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06/06/2008

TAIS-TOI ET PARLE-MOI de David Thomas

MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS

(M° Blanche)

Loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ TR.13€

Jeudi, vendredi, samedi à 21h.

(sauf le 19 juin)

Jusqu'au : 26 juillet 2008 

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Mise en scène : Hocine Choutry. 

avec Barbara Beretta, Marc Bouttiau, Sandra Valentin, Raphaël Cohen, Olga Sokolow, Catherine Lenne, Jean-Paul Sermadiras

 

Cas de figures ... D'emblée, le spectateur s'amuse.
 
- Une femme aborde un homme en lui disant : " Parlez-moi " ... (de façon névrotique) mais comment parler quand on ne vous écoute pas ? La dame insiste et l'homme timide, panique.
- Tiens, il n'y a pas que les mâles qui ont des liaisons extra-conjugales tout en refusant de compromettre leur ménage !
- Un monsieur après quelques années de mariage a perdu sa libido, vous ne l'auriez pas retrouvée ? ...
- Parfois, l'époux et l'amant peuvent aisément communiquer.
- " Et maintenant, aux fesses " ! comme dirait le poète.
- Est-ce que vous avez pensé aux problèmes du lendemain ?
- Comme chacun sait, " la solitude on s'y habitue mais on ne s'y résout pas "
- Qu'il est difficile de se chamailler quand on n'en a pas l'habitude ...

Voilà résumées quelques situations présentées par ces différents couples.
Le langage a ici une importance primordiale puisque ce que l'on dit n'est pas toujours en rapport avec la situation et que beaucoup se taisent quand ils parlent.
Or le silence n'est-il pas la plus sûre façon de s'exprimer ? Les complications arrivent bien assez vite ensuite !

Sept comédiens vont illustrer tout cela avec pour support au langage une mise en scène ludique, inventive au rythme constant.
Une mention spéciale pour le couple formé par Sandra Valentin et Raphaël Cohen, ils sont jeunes, ils sont beaux et talentueux en diable ce qui ne saurait pour autant faire de l'ombre aux autres partenaires.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

11:01 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Sacré nom de Dieu ! de Arnaud Bedouet

THEATRE de la GAITE MONTPARNASSE

26, rue de la Gaité

75014 PARIS

(M° Gaité)

Loc. 01 43 22 16 18

Pl. 35/28/20€

du mardi au samedi à 21h.30

matinée le dimanche à 18h.

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Mise en scène : Loic Corbery (de la Comédie Française) 

avec Jacques WEBER et Magali Rosenzweig. 

(Texte librement inspiré de la correspondance de Gustave Flaubert) 

Le spectateur va - un temps - se poser des questions quant au délabrement de l'espace scénique avant de réaliser que ce qui nous est montré est en fait le lieu où se situe l'action.
D'évidence, la demeure normande prend l'eau et précisément, l'orage bat son plein. Comme un malheur n'arrive jamais seul, Gustave lit la lettre de rupture que Louise Colet vient de lui adresser.
Côté jardin, un impressionnant amoncellement de lettres froissées évoque la correspondance passionnée que Flaubert et la poétesse échangèrent durant dix longues années.
Jacques Wéber prête à l'auteur sa silhouette massive et sa redoutable puissance d'expression.
Nous sommes bien loin ici de l'image que l'on a tendance à projeter sur celui qui  ciselait minutieusement son expression écrite. L'homme auquel nous sommes confrontés a la truculence rabelaisienne, le verbe haut en couleurs et le sang chaud. Comme celle qui vient de l'abandonner a coutume de jongler avec la rime cette forme d'expression n'aura pas grâce à ses yeux mais quel auteur pourrait se targuer d'un quelconque avantage vis à vis d'un concurrent !  L'enjeu est de taille, ne s'agit il pas de passer à la postérité ? L'écrivain s'en défend, raillant l' Académie qu'il juge indigne de lui, bien sûr ... Il jure comme un beau diable et semble vouloir couvrir l'orage de ses imprécations.
Magali Rosenzweig incarne fort efficacement Marie, dont les interventions sont censées calmer le grand homme. On ne s'oppose pas à un ouragan mais sa présence constante s'avérera quand même modératrice ...
Arnaud Bédouet s'est inspiré de la correspondance de Gustave Flaubert pour écrire ce texte et il s'agit ici d'une seconde version puisque dans la précédente Jacques Wéber était seul en scène mais seul ou accompagné son nom suffit à attirer les foules.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

10:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/06/2008

TONTON LEON Story de Serge SEROUT

THEATRE des MATHURINS

36, rue des Mathurins

75008 PARIS

(M° Havre-Caumartin)

Loc. 01 42 65 90 00

Pl. 35/27/20€ 

www.theatremm.com

Du mercredi au samedi à 21h.

Matinée le samedi à 16h.30 

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Mise en scène : Daniel COLAS

avec Cécilia CARA et Didier BRICE

Arrangements musicaux : Aldo FRANK 

 

Où finit l'enfance ? L'âge adulte existe t' il vraiment ? ...
Tonton Léon est un vieil enfant marqué par la vie qui collectionne les poupées comme autant de rêves envolés en un évident phénomène de compensation.
Cette pièce peut se lire à différents niveaux mais son onirisme nous entraîne au delà des mots, au delà des situations.
Les hommes recherchent souvent des poupées qui n'ont rien dans la tête histoire de se rassurer, croyant ainsi fuir les problèmes et quand a contrario, ceux-ci se multiplient c'est alors que s'additionnent les verres d'alcool ...
Léon dans sa jeunesse fit une rencontre et crut vivre une belle histoire d'amour seulement voilà, comme il le dit : " Tata Anita était une belle peau de vache " !
(C'est du moins le souvenir qu'il en a conservé.) Maintenant, il est seul et tente de réinventer sa vie.
Quand il rentre du travail Amélie est là, campée dans ses plus beaux atours et chante à ravir pour l'homme fatigué qui connaît de si belles histoires et puis d'autres aussi, pas spécialement faites pour les petites filles mais notre poupée grandeur nature peut décidément tout entendre. D'ailleurs ses questions sont si insidieuses qu'il est impossible de s'y dérober.
Alors le dialogue s'exprime tout au long de la nuit car ce petit bout de femme a l'opiniâtreté résolument féminine, la curiosité des enfants et la rouerie de celle qui grandit en voulant savoir encore et encore ...
Ce duo fait merveille : Didier Brice joue les funambules avec une vertigineuse maestria tandis que la facétieuse Cécilia Cara nous enchante de sa voix cristalline.
L'un l'autre se mettent en valeur en un contraste efficace.
Serge Serout nous a raconté une effroyable histoire qui par la magie du théâtre est devenue conte de fées. Nous sortons de ce spectacle à regrêt, la tête incroyablement pleine de rêves, ravis et prêts à renouveler l'expérience le plus vite possible. On voit parfois un film plusieurs fois de suite, au théâtre, c'est plus rare mais cette pièce risque fort d'être l'exception qui confirme la règle.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

15:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/05/2008

LE PASSE ROMPU de Charlotte-Rita Pichon

THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Fbg Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

Réserv. 01 47 70 32 75

Places : 20 & 13€ 

Représentations à venir : Mardi 27 Mai à 19h.

Dimanche 8 Juin à 17h. 

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                                                          - photo : André Navaud - 

Mise en scène de l'auteur.

avec Anne Lyse Boussy, Marie Daude, Franz Debrebant,

Kat Lampito, Isabelle Voge. 

 

" L'ancien temps ne veut pas cesser d'être "
                                      Victor Hugo



Charlotte-Rita Pichon aurait-elle la nostalgie du temps passé ? Elle seule pourrait le dire ... En tous cas, il est évident qu'elle s'est littéralement immergée dans cette époque remuante qui caractérisa le début du 20ème siècle.
Nous sommes en 1906 et une civilisation est sur le point de changer de visage. Certes, les habitants des divers pays d'Europe ont conservé l'esprit du 19ème siècle mais chacun aspire à aborder dans les meilleures conditions possibles cette ère nouvelle soit en préservant ses droits soit en voulant en acquérir de nouveaux.
La pièce commence par un dialogue entre deux soeurs ...
L'aînée a hérité des dispositions artistiques paternelles, fille de peintre elle s'adonne à la sculpture ce qui à l'époque était faire preuve d'une belle indépendance. Voyez Camille Claudel ... mais n'est-ce pas en 1906 que les femmes obtinrent le droit de vote en Finlande ? Cette même année, le capitaine Dreyfus fut réhabilité, bref tout bougeait, de toute évidence.
Parallèlement, en Russie la noblesse tsariste n'avait pas encore réalisé qu'elle ne faisait que subsister dans l'attente imminente du chaos. Deux mondes parfaitement antinomiques cohabitaient encore de façon plus ou moins distanciée.
L'action se situe à Paris et la cadette des deux soeurs ne vit que pour son Alexandre, jeune homme exalté qui la néglige pour flirter avec les révolutionnaires dont le message devient de plus en plus pressant ...
C' est alors que le Destin symbolisé par deux femmes appartenant à cette aristocratie russe va faire irruption et bouleverser la vie du trio.
Les sentiments aussitôt exacerbés, la jalousie fera son apparition et le fragile équilibre vacillera sur sa base.
L'auteur a fidèlement retrouvé le langage de l'époque (illustré de façon parfaite par Gabriele d' Annunzio). Entendre dire : " reprends le flambeau de notre race " a quelque peu tendance à faire sourire actuellement mais en ce temps là, la phrase n'était pas rare en certaines sphères ...
C'est donc à une pièce en décalage à laquelle vous êtes conviés d'assister pour laquelle les comédiens s'impliquent sans restriction aucune. La mise en scène qui se résume à des déplacements n'est peut-être pas particulièrement significative car il n'est pas aisé à un auteur de se passer d'un oeil extérieur qui, nous le savons prolonge ou trahit. (Il est difficile de déterminer le risque avant de l'avoir pris.)
N'importe, cette pièce se laisse d'autant plus voir qu'elle nous dépayse.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent