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18/05/2009

Médée de Jean Anouilh

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VINGTIEME THEATRE

7, rue des Platrières

75020 PARIS

(M° Ménilmontant)

Loc. 01 43 66 01 13

du mercredi au samedi à 21h.30

le dimanche à 17h.30

jusqu'au dimanche 14 juin 2009

mise en scène : Ladislas Chollat

avec Elodie Navarre (Médée) - Gildas Bourdet (Créon) - Benjamin Boyer (Jason) - Sylviane Goudal (la nourrice) - Gilian Petrovski (le garçon) - Grégory Vouland (le garde) -


La pièce commence par une voix off destinée à résumer le thème en direction de ceux qui n'auraient pas été nourris au lait mythologique.

Or, dès la première scène il est évident que nous avons quittés le temps des demi-dieux. Il y a du Jean-Louis Bourdon derrière cet Anouilh vu par Ladislas Chollat. Quant à Elodie Navarre, la fougue de sa jeunesse est plus rock que tragique. Jean Anouilh avait déjà voulu réactualiser l'action, nous assistons ici à une réactualisation de la précédente ... mais la démarche n'est pas allée jusqu'au bout puisqu'il aurait fallu pour accéder à une quelconque crédibilité faire de Médée la fille du roi des gitans.
La claudication se situe entre tragédie antique et fait divers actuel.
Pour renforcer l'impression, Créon (Gildas Bourdet) a l'allure d'un mafioso doté de troubles prostatiques.
Jason (on peine à reconnaître sous les traits de Benjamin Boyer le superbe Argonaute) est d'une telle inconsistance que l'on s'épuise en vain à imaginer que Médée ait pu nourrir un quelconque sentiment pour lui.
Heureusement, il y a Sylviane Goudal (la nourrice) dont la présence scénique et le jeu solide nous permettent d'adhérer parfois à ce classique déclassé.
Quand on connaît l'oeuvre, on souffre un peu mais ce n'est pas grave, en revanche je m'inquiète pour ces jeunes qui découvrent le mythe pour la première fois.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

16:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Dans la jungle des villes de Bertolt Brecht

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Théâtre de la Tempête

Cartoucherie de Vincennes

Rte du Champ-de-Manoeuvre

75012 PARIS

Réserv. 01 43 28 36 36

billeterie en ligne,

www.la-tempete.fr

Pl. 18, 13 & 10€

mercredi tarif unique : 10€

du mardi au samedi à 19h.30

dimanche à 16h.

jusqu'au : 7 JUIN 2009

texte français de Stéphane Braunschweig (L'Arche, Editeur)

mise en scène : Clément Poirée.

avec Philippe Morier-Genoud (Shlink) - Bruno Blairet (Georges Garga) - Catherine Salviat (Maë Garga) - Raphaël Almosni (John, Garga, C. Maynes) - Laure Calamy (Marie Garga) - Julie Lesgages (Jane Larry) - David Stanley (Skinny) - Geoffrey Carey (J. Finnay dit le Lombric) - Dominic Gould (Collie Couch dit le Babouin) - Laurent Ménoret (Pat Manky, un Missionnaire).

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En principe, le langage de Brecht est assez clair, il y a d'un côté les bons, ce petit peuple opprimé et puis les mauvais autrement dit les exploiteurs. Nombreux furent ceux qui reprochèrent à cet auteur son proverbial manichéisme !
Il n'en est pas de même " Dans la jungle des villes " oeuvre de jeunesse située en amont du théâtre épique brechtien. Les frontières ici sont imprécises, les motivations obscures. En comparaison le mythe de Faust est dépassé car Georges Garga ne vendra pas en dépit des apparences, son âme au diable-Shlink il sera même très difficile de déterminer qui est la réelle victime de l'autre ... Bref, la pièce interpelle le spectateur à plus d'un titre.
Afin de confirmer le dérangement auquel ce dernier va être soumis, Clément Poirée promène un peu le public par le biais de cette mise en scène en deux temps.
De même que le plus jeune héros refusera de vendre son opinion à n'importe quel prix, (Ne dit-on pas pourtant que tout est achetable ?) ... la mise en place ne pourra être immédiate et se voudra symbolique.
Quelle étrange allure ont ces personnages surgissant dans cette bibliothèque de prêt parmi l'accumulation d'ouvrages, le désordre, la violence des hommes faisant tache au milieu de la pensée structurée mais multiple. Certes, dans tout ce fatras, certains ouvrages ne valent rien et l'homme d'affaires qui a perdu beaucoup de temps à construire sa fortune va tout naturellement vouloir acheter l'opinion de celui qui n'a pour lui que la fréquentation des textes. Mais ce qui fascine Shlink, ce qu'il voudrait acheter, n'est-ce pas en réalité sa jeunesse perdue qu'il retrouve sous les traits du jeune homme ?
Attirance homosexuelle diront certains ? ... Peut-être mais se contenter de cette explication serait de toute évidence, réducteur. En fait, tandis que l'un se construit en fonction du monde environnant, l'essence même de l'autre se dissout dans la partie inférieure du sablier. J'ai particulièrement apprécié la composition de Geoffroy Carey mais ce n'est pas porter préjudice aux autres que de le souligner car le travail de chacun est impeccable.
Un Brecht hors normes par conséquent, à ne surtout pas négliger et dont la durée passe même inaperçue tant l'atmosphère y est forte.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

10:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/05/2009

La lettre de Jean-Luc Jeener

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Faubourg Montmartre

75009 PARIS

(Métro : Grands Boulevard)

Loc. 01 47 70 32 75

www.TheatreDuNordOuest.com

Mise en scène de l'auteur.

avec Edith Garraud et Robert Marcy

jusqu'au : 4 octobre 2009.


Nous sommes ici dans le théâtre naturaliste cher à Antoine, la table est mise, la soupe est bien réelle et le pain également. Un couple plus très jeune partage le repas et nous comprenons très vite qu'en cette période de pénurie le manque ne se situe pas au niveau des assiettes ...
En effet, le facteur devait venir et l'on espère encore sa venue, tout en la redoutant. L'action se situe d'évidence durant le gouvernement de Vichy et le fils est absent. Les parents échangent ces quelques phrases banales et pourtant lourdes de signification qui sont l'apanage des couples habitués à vivre ensemble depuis longtemps. Jean Luc Jeener excelle à émailler ses dialogues de ces mots incontestables entendus dans la réalité comme l'époux disant moitié par malice, moitié par conviction  ... " j'ai toujours raison ! " ou bien constatant, " jamais un couteau qui coupe ! " l'exercice destiné à aiguiser le fil de la lame faisant ensuite diversion. Force est de constater que chez cet auteur, la référence à la religion est obligatoire. Impossible d'imaginer Claudel ou Péguy éludant le fait ! Certains répertoires en sont nourris. Le propos en exaltera certains et en agacera d'autres. C'est ainsi. On nous a récemment rebattu les oreilles avec cette lettre de Guy Môquet et ici, un fils écrit à ses parents quelques heures avant sa mort. Il doit être fusillé à l'aube et quand le document arrivera, l'esprit qui a conçu ce message aura rejoint l'au-delà. Certains pour se protéger de l'émotion iront jusqu'à inventer mentalement une variante à la pièce imaginant un fils non croyant et révolté par le sort qui le frappe. Il n'en est rien bien entendu. Les spectateurs prennent de plein fouet la douleur parentale et l'incontournable acceptation de l'inéluctable.
Edith Garraud et Robert Marcy incarnent ces deux personnages avec une sobriété et une justesse d'expression peu banale.
En ce 13 octobre 1943 les faits se déroulèrent ainsi et furent ressentis de pareille sorte par ces deux personnages et leur fils absent mais pour eux - et pour nous - omniprésent.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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10:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent