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14/02/2010

La botte secrète de Dom Juan. pièce de Grégory Bron.

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THEATRE RANELAGH

5, Rue des Vignes

75016 PARIS

loc. 01 42 88 64 44

www.theatre-ranelagh.com

les mercredi, jeudi, vendredi,

samedi à 19h.

dimanche à 15h.

jusqu'au : 28 mars 2010.

par la Cie AFAG Théâtre.

avec Jean-Baptiste Guintrand, Grégory Bron, Benjamin Dubayle, Claudia Fleissig, Vincent Dubos, Virginie Rodriguez, Charlotte Rondelez, Simon-Pierre Boireau.


" capédédiou, ma caillou ! " ...

Tous les amoureux de Féval et Dumas vont adorer ce texte écrit en alexandrins, " si vous plèt " comme on dit dans le Sud-Ouest
car encore plus que Dom Juan,  il y a du D'Artagnan dans cette pièce là ...


Certes, Léonard avec sa face embroussaillée ressemble quelque peu à un homme des bois, on l'imagine troussant allègrement les soubrettes mais quand sa main rencontre une épée, c'est le noble chevalier qui apparaît,  grand coeur, et bras vaillant !

Le mollet est vif, le geste précis et puis ... il y a la fameuse botte secrète que nous, public attentif, attendons impatiemment.
En dépit des sbires et des reîtres, et même d'un Tancrède de Mondragon qui n'est pas à une traîtrise près ... nous suivons haletants les péripéties et les plus jeunes ne sont pas les derniers à s'esclaffer de joie. Leurs rires spontanés font plaisir à entendre. Passés de mode, les vers à 12 pieds ? Allons donc ! en voici la preuve, et il n'est pas exclu qu'un spectateur peu rompu à cette discipline, porté par l'enthousiasme ne s'y mette aussi. Les dames sont belles et courtisées, très sportives également. Bref, c'est à une parenthèse épique que vous êtes invités en ce siècle où le panache semblait pourtant oublié.

Que nenni ! puisque nous répondons " présent " Les duels sont remarquablement mis au point, l'interprétation dans son ensemble d'une belle qualité. Ah ! cela fait du bien ...

Tenez, pour peu, si leur engagement à tous n'était aussi physique, on crierait volontiers " bis. "

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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17:17 Publié dans THEATRE | Lien permanent

ALEXANDRA DAVID-NEEL, mon Tibet de Michel LENGLINEY.

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PETIT MONTPARNASSE

31, rue de la Gaité

75014 PARIS

(M° Gaité ou Edgar Quinet)

loc. 01 43 22 77 74

Pl. de 18 à 34€

du mardi au samedi à 21h.

Matinée le dimanche à 15h.

Mise en scène : Didier LONG

avec Hélène VINCENT et Emilie DEQUENNE.


Beau duo de choc !

Alexandra David Néel était indéniablement une femme de tête. Tout son parcours en témoigne. Par contre, si l'on en croit Michel Lengliney ce fut également à la fin de sa vie ( et sans nul doute avant ) une femme dont l'autoritarisme frisait le despotisme.
Car Louise, Eugénie, Marie David épouse Néel vécut durant les 101 années qui constituèrent son existence comme un homme, en décidant de tout. 
Par conséquent, se frotter à ce personnage relevait de l'exploit sportif.
Marie-Madeleine Peyronnet nommée ici, " Tortue "  partagea les dix dernières années de la vie de cette femme exceptionnelle et ce ne fut pas on l'imagine, de tout repos.
En revanche pour une jeune femme avide d'apprendre, il ne pouvait exister un être au monde qui soit plus apte à combler ses voeux. Engagée comme secrétaire, en 1959 elle demeurera auprès de ce bourreau admirable, jusqu'à la fin.
Elle restera dévouée au delà de la mort à celle qui prônait l'ivresse de n'obéir qu'à soi-même tout en se comportant en autocrate.
Hélène Vincent incarne cet être hors normes, aux dimensions mythiques avec une fougue absolument sidérante. Face à elle, Emilie Dequenne résiste, tout comme son personnage, cramponné à sa détermination d'être utile, sans pour autant abdiquer son autonomie morale.
Ce climat de tension pourrait sembler insupportable sans l'humour qui émaille le texte de bout en bout. La mise en scène de Didier Long rend le propos encore plus percutant et nous vivons les péripéties évoquées avec une fascination tout aussi admirative que celle à qui les récits s'adressent.
On assiste ici à un grand moment de théâtre servi par deux excellentes comédiennes. A voir ou revoir, bien évidemment.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photos : Lot)

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15:59 Publié dans THEATRE | Lien permanent

08/02/2010

La lutine (La dama duende) de Calderon

THEATRE de L'OPPRIME

78, rue du Charolais

75012 PARIS

(M° Montgallet)

Loc. 01 43 40 44 44

Pl. 16€, TR : 12€

Du mercredi au samedi à 20h.30

Matinée le dimanche à 17h.

jusqu'au 7 mars 2010.

Mise en scène et adaptation : Hervé Petit

(La pièce est publiée aux Editions de l'Amandier.)

avec Karim Abdelaziz, Charlotte Adrien, Caterina Barone, Béatrice Laout, Jean-Claude Fernandez, Jean-Marc Menuge, Antoine Roux.

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Les armoires servent généralement à cacher les amants, le rôle de cette armoire-vedette est ici un peu plus complexe mais ne sommes nous pas au Siècle d'Or ? ! ...
Cette comédie baroque nous parle des sentiments qui régnaient alors parmi la noblesse espagnole où la notion d'honneur était prioritaire. Une entorse à l'ordre établi et la main se trouvait promptement engagée dans la coquille de l'épée.
Autres temps, autres moeurs, autre langage aussi et celui de Calderon adopte facilement ce ton lyrique qui fit dire à Wagner que les tendances idéalistes de l'auteur étaient bien proches de l'opéra. Sans aller jusque-là il est évident que Pedro Calderon de la Barca avait une haute notion de l'art théâtral, transcendance qui s'est quelque peu perdue à l'époque actuelle. Tout le travail d'Hervé Petit  tend à nous rapprocher de cette perception et ce, sans emphase aucune.
Quant on connaît les convictions religieuses de l'auteur, le scepticisme de don Manuel n'en est que plus savoureux tandis que son valet Cosme fait plus que dépasser le stade de la superstition. Ce dernier est disons le, un franc trouillard caractéristique doublée d'une nette tendance à l'alcoolisme, état qui aggrave ses craintes.
Les hommes étaient les maîtres à l'époque et un frère était garant de l'honneur de sa soeur fut elle veuve ce qui n'empêchait nullement les gentes dames de mener à part leurs petites intrigues ... Cette histoire est de prime abord celle d'une fratrie doublée d'une amitié et parfois il advient que deux frères puissent tomber amoureux de la même femme. L'élégance et la beauté de dona Béatrice justifient du reste, amplement leur choix.
Karim Abdelaziz est un don Manuel tout à fait séduisant. J'ai déjà évoqué la beauté de Charlotte Adrien quant à Caterina Barone cette dernière est une Angela aussi active qu'efficace et nous souhaitons tout au long de la pièce que ses habiles hardiesses soient couronnées de succès.
Calderon respectant les formes classiques du théâtre, Isabelle (Béatrice Laout) sera donc la suivante de dona Angela mais l'impact du rôle n'aurait pas été moins grand si son costume avait été féminin ...
Il semble en effet que Caroline Mexme n'ait pas fait un choix précis de l'époque en ce qui concerne l'habillement et c'est peut-être un peu dommage car cela confère à l'ensemble un caractère un peu hybride. En outre, tirer l'épée avec un costume contemporain peut créer certains problèmes ... mais je chipote allez vous dire ?
Jean-Claude Fernandez qui apparemment a repris le rôle de Cosme n'a pas exactement une nature de comique ce qui ne l'empêche pas de s'acquitter avec un certain brio de la tâche, porté en cela par un texte savoureux. Le personnage fait penser au Sosie de Molière dans ses scènes de peur panique.
Les deux frères Jean-Marc Menuge pour don Luis et Antoine Roux en ce qui concerne don Juan illustrent bien les deux caractères de nobles d'âge différent, le premier entraîné par la fougue amoureuse et le second en pleine possession de la maîtrise de soi. De belles études de caractères par conséquent.
Il est seulement dommage que les lumières ne cadrent pas plus avec ce que l'on entend et une pénombre plus grande ajouterait de la crédibilité à l'action.
Nonobstant ces quelques petites réserves, chacun et chacune s'acquitte de sa tâche avec conviction et nous passons en leur compagnie une excellente soirée.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photos Nicolas Brackez)

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11:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent