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01/03/2017

Voyage dans les mémoires d'un fou de et par Lionel Cecilio

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THEATRE L'ARCHIPEL

 

17, boulevard de Strasbourg

 

75010 PARIS

 

 

 

(M° Strasbourg-St-Denis)

 

loc. 01 73 54 79 79

 

 

https://www.larchipel.net/

 

Pl. 20€ - T.R. 12€

 

Durée : 1h15

 

du jeudi au samedi à 19h

 

Spectacle écrit et interprété par LIONEL CECILIO

 

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Le théâtre l’Archipel propose actuellement, salle bleue, un texte écrit et interprété par Lionel Cecilio, qui se met également en scène, très inspiré des « Mémoires d’un fou » du regretté Gustave Flaubert, et on en retrouve de larges inspirations, jusqu’à certaines images même et la structure générale,  spectacle intitulé « Voyage dans les mémoires d’un fou ».

Disons- le tout net, la folie flaubertienne s’apparente plutôt aux dérives symbolistes de son temps et aux illuminations d’un Byron ou aux travaux picturaux de Moreau ou Carlos Schwabe plutôt qu’à la maladie cliniquement diagnostiquée. La vision de Flaubert est toutefois très en avance sur son époque car si son texte a été publié en 1901,  à titre posthume, il a été écrit en 1838 par un Gustave encore très adolescent. Et cela se ressent à la lecture.

Il nous est donné de voir, et d’entendre, la vie d’un jeune homme découpée en trois tranches : enfance, jeunesse, âge d’homme, avec un glissement vers un désespoir criant, fondé sur l’imminence de la fin prochaine en raison de la maladie du corps entrainant la défaillance de l’esprit.

Les beaux vers d’Aragon « Rien n’est précaire comme vivre, rien comme être n’est passager », résument assez  bien ce que dénonce notre personnage qui se remémore sa vie antérieure, avec force recours à des invocations de personnages plus ou moins exotiques dotés ou non d’accent, hommes et femmes confondus.


Peu à peu le corps s’affaisse et se brise, l’espoir s’amenuise et disparaît, la cohérence s’efface.

 

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( photo : Hugues Marcouyau )

 



Mais la folie de Flaubert n’est pas la folie médicale, elle est la part de l’homme qui le met à l’écart des autres, qui le sort du troupeau, qui le distingue. Les vrais fous seront Bouvard et Pécuchet, vrais cinglés de la littérature, aux apparences bonhommes et à la normalité de façade.

On a le sentiment tout au long de ce spectacle, et pour rester dans l’univers d’origine, d’assister à la nuit  atroce précédant son duel que passe le héros de Bel Ami, Georges Duroy, confronté également aux affres de sa fin potentielle  très prochaine. Le pire n’est jamais certain. Le meilleur non plus.

Et ces scènes retracent le malaise syphilitique de Maupassant,  qui en est mort, et qui partageait  cette maladie avec Flaubert, lequel, selon toute vraisemblance l’avait contractée lors de sa fréquentation des houris dans les  bordels stambouliotes.
 
Dans une chorégraphie assez légère et discrète de Sylviane Bauer Motti, et sur une musique plutôt surprenante de Lucien Pesnot, Lionel Cecilio donne à voir une palette de personnages, plus ou moins fouillés, dont certains prétendent à l’humour, et qui au final semblent constituer une sorte de réflexion adolescente autour de la destinée, des attentes de l’enfance aux constats parfois désabusés de l’âge.

C’est là un exercice périlleux qui laisse au spectateur le sentiment d’une énergie débordante, d’une déraison réelle, flamboyante.

 

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Le théâtre l’Archipel se distingue par ses choix, éclectiques et curieux,  et son sens  de l’intérêt porté à la création. Ce « Voyage » en fait partie et on peut y aller pour la découverte à laquelle il nous entraîne.



Frédéric Arnoux © 

 

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12:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/02/2017

BEN-HUR de Hugues Duquesne

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THEATRE DE DIX HEURES

 

36, boulevard de Clichy

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° Pigalle)

 

loc. 01 46 06 10 17

 

 

https://theatrededixheures.fr/

 

les jeudi, vendredi, samedi à 20h

 

matinée le dimanche à 16h

 

 

Mise en scène : Luc SONZOGNI

 

avec Hugues DUQUESNE (Ben-Hur)

- Olivier MAG (Jésus de Narrateur)

- Adrien LALIGUE (Messala)

- Sébastien CHARTIER (Le Caméléon)

 

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Après " Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ "  voici le retour de Ben-Hur par le biais d'une nouvelle parodie hilarante au possible.

J'avoue que je me demandais comment la course de chars allait bien pouvoir se dérouler sur le petit plateau du théâtre de Dix-Heures mais il en fallait plus que cela pour désarmer nos quatre lascars !

Hugues Duquesne a donc extrait la quintessence narquoise du film de William Wyler, lui même inspiré par le célèbre roman de Lewis Wallace pour les soumettre à son esprit iconoclaste au possible, tout à fait dans l'esprit des Monty Python et s'est taillé la part du lion ( à l'époque des jeux du cirque, c'est logique ) en s'attaquant au rôle-titre.

Rassurez-vous, ses partenaires ne seront pas lésés et pour commencer le spectacle et le commenter chaque fois qu'il est nécessaire, Olivier Mag sera Jésus de Naza … non ! … de Narrateur. Il fera son apparition tout de blanc vêtu avec un chapeau qu'il a emprunté à une sorcière d'Halloween allant jusqu'à mimer une chevauchée de balai.

 

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Plus tard, il fera du porte-à-porte afin d'écouler son stock de calendriers arborant la photo des apôtres qui comme chacun sait étaient au nombre de 12, ( un par mois ) que l'on devine en petite tenue, autant dire carrément à poil :  les rugbymen n'ayant rien inventé.  

Adrien Laligue est Messala, vivante représentation du dieu Mars, persuadé du pouvoir infaillible et de la supériorité de Rome, ami d'enfance de Ben-Hur avec lequel il partage des souvenirs … UN surtout, dont il n'aime pas se rappeler.

Enfin celui que l'on surnomme " Le caméléon " l'homme à tout faire et qui fait tout de façon remarquable, l'irrésistible Sébastien Chartier, petit bonhomme mais grand acteur  se démultiplie en assurant tous les autres rôles.

A mourir de rire ! ! ! …

 

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( photos : Marie DICHARRY )



Ce spectacle mis en scène par Luc Sonzogni offre un festival de gags se succédant à une allure folle en n'oubliant pas d'écorner l'actualité au passage pour notre plus grand plaisir.

En ces temps bien plus que moroses où l'on risque le pire en caricaturant Mohammed, il est salutaire de se dire que l'on peut encore gentiment bousculer Jésus sans risquer sa vie, ce qui est un signe de bonne santé mentale.

Les improbables cathos-intégristes égarés en ce lieu pourront toujours solliciter le coup d'éponge fourni par le confessionnal le plus proche et ce faisant seront en mesure de revenir le lendemain puisqu'il est dit qu'il leur sera beaucoup pardonné car ils auront beaucoup aimé. Si tel ne fut pas le cas, tant pis pour eux. Aaaaamen !



Simonae Alexandrus

( disciple de Pierre Dac et de Jean Yanne

 

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09:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/02/2017

Oncle Vania d'Anton Tchekhov

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THEATRE ESSAION

 

6, rue Pierre au Lard

 

75004 PARIS

 

 

 

(M° Hôtel de Ville ou Rambuteau)

 

Loc. 01 42 78 46 42

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

http://www.essaion.com/

 

Durée : 1h25

 

Jeudi à 19h30

 

Dimanche à 18h

 

 

jusqu'au 19 MARS 2017

 

 

Mise en scène et chansons : Philippe NICAUD

 

 

avec Marie HASSE, Céline SPANG, Fabrice MERIO, Philippe NICAUD et Bernard STARCK

 

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Que fait-on à la campagne ? ...

On s'ennuie, il ne se passe rien, le temps est ralenti - alors on ressasse et on accumule les regrets …

 

Une très belle femme mariée à un homme bien plus vieux qu'elle, excite les convoitises et forcément, les hommes tournent autour de ce couple insolite en se disant,

- " pourquoi pas moi ? "


Le fait est aussi banal qu'éternel.

Sérébriakov ( Bernard Starck ) surnommé " Herr Professor " passe ses nuits à lire et écrire ( ou tenter d'écrire ) et ses journées à boire et se plaindre.

Crise de goutte ou rhumatismes ? … Il devient vis-à-vis de son entourage de plus en plus exigeant et insupportable.

Sonia ( Marie Hasse ) la fille qu'il eut d'un premier mariage, persuadée d'être laide, se meurt d'amour pour le docteur, lequel est bien entendu sollicité de plus en plus souvent, ce qui n'arrange rien. " loin des yeux, loin du coeur " a t-on coutume de dire … La situation actuelle la met sur le gril.

Etrange personnage que ce docteur Astrov ( Philippe Nicaud ) amoureux de la forêt où il aime se réfugier - écologiste avant l'heure - son métier l'épuise et il ne trouve qu'un peu de réconfort à brosser des toiles qui sont autant de constats des prédations humaines à l'encontre de la nature …
 
Bien que se déclarant revenu de tout, l'épouse de son patient l'attire indubitablement.

La belle Eléna, puisque c'est d'elle dont il est question ( Céline Spang ) en sa qualité d'épouse de Sérébriakov s'ennuie à mourir.

Vania ( Fabrice Merlot ) régit le domaine depuis 25 ans mais depuis quelque temps n'a plus aucun courage aussi passe t-il son temps à boire en rêvant à Eléna  - lui aussi -tout en concluant que le sort est injuste.

Le temps s'écoule lentement. la chaleur est insupportable et l'orage approche.

 

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Le texte est recentré ici sur ces cinq personnages lesquels resteront sur le plateau tout au long de la pièce ce, dans le but d'en renforcer l'impact. Quand le docteur s'éloigne des autres c'est pour mieux se rapprocher du public afin de chanter en s'accompagnant à la guitare tandis que la présence constante de Sérébriakov en fond de scène prouve qu'il est constamment présent à l'esprit de ceux qui partagent ce vécu.

 

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Car en cette maison, plus personne désormais ne dort ni ne travaille et les repas sont pris à des heures impossibles mais comme on est slave avant tout, on rit, on pleure, on danse et on chante tandis que les spectateurs sont sous le charme de ce spectacle captivant et haut en couleurs.


Simone Alexandre

 

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15:13 Publié dans THEATRE | Lien permanent