Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/06/2009

TALKING HEADS de Alan Bennett

 

THEATRE MARIGNY

Carré Marigny

75008 PARIS

(M° Champs Elysées)

Loc. 0 892 222 333

Pl. 32/26/22€

du mardi au vendredi à 20h.30

samedi à 16h & 21h.

(sauf les 30 juin, 14 juillet, 18 juillet à 16h)

30 REPRESENTATIONS EXCEPTIONELLES

A PARTIR DU : 12 JUIN

version française : Jean-Marie Besset

mise en scène : Laurent Pelly

avec Christine Brücher, Nathalie Krebs, Charlotte Clamens.


Trois femmes, trois monologues, trois contextes différents et une volubilité identique. De vrais moulins à paroles effectivement mais pas tout-à-fait des moulins à vent !

On rencontre parfois dans la vie, cette sorte de femme au demeurant insignifiantes qui ne tarissent pas de commentaires. Plus leur existence est un long fleuve tranquille et plus elles prêtent de l'importance au plus petit détail, jusqu'à nous saouler de péripéties. Beaucoup ont alors envie de prendre leurs jambes à leur cou, (j'en suis) d'autres font semblant d'écouter. Ici, c'est différent, le rapport entre scène et salle étant privilégié.

Ah ! ces bureaux dans lesquels les êtres sont en boite, où l'on tourne en rond durant de longues heures même si on s'occupe à travailler (souvent sans conviction aucune) parce qu'il faut bien gagner sa vie. Difficile en pareilles conditions de s'exprimer de façon sublime ! Du reste, ce serait tout à fait incongru.

Mais chaque existence comporte sa part de risques et brusquement l'intérêt que l'on porte aux autres accède à une autre dimension car le drame, cette invisible épée de Damoclès située au dessus de chaque tête peut s'abattre à tout instant.
Chez soi, c'est la même chose, on peut tranquillement faire la vaisselle pour être brusquement témoin d'une tragédie et cette dernière aurait pu aussi bien vous atteindre de plein fouet !
Alan Bennett a posé la loupe de Sherlock Holmes sur chaque personnage, soulignant le dérisoire, ayant chaque fois recours à l'ironie mais le monologue le plus drôle est sans contestation possible le dernier des trois. où là, un changement de pédicure fera basculer de façon inattendue le destin de la très sage Miss Frozzard et (cerise sur le gâteau), le spectateur s'offrira le luxe d'une imprévisible vue plongeante sur la scène. Mais chut !  Inutile d'en dire plus, allez les découvrir. mises en valeur de façon quasiment cinématographique par Laurent Pelly; Christine Brücher, Nathalie Krebs et Charlotte Clamens font merveille et nous prouvent chacune à sa façon que les petits destins n'existent pas. Ce qui en rassurera plus d'un et plus d'une !


Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

talking-heads.jpg

photo : Brigitte Enguerand.

10:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent

15/06/2009

JOURNAL D'UNE AUTRE d'après Notes sur Anna Akhmatova de Lydia Tchoukovskaïa

PARIS-VILLETTE

Parc de la Villette

211 av. Jean-Jaurès

75019 PARIS

(M° Porte de Pantin)

Loc. 01 40 03 75 75

Pl. 21€ - T.R. 15/10€

lundi, mercredi, samedi : 19h.30

mardi, jeudi, vendredi : 21h

jusqu'au : 27 JUIN 2009

adaptation : Valérie Blanchon et Isabelle Lafon

Mise en scène : Isabelle Lafon.

avec Johanna Kortals Altes et Isabelle Lafon.

journal-autre-1.jpg

 

Comment restituer les rencontres qui eurent lieu entre ces deux femmes ? Telle est la question que Isabelle Lafon a dû se poser avant de mettre en scène et s'impliquer physiquement dans cette réalisation.
Le texte nous plonge au coeur des purges staliniennes quand on tremblait pour les proches, pour soi et tous les autres. Aucune pensée personnelle ne devait alors s'exprimer, seule la pensée collective était admise. Il ne fallait par conséquent laisser aucune trace. Verba volant, scripta manent ... le verbe d'Anna Akhmatova s'envolera alors en direction de cette oreille amie qui apprendra tout par coeur, le texte écrit sera ensuite détruit pour limiter les risques. On peut n'être que deux pour entamer une résistance et ces deux femmes s'y employèrent. Lydia Tchoukovskaïa sera la vestale du texte, de tous les textes confiés par Anna Akhmatova.
Jadis la culture relevait d'une tradition orale et en période de crise politique grave il est certes plus prudent d'y revenir.
Non seulement Lydia apprend les poèmes par coeur mais au fil du temps et des événements elle va tout consigner en langage codé, sorte de journal non pas introspectif mais sous forme de témoignage.
Comme accessoires : une table couverte de livres et de manuscrits éphémères pour la plupart, quelques tabourets, un éclairage basique et le texte dit pour tout support.
Théâtre minimaliste, dépouillement voulu car il appartient au spectateur de créer lui-même les images en fonction de ce qu'il entend.
Certains soirs, la pluie sur le toit s'invite créant une impression de réalité.
Le jeu des comédiennes est sobre, à la limite d'un texte à l'italienne mais ce public là n'est pas venu par hasard aussi repartira t-il avec l'impression d'avoir partagé quelques instants de vie en compagnie de l'auteur(e) évoquée.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

journal-autre.jpg

 

 

16:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

L'école des veuves de Jean Cocteau

Aff.veuves.jpg

Théâtre ESSAÏON

6, rue Pierre au Lard

(angle 24 rue du Renard)

75004 PARIS

(M° Rambuteau, Hôtel de Ville)

Loc. 01 42 78 46 42

Jusqu'au 30 Juin : lundi et mardi à 20h.

A partir du 1er juillet, du mercredi au samedi à 20h.

Mise en scène et vidéos : DEJAN ILIC

avec Marie DELAROCHE, Anne CADILHAC,

et Richard MEDKOUR

Cocteau-garde.jpg

 

Conjuguer Cocteau à la mode fellinienne sous prétexte qu'il a tourné un Satyricon duquel est sorti ce personnage de matrone inventé par Pétrone puis repris par La Fontaine dans ses contes érotiques fait que l'on peine à discerner le ton habituel du Prince des Poètes. C'est un parti-pris de mise en scène que Dejan Ilic assume, n'en doutons pas. Cette légère pièce en un acte écrite tout spécialement pour Arletty fut représentée nous dit-on en 1936 à l'ABC et reste peu connue du grand public.
L'aventure est ici amenée par le biais d'un prologue au cours duquel Fanny Ardant et Fabrice Lucchini feront une double apparition (vocale) par le biais d'imitations assez bien rendues, il faut le reconnaître !
Décor et costumes sont amusants et aptes à servir cette farce que l'on pourrait presque attribuer à Aristophane ...
Une veuve éplorée décide d'aller rejoindre son époux dans la tombe et comme entre maîtresse et servante des liens parfois se créent, cette dernière voudra suivre l'exemple à son corps défendant, tout de même !
Un garde viril passera par là ... je vous laisse deviner la suite.
Certes, si vous allez voir cette pièce pour l'auteur, vous allez être un peu déroutés mais ceux qui se rendront à ce rendez-vous l'esprit vierge de toute idée préconçue risquent d'en tirer plaisir. Les réactions de la salle sont là pour en témoigner.
Les trois comédiens Marie Delaroche, Anne Cadilhac et Richard Medkour ne ménagent pas leurs effets et disons que dans le registre drolatique, c'est assez réussi. En revanche, les puristes seront peut-être d'un autre avis mais n'en faut-il pas pour tous les goûts ? Par conséquent, je ne saurais trop vous inciter à aller sur place forger votre propre opinion.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

Ecole-veuves-A.jpg

 

11:34 Publié dans THEATRE | Lien permanent