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10/11/2008

Lettres à l'Humanité de José Pliya

THEATRE du LUCERNAIRE

53, rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS

M° N.Dame des Champs

Loc. 01 45 44 57 34

& sur www.lucernaire.fr

Du mardi au samedi à 19h. sauf les 25/XII & 1er/1 -

Jusqu'au : 3 Janvier 2009.

Mise en scène : Sophie Akrich

avec : Paulin Fodouop, Isabelle Fruchart et Jean-Pierre Becker.

Scénograhie et lumières : Erwan Creff.

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Afin de créer la parenthèse destinée à désamorcer la gravité du propos, le spectacle commence par une plaisanterie avec cette petite histoire juive qui nous amène à sourire ...

Il s'agira ensuite de lettres, rédigées sous forme de requêtes, écrites par des anonymes dans l'espoir d'obtenir satisfaction.
Un soldat a fait le mur pour se donner du bon temps. Le fait en soi n'est pas très grave mais quand on est militaire ... la faute pèse son poids  et là, pour avoir rêvé de liberté, on risque bien de se retrouver " au trou " comme on dit voire être fusillé comme déserteur en temps de guerre.
A part le sexe, il est des lieux où les distractions ne sont pas nombreuses et que ne ferait-on pour se sentir vivre, un peu ?
Trois comédiens, deux hommes et une femme nous évoquent ces parcelles de vie, que nous livrent ces lettres écrites il y a bien longtemps et qui font revivre pour nous ceux qui ont tracé ces lignes ...
Pour évoquer le sort que les événements leur a fait subir, il y a ce témoignage écrit par un tirailleur sénégalais, victime impuissante du colonialisme, ce couple évoqué qui a pour nom Michael et Eva, en ces périodes tourmentées de l' Histoire, celle qui s'inscrit dans la mémoire avec un grand H par respect rétrospectif pour les victimes.
Le tirailleur s'adresse au Maréchal Pétain, le juif d'Ethiopie écrit à Ben Gourion et chaque fois, on comprend que la demande correspond à un ultime espoir, évoqué en toute sincérité avec un maximum de naïveté, celle de ceux qui ont osé lever les yeux en direction de ce qui les domine.
Une blonde aryenne admirative et néanmoins victime, interpelle Hitler au nom de ses enfants dont elle est séparée ... Chaque fois, bien sûr, le " vous " ostentatoire et respectueux est utilisé. Pour mettre en valeur ces témoignages dont les conséquences ne sont pas révolues, la sobriété était de mise.
En fond de scène, côté jardin, un stock de cartons empilés comme des valises dépourvues de poignées car désormais fixés par le temps, évoque symboliquement toutes ces lettres conservées par les familles, que l'on ose à peine toucher mais que l'on conserve jalousement.
Du même côté, sur le mur un écran destiné à recueillir quelques projections afin que l'expression d'un visage s'impose au spectateur par le biais d'un premier plan. N'oublions pas que désormais les faits s'impriment ainsi dans les mémoires.
Une mention spéciale pour Jean-Pierre Becker dont la drôlerie et la richesse d'expression se démultiplient au gré des personnages successifs.
Grâce à lui et à ses partenaires, nous visitons ces temps tourmentés sans indignation ni écoeurement mais non sans réflexion car ils nous ont permis de nous imprégner de ces expériences que d'autres ont vécues et qui doivent nous être profitables ...


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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10:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/10/2008

Noces de sable de Didier van Cauwelaert

Théâtre des Deux Rêves

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5, Passage de Thionville 75019 Paris

(M° Laumière ou Crimée)

Réserv. 01 48 03 49 92

Pl. 16 & 10€

Du mardi au samedi à 21h.30

Jusqu'au : 29 Novembre 2008

Mise en scène : Julien Delbès

avec Emmanuelle Bodin

et Tristan Petitgirard.

 

Certains écrivains ont besoin d'être seuls pour écrire, d'autres puisent leur inspiration dans ce qu'ils voient, ou ce qu'ils vivent. Sylvie appartient à la seconde catégorie et précisément son amant vient de la quitter. Panne sèche. Angoisse de la page blanche. Persuadée qu'elle ne trouvera plus jamais l'inspiration, elle décide d'en finir. Projet de suicide typiquement féminin, elle envisage alors d'avaler une bonne dose de barbituriques dans une boisson bleu azur.
Le téléphone sonne. Pas moyen de se suicider en paix et voilà qu'un postulant jardinier se présente !
Bruno lui, cherche du travail de façon pour le moins dissuasive ... un peu pour meubler le temps libre qu'il a depuis le départ de sa femme.
Rencontre de ces deux âmes en peine ...
Il devient donc urgent pour Sylvie de surseoir à son projet de fuite dans l'au-delà.
Quant à Bruno, faire ça ou autre chose ! ... Finalement, pourquoi pas ?
Ces deux là vont se heurter, jouer les imprévisibles au regard de l'autre ...
Généralement, c'est l'employeur qui décide et bien pour une fois, ce sera l'inverse.
Il va y avoir du dressage de fauve dans l'air et chacun va amener son vis-à-vis à mieux se connaître ... Les deux personnages ne tarderont pas à ressembler à des trapézistes réciproquement tributaires. Avant la rencontre, chacun se croyait au bout du rouleau, ils vont se reconstruire en se regardant.
Les deux comédiens se complètent parfaitement tout en se mettant mutuellement en valeur et nous passons agréablement ce moment avec eux.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

08:37 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/10/2008

RICHARD III n'aura pas lieu de Matéi Visniec

CINE 13 THEATRE 1, Avenue Junot 75018 PARIS

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M° Lamarck-Caulaincourt

www.cine13-theatre.com

Loc. 01 42 54 15 12

Pl. 20 & 15€

Du mercredi au samedi à 21h.30

Mat. sam. 17h. dim. 16h.

Jusqu'au 2 novembre 2008

 

Mise en scène : David Sztulman

avec Ludovic Adamcik (le généralissime) - Claire Barrabes (bureaucrate) - Vladimir Baud (comédien) - Natacha Bordas (la mère) - Pauline Beckerich (Anton Tchekov) - Ruben et Samuel Bousbib, en alternance (l'Homme nouveau) - Angélique Deheunynck (Président de la Commission) - André-Xavier Fougerat (Gardien en chef Vikenti) - Joseph Gallet (NKVD) - Nicolas Hanny (Richard III) - Yves Jégo (Meyerhold) - Liina (Tania) - Emmanuel Mazé (NKVD) - Jules Pérez (Le père)

L'Art a le devoir d'être dénonciateur, de bousculer les certitudes, d'éveiller les esprits. Prioritairement, le théâtre est porteur de cette mission implicite et Meyerhold en a payé la conviction de sa vie.
Contrairement à d'autres pièces, Matéï Visniec a fait court cette fois pour le choix du titre et semble vouloir se faire pardonner par un clin d'oeil à Giraudoux.
Qui peut parier en régime totalitaire qu'une pièce pourra être représentée ?
La Russie de Staline et la Chine de Mao en ont fait la terrible expérience pour ne citer que ces deux là ! Le spectacle commence par des applaudissements nourris. Un diable facétieux nous souffle que c'est toujours ça de pris mais quand ce sera terminé nous multiplierons les rappels et pas seulement pour nous faire pardonner cette pensée iconoclaste. C'est que ce théâtre là est plus vivant que tout autre. Aucun dérapage en direction de fausses subtilités cinématographiques, aucun écran, les comédiens sont là et nous offrent généreusement leur présence.
Nous sommes bien au théâtre et ne risquons pas de l'oublier. D'ailleurs, nous sommes venus pour cela, non ? C'est même du théâtre dans le théâtre allant parfois jusqu'au clownesque, où le grotesque est porteur mieux, est devenu un style.
Le généralissime est sa propre caricature et s'en donne à coeur joie, Richard III se prendra pour Jean-Baptiste, tous les comédiens du reste, donneront libre cours à leur fantaisie et leur enthousiasme ne pourra que s'avérer communicatif.
Je ne puis ici en citer aucun car il faudrait tous les complimenter. Cette pièce est exactement faite pour raviver l'enthousiasme du spectateur en ces temps moroses.
On en ressort avec le coeur dilaté de joie.  Du reste en presque quinze ans, cet auteur ne m'a jamais déçue bien au contraire et d'évidence jouer ses textes donne des ailes aux comédiens. Par voie de conséquence et puisqu'il en est encore temps, courez-y !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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14:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent