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15/06/2017

Le Shaga de Marguerite DURAS

La saison théâtrale se termine et en prévision du festival d'Avignon, quelques pièces se donnent en avant-première sur les scènes parisiennes. Heureuse initiative allez-vous dire ? …

Oui et non car en cette époque où tout va trop vite, les spectacles se rodent non en répétitions comme ce fut le cas jadis ( il y a bien longtemps ) mais au fil des représentations.



Shaga-199.pngOn ne saurait toutefois faire ce reproche à Hervine de Boot, durassienne convaincue qui nous propose une pièce atypique de cet(te) auteur(e) " Le Shaga " dont le langage pour le moins décalé aurait tendance à nous faire dire que dame Marguerite n'était certes pas à jeun quand elle a écrit cela !



Trois personnes dans une cour d'asile, ( deux femmes et un homme ) tentent de communiquer. Chacun traîne derrière lui un vécu malheureux, des expériences ratées et un délire envahissant.



Les personnages seront désignés par une simple initiale.

A - (Catherine Giron) est une femme mûre un peu fêlée qui eut un jour l'idée de s'offrir un lion. Imaginez les complications qui suivirent …

H - l'homme bien sûr - est interprété par Antoine Sastre qui nous fait don ici d'une belle palette d'expressions.

Lui est hanté par une sorte d'oiseau bleu, qui semble lui avoir fait perdre ses repères. Depuis, il erre un bidon d'essence à la main qu'il ne risque pas de remplir puisque le récipient est troué.

B - alias Hervine de Boot danse et chante pieds nus ce langage étrange qui se nomme Le Shaga que très curieusement A comprend puisqu'elle le traduit à l'homme éperdu qui en frisonne dans son beau costume blanc. ( plus seyant que le jaune sans aucun doute )

 

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La mise en scène est enlevée, le texte curieux bien sûr et le spectacle devrait en intéresser plus d'un.

La pièce est programmée dans le OFF tous les jours à 11h15 ( mardi exclu ) du 7 au 30 juillet au Théâtre des Barriques 8, rue Ledru-Rollin à AVIGNON -
Réservations : 04 13 66 36 52

 

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( photos : Alexandre Normand )




Simone Alexandre

 

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11:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

A 90 DEGRES de Frédérique KEDDARI-DEVISME

 

Le Théâtre de Belleville situé 94 rue du faubourg du Temple nous présentait les 12 & 13 Juin en avant-première,

 

" A 90 DEGRES " de Frédérique KEDDARI-DEVISME dans une mise en scène de l'auteur.

 

CREATION 2017 - Durée : 1h10

 

" Il y a des êtres que j'envie pour qui vivre est une évidence. Les salops "

 

Frédérique Kaddari-Devisme

 

 

a 90 degres - © Frédéric Benoist-9.jpg




Elizabeth Mazev, seule en scène, sans un poil de maquillage, loge son personnage désorienté dans un informe pyjama bleu à rayures évoquant ainsi son état de prisonnière de l'addiction.

Au début, il faut presque tendre l'oreille pour capter ce qu'elle dit de ce ton monocorde d'où surgit brusquement un mot auquel elle a décidé de donner une valeur inattendue et qui se détache de ces phrases laissées en suspens.

Le décor est sobre, un lit, deux chaises et une petite table, jusqu'à ce que les plumes du traversin éventré se confondent avec les nombreuses petites bouteilles, sur le sol étalées.

Cette  femme rompue ( comme aurait dit Simone de Beauvoir) expliquera que " pour retrouver quelque couleur, elle s'est saoulé le coeur " - La formule est poétique mais la constatation de son état l'est moins.

Le personnage nous offre ici l'explication de sa déchéance ou du moins tente de l'expliquer. Car ce qu'elle nous raconte, son beau rêve d'amour raté, n'est pas l'histoire de Roméo et Juliette mais celle de Marthe et Christophe " mis en bouteille à la propriété " ajoute t'elle avec dérision.

Brusquement tout est devenu trop lourd pour cette femme aimante, à la vie tranquille. Le sourire de son compagnon a brusquement disparu, prémisses de la solitude qui allait lui tomber dessus comme une chape de plomb.


Dans " Vladimir ou le vol arrêté " Marina Vlady avait dépeint avec un réalisme effrayant l'enfer qui se met en place dans un couple quand l'un des deux est arrivé au point de traquer l'alcool à 90° jusque sur les étagères de la pharmacie ...

Après un incident un peu plus grave que les autres, une cure de désintoxication sera décrétée mais que peuvent quinze malheureux jours de sevrage quand tout l'organisme fut de la sorte imprégné, a gardé en mémoire ce qui a préexisté ?

Le monologue finira sur une note d'espoir confirmé par la pimpante tenue rouge de l'interprète, cette couleur étant comme chacun sait synonyme de bonheur et de chance ( en Chine ) et on sort de là en se disant que si notre héroïne parvient à remplacer l'alcool par le thé, elle sera sauvée.


Le spectacle est programmé dans le cadre du festival Off d'Avignon au Théâtre des Halles, rue du Roi René chaque jour à 11h. sauf les 10, 17 & 24 Juillet.

Bon festival ! 


Simone Alexandre

 

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10:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/06/2017

CONTAGION de François BEGAUDEAU

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PARIS-VILLETTE

 

211, avenue Jean Jaurès

 

Parc de la Villette

 

75019 PARIS

 

 

 

(M° Porte de Pantin)

 

Tél. 01 40 03 72 23

 

Pl. de 8 à 20€

 

http://www.theatre-paris-villette.fr/

 

DU 6 au 18 JUIN 2017

 

 

du mardi au jeudi à 20h

vendredi 16 à 20h45

samedi à 20h

dimanche à 16h

 

Salle blanche - durée : 1h30

 

 

Mise en scène et costumes : Valérie GRAIL

 

avec Raphaël ALMOSNI et Côme THIEULIN

 

 

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Confiscation de la pensée, faux semblants … nous ne nous appartenons plus.


A force de sur-information, la vérité nous échappe : il devient quasiment impossible de démêler le vrai du faux.

Ne restent que des hypothèses, souvent fallacieuses.
Conséquences : il y a ceux qui gobent tout et ceux qui ne croient plus en rien. Le clivage est flagrant.

Maxime appartient à la génération Y surnommée ainsi à cause de ce cordon qui relie en quasi permanence ceux qui cherchent désespérément à s'informer, les écouteurs aux oreilles, le smartphone en main, déconnectés physiquement du monde réel mais branchés constamment.

 

Le but : se documenter, essayer de comprendre.
Face à cette quasi monomanie, les parents s'inquiètent ... Jadis, le dialogue entre générations était difficile, maintenant il semble impossible.

Stéphane, ami du père et ex-professeur du jeune homme essaie de l'arracher à ses écrans, tente de discuter avec lui. L'intention est louable mais le gouffre évident.

Cette génération n'accepte plus qu'on lui dise ce qu'elle doit faire ou penser et ne manque pas d'arguments !

 

 

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Deuxième séquence.

 

Plus perturbé qu'il ne veut l'avouer, ce même Stéphane a pris rendez-vous avec le rédacteur en chef d'un journal lequel veut l'envoyer sur le terrain. Après tout sa formation d'enseignant devrait lui permettre d'entamer le dialogue, d'enquêter en direction des jeunes de banlieue … Très rapidement cet homme de bonne volonté conclura qu'il ne peut mener à bien cette mission.

 

Second constat d'échec.

Troisième partie du spectacle, un jeune metteur en scène confie un monologue à Stéphane. Dix représentations sont prévues et cela aussi fait partie de notre monde actuel où l'on se contente de prendre ( théoriquement ) les problèmes à bras le corps sans réelle préparation.

François Bégaudeau nous jette en pâture ces situations criantes de vérité. C'est bien là le monde dans lequel nous vivons. Raphaël Almosni est tour à tour l'enseignant, ami de la famille, le postulant auprès du journal et l'apprenti comédien qui comme beaucoup commence par ce qui est le plus difficile dans l'art dramatique, à savoir le monologue.

Côme Thieulin est successivement Maxime, le rédacteur du journal puis l'auteur dramatique qui s'efforce de diriger la mise en scène de son texte.

L'un et l'autre se partagent avec conviction leurs rôles respectifs.

Si vous n'allez au théâtre que pour vous distraire, il est évident que vous vous êtes trompés en choisissant ce spectacle mais si - a contrario - vous aimez vous interroger, cette pièce est pour vous.

Confrontés à ce que l'auteur désigne comme une CONTAGION, ne comptez pas sur lui pour vous fournir l'antidote car c'est à nous de le trouver voire même de l'inventer.



Simone Alexandre

 

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17:13 Publié dans THEATRE | Lien permanent