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29/01/2017

BANQUE CENTRALE de et par Franck CHEVALLAY

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Théâtre LES DECHARGEURS

 

3, Rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet)

 

 

Loc. 01 42 36 00 50

 

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

Chaque samedi à 19h30

 

jusqu'au : 15 AVRIL 2017

 

 

Salle La Bohème

 

Pièce écrite, interprétée et mise en scène par

 

Franck CHEVALLAY

 

avec la complicité d'Alexandre ZLOTO

 

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Maastricht, " l'unique ( ? ) objet de mon ressentiment " ...

 

Il faudrait emprunter les accents de Camille pour dépeindre l'indignation qui s'ensuivit face aux conséquences de ce maudit traité. Car c'est bien lui, qui a engendré ces nouvelles fourches caudines sous lesquelles nous vivons courbés.

Le personnage que Franck Chevallay incarne ici n'a rien d'un fou, bien au contraire puisqu'au fil de ses réactions fantasques il nous prouve qu'il est bien plus lucide que la plupart de ceux qui subissent sans essayer de comprendre.

 

Il convient donc que nous lui attribuions le prix Antonin Artaud de l'économie, créé tout spécialement pour lui !

Certes, il a " bûché " comme un fou pour parvenir à comprendre ce qui nous dépasse à peu près tous et qui devient limpide après avoir entendu son explication, ô combien imagée ! …

Pieds nus, un élégant pyjama porté sous un veston, l'homme gravit les étages de cet établissement babylonien.

Jadis celui qui allait devenir le Roi Soleil déclara : " l' Etat, c'est moi " et comme en principe, l'Etat a ( théoriquement ) tous les pouvoirs, il était logique que voulant résoudre les problèmes, il s'assimilât à cet Etat-là.

L'euphorie fut de courte durée car il constata bien vite que la Banque Centrale avait pris le pas sur les institutions.

Toute la chaîne de cette diabolique construction se déroulera alors sous nos yeux. Les méfaits du sieur Madoff ( pour ne pas le nommer ) seront de la sorte clairement décryptés.

Mais le-roi-du-chocolat-en-prison n'est pas le seul en cause, ces banques auxquelles nous confions obligatoirement notre argent par peur des cambriolages participent elles aussi au système tandis que l'argent fantôme hante, pire : envahit notre économie.

 

 

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Avec la souplesse d'un acrobate, Franck Chevallay mime

( paroles à l'appui ) l'incroyable situation dans laquelle le monde s'est embourbé. On ressort de là, presque vengés - pas tout à fait hélas - mais un peu plus avertis que nous ne l'étions en entrant.

Il faut absolument qu'un maximum de spectateurs aille voir et entendre cet auteur-interprète dont la parole est essentielle à tous. C'est ludique, instructif et ne peut que nous amener à faire l'éloge de cette folie là.




Simone Alexandre

 

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15:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent

20/01/2017

Moi, Caravage de Cesare Capitani

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame-des-Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

 

Pl. de 14 à 20€

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

 

Tous les jours sauf dimanche et lundi à 18h30

 

Dimanche à 16 h.

 

 

Mise en scène : Stanislas Grassion

 

avec Cesare Capitani et Laetitia Favart ou Manon Leroy

 

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( photo : Philippe Bruchot )

 

 

Ce n’est pas un spectacle nouveau qui se donne actuellement dans la salle Rouge du théâtre du Lucernaire, puisqu’il a débuté en 2010, mais pour autant, cela reste une nouveauté pour tous ceux qui ne l’ont encore vu.


Dans une adaptation de lui-même de l’ouvrage de Dominique Fernandez, paru en 2002, « La Course à l’abîme », Cesare Capitani donne à voir et à entendre la vie triste et chaotique de Michelangelo Merisi, dit Le Caravage, peintre italien né en 1571 à Milan et mort à Port Ercole en 1610.


C’est peu de dire que cette vie somme toute assez brève a été semée d’aventures, ponctuée de faits divers dont notre peintre fut l’auteur ou la victime, de séjours en prison, de réussites et d’échecs !


A la manière de François Villon en France, pour la littérature, comme plus tard Jean Genêt, Caravage eût-il eu le même rayonnement s’il avait eu la vie installée d’un Titien ? C’est fort douteux.


On l’a décrit comme l’inventeur du clair-obscur, dans sa volonté de ne jamais placer de lumière vive dans sa peinture, dont les thèmes, souvent imposés par les commanditaires, le renvoyaient le plus souvent à des scènes violentes, toutes inspirées des Ecritures saintes. Mais la Bible n’est-elle pas un ouvrage plein de fracas et de fureurs, d’atrocités, de meurtres et de passions ?


Homme du peuple, et ne cherchant jamais à courtiser, bien qu’il bénéficiât de protections tantôt aristocratiques, tantôt cardinalices voire papales, Caravage cherche ses modèles dans le peuple, et St Matthieu prend les traits d’un aveugle mendiant, la Vierge ceux d’une prostituée enceinte et retrouvée noyée, un archange ceux d’un gigolo.


Il lui en est fait grief, et ses toiles, parfois, assez souvent, sont refusées, ce qui le renvoie d’une part à ses démons que le doute alimente, d’autre part à une gêne qui le pousse à tenter tout et n’importe quoi.

 

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( photo : B. Cruveiller )

 


Dans une mise en scène sobre et pleine d’inventions, de suggestions, avec une grande retenue de mouvements et sans effet d’esbroufe ni de déclamations intempestives, Stanislas Grassin met en scène, dans une direction d’acteurs de Nita Klein un Cesare Captitani qui vit son personnage, qui devient Michelangelo Merisi, avec, en alternance, la participation Ô combien fine et délicate, toute en subtilité et en esquisse explicite de Laetitia Favart ou Manon Leroy.


Marcel Proust a écrit quelque part « Sa jeunesses lui fait du bruit, il n’entend pas ». Caravage veut, lui, que sa peinture soit toute de bruit, et que ce bruit fracasse tout. Il n’a toute sa vie entendu que cela, les bruits et les fracas du monde, et il veut les donner à voir, les jeter aux yeux de qui le regarde.


L’évocation subtile et réussie de nombre de ses oeuvres nous fait voyager de France avec « Le Christ à la colonne » qui est au musée des Beaux Arts de Rouen, en Italie bien sûr, que ce soit à St Louis des Français avec le triptyque de saint Matthieu, ou à la galerie Doria Pamphilj.


C’est là une jolie prouesse de théâtre que suggérer la peinture, et donner au public d’entrapercevoir , par fragments, les tableaux, souvent fort grands, que Caravage a peints.


Ce spectacle, osons le jeu de mots, joue sur plusieurs tableaux, et il importe vraiment d’aller l’applaudir. L’oeuvre littéraire de Dominique Fernandez, foisonnante, y est rendue dans l’essentiel de la vie de son héros, avec ses excès et ses faiblesses, son peu d’espoir et ses blessures profondes.

Cet homme, Caravage, qui semblait ne pas s’aimer beaucoup est sous nos yeux un être déchiré qu’on a tous envie d’aider, d’aimer et d’applaudir.


C’est jusqu’au 12 mars au Lucernaire, la représentation étant donnée en italien, le mardi.



Frédéric Arnoux ©

 

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11:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent

12/01/2017

Résister c'est exister de Alain GUYARD

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STUDIO HEBERTOT

 

78 bis, boulevard des Batignolles

 

75017 PARIS

 

 

 

(M° Villiers)

 

 

Loc. 01 42 93 13 04

 

 

https://www.studiohebertot.com/

 

Pl. de 10 à 28€

 

Tous les jours à 19h

 

( sauf dimanche & lundi )

 

Dimanche à 17h

 

Du 10 JANVIER au 19 MARS 2017

 

D'après des témoignages authentiques

 

sur une idée originale de François BOURCIER

 

Mise en scène : Isabelle STARKIER

 

avec François BOURCIER

 

et les voix d'Evelyne BUYLE, Daniel MESGUICH, Yves LECOQ, Stéphane FREISS

 

 

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( photo : Caroline COSTE )

 

Si on entend par le mot « spectacle » un moment de pur divertissement, il faut ici passer son chemin. Mais si on entend derrière ce mot, toute représentation visant à tenir éveillée la conscience, il faut s’y précipiter.

Le Studio Hébertot, avec « Résister, c’est exister » donne à voir et à entendre une violente charge contre l’oppression, et au travers d’une multitude de très brefs dialogues parfois, de transformations de personnages, rappelle que la résistance c’est savoir, parfois avec de minuscules actions, faire comprendre ou témoigner d’une opinion contraire.

Certains des personnages évoqués se sont parfois opposés au prix de leur vie, certains ont traversé l’époque de l’Occupation et ont continué de vivre ensuite avec le souvenir de leur résistance personnelle; chaque témoignage porte sa charge d’émotion.

 

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( photo : Emilie Genaedig )



Ecrit par Alain Guyard et fondé sur des témoignages authentiques ainsi qu’il en rappelle au début de la représentation, ce spectacle met en scène un seul comédien, François Bourcier, qui donne vie à tout un peuple d’anonymes parfois, de personnages plus célèbres aussi, Colonel Fabien, Olga Bancic du groupe Manoukian, Jean Moulin, silhouette aperçue, avec une force et une conviction telles que le public est comme figé.

Cet effet de quasi sidération n’est pas sans évoquer celui dans lequel les Français de l’époque, du moins un certain nombre, a dû se trouver face à la capitulation si rapide du pays à l’armée réputée la plus puissante du monde d’alors ! Est-ce assez dire qu’il faut toujours commencer par se méfier des discours, et des apparences…

 

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( photo : Emilie GENAEDIG )



Et justement, les apparences ne sont pas pour peu dans les figures que François Bourcier nous donne à voir.

Qui présumerait que tel monsieur promenant son chien prend en fait des notes sur les mouvements des militaires ennemis dans sa ville ? Qui penserait que cet ouvrier agricole normand serait celui qui paralysera un moment les communications de l’Occupant, que cette femme de ménage est en fait un agent infiltré, que ce policier n’est pas antisémite ?

Ils sont multiples et sur tout le territoire, ces héros parfois minuscules qui vérifient l’adage que les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Est alors posée la question de savoir si la résistance peut être quantifiée, si véritablement il y a de petits et de grands actes de résistance ? Sur le fond, il nous est donné à comprendre que c’est au final un tout, un ensemble cohérent qui ne demande qu’à être consolidé pour en garantir l’efficacité. Et c’est fort à propos que l’évocation de Jean Moulin intervient en fin de représentation.

 

 

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( photo : Emilie GENAEDIG )

 



Le travail  littéraire  et historique de l’auteur est indéniable et grande est la difficulté de fédérer ainsi des témoignages divers. Le texte final auquel il parvient est cohérent, construit et passionnant de bout en bout, à cela près que l’évocation d’une célèbre actrice quasi centenaire maintenant est inopportune et infondée au regard de la réalité.


Il serait inconvenant de ne pas saluer la performance d’acteur de François boursier, partout à la fois, un peu Frégoli, poignant souvent, inquiétant parfois, juste et profondément humain toujours.

C’est une pièce qu’il faut recommander à tous, et à tout le monde, qui prouve que le théâtre  a également une mission pédagogique et, disons le mot à la mode, même s’il est galvaudé, mémorielle. Nous vivons des moments difficiles, certes pas à la hauteur de ceux que nos grands-parents ont connus, mais il est utile et nécessaire de savoir ce qu’ils ont vécu pour tout mettre en œuvre afin de ne pas , à notre tour, connaître des moments d’angoisse.

Tout engagement est respectable ; celui qui consiste à lutter contre l’intolérance, l’abus, la malfaisance est indispensable

Le Studio Hébertot au travers de « Résister, c’est exister » est un bel agitateur de conscience. C’est salvateur.



Frédéric Arnoux ©

 

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19:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent