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25/05/2009

A la vie ! de Jean-Louis Milesi

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THEATRE MOUFFETARD

73, rue Mouffetard

75005 PARIS

Réserv. 01 43 31 11 99

Pl. 22 & 15€

du mercredi au vendredi à 20h.30

samedi à 17h & dimanche à 15h.

jusqu'au : 27 JUIN 2009

Adaptation du scénario " A LA VIE A LA MORT "

écrit par Jean-Louis MILESI et Robert GUEDIGUIAN.

Mise en scène : Pierre-Loup RAJOT

avec : Jean-Jérôme ESPOSITO, Laurent FERNANDEZ, Lara GUIRAO, Julie LUCAZEAU, Ged MARLON, Georges NERI, Richard SAMMEl, Mireille VITI.


Nous pensons trop souvent que l'époque dans laquelle nous vivons est déshumanisée, surtout si nous habitons dans une grande ville.
En ce cas et afin de vous rassurer, allez voir cette pièce, vous y rencontrerez de vrais gens. Bien sûr, ils ne sont pas exempts de défauts mais la plupart ont un coeur " gros comme ça " et la solidarité n'est pas avec eux un vain mot.
Nous sommes dans un quartier de Marseille où un vieux cabaret joue péniblement les prolongations grâce à une strip-teaseuse (Joséfa) qui a passé l'âge de se découvrir mais fait toujours rêver les copains ... Mireille Viti est absolument magnifique dans ce rôle !
Son mari, José (Laurent Fernandez) bichonne une voiture d'un autre âge (elle aussi) qui lui coûte les yeux de la tête mais on ne se défait pas aisément de ce qu'on aime, êtres ou objets.
C'est tout une famille que nous allons découvrir avec son franc-parler, ses situations de crise, les quelques frictions parfois entre les uns et les autres mais qui ne seront jamais définitives.
Les comédiens prennent un évident plaisir à être les personnages qu'ils incarnent et aucun n'est en deçà du rôle qui est le sien.
Nous allons même découvrir un Ged Marlon (Patrick) d'une émouvante humanité et le rôle n'est pourtant pas facile ... Jusqu'à Otto cet ex-légionnaire dont le passé n'incite pourtant pas à la sympathie. Richard Sammel lui prête un visage de chevalier teutonique qui, n'en doutons pas attire irrésistiblement plus d'un regard de femme quand il est sur le plateau.
Julie Lucazeau vise carrément la performance avec ses multiples compositions de personnages tous plus présents les uns que les autres.
Il faut également nommer Lara Guirao qui est Marie-Sol sans laquelle le drame qui se voulait feutré en ce pays ensoleillé n'existerait pas, ce qui donne une dimension supplémentaire à la pièce et puis ... tous les autres : Georges Néri (coincé dans son fauteuil) et la maîtrise de  son jeu qui sonne toujours juste sans oublier bien sûr, Jean Jérome Esposito qui a lui seul résume le sort de beaucoup avec un fond inaltérable de gentillesse, sans tomber dans le misérabilisme.
Tous et toutes mènent cette pièce de haute main et quand au final on entend les accents de " Ay Carmela " on se dit que l'on voudrait être espagnol afin de joindre notre voix à la leur en une standing ovation, bien méritée.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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14:26 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/05/2009

Médée de Jean Anouilh

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VINGTIEME THEATRE

7, rue des Platrières

75020 PARIS

(M° Ménilmontant)

Loc. 01 43 66 01 13

du mercredi au samedi à 21h.30

le dimanche à 17h.30

jusqu'au dimanche 14 juin 2009

mise en scène : Ladislas Chollat

avec Elodie Navarre (Médée) - Gildas Bourdet (Créon) - Benjamin Boyer (Jason) - Sylviane Goudal (la nourrice) - Gilian Petrovski (le garçon) - Grégory Vouland (le garde) -


La pièce commence par une voix off destinée à résumer le thème en direction de ceux qui n'auraient pas été nourris au lait mythologique.

Or, dès la première scène il est évident que nous avons quittés le temps des demi-dieux. Il y a du Jean-Louis Bourdon derrière cet Anouilh vu par Ladislas Chollat. Quant à Elodie Navarre, la fougue de sa jeunesse est plus rock que tragique. Jean Anouilh avait déjà voulu réactualiser l'action, nous assistons ici à une réactualisation de la précédente ... mais la démarche n'est pas allée jusqu'au bout puisqu'il aurait fallu pour accéder à une quelconque crédibilité faire de Médée la fille du roi des gitans.
La claudication se situe entre tragédie antique et fait divers actuel.
Pour renforcer l'impression, Créon (Gildas Bourdet) a l'allure d'un mafioso doté de troubles prostatiques.
Jason (on peine à reconnaître sous les traits de Benjamin Boyer le superbe Argonaute) est d'une telle inconsistance que l'on s'épuise en vain à imaginer que Médée ait pu nourrir un quelconque sentiment pour lui.
Heureusement, il y a Sylviane Goudal (la nourrice) dont la présence scénique et le jeu solide nous permettent d'adhérer parfois à ce classique déclassé.
Quand on connaît l'oeuvre, on souffre un peu mais ce n'est pas grave, en revanche je m'inquiète pour ces jeunes qui découvrent le mythe pour la première fois.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

16:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Dans la jungle des villes de Bertolt Brecht

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Théâtre de la Tempête

Cartoucherie de Vincennes

Rte du Champ-de-Manoeuvre

75012 PARIS

Réserv. 01 43 28 36 36

billeterie en ligne,

www.la-tempete.fr

Pl. 18, 13 & 10€

mercredi tarif unique : 10€

du mardi au samedi à 19h.30

dimanche à 16h.

jusqu'au : 7 JUIN 2009

texte français de Stéphane Braunschweig (L'Arche, Editeur)

mise en scène : Clément Poirée.

avec Philippe Morier-Genoud (Shlink) - Bruno Blairet (Georges Garga) - Catherine Salviat (Maë Garga) - Raphaël Almosni (John, Garga, C. Maynes) - Laure Calamy (Marie Garga) - Julie Lesgages (Jane Larry) - David Stanley (Skinny) - Geoffrey Carey (J. Finnay dit le Lombric) - Dominic Gould (Collie Couch dit le Babouin) - Laurent Ménoret (Pat Manky, un Missionnaire).

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En principe, le langage de Brecht est assez clair, il y a d'un côté les bons, ce petit peuple opprimé et puis les mauvais autrement dit les exploiteurs. Nombreux furent ceux qui reprochèrent à cet auteur son proverbial manichéisme !
Il n'en est pas de même " Dans la jungle des villes " oeuvre de jeunesse située en amont du théâtre épique brechtien. Les frontières ici sont imprécises, les motivations obscures. En comparaison le mythe de Faust est dépassé car Georges Garga ne vendra pas en dépit des apparences, son âme au diable-Shlink il sera même très difficile de déterminer qui est la réelle victime de l'autre ... Bref, la pièce interpelle le spectateur à plus d'un titre.
Afin de confirmer le dérangement auquel ce dernier va être soumis, Clément Poirée promène un peu le public par le biais de cette mise en scène en deux temps.
De même que le plus jeune héros refusera de vendre son opinion à n'importe quel prix, (Ne dit-on pas pourtant que tout est achetable ?) ... la mise en place ne pourra être immédiate et se voudra symbolique.
Quelle étrange allure ont ces personnages surgissant dans cette bibliothèque de prêt parmi l'accumulation d'ouvrages, le désordre, la violence des hommes faisant tache au milieu de la pensée structurée mais multiple. Certes, dans tout ce fatras, certains ouvrages ne valent rien et l'homme d'affaires qui a perdu beaucoup de temps à construire sa fortune va tout naturellement vouloir acheter l'opinion de celui qui n'a pour lui que la fréquentation des textes. Mais ce qui fascine Shlink, ce qu'il voudrait acheter, n'est-ce pas en réalité sa jeunesse perdue qu'il retrouve sous les traits du jeune homme ?
Attirance homosexuelle diront certains ? ... Peut-être mais se contenter de cette explication serait de toute évidence, réducteur. En fait, tandis que l'un se construit en fonction du monde environnant, l'essence même de l'autre se dissout dans la partie inférieure du sablier. J'ai particulièrement apprécié la composition de Geoffroy Carey mais ce n'est pas porter préjudice aux autres que de le souligner car le travail de chacun est impeccable.
Un Brecht hors normes par conséquent, à ne surtout pas négliger et dont la durée passe même inaperçue tant l'atmosphère y est forte.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

10:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent