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16/12/2008

Belle(s) Famille(s) de Alain Cauchi.

COMEDIE BASTILLE

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5, rue Nicolas Appert 75011 PARIS

(M° Richard Lenoir)

Loc. 01 48 07 52 07

Pl. 28€ (- de 26 ans : 10€ les mar,mer, jeu)

www.comedie-bastille.com

Du mardi au samedi à 21h.

mat. sam. 17h. dim. 15h.30

Mise en scène : Eric Civanyan

avec Michèle Garcia (en remplacement de Isabelle Caubère), Alain Cauchi, Félicien Delon, Thierry Heckendorn, Mélodie Orru, Annick Roux.

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Le décor très " construit, " particulièrement soigné, réalisé par Thierry Benoist a une importance primordiale puisque c'est non seulement le lieu où l'action va exclusivement se dérouler mais surtout parce qu'il a valeur symbolique.
En effet, ce couple de jeunes angoissés (Mélodie Orru et Félicien Delon) par la rencontre programmée de leur famille respective est sur le point de conjuguer l'avenir après un parcours pour le moins cahotique ...
Paradoxalement leur (encore) brève existence à tous deux fut riche en péripéties multiples et ils vont cependant faire pâle figure comparés à ces aînés dont l'existence fut plus terne mais dont les caractères sont en revanche très hauts en couleurs. (nos ancêtres avaient bien plus de personnalité que nous, c'est indéniable)  En outre, le contraste Nord-Sud (tout ce qui se situe au dessus de la Loire étant au nord ...) fournit ici un mélange explosif.
Alain Cauchi est resté " un enfant du pays " comme on dit de Toulouse à Marseille. Son langage est riche, coloré, le geste est ample ce qui se traduit dans l'écriture même. Pagnol et Raimu figurent par conséquent à son culturel arbre généalogique. Quand on pense, on pense large et la phrase s'émet avec l'accent.
Deux générations, deux milieux sociaux différents vont donc s'affronter le temps d'une rencontre primordiale pour ce qui va suivre ...
Nous sommes loin ici de la célèbre invective de Gide car même quand ils se déchirent, même s'ils trichent un peu en apparence et par pudeur, les liens familiaux restent très forts car en réalité, ces gens là s'adorent.
Père et fils vont s'affronter mais n'est-ce pas ainsi que les choses se passent ?
Mère et fille vont feindre l'indifférence ce qui ne peut qu'être provisoire ...
Le personnage qui paie comptant (comme on dit) c'est Marie-Rose, la mère de Tony qui donnerait ses tripes pour le bonheur de son rejeton. Michèle Garcia est cette mère dévastatrice, qui ferait passer toutes les mama juives pour de simples figurantes.
Arcboutée sur ses principes,  Annick Roux est son digne pendant, très bourgeoise st-sulpicienne, vaguement hystérique avant que tout s'arrange ...
Les hommes, qu'il s'agisse d'Alain Cauchi ou de Thierry Heckendorn ont fort à faire pour maîtriser leurs épouses respectives en dépit de leur équilibre bien masculin et de ce côté un peu nounours-balourd bien sympathique.
Vous l'avez compris, on ne risque pas de s'ennuyer. Un éclaboussement de soleil parmi la grisaille parisienne, cela ne se néglige pas en ces temps de froidure.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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12:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard

AKTEON

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11, rue du Gal Blaise 75011 PARIS

(Métro : St-Ambroise)

loc : 01 43 38 74 62

Pl. 16 & 10€

Du mercredi au samedi à 21h.30

(sauf les 24, 25 décembre & 1er Janvier)

Jusqu'au : 17 Janvier 2009.

Texte français de Michel NEBENZAHI

Mise en scène : Jérémie BLOESS

avec Julie GAUVAIN, Laurence VANOT & Jérémie BLOESS.

 

Jérémie Bloess qui interprète le personnage de Ludwig nous propose une mise en scène assez sage pour cette pièce ô combien sulfureuse ! Il est vrai que c'est sa première réalisation et qu'il n'est pas aisé de succéder à Guy-Pierre Couleau (pour ne nommer que lui) dont le Wittgenstein persiste encore dans ma mémoire en dépit du temps écoulé ...
Il faudrait toujours aborder une pièce avec l'esprit vierge de tout souvenir afin d'éviter le jeu scabreux des comparaisons et je vais donc m'y efforcer.
Ce triangle familial va croiser le fer sous nos yeux, souvent impitoyablement avec, constant à l'esprit le lourd héritage constitué par le souvenir de ceux qui ont précédés, ces parents dont les portraits sont accrochés afin de mieux hanter les esprits.
Une sourde jalousie oppose Ritter et Dene, les deux soeurs dont le point de convergence est ce frère, Ludwig pérennisant ainsi l'esprit ancestral qui situe l'homme au centre des relations familiales.
Or Ludwig ne cadre absolument pas avec le cliché habituel car le chef de famille qu'il est devenu présente une notoire fragilité psychique. Du reste, il vient juste de sortir du Steinhof où il était soigné et le voilà qui arrive, pieds nus dans ses chaussures, curieusement absent car génialement " habité. "
Dene est chargée de transcrire les pensées de son grand homme qui les lui livre de façon tyrannique en une logorrhée paranoïde. On comprend très rapidement qu'elle est prête à tout supporter venant de lui. Durant ce temps là, Ritter, raille ...
Comme toujours, Thomas Bernhard se projette dans tous les personnages nous faisant ainsi bénéficier de toutes les facettes de son raisonnement en butte à l'ordre établi, qu'il réfute inlassablement.
Il est évident que les trois comédiens donnent ici le meilleur d'eux-mêmes et si les battements de paupières censés trahir le dérèglement psychique de Ludwig ne parviennent pas complètement à nous convaincre, l'intensité du texte suffit à justifier l'adhésion du spectateur. A voir, par conséquent et à fortiori s'il est question de découvrir ...


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

 

 

10:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/12/2008

Une sale histoire d'après La Douce de Dostoïevski

LUCERNAIRE

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53, rue Notre-Dame-des-Champs

75006 PARIS.

(M° N.Dame des Champs)

loc. 01 42 22 26 50

Du mardi au samedi à 21h.

(sauf les 25 décembre & 1er janvier)

jusqu'au : 10 Janvier 2009.

 

 

Traduction : André Markowicz

Mise en scène : Elizabeth Marie

Musique, sons et conception audionumérique :Cyril Alata

avec : Marc-Henri Boisse.

 

Cette sale histoire qui nous est racontée par celui qui l'a vécue s'est déroulée dans la  Russie tsariste de 1870.

Un usurier plus très jeune, épouse alors une jeune fille qui n'a que 16 ans. Il l'achète serait plus exact sous le fallacieux prétexte de la sortir de la misère à laquelle le sort semble l'avoir condamnée.
L'homme n'a pas toujours été prêteur sur gages, il amorça jadis une carrière militaire mais fut chassé de l'armée pour avoir refusé un duel et ne se reconvertit à l'usure qu'après une éprouvante période de vagabondage ...
Nous allons assister à cette introspection au cours de laquelle il va décortiquer son passé ainsi que ses différents états d'âme et nous narrer le drame dont il se sent à juste titre coupable. Le personnage nous apparaît à la fois tyrannique et subtil. Il conjugue dans le même temps la fatuité masculine qui veut que les femmes n'aient à ses yeux aucune originalité et une sorte de pudeur face à celle qu'il a remarquée.
Personnage complexe au possible, capable de vénérer en silence mais n'hésitant pas à dévaloriser ce à quoi il aspire en l'assimilant à une marchandise.
Marc-Henri Boisse incarne ce personnage avec brio, passant d'un rythme à un autre, menant ce texte comme un cavalier expérimenté le ferait de sa monture.
La conception sonore de Cyril Alata accompagne cette parole d'interventions multiples tantôt discrètes, parfois m'a t'il semblé, un peu trop omniprésentes mais ce duo voix-musique ou simple bruitage parvient à construire un univers foisonnant de péripéties.
Tous les amoureux de Dostoïevski retrouveront intacte, la parole de leur auteur favori, mise en valeur comme elle le fut rarement.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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22:44 Publié dans THEATRE | Lien permanent