 

Le premier que l'on découvre est le pianiste mais la pièce, elle, commencera dans le noir. Mise en condition irritante car un peu trop longue, penseront certains, avant de découvrir la tranchée dans laquelle se trouvent trois soldats affamés, la peur au ventre.
Nous sommes en 1917, l'année des mutineries, celle où nos poilus commençaient à se poser de bien dangereuses questions ...
Un colonel aussi ridicule que tyrannique ne tardera pas à apparaître, à la recherche de sa mascotte et trouvant que ces trois là ne sentent vraiment pas bon, va cruellement précipiter les événements.
Scènes burlesques or que peut-on opposer à la guerre sinon un humour meurtrier ? ...
Un seul des trois restera en vie, un beau blond que l'on avait surnommé " Gueule d'Amour " et que l'on peut nommer désormais : Gueule d' Horreur.
Un chirurgien aussi immodeste que criminel va parachever l'oeuvre du Destin.
Une fraulein-infirmière chante une berceuse à la victime ...
Deux autres cobayes sont là pour témoigner de l'acharnement du sort. 
Le climat est toujours à l'horreur et à la dérision.
Menée tambour battant, la pièce commence avec un maximum d'efficacité puis peu à peu, les situations s'ajoutant les unes aux autres, le spectateur finit par avoir le tournis. C'est un effréné zapping ! De même que les comédiens changent constamment de peau, (sauf la malheureuse victime), les spectateurs sont ballottés de situation en situation toutes plus excessives les unes que les autres.
A trop vouloir prouver, auteur et metteur en scène jouent les scorpions, Il eut suffi d'un peu plus de sobriété et de rigueur pour que cela soit très bien. On a beau se répéter que " qui peut le plus, peut le moins " le spectacle se révèle assez foutraque. Pourtant, les idées foisonnent et la pièce est une mine d'or pour les comédiens, seulement, voilà ! ...


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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14:59 Publié dans THEATRE | Lien permanent

La Cagnotte d'Eugène Labiche

THEATRE DES QUARTIERS D'IVRY-ANTOINE VITEZ

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1, rue Simon Dereure (94) IVRY

M° Mairie d'Ivry ou

RER C, station : Ivry-sur-Seine

Loc. 01 43 90 11 11

www.theatre-quartiers-ivry.com

Pl. 19, 12 & 9€

Mardi, mercredi, vendredi & samedi à 20h.

Jeudi à 19h. & dimanche à 16h.

Jusqu'au : 3 décembre 2008.

Mise en scène : Adel Hakim

avec : Maryse Aubert, Thierry Barèges, Isabelle Cagnat, Etienne Coquereau, Jean-Charles Delaume, Malik Faraoun, Serge Gaborieau, Nigel Hollidge, François Raffenaud et Prunella Rivière.

Durée du spectacle : 2h.10 sans entracte.


Labiche qui bien que né et mort à Paris, nous décrit mieux que quiconque, les moeurs des provinciaux qui ont longtemps économisé dans le but d'aller dépenser leur argent, d'un coup, d'un seul dans la capitale, imitant en cela la démarche des papillons qui viennent se brûler les ailes sur la flamme qui les hypnotise.
Ne venez pas dire que cela ne se fait plus car il en existe encore. J'en connais. Certes, celui que l'on surnomma " l'auteur le plus gai du XIXème siècle " ne brille pas par la finesse psychologique de ses personnages mais par contre, son sens de l'observation compense largement ce léger défaut; ajoutez à cela le rythme enlevé de l'écriture et le caractère inventif des situations. (s'il n'est pas psychanalyste du moins est-il peintre de talent !)
Avant que la petite boite à écran soit inventée, les soirées se passaient souvent à jouer aux cartes. Les hommes se réunissaient alors autour d'une table tandis que les femmes brodaient. Ici, fantaisie d'auteur, l'une d'elles invente d'agréables figures chorégraphiques créant ainsi un spectacle à domicile. Et puis, c'est moins banal qu'un massacre au piano agrémenté d'une voix de crécelle comme cela arrivait parfois. Pas ici car ils chantent tous bien et parfois même à ravir.
Or cette assemblée de petits bourgeois ne mise pas seulement en utilisant des boutons de culottes et peu à peu un petit pécule s'est constitué. Ajoutez à cela une rage de dents que seul le maréchal-ferrant soigne sur place (l'action se déroulant à la Ferté-sous-Jouarre) et vous comprendrez que l'attrait de la capitale soit si grand.
Ils vont donc tous s'embarquer en une folle équipée qui leur vaudra quelques déboires et leur coûtera beaucoup plus qu'il n'était prévu. Nous allons assister à leur apprentissage collectif de la vie.
Le décor est ingénieusement mouvant, costumes et coiffures d'une drôlerie à toute épreuve et les comédiens incarnent avec brio tous ces personnages à un rythme trépidant. (Là où Adel Hakim passe ... ennui et lenteur trépassent)
Le public est ravi de constater que ce répertoire bien traité n'est pas passé de mode. Par conséquent, vous savez ce qu'il vous reste à faire ... Inutile de vous souhaiter une bonne soirée car c'est gagné d'avance !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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11:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/11/2008

Lettres à l'Humanité de José Pliya

THEATRE du LUCERNAIRE

53, rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS

M° N.Dame des Champs

Loc. 01 45 44 57 34

& sur www.lucernaire.fr

Du mardi au samedi à 19h. sauf les 25/XII & 1er/1 -

Jusqu'au : 3 Janvier 2009.

Mise en scène : Sophie Akrich

avec : Paulin Fodouop, Isabelle Fruchart et Jean-Pierre Becker.

Scénograhie et lumières : Erwan Creff.

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Afin de créer la parenthèse destinée à désamorcer la gravité du propos, le spectacle commence par une plaisanterie avec cette petite histoire juive qui nous amène à sourire ...

Il s'agira ensuite de lettres, rédigées sous forme de requêtes, écrites par des anonymes dans l'espoir d'obtenir satisfaction.
Un soldat a fait le mur pour se donner du bon temps. Le fait en soi n'est pas très grave mais quand on est militaire ... la faute pèse son poids  et là, pour avoir rêvé de liberté, on risque bien de se retrouver " au trou " comme on dit voire être fusillé comme déserteur en temps de guerre.
A part le sexe, il est des lieux où les distractions ne sont pas nombreuses et que ne ferait-on pour se sentir vivre, un peu ?
Trois comédiens, deux hommes et une femme nous évoquent ces parcelles de vie, que nous livrent ces lettres écrites il y a bien longtemps et qui font revivre pour nous ceux qui ont tracé ces lignes ...
Pour évoquer le sort que les événements leur a fait subir, il y a ce témoignage écrit par un tirailleur sénégalais, victime impuissante du colonialisme, ce couple évoqué qui a pour nom Michael et Eva, en ces périodes tourmentées de l' Histoire, celle qui s'inscrit dans la mémoire avec un grand H par respect rétrospectif pour les victimes.
Le tirailleur s'adresse au Maréchal Pétain, le juif d'Ethiopie écrit à Ben Gourion et chaque fois, on comprend que la demande correspond à un ultime espoir, évoqué en toute sincérité avec un maximum de naïveté, celle de ceux qui ont osé lever les yeux en direction de ce qui les domine.
Une blonde aryenne admirative et néanmoins victime, interpelle Hitler au nom de ses enfants dont elle est séparée ... Chaque fois, bien sûr, le " vous " ostentatoire et respectueux est utilisé. Pour mettre en valeur ces témoignages dont les conséquences ne sont pas révolues, la sobriété était de mise.
En fond de scène, côté jardin, un stock de cartons empilés comme des valises dépourvues de poignées car désormais fixés par le temps, évoque symboliquement toutes ces lettres conservées par les familles, que l'on ose à peine toucher mais que l'on conserve jalousement.
Du même côté, sur le mur un écran destiné à recueillir quelques projections afin que l'expression d'un visage s'impose au spectateur par le biais d'un premier plan. N'oublions pas que désormais les faits s'impriment ainsi dans les mémoires.
Une mention spéciale pour Jean-Pierre Becker dont la drôlerie et la richesse d'expression se démultiplient au gré des personnages successifs.
Grâce à lui et à ses partenaires, nous visitons ces temps tourmentés sans indignation ni écoeurement mais non sans réflexion car ils nous ont permis de nous imprégner de ces expériences que d'autres ont vécues et qui doivent nous être profitables ...


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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10:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent