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09/06/2009

Play Strindberg de Friedrich Dürrenmatt

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L' ATALANTE

10, Place Charles Dullin

75018 PARIS

M° Anvers, Abbesses, Pigalle

Loc. 01 46 06 11 90

Jusqu'au : 20 JUIN 2009,

lundi, mercredi, jeudi, vendredi à 20h.30

samedi à 19h. - dimanche à 17h.

(relâche le mardi)


Mise en scène : Alain-Alexis BARSACQ.

avec : Agathe ALEXIS, Philippe HOTTIER, Dominique BOISSEL, Frédéric BOUBET

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(photos : Grégory Fernandes)

Ici, Friedrich Dürenmatt parodie la Danse de Mort de Strindberg, transformant la tragédie du couple en farce grotesque à la portée quasi métaphysique ...
Le destin de cet homme et de cette femme est de vivre ensemble, de se haïr mais de se supporter, pire d'être indispensables l'un à l'autre.
Pour décor, un salon aux allures de ring de boxe car c'est bien de cela dont il s'agit. Il convient que l'autre soit mis k.o !

En douze rounds, le chiffre n'est pas choisi par hasard, un treizième aurait été synonyme d'irrémédiable trahison or ces deux là dans leur détestation sont liés " à la vie, à la mort " certes pas pour le meilleur mais sans nul doute pour le pire.
Alice a abandonné sa carrière pour se marier avec cet homme, autoritaire, égocentrique et lui en fait constamment reproche. Edgar règle sa vie en parfait militaire, faisant table rase autour de lui. Les rouages grincent bien chez ces deux là, l'atmosphère est explosive et l'escalade permanente.
Le cousin d'Alice, Kurt va arriver à point nommé non pour faire diversion mais pour jouer les projecteurs braqués sur cette danse macabre.
Entre chaque coup de gong, Agathe ALEXIS et Philippe HOTTIER rivalisent de talent. Alice est drôle, féroce et lucide. Edgar est odieux et cependant on ne peut se départir d'une forme de compassion admirative pour cet être condamné qui s'écroule à intervalles réguliers pour se relever avec l'obstination de celui qui veut être vainqueur.
Le rôle de Dominique BOISSEL (Kurt) est plus ambigu; cette relation triangulaire ne pouvant lui être favorable alors même qu'il personnalisait l'espoir, voire la solution offerte ...
Frédéric BOUBET sera l'arbitre, illustrant le caractère brechtien de la mise en scène.
Une heure cinquante d'intérêt intense pour les spectateurs qui concluent en sortant qu'ils viennent indéniablement d'assister à l'un des meilleurs spectacles de la saison.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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11:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Cyrano Intime d'après Edmond Rostand

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LE GUICHET MONTPARNASSE

15, rue du Maine

75014 PARIS

Loc. 01 43 27 88 61

Pl. 18€, TR : 13€

Du mercredi au samedi à 22h.

Jusqu'au : 27 Juin 2009


Adaptation et mise en scène : Yves MORVAN.

avec Mathilde Arnaud, Julien Buda, Mathieu Gorges, Brice Hillairet, Romaric Maucoeur (en alternance : Antonio Labati) et Lula Suassuna.


Cyrano est sans contestation possible le personnage théâtral qui, avec Hamlet fait le plus rêver les comédiens car ces deux héros parlent plus que tous à l'imaginaire tant leur personnalité est porteuse d'émotions. A ce jour, on a tout dit sur l'un et l'autre et cependant on y revient sans cesse.
Certes, nous n'avons plus les moyens financiers de sa création, l'époque n'étant pas aux grandes distributions, aux somptueux décors et costumes mais le texte lui, traverse aisément le temps grâce à la richesse du verbe utilisé. Yves Morvan a su préserver celui-ci.
Pour cette adaptation, Ragueneau sera le conteur mais également le garant de la fantaisie et pour ce faire, Julien Buda va se démultiplier à l'envi.
Cyrano, ce frère cadet de Don Quichotte, cet héritier de Riquet à la Houpe et de Quasimodo, adoptera les traits modifiés de Lula Suassuna avec cependant un côté un peu sombre qui est celui (il est vrai) de l'homme convaincu du fait que sa disgrâce physique est éliminatoire aux yeux de celle qu'il aime.
Romaric Maucoeur est un Le Bret dont la puissance d'expression ferait presque craquer les coutures du personnage quant à Mathilde Arnaud, si elle n'a pas ce côté " grande dame " auquel la tradition nous avait habitués, elle interprète son rôle avec intelligence et sensibilité.
Brice Hillairet quoiqu'un peu emprunté offre sa charmante figure au personnage de Christian et s'il consentait à poser plus souvent son couvre-chef, nous en profiterions mieux.
On peine un peu à croire De Guiche amoureux de Roxane tant Mathieu Gorges joue les petits marquis d'une voix qui en dépit de la faible distance passe irrégulièrement la rampe mais portés par l'action nous oublions bien vite ce léger désagrément.
Bref, c'est à une agréable soirée à laquelle vous êtes conviés en ce petit lieu où il se passe parfois de grandes choses.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

11:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/05/2009

Les Tentations Electives de Benjamin Oppert

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du faubourg Montmartre

75009 PARIS

(Métro : Grands Boulevards)

Loc. 01 47 70 32 75

www.TheatreDuNordOuest.com

Pl. 20€ - T.R. 13€

jusqu'au 1er Septembre 2009 à 19h.

Mise en scène : Philippe BRIGAUD

avec Aurélien CHARLE, Christine MELCER, Rémy OPPERT, Michel PILORGE.

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Etre le lieu où se déroule la Cérémonie des Molières ... plus d'un directeur de théâtre a dû quelque(s) nuit(s) en rêver.

Et bien, précisément, nous y sommes.
Oh ! certes, les dorures habituelles sont quelques peu absentes de même que la foule pressante des professionnels.

Toutefois, une Ministre de la Culture en la personne de Christine Melcer finira par arriver - bien qu'un peu en retard - et celle-ci aura même la politesse de présenter quelques excuses ce qui en pareille circonstance, frise l'utopie pure et simple !
Avec brio, Michel Pilorge sera Monsieur Loyal (forcément, les Molières c'est toujours un peu le cirque) A lui, incombera la redoutable tâche de nous présenter l'heureux lauréat qui, au prix d'un effort surhumain devra tenir en ses mains la lourde statue représentant l'immortel Jean-Baptiste.
Et c'est là que le bât va blesser car Rémy Oppert qui joue Pierre Escabeau, (nom de théâtre casse-gueule au possible), va déclencher le scandale du siècle puisqu'il refusera non sans panache, ce que tous attendent sans oser l'espérer.
Démarrage de pièce sur les chapeaux de roues et brusquement, presque sans transition, nous allons nous retrouver dans le bureau de notre Ministre de la Culture, flanquée de son directeur de Cabinet (Aurélien Charle) cet alexandre politique en herbe.

A cet instant précis on commence à se demander ce que l'auteur a voulu démontrer ? ...


Car, ce vieux routier de la scène qui a blanchi sous le harnais moliéresque vient de tout envoyer promener afin de commencer à vivre une vraie vie et comme son esclandre a titillé l'opportunisme gouvernemental, une mission est sur le point de lui être confiée. Je vous laisse découvrir les ou plutôt LA condition qu'il va imposer pour donner son accord.

Nous venons de basculer de la scène théâtrale à la scène publique, les deux professions étant soeurs jumelles comme chacun sait. Très curieusement, et pour la première fois de sa vie sans doute, Pierre Escabeau va jouer les utilités ... consentantes, qui plus est !
Depuis que cette invention existe, le téléphone a toujours eu une place primordiale dans la vie d'un comédien.  Monsieur Loyal ayant depuis longtemps disparu après avoir rempli son office, les trois personnages restant vont intensément vivre la fébrilité de l'attente sous nos yeux ...
Il n'est un mystère pour personne que le souhait de tout comédien ou comédienne est de mourir sur scène et le champ politique actuel nous prouve chaque jour que l'on ne décroche pas aussi facilement dès que le virus a fait son nid chez quelqu'un.
A contrario, Benjamin Oppert semble vouloir développer ici une philosophie allant à l'encontre de tout ce qui nous est prouvé. Voeu pieux ou incitation à l'absentéisme ? ... Car enfin, après toute cette démonstration d'énergie déployée doit-on dire : " tout ça, pour ça ? " De telles implications peuvent-elles être suivies d'un décrochage aussi spectaculaire ? C'est donc à une réflexion sur le carriérisme à laquelle l'auteur nous convie.

A chacun de tirer les conclusions qui lui conviennent le mieux et en attendant, rendons hommage aux comédiens dont l'expérience fait ici merveille.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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15:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Tags : politique, carriérisme