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23/05/2010

Premier avertissement de August Strindberg.

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THEATRE de NESLE

8 rue de Nesle

75006 PARIS

(M° Odéon)

loc. 01 46 34 61 04

Pl. 20€ - T.R. 15€

les vendredi & samedi à 19h.30

jusqu'au : 26 juin 2010.

Mise en scène : Charlotte-Rita Pichon

avec Eliza Calmat (Rose) - Erik Chantry Herkenrath (Axel, le mari) - Séverine Bozkart (Olga, la femme) - Martine Delor (la baronne)


Quand on sait que toutes les oeuvres de Strindbergh sont des confidences, que l'écriture sert à se justifier ( à défaut de  pratiquer l'auto-dérision ) il n'est pas étonnant que l'on s'amuse à découvrir (entre autres) ce personnage de baronne puisque lui-même épousa (un temps), Siri von Essen, baronne Wrangel alors femme d'un officier de carrière tandis qu'ici, l'origine du conflit est concrétisée par cet envoi de fleurs émanant d'un capitaine qui courtise la maîtresse de céans. 
Car le mari, Axel en parfait nietzschéen souffre de la passion aliénante qu'il voue à son épouse, Olga. Comme il est absent à tout ce qui ne constitue pas cette obsession, le personnage attire bien entendu les femmes, à commencer précisément par cette baronne que le veuvage semble avoir rendue folle mais également aux yeux de cette gamine de 15 ans, Rose qui dirige en direction du maître des lieux, ses premiers émois.
Contrairement à Ibsen, Strindbergh malmenait volontiers la gent féminine et le reproche lui en fut assez souvent adressé.
C'est ici à la crise du vieillissement d'un couple que nous sommes confrontés.
Le mari s'absente souvent dans le vain espoir de se libérer et l'épouse tente de jouer de tous ses atouts afin de le récupérer puis de le conserver sans oublier d'utiliser comme arme l'excitation de sa jalousie, bien entendu.
Charlotte-Rita Pichon a choisi délibérément comme moteur à l'action, l'attirance physique ce qui justifie le chassé-croisé reliant les personnages entre eux n'hésitant pas à créer une atmosphère à la Bergman ...
Si l'on se bornait au physique, on oublierait presque la complexité nerveuse de l'auteur face à la solidité quasi terrienne de Erik Chantry Herkenrath.
Séverine Bozkart use et abuse de son charme pour retenir celui qui lui échappe (du moins le croit-elle).
Eliza Calmat est déjà plus dans le registre de Mademoiselle Julie que dans celui nettement plus ingénu de Rose mais en dépit de ce décalage, la comédienne fait preuve de belles qualités d'interprétation.
Quant à Martine Delor, cette dernière campe avec brio ce personnage hyper scabreux de femme dont les désirs inassouvis ont fait vaciller la raison.
Le lieu exigu prive certes, le metteur en scène des possibilités dont nous la savons capable. N'importe, nous pouvons difficilement rester indifférents à ce qui nous est donné de voir et entendre; souhaitons par conséquent longue vie à cette pièce qui reste peu connue du grand public.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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16:47 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/05/2010

Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès

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Théâtre de la Tempête

Cartoucherie de Vincennes

Route du Champ-de-Manoeuvre

75012 PARIS

M° Château de Vincennes

+ navette de la Cartoucherie.

loc. 01 43 28 36 36

mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h.30

jeudi à 19h.30 & dimanche à 16 heures.

jusqu'au : 6 juin 2010.


texte paru aux Editions de Minuit

dramaturgie : Benoîte Bureau

mise en scène : Pauline Bureau

avec Yann Burlot, Mikaël Chirinian, Nicolas Chupin, Sonia Floire, Régis Laroche, Marie-Christine Letort, Géraldine Martineau, Lionel Nakache, Marie Nicolle, Aurore Paris, Jean-Claude Sachot, Catherine Vinatier, Alexandre Zeff.


La première image offerte est surprenante, mettant le spectateur en condition de réceptivité maximale.
Deux gardiens philosophent à leur manière tandis que Roberto Zucco s'évade sous leur nez. A partir de ce moment précis, nous comprenons que le serial-killer vient de prendre son envol.
Tel un moderne Oedipe, le jeune homme a déjà tué son père et se rend d'urgence au domicile familial afin d'y récupérer son treillis. (entendez sa tenue de combat) Plus rien ne l'arrêtera pas même son ancienne tendresse pour sa mère ...
L'implacable destin mettra ensuite cette gamine sur son chemin, qu'il violera bien entendu car Roberto Zucco abîme tout ce qu'il touche et ce, sans état d'âme.
Une première famille détruite, nous allons découvrir la seconde, au grand complet.
Une soeur protectrice dont les sentiments frisent l'inceste, un frère qui, bien qu'il adore celle qu'il considère comme une gamine, n'hésitera pas à la vendre et enfin la mère qui cache les bouteilles du père lequel enrage à les chercher ...
Il ne reste plus à la très jeune femme qu'à plonger dans les nuits du Petit Chicago car ici, l'amour n'est pas rédempteur, bien au contraire puisqu'il favorise la descente aux enfers. Durant ce temps, Roberto poursuit sa cavale avec prise d'otages et nouvel assassinat.  Celle qui l'aime le trahira bien entendu car c'était écrit, les dieux modernes n'étant pas plus cléments que les anciens.
La mise en scène de Pauline Bureau illustre parfaitement la dimension cinématographique de l'oeuvre. Grâce à elle et au texte bien entendu, nous passons d'une scène à l'autre, d'un lieu à l'autre avec un rythme soutenu.
Certes, la direction d'acteurs n'a peut-être pas encore acquis toute l'exigence souhaitable et si les cris sont parfois trop nombreux, en revanche, nous n'oublierons pas certaines images ici créées.
Jean Claude Sachot est parfait comme d'habitude et Marie-Christine Letort nous offre une composition de personnage très amusante.
Sans oublier, bien sûr, Alexandre Zeff qui prête ses traits et sa présence active au personnage-titre.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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(photos : Antonia Bozzi)

 

 

15:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/05/2010

OXU, d'après Le Baleinié, dictionnaire des tracas.

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La Pépinière théâtre

7, rue Louis le Grand

75002 PARIS

(M° Opéra)

loc. 01 42 61 44 16

Pl. de 25 à 35 €

le mercredi : 25€

- de 26 ans : 11€

du mardi au samedi à 20h.30

matinée le samedi à 17h.30


Un spectacle de et avec Jean Claude Leguay, Christine Murillo et Grégoire Oestermann

d'après leurs livres Le Baleinié, dictionnaire des tracas, tomes 1, 2, 3 publiés au Seuil

et l'intégrale publiée chez Points.

Scénographie : Jean-Pierre Larroche.


Aucun doute, quand Christine Murillo pose des questions, juchée sur une chaise-à-trois-pattes qui la maintient en l'air par l'opération du St-Esprit, elle (je ne sais pas) mais les spectateurs (c'est certain) sont au 7ème ciel !


OXU ( prononcer : o-gzu ) est un mot qui signifie : " objet qu'on vient de retrouver et qu'on reperd aussitôt " - un peu comme les illusions en quelques sortes ?

Qu'est-ce que vous croyez, il n'y a pas que les académiciens qui cherchent des définitions, ces trois là, aussi. Il font mieux du reste puisqu'ils inventent des mots alors que nos vieilles barbes ne font que les valider.
Car la recherche commune de Jean-Claude Leguay, Grégoire Oestermann et la géniale comédienne sus-nommée est de trouver ce qui n'a jamais été dit.
Par exemple, vous aviez remarqué que les lettres de l'alphabet sont invariables au pluriel ? Il suffisait d'y penser pourtant mais jamais aucun professeur ne vous en a fait la remarque, bien entendu.

Autre sujet de réflexion,

- que pensent les poissons quand il pleut ? ...

Et les interrogations de ce genre tombent comme à Gravelotte.
Le public se remet à peine d'un fou rire qu'un autre lui tombe dessus ( aussi sec ! )Courbatures des zygomatiques assurées. La scénographie s'avère aussi décalée que la recherche de nos trois compères et comme apparemment les mots ne sauraient leur suffire, ils ont ajouté une partie musicale, à la fin très réussie, histoire que l'on parte avec le regret que ce soit déjà fini. Ce spectacle est idéal pour chasser la morosité. Courez-y vite !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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14:23 Publié dans THEATRE | Lien permanent