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07/04/2008

Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ? de Carole Thibaut

Théâtre de l'Est Parisien

159 avenue Gambetta 75020 Paris

Tél. 01 43 64 80 80 - www.theatre-estparisien.net

Pl. 22€, TR de 7 à 15,50€ 

M° Gambetta, Pelleport, St-Fargeau.

du lundi 7 au vendredi 25 avril 2008

mercredi, vendredi à 20h.30

mardi, jeudi & samedi à 19h.30

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Photo : Hervé Bellamy 

Texte et mise en scène : Carole Thibaut

avec Catherine Anne (la fille) - Jean-Pol Dubois (le père)

Hocine Choutri (l'ami)

Texte publié aux Editions Lansman 

Puisque cette histoire nous est (en quelque sorte) donnée en pâture, il est difficile de ne pas s'interroger sur sa part autobiographique ...
Un vieil homme, atteint vraisemblablement d'un cancer incurable revient auprès de sa fille afin de solliciter d'elle l'ultime service. L'euthanasie compassionnelle est très à la mode depuis quelques temps ... Le père responsable (en principe) de la vie de sa fille, lui demande de prendre en charge sa mort. Etrange abus de pouvoir signifiant : " je ne t'ai pas consultée et là encore, tu ne peux faire autrement "
On comprend la crispation de la dame ! Or, crispée, Catherine Anne l'est beaucoup. Elle nous crie son désarroi d'une voix blanche tandis que le talentueux Jean-Pol Dubois nous plonge dans un océan de contradictions. Humain, trop humain dirait ... vous savez qui !
On apprend que ce père fut odieux, brutal avec les siens et boit plus que de raison.
Mais pour Carole Thibaut, les liens du sang restent indéfectibles.
Comment refuser la mort à quelqu'un qui vous a donné la vie et vous supplie pour que vienne cette délivrance ? Afin de mettre en scène cette ultime tranche de vie âpre au possible, il fallait que la scénographie ait la pureté du diamant. Le sol est clair et le décor de la dernière scène d'une beauté à couper le souffle.
Hocine Choutri avec mesure, pudeur et la dose nécessaire de chaleur humaine représente tous les autres, tous ces hommes qui n'ont pas été retenus parce que l'image du père faisait écran. Nous avions craint un temps, de nous métamorphoser en voyeurs face à ces trois là, puis sommes peu à peu entrés dans l'histoire pour constater qu'elle était presque à notre insu devenue nôtre, émotionnellement.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

21:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

AMOUR d'après le roman Amour, Colère et Folie de Marie Vieux-Chauvet

LE TARMAC de la Villette

Parc de la Villette

211, avenue Jean Jaurès 75019 Paris

T. 01 40 03 93 90

Pl. 16€ - TR 12€ 

contact@letarmac.fr

www.letarmac.fr

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Photo : Eric Legrand.

Adaptation pour le théâtre : José Pliya

Mise en scène : Vincent Goethals

avec Magali Corneau Denis et Cyril Viallon.

Du mardi au vendredi à 20h. samedi à 16h. & 20h.

Du : 1er au : 19 avril 2008 

Ce texte correspond au premier volet d'une trilogie : Amour, Colère et Folie de Marie Vieux-Chauvet et après avoir écouté ce monologue, l'urgence de lire la totalité du triptyque s'impose à nous comme une évidence.
L'action se déroule à Haïti,  en 1900 - par conséquent, les moeurs appartiennent encore au siècle qui précède : élégance, puritanisme et passions secrètes.
Claire est l'aînée de trois filles et ce prénom semble être le fait d'une désespérante dérision car c'est la seule qui n'ait pas le teint blanc.
Sombre vestale, elle veille sur ses soeurs de façon machiavélique en une tentative de compensation mentale ...
Son statut d'aînée à une époque où le terme avait encore une signification fait d'elle une sorte de gouvernante, la vouant au célibat ce qu'apparemment elle vit très mal. Car Claire est un être passionné au tempérament de feu que le souci des apparences cantonne à ce rôle de mère privée d'épanouissement charnel.
A l'époque et cela perdurera encore assez longtemps, une femme non mariée était désignée sous le terme infamant de " vieille fille " ... Vierge à 39 ans, quelle malédiction ! Symboliquement la demeure familiale est située entre la prison et l'église et Claire ne connaît de la vie extérieure que ce qu'elle aperçoit entre les interstices des persiennes.
Magali Comeau-Denis est ce personnage volcanique, faisant preuve d'une sulfureuse prestance qui happe notre attention et nous fascine.
Cyril Viallon est le contrepoint chorégraphique illustrant de façon sublime les fantasmes de cette démone agissante et frustrée.
On déguste le spectacle comme un alcool fort qui nous laisse un peu k.o. tout en déclenchant l'irrésistible envie d'y revenir ...

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

 

 

  

20:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/03/2008

note destinée aux lecteurs ...

Suite à des travaux à domicile, je ne reprendrai les commentaires-théâtre qu'après le 7 avril prochain.

Merci de me conserver votre fidélité. 

19:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/03/2008

Quelqu'un pour veiller sur moi de Frank McGuinness

THEATRE MOUFFETARD

73, rue Mouffetard 75005 PARIS

(M° Place Monge)

Loc. 01 43 31 11 99

Places : 22 & 15€

Mercredi, jeudi, vendredi à 20h 30

Samedi à 17h. & 21h.

Dimanche à 15h.

Du : 13 Mars au : 27 Avril 2008.

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Traduction : Isabelle Famchon

Mise en scène : Sophie Lorotte

avec Pascal Casanova, Arnaud Décarsin, Sacha Petronijevic. 

Combien y a t' il de prisonniers politiques de par le monde ? ...
Bien plus que nous ne pourrions l'imaginer, sans doute. Il suffit parfois, selon l'endroit,  d'une seule parole imprudente critiquant le régime pour qu' un homme ou une femme se retrouve en prison. (voyez la Chine)
Ici, trois hommes : un anglais, un irlandais et un américain sont à Beyrouth dans la même cellule, chaînes aux pieds.

Leur crime ? s'être trouvé là où il ne fallait pas être à un moment précis.
Ils n'ont qu'une vague idée de la raison de leur kidnapping, l'un est universitaire, l'autre médecin et le troisième reporter de guerre ( il est vrai).
Là, j' énumère leur profession respective dans le désordre mais la guerre, n'est elle pas le désordre avant tout en dépit de la loi des armées ?
Que faire pour occuper tout ce temps ? L'un va chanter pour combattre son angoisse, tandis qu'un autre effectuera des pompes car la captivité est mortelle pour les muscles d'autant que la nourriture ... mieux vaut ne pas en parler !
Le troisième dans son coin, broie du noir.
Histoire de les occuper on leur a distribué Coran et Bible sans l'ombre d'une ironie.
- " Si on était né musulman, tout cela ne serait pas arrivé " dira l'un d'eux.
Et oui, la cohabitation entre deux dieux unique pose problème !
 Alors pour oublier leur sort actuel, ils vont se chamailler un peu, se raconter aussi en évoquant leur existence d'avant, aborder le thème des confidences sexuelles car généralement, cela met les hommes en joie, créant une atmosphère de complicité.
Que faisaient ils déjà quand ils étaient mômes ? Ils inventaient des jeux et bien c'est ce qu'ils vont faire, ils seront à un match de tennis ou au ciné car l'imagination sauve de tout.
Comme la réalité rattrape toujours ceux qui feignent d'oublier,  il va bientôt en manquer un, puis deux et le troisième restera seul, nous laissant à nos méditations sur le sort de l'être humain, sur la monstruosité des guerres ...
Chaque comédien est formidable dans son registre personnel. Ces trois là sont tout à la fois puissants et fragiles, leurs personnages émouvants et admirables.
L'auteur quant à lui fait preuve d'un beau talent !
Par conséquent, à voir toutes affaires cessantes car il est des thèmes qui ne sauraient attendre.


Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

  

14:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent