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21/09/2009

La danseuse du crépuscule de Claudette Lawrence

(photos : Lot)

Lola.jpg

THEATRE de la HUCHETTE

23, rue de la Huchette

75005 PARIS

(M° St-Michel)

Loc. 01 43 26 38 99

www.theatre-huchette.com

Pl. 19,50€

2 pièces le même soir : 30€

Du lundi au vendredi à 21h.

samedi à 15h.30

Mise en scène : Guy MOIGN assisté de Gonzague PHELIP.

avec Adeline BELLOC, Jean-Michel CANNONE,

Catherine DAY, Roger DEFOSSEZ, Letti LAUBIES, Clément ROUAULT, Nell REYMOND.


" Je hais les dimanche " chantait Gréco.

En voilà un précisément qui se situe quelque part dans un appartement enfoui dans les faubourgs de Londres, en novembre qui plus est !  Nous découvrons deux femmes plus très jeunes, surtout une qui présente tous les symptômes d'un Alzheimer galopant. 
Arrive un étrange boy-scout au poil blanc et à la bedonnante silhouette. Roger Défossez campe de façon incongrue ce personnage d'un autre temps égaré dans une époque où le seul être qui compte pour lui est un poisson rose (même pas rouge ! ) car l'existence javelise les êtres ...
Piétre diversion, quelqu'un (e) d'autre était attendu (e) et la déception est à la mesure de cette atmosphère étale faite de vague espoir, de regrets et de mélancolie, d'exaspération aussi, quand Lola se voit contrainte de canaliser la vieille dame toujours disposée à battre la campagne dans tous les sens du terme.
Nell Raymond fait preuve d'une belle autorité et Catherine Day de beaucoup de fantaisie. Une Agnès qui se nomme ici Laura incarnée par Adeline Belloc se désespère de la perte de son chat; rassurez-vous, l'auteur (e) est moins cruelle que Molière ... Nouvelle diversion avant que l'ennui ne reprenne ses droits (pas très longtemps du reste) car quelqu'un d'autre surgit puis un autre, puis une autre et le rythme de la pièce s'accélère, les coeurs se remettent à battre.
Clément Rouault (Justin) ce fils incorrigible qui avait disparu de chez lui (une fois de plus) déboule en trombe, joue les séducteurs échevelés auprès de Lola mais en pure perte. Quand on est femme de marin, on sait ce que veut dire le mot constance ! Plus dangereux sera le visiteur suivant ... Mark O'Brien alias Jean-Michel Cannone qui offre sa belle stature au personnage et est irrésistible, il faut bien le reconnaître.

Mais quand Paquita (Letti Laubies) espérée depuis le début arrivera enfin, l'atmosphère en sera toute ragaillardie et nous finirons par conclure qu'il ne faut jamais présumer du climat d'un dimanche avant que la nuit tombe.
L'énigme qui consiste à faire évoluer tant de monde sur un si petit plateau conserve tout son mystère ...


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

Day-Defossez.jpg

 


 

13:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/07/2009

Les tétonnières du Paradis de Robert Poudérou

R.Poudérou.jpg(photo de l'auteur)

Mise en scène : Stéphane Bouvet.

Indéniablement et avant tout, le titre est porteur d'une dose équivalente de truculence et de rêve.  Sans doute Arletty - avant d'accepter - n'en doutons pas - aurait-elle déclaré à notre auteur,

- " vous êtes un coquin "

s'il avait pu lui confier le rôle de Zaza del Corazon, cette autre chanteuse réaliste.
Joindre l'élégance de l'alexandrin à la canaillerie loubardière n'était certes pas une mince affaire mais quelle superbe gageure ! 
Mettons le cap sur l'Absurdie patrie de tous les poètes où règne Zobie-Roi, monarque vieillissant, père d'une jeune beauté répondant au doux nom d'Hippigénie. ( Hip, hip, hip, hourra ! mais ne nous égarons pas.)
La gente damoiselle réserve ses regards énamourés au libertaire Zozo-la-Chienlit dont l'action subversive ne peut s'exercer que grâce à la présence effective de ses deux loubards de service : Hippo et Hippu.
Car le véritable maître du royaume est en réalité le sinistre prince Zobu, propriétaire incontesté du pétrole et du fric qu'il génère, lequel a jeté son dévolu sur la belle princesse et compte bien l'épouser bien qu'ayant déjà officiellement deux maîtresses grâce à la présence bicéphale (et pas seulement) de Zaza del Corazon évoquée plus haut et de Zazou de St-Denis.
L'âme damnée de ce peu recommandable personnage est Zoba-le-Sec, salace sicaire au comportement crapuleux.
Intrigues, querelles sont au rendez-vous de cette farce entraînante où les femmes, n'en doutons pas auront le dernier mot. Mais chut ! je vous laisse découvrir la suite  heureux frères humains qui pourrez assister aux représentations des 24, 25 et 26 juillet prochain à 22 heures, dans le cadre du " Festival de la Mémoire des Humbles " à Mensignac en Dordogne. Ceux qui ne pourront s'y rendre ont la possibilité de se consoler en lisant le texte paru chez Art et Comédie.
En attendant, vive le théâtre et vive l'été !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

10:17 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/06/2009

La mort de Don Juan de Damiane Goudet

Portrait.jpg

 

THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Faubourg Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

Réserv. 01 47 70 32 75

www.TheatreDuNordOuest.com

Pl. 20€ - TR. 13€

PASSEPORT : 95€ pour une entrée

libre à tous les spectacles du 3 avril

au 4 octobre 2009.

Mise en scène de l'auteur.

Parution courant juin chez ALNA Editions.

Texte interprété par : LUC ANTONI.


De même qu'Akira Kurosawa s'est penché sur le personnage de Macbeth en tournant " Le Château de l'Araignée " Damiane Goudet a examiné Don Juan en passant par le biais du Nô japonais.
Le Kabuki, trésor national vivant, transmet son art de génération en génération de même que Don Juan n'en doutons pas, drainera à jamais des imitateurs aux fortunes diverses ...
C'est à un huis-clos introspectif auquel nous sommes conviés.
N'attendez pas que le personnage se repente car il a toujours agi en accord avec lui-même. Tout au plus fera t-il preuve d'une certaine nostalgie ? ...
Car Don Juan était en fait un libertaire dont le comportement dénonçait " une société faussée par le mensonge individuel et collectif." - "Je suis une utopie qui révolte " constatera t-il.
Avec lui, point de faux semblant : quand il aime, il honore et quand le fruit vert commence à devenir blet, il le jette, ce qui, évidemment en dérange plus d'un !
" J'ai toujours été seul " dit-il.

Comme nous tous mais lui en est conscient.
Tirso de Molina puis Molière s'intéressèrent au personnage, en firent même l'emblème de l'interrogation métaphysique - car ne doutons pas que Don Juan ait réellement existé - les psychologues et autres philosophes continuent du reste à s'interroger quant à la vraie nature donjuanesque.

Tel un insecte qui butine les fleurs, Don Juan s'est posé de femme en femme puis s'est envolé emportant avec lui tous les codes moraux ...
Luc Antoni met en valeur un texte que nous savourons avec l'attention qu'il mérite portant ses soins à polir les mots avec la même précaution qu'il réserve à ce vêtement précieux dont il se départira peu à peu comme l'âme se détache du corps avant de n'être plus que le reflet d'elle-même.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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17:07 Publié dans THEATRE | Lien permanent