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05/09/2007

NE NOUS QUITTE PAS ! de Gil Galliot Yves Hirschfeld

THEATRE TRISTAN BERNARD
64, Rue du Rocher
75008 PARIS
(M° Villiers)
Loc. 01 45 22 08 40
Pl. 32/26/20€
Etud. - 26 ans : 10€
- 50% sur le plein tarif jusqu'au 11 septembre.

Du mardi au samedi à 21h.
+ samedi à 18h.

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Mise en scène : Gil GALLIOT
avec Philippe LELIEVRE, Gil GALLIOT & Fred NONY.
et la voix de Sophie Le TELLIER.

Combien de personnalités peuvent-elles cohabiter en un seul personnage ? ...
Comment est-on perçu par l'être aimé ? ...
Ce sont les questions (insidieuses au possible), que semblent se poser nos co-auteurs mais comme ils ne voulaient pas que le spectacle vire à " la prise de tête " ils ont choisi le mode ludique, voire carrément burlesque pour évoquer la chose ...
Un être n'est pas absolument le même aux différentes périodes de sa vie. Il évolue plus ou moins bien et parfois celui ou celle que nous avons connu au départ n'a plus rien à voir avec celui de l'arrivée, 15 ou 20 ans après. Pourtant, c'est bien la même personne ?
Agnès pleure ses trois Paul,
- celui du tout début, beau jeune, fougueux (Philippe Lelièvre)
- cet autre plus mûr, sécurisant, un tantinet possessif et parfois pragmatique jusqu'à l'ennui. (Gil Galliot)
- et enfin, ce Paul rhumatisant, dont la fragilité - pourtant poétique - le pousse à l'hypocondrie car certains hommes vieillissent mal. (Fred Nory)
Chacun de ces trois comédiens prend un plaisir évident à investir son personnage, que dis-je ? A se vautrer dans ses travers ... et ce faisant, ils nous arrachent des rires. Après s'être convoquée, notre trinité masculine va conclure que " le couple, c'est simple mais ... dans une sorte de complexitude "
Le premier Paul ne pensait qu'à l' amour en tant que prouesse physique, le second est obsédé par le travail et s'exprime en termes de marketing et enfin, le troisième Paul est presque retombé en enfance tant il a besoin qu'on lui dorlote ses petites misères. Alors forcément, Agnès regarde ailleurs ... et Paul ne comprend pas ce qui arrive.
Célibataires ou mariés, les spectateurs croient se souvenir de certaines situations qui - appliquées à d'autres - sont mille fois plus drôles, évidemment !
On ne verra jamais Agnès puisqu'elle est l'obsession de ces hommes de même que ces derniers ne parviennent à quitter son esprit. Ah ! l' Amourrr ... l'Amourrr !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com.

16:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/09/2007

Un Monde Fou de Becky Mode

Théâtre La Bruyère
5, rue La Bruyère
75009 PARIS
M° St-Georges
Loc. 01 48 74 76 99
Pl. 36/28/21/15€
-26ans : 10€
- 50% sur le plein tarif jusqu'au 7 septembre 07.

Du mardi au samedi à 21h.
matinée : samedi à 17h.30

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Mise en scène : Stephan Meldegg.
avec Eric Métayer
sur un texte français de Attica Guedj & Stephan Meldegg.

L'auteur (e) - c'est une femme - a connu cette situation qui consiste à devoir accepter un travail purement alimentaire dans l'attente d'un rôle. Léo Ferré disait à peu près ceci : " quand on accepte un boulot pour bouffer, il faut craindre d'être bouffé par lui. " Et oui, mais comment faire ? Si à défaut de figurer en tête d'affiche on ne veut pas risquer de passer derrière sans les décoller, on est contraint d'accepter n'importe quoi. Heureusement que Becky Mode avait plus d'une corde à son arc, ce qui lui a permis d'écrire.
Son anti-héros, Sam répond au standard d'un restaurant dans le vent dont la direction fait fi de la pose syndicale. Il fait habituellement équipe avec un collègue qui, ce jour là, précisément est absent. Comme il n'a pas le choix, il assume !
Eric Metayer se démultiplie à une cadence infernale. Il évoquera pour nous une trentaine de personnages, ceux qui appellent pour réserver tout en exigeant la meilleure table ... les invisibles collègues sont à l'étage car apparemment le standard semble situé au sous-sol. C'est du moins l'interprétation possible que l'on peut faire du décor (assez surprenant). Toujours à cent à l'heure, il répond aux clients, communique les informations à ses collègues, eux aussi débordés. La plus sympa est Stéphanie " oui, Sam ! " lui répond-elle mi-complaisante, mi-ahurie car le miracle est que le comédien nous fait voir les personnages, adoptant non seulement la voix mais le comportement de chacun. Il mime, bruite sans accessoires, se déplace à la vitesse de l'éclair et parfois, réussit l'exploit de nous faire rire aux larmes.
Plus contestable est la scène de projection censée déclencher l'hilarité générale et qui n'était peut-être pas indispensable. Le cours de diction téléphonique, totalement impromptu, conséquence de la double activité est inénarrable.
Le terme de one-man-show s'avère inadéquat car c'est à un numéro de haute voltige auquel nous assistons. Comme on dit, le comédien mouille sa chemise : quelle belle énergie !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

19:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/08/2007

NOUS SOMMES DE CELLES - version théâtrale, chansons de Anne Sylvestre.

Théâtre de l' AKTEON
11, rue du Général Blaise
75011 PARIS
(M° St-Ambroise)
Loc. 01 43 38 74 62
Tarifs : 16 & 10€

du : 29 Août au 15 Septembre 2007
à 21h.30 du mercredi au samedi.

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Interprétation et mise en scène : Katia Redier & Anne Veyry.
Mandole, mandoline et guitare : Ensemble Gabriele Leone
Lumières : Rémi Godfroy

L'une est grande, blonde - un peu anguleuse, l'autre, brune - plus petite, plus ronde et elles se complètent parfaitement. Juchées sur des tabourets, dos au public (pour commencer car elles ne font rien comme tout le monde) nos deux interprètes parviennent à faire passer le texte qu' éberlués nous recevons cinq sur cinq.
En fond de plateau, face au public : deux musiciens à cordes, guitare et mandoline égrènent les notes, cristallines,( bien talentueux, eux aussi.)
Et bien non, Anne Sylvestre ne sera pas chantée, elle sera dite avec douceur, parfois véhémence, toujours avec conviction et humour. Force est de constater que des textes d'une telle qualité, ça ne se rencontre pas à n'importe quel coin de scène et on se demande même comment on a pu s'en passer ...
Quant à ces deux là que l'on découvre - ravis - elles font naître sous nos yeux des personnages, leurs " frangines " ...
Celle ci est immense puisqu'elle se nomme Gulliverte et s'offre à la curiosité de tous ces petits bonhommes complètement dépassés par l'énormité de la situation.
" - On m'appelle Benoïte " dit la blonde qui, les yeux baissés a aussi pivoté sur son perchoir pour nous offrir son meilleur profil.
Elles vont ensuite se lever devenues brusquement rivales, passant derechef à l'accent bourge-méprisant, ne serait-ce que "pour faire des vagues, rien qu'une fois" ! Comme elles diront plus tard : " c'est la faute aux hormones, Simone " mais je vous laisse découvrir pourquoi.
Vous aviez remarqué que l'univers féminin se partage en deux catégories ? Les sans fesses et celles qui en ont trop. C'est pourtant vrai et il en est ainsi depuis qu' Eve a croqué la pomme or s'il suffit d'être blonde pour que la gent masculine rêve immédiatement de Marylin mais si toutes étaient blondes, hein ? ... Ils feraient quoi ? Alors mieux vaut se contenter de sa carcasse puisqu'au final c'est notre meilleure amie. Tous ces propos relèvent du bon sens et déclenchent la sympathie tout comme nos deux nouvelles amies car le spectacle nous les a rendues proches et nous espérons les voir et les revoir encore en ce lieu ou un autre car elles méritent largement le détour.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

10:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

AUX DEUX COLOMBES de Sacha Guitry

PEPINIERE-OPERA
7, rue Louis le Grand 75002 PARIS
Loc. 01 42 61 44 16
(M° Opéra)
Places : 34/24€
mercredi : 28/19€
Premiers aux premières du 22 aôut au 4 septembre
50% sur le tarif plein.

Du mardi au samedi à 21h.
également samedi à 18 h.

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Mise en scène : Jean-Laurent Cochet
avec Jean-Laurent Cochet, Virginie Pradal, Catherine Griffoni, Paule Noëlle, Anne-Marie Mailfer.

Quiconque voudrait imiter Guitry se couvrirait de ridicule et Jean-Laurent Cochet le sait bien, aussi son jeu se situe t' il aux antipodes du génial mais narcissique Sacha. Le poing résolument vissé sur la hanche en une posture qui lui est familière ... le visage souligné d'un collier de barbe neigeux, sans doute pour qu'on ne le confonde pas avec Hitchcock auquel il ressemble de plus en plus, J.L.C. sera donc cet époux converti en prince de harem à son corps défendant.
L'actuel metteur en scène et interprète nous a déniché cette introuvable comédie légère, joyeusement caustique où Guitry prouvait une fois de plus combien il exécrait et de ce fait adorait les femmes ... Lui qui déclara à l'une d' elles car il se maria souvent : " Tu bailles ? Tu bailles ? Et bien, bye-bye ! " se voit brusquement envahi par deux officielles épouses en une involontaire bigamie avec dans le même temps, l'espoir c'est à dire l' Avenir au féminin qui frappe à sa porte.
Cet éminent avocat parisien a épousé la soeur de sa première épouse disparue depuis deux décennies et coup de théâtre imprévisible dans la vie de cet homme rangé, voilà la première qui ressuscite ! Les deux soeurs vont bien évidemment se crêper le chignon tandis que complètement débordé par les événements, l'époux se déclarera bien embarrassé pour choisir entre l'une et l'autre.
Seul l' Esprit permet de sortir des situations inextricables et Guitry n'en manquait pas ! Qu'est-ce qui motive une épouse sinon la possession, il suffit donc de trouver l'os à ronger et notre juriste a bien évidemment plus d'un tour dans son sac.
Comme d'habitude, Virginie Pradal est absolument époustouflante dans le rôle de la première épouse et déclenche un tonnerre d'applaudissements bien mérité.
Paule Noëlle sera la légitime en place qui n'a nullement l'intention de quitter les lieux tandis qu' Anne-Marie Mailfer est la bonne qui en dépit de sa fidélité à Monsieur n' hésiterait pas à plier bagage si ces deux là devaient stationner trop longtemps. Guitry ayant l'optimisme chevillé au corps, la solution sera vite trouvée en la personne de cette Grande Duchesse russe, descendant en droite ligne de Nicolas II et qui roule les r à ravir ... Catherine Griffoni n'est pas blonde ce qui ne l'empêche pas de justifier le célèbre charme slave.
Bien que ce ne soit pas la meilleure pièce écrite par celui que l'on considère à juste titre comme le père du boulevard, la maestria de l'auteur est telle que le résultat se situe largement au dessus de la moyenne de ce mode d'expression.

Simone Alexandre
theatrauteurs. hautetfort.com

10:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent