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08/02/2011

Un manège nommé désir d'après La Ronde d'Arthur Schnitzler.

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THEATRE ESSAION

6, rue Pierre au Lard

75004 PARIS

(M° Rambuteau ou Hôtel de Ville)

loc. 01 42 78 46 42

www.essaion.com

Pl. 20€ - T.R. 15€

les jeudi, vendredi, samedi à 21h.30

Mise en scène : Guylaine Laliberté

Avec Claude Caro et Gérard Foucher

ainsi que Michel Doumenq ou Georges Bécot.

 

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Nous connaissons tous " La Ronde " de Schnitzler, grâce au remarquable film de Max Ophuls mais également au fil de nombreuses réalisations théâtrales toutes plus inventives les unes que les autres.  Ici, en justification du titre remanié, nous découvrons un mini-manège posé sur une colonne, tandis qu'un narrateur jouera les Monsieur Loyal ou les Deus ex machina, si vous préférez.
Apparition d'une fille brune tout de rouge vêtue qui a le nom d'une constellation en forme de W ... promesse de septième ciel ? Survient  Daniel. Ce n'est plus un soldat comme dans le texte de notre auteur viennois mais un ambulancier à la coiffure en forme de véritable motif de licenciement. Avec lui, ce sera vite fait, bien fait contre un mur, ainsi épinglée, la dame lui restera attachée.
Puis nous retrouverons Daniel avec Marie, cette fois, et celle là est blonde.
Notre narrateur de service revenant de façon ponctuelle, jouera alors les devins. Suivons Marie pour l'heure avec Alfred, le jeune monsieur qui profite de son état pour exercer un droit de cuissage avant d'aller rejoindre une maîtresse plus mûre que la jeune soubrette laquelle s'est révélée fort peu farouche ...
Comme notre homme saute décidément d'un lit à l'autre, (quelle santé !) son costume sera  agrémenté d'une pochette mais la chemise restera résolument en dehors du pantalon. Quant à la coiffure, disons que c'est celle de quelqu'un qui aurait attendu le tramway dans le vent et sous la pluie. Pris par l'action sans doute, Gérard Foucher cultive le débraillé ...
Puis le conteur (Michel Doumenq ce soir là) deviendra le temps d'une scène, valet de chambre et s'activera intensément car " madame doit avoir sa chemise de nuit toute prête quand elle rentre."  
Scène conjugale entre Emma et Charles, le mari jouant les bonnets de nuit avec sa légitime afin de mieux se réserver pour Jessica, que nous ne tarderons pas à retrouver en compagnie de Victor car La ronde (pardon, le Manège) continue à tourner.
Pour une fois et c'est bien la seule, la coiffure échevelée du monsieur se justifie pleinement. Echarpe blanche et chaussures de même ton puisque nous sommes dans le clinquant avec ce drôle de zèbre !
Dans l'intervalle, le ring (pardon, le lit, va et vient, déplacé chaque fois par notre fil rouge humain de service ...)
La dame se nomme Eva et ce " jeune vieillard " d'aristocrate arbore un catogan.
Le fil conducteur d'Arthur Schnitzler est respecté certes, quoique l'ambiance sinon le style, ait plus que tendance à rappeler Crébillon fils. Les comédiens sont talentueux mais l'élégance masculine quelque peu absente. Autre temps, autres moeurs, il est vrai et puis, faire-tout-ça-tout-seul !  ... Enfin presque car pour ce qui est de Claudie Caro, le pari est réussi quant à Gérard Foucher ce dernier serait parfait s'il consentait (simple suggestion) à peaufiner son image ...

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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11:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Appelez-moi Tennessee de Benoit Solès.

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THEATRE des MATHURINS
Petite Salle

16, rue des Mathurins

75008 PARIS

(M° Madeleine, Havre Caumartin)

Loc. 01 42 65 90 00

Pl. de 18€ à 32€

www.theatremm.com

du mardi au samedi à 21h

matinées samedi à 16h.30
et dimanche à 15h

Mise en scène : Gilbert Pascal

avec Frédéric Sahner et Benoit Solès.

 

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Décor de bungalow, évoquant le lieu où Tennessee Williams avait coutume d'écrire, avec au mur, les affiches de films qui ont largement contribué à le faire connaître du grand public.
Nous le découvrons installé à sa table de travail située face à la fenêtre et un peu plus loin, ce bar indispensable,  car l'auteur était un grand consommateur de whisky. Bruit de vagues en fond sonore se juxtaposant au crépitement de la machine à écrire. L'homme se lève, noue un foulard qu'il glisse sous sa chemise (c'était la mode à l'époque, nous sommes en 1962) enfile sa veste, chausse ses lunettes ... le voilà prêt pour l'interview !
Apparition du second personnage de la pièce écrite par Benoit Soles : Alvin, à l'aisance toute professionnelle, sourire impeccable face aux caméras, quelques fiches à la main, prêt à affronter cet auteur à succès, auréolé du prestige d'un double prix Pulitzer.
Un seul hic, le journaliste n'a pas l'intention de parler de l'oeuvre qu'il a vaguement survolée mais de l'homme, ce qui irrite quelque peu l'invité. On le serait à moins si on ne savait que c'est généralement le cas. Cependant Alvin Baker est sympathique, se tire aisément des impasses et ne déplaît pas à Tennessee qui s'amusera même à le mettre mal à l'aise ...
Il croira alors découvrir en lui une certaine ressemblance, prétexte à une évocation. Peu à peu, au fil de l'interview et en dépit de la réticence de celui qui est là pour répondre aux questions, l'alcool aidant, la biographie de Tennessee Wiilliams se dessinera sous nos yeux.
Une interruption technique nous permettra de découvrir ce que fut la rencontre avec Marlon Brando envoyé par Elia Kazan pour " Un tramway nommé désir."
Benoit Soles prête ses traits au célèbre auteur tandis que Frédéric Sahner passe adroitement d'un personnage à l'autre avec une aisance qui mérite d'être soulignée. Si l'on excepte la courte parenthèse un peu caricaturale destinée à rappeler ce que fut la fin dérisoire de Tennessee Williams, la pièce ravira les fans de cet auteur et permettra aux autres de mieux connaître le personnage sinon son oeuvre. Dans l'un et l'autre cas, la démarche mérite le détour.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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( Photos, LOT )

 

 

10:22 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/02/2011

Jacques a dit de Marc Fayet

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THEATRE de NESLE

8, rue de Nesle

75006 PARIS

(M° Odéon)

loc. 01 46 34 61 04

Pl. 20€ - T.R. 15€

du mercredi au samedi à 21h.

jusqu'au : 12 février 2011

 

Mise en scène : Massimiliano Verardi

avec Ivana Coppola, Fabrice Drouelle, Albane Duterc, Laurent Hallé, Réjane Kerdaffrec, Olivier Viné.

 

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" Jacques a dit " titre péremptoire pour une situation aux conséquences imprévisibles.
Jacques, c'est l'ami absent mais parfaitement omniprésent, (dans les esprits du moins)  lequel s'offre le luxe 20 ans après, de réunir du fait de sa seule volonté une bande de copains. " La bande du Val Fleury " car à toutes les époques les jeunes se sont rassemblés en petits groupes, histoire d'affronter un monde qui leur faisait peur. Alors on fait bloc, même si en interne on se chamaille, même si on doit gérer de petits conflits. De façon plus ou moins évidente et qu'on le veuille ou non, un meneur finit presque toujours par s'imposer. D'évidence Jacques était celui-là puisqu'au premier signe, les voilà à nouveau tous ensemble.
Au fil des ans, des couples se sont formés puis défaits car il y a souvent des histoires d'amour dans un groupe.
Marc Fayet a dressé ici de beaux portraits contrastés et vivants. Nous allons les découvrir un à un et constater que les apparences sont parfois trompeuses ...
La réunion a lieu dans l'appartement de Romain (Olivier Viné) dessinateur un peu maladroit, un peu borné aussi qui se rassure avec sa manie du rangement. Il ne tardera pas à constater que la règle s'applique aux objets mais pas aux humains.
Marie (Réjane Kerdaffrec) est sa patronne qui tout comme Jacques a une âme de chef et pratique sans vergogne le droit de cuissage. (certains connaissent les sièges éjectables avec elle, c'est le lit.)
Arrivée mouvementée de Victoire, ( surprenante Ivana Coppola ! ) une charmante hyper-sensible un peu fofolle qui se pique de psychologie tout en se livrant à un anthropomorphisme confusionnel.
Puis ce sera le tour du couple Lili-Jean-Jean (Albane Duterc - Fabrice Drouelle) lesquels vingt ans après vont remiser leurs diminutifs au rayon des accessoires périmés.
Nous notons au passage que les femmes se détestent chaleureusement et s'envoient çà et là quelques vannes, situation classique quand on s'est partagé les mêmes hommes.
Bertrand (Laurent Halle) cultive le retard comme quelqu'un qui désespère d'être désiré. La construction d'un puzzle se met en place au propre comme au figuré. Les esprits s'échauffent et le ton monte entrecoupé de situations scabreuses et parfois comiques).
La mise en scène de Massimiliano Verardi est vive, efficace et nous passons avec eux tous un excellent moment. La pièce est programmée jusqu'au 12 février mais après l'avoir vue, nous souhaitons très fort qu'une prolongation soit décidée car hautement méritée !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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11:11 Publié dans THEATRE | Lien permanent