Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/09/2010

Les amis du placard de Gabor Rassov.

visuel.amis-placard.jpg

LA PEPINIERE THEATRE

7, rue Louis le Grand

75002 PARIS

(M° Opéra)

Loc. 01 42 61 44 16

Pl. de 29 à 39€

11€ pour les moins de 26 ans.

www.theatrelapepiniere.com

Du mardi au samedi à 21h.

matinée le samedi à 16h.

 

Mise en scène : Pierre Pradinas

avec, Didier Bénureau, Romane Bohringer, Aliénor Marcadé-Séchan, Matthieu Rozé.

 

On aime ou on déteste Gabor Rassov, il n'y a pas de perception intermédiaire ...
L'homme n'a aucun tabou et sans doute que le conseil de Debureau à son fils, " ne sois jamais vulgaire " est tout juste susceptible de déclencher un sourire ironique chez lui. En effet, si la vulgarité fait partie intégrante de notre monde comment épargnerait elle le théâtre contemporain sauf à nier la réalité ?
Ceux qui ont assisté au démarrage de la société de consommation (il en existe encore) se demandent parfois si ce fléau cessera un jour d'être en extension.
Nous en voyons poindre, çà et là, les prémisses encore plus inquiétantes que les habitudes prises depuis des décennies.
Un couple aisé mais très limité intellectuellement, au bout de vingt ans de mariage s'ennuie à mourir. Que faire ? Qu'inventer pour contrer la morosité des jours ?
Le spectacle télévisuel est soporifique, l'euphorie sexuelle n'est plus qu'un lointain souvenir et les divorces coûtent décidément trop cher ...
Un nouveau " produit " vient d'être mis sur le marché permettant de s'offrir moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, un couple d' esclaves à domicile. L'idée n'est certes pas nouvelle, des générations de domestiques purent en témoigner mais ici l'utilisation diffère quelque peu. Comme on ne nomme plus depuis longtemps un chat un chat, ces victimes hélas consentantes seront désignées par le terme d'amis.
L'ombre d'Albee et son " Qui a peur de Virginia Woolf ? " nous traverse l'esprit avant de s'enfuir, consternée. George & Martha avaient la tête bien pleine alors que ces d"eux là comptent sur les autres pour emplir le mini tonneau des Danaïdes qu'ils ont en lieu et place de cerveau.
Madame a pris des cours de conversation mais peine à meubler les pointillés et Monsieur l'invective car c'est de loin, l'occupation qu'il préfère.
Les deux pauvres cobayes condamnés à vivre dans un placard plutôt que dormir sous les ponts vont tester le potentiel sadomaso de ces deux monstres de banlieue. Texte et situations " ne font pas dans la dentelle " et sous les rires cela grince bien. La rondeur de Didier Bénureau et la raideur de Romane Bohringer illustrent parfaitement ce couple certes, caricatural mais dont les accents ne sont pas aussi surréalistes qu'on pourrait le supposer.
Quant aux locataires du placard, Aliénor Marcadé-Séchan et Matthieu Rozé, ces derniers déclenchent par le biais d'un incroyable phénomène d'identification, la sympathie des spectateurs, ce qui nous fait dire que le pari tenu est finalement gagnant. Les propos dérangeants ont souvent le don d'amuser le public, en voici la preuve. La mise en scène de Pierre Pradinas colle tellement à l'action que l'on finit par l'oublier à l'instar d'une musique de film réussie.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

aff.amis-placard.jpg

photos : Claire Besse.

 

 

 

11:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/09/2010

Le dindon de Georges Feydeau.

Dindo1h.jpg

THEATRE de la TEMPETE

Cartoucherie de Vincennes

Route du Champ de Manoeuvre

75012 PARIS

M° Château de Vincennes + navette gratuite.

Loc. 01 43 28 36 36

Pl. 18€, T.R. 14 & 10€

mercredi, tarif unique : 10€

mardi, mercredi, vendredi et samedi à 20h.30

jeudi : 19h.30 - dimanche à 16h.

jusqu'au : 24 OCTOBRE 2010 -

 

mise en scène : Philippe Adrien

avec : Vladimir Ant (Jean, gérant, commissaire) - Caroline Arrouas (Maggy Soldignac) - Pierre-Alain Chapuis (Vatelin) - Eddie Chignara (Pontagnac) - Bernadette Le Saché (Mme Pinchard) - Pierre Lefebvre (Victor) - Guillaume Marquet (Rédillon) - Luce Mouchel (Clotilde Pontagnac, Clara) - Patrick Paroux (Pinchard, Gérome) - Alix Poisson (Lucienne Vatelin) - Juliette Poissonnier (Armandine) - Joe Sheridan (Soldignac) -

 

Heureuse époque où les hommes trouvaient encore le temps de suivre les femmes dans la rue ! Maintenant seuls les chômeurs peuvent s'offrir ce luxe (unique) qui du fait de leur état ne sera pas suivi d'effets.
Chez Feydeau les époux sont bien souvent des obsédés sexuels qui ne pensent qu'à l'aventure tout en voulant préserver leur petit confort bourgeois ce qui bien sûr est quelque peu incompatible, d'où les nombreux avatars, quiproquos et rebondissements de l'action.
Philippe Adrien a délibérément choisi la carte de l'outrance mais de façon hyper brillante et tous ses interprètes lui ont d'enthousiasme emboîté le pas ce qui fait que la cavalcade n'est pas légère mais efficace. A peine remis d'un fou-rire collectif, le spectateur est emporté par une nouvelle vague dont il ressort pantelant pour mieux se noyer dans la suivante.
Je ne vous ferai certes pas l'injure de vous raconter l'histoire connue de presque tous et qui du reste est tellement compliquée qu'il vaut mieux la vivre en direct. Cette pièce étant régulièrement reprise, maints metteurs en scène l'ont exploitée avec plus ou moins de folie. Ici, nous frisons l'overdose ! Ce vaudeville d'un autre temps restitué en ce 21ème siècle, fait figure d' énorme farce, gaillarde à souhait,  truffée de situations burlesques, véhiculée par des corps aux gestes outranciers allant parfois jusqu'à l'athlétique mais dont l'élégance reste indéniable.
Si l'on se plaint trop souvent de la morosité des scènes actuelles, une cure euphorisante vous est ici proposée. Durée : 2h.15 sans entracte bien entendu.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

Dindon-4L.jpg

photos : Antonia Bozzi.

10:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/09/2010

La peste d'Albert Camus.

la-peste-h.jpg

THEATRE de la HUCHETTE

23, rue de la Huchette

75005 PARIS

M° St-Michel ou Cluny-la-Sorbonne

loc. 01 43 26 38 99

Pl. 26€ - étud. 15€

- 26 ans (mardi, mercr. & jeudi : 10€)


du mardi au vendredi à 21h.

matinée le samedi à 15h.30

Mise en espace et interprétation : Loïc PICHON.

 

A la base, un texte fait pour être lu et non pour être dit. Or on ne décide pas de porter un texte à la scène sans avoir de particulières affinités avec son auteur, d'autant que le terme " adaptation " ne saurait ici s'appliquer tant Loïc Pichon fut fidèle au célèbre roman.
Disons qu'il nous a réservé les extraits qui rencontraient le plus d'échos en lui ?

A l'époque de la parution du livre, en 1947,  son décryptage fut sans doute différent de celui que nous sommes amenés à effectuer en 2010. Quoique  ...


Si vous avez décidé de sortir pour vous distraire, mieux vaudrait bêtement vous engouffrer dans un café-théâtre mais si réfléchir au sens des mots et des situations ne vous rebute pas trop, vous écouterez alors sans difficulté ce monologue d'une heure trente.

L'homme est donc seul en scène et n'a pour créer les images que le support de son interprétation. J'avoue avoir eu très peur au début et puis à mesure que le comédien avançait dans le texte, son aisance allait croissant et à la fin, je puis vous assurer que les applaudissements furent nourris même si durant la représentation un ou deux bâillements furtifs se firent entendre.  Quelques couche-tôt égarés, sans doute ?
Certes, le théâtre sans dialogues n'est pas du théâtre.  Disons alors que le conteur fut à la hauteur de la tâche, ni excessif ni ennuyeux. et il ne suffit que d'apprécier Camus pour avoir envie de l'entendre.
Deux phrases ont plus particulièrement attiré mon attention,

" Il fallait tout croire pour ne pas être réduit à tout nier " - ou encore - " les religieux n'ont pas d'amis, ils ont tout placé en Dieu. "

Pure coïncidence ? ... Signalons dans la foulée que le comédien est Frère Jean-Pierre dans le film de Xavier Beauvois " Des Hommes et des Dieux " lequel comme chacun sait vient de sortir sur nos écrans, évoquant le drame, que dis-je ? la tragédie qui a frappé les moines de Tibhirine. Face à Lambert Wilson et Michael Lonsdale, Loïc Pichon fait preuve d'une belle autorité.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

lapeste-l.jpg

Photos : LOT

15:07 Publié dans THEATRE | Lien permanent