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24/11/2016

LES DELICES DU BAISER de Attilio Maggiulli

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COMEDIE ITALIENNE

 

17, Rue de la Gaité

 

75014 PARIS

 

(M° Gaité)

 

loc. O1 43 21 22 22

 

Pl. 15 à 25€

 

http://www.comedie-italienne.fr/

 

Tlj sauf dimanche et lundi à 20h30

 

Mise en scène : Attilio Maggiulli

 

avec : Hélène Lestrade, Vincent Morisse, David Clair,

Noëlle Salomon et Alexis Long

 

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Ils sont cinq et se démultiplient avec une énergie incroyable dans un chatoiement de couleurs, l'inventivité ayant présidé à l'élaboration des costumes.

Ce théâtre est peut-être le plus vivant de tous ; ici tout bouge, la cabriole est volontiers au rendez-vous et l'élégance du geste recouvre le tout.
Car si le spectacle est fait pour nous instruire, la priorité réside dans le divertissement.
Son but ? … Améliorer la vie, la rendre par l'exemple plus supportable.

Ce n'est hélas pas toujours l'impression que l'on retire certains soirs en certains lieux ...

Fort heureusement pour nous, le temple de la Commedia dell'arte vient après bien des vicissitudes de rouvrir ses portes. Ici, en dépit des circonstances, nulle morosité et pourtant le lieu - faute de subventions - resta fermé durant de longs mois. On imagine aisément le désespoir des artistes mais son directeur, Attilio Magguilli a toujours fait preuve de courage, d'intrépidité même ! ... Il en paya cruellement les conséquences mais on n'abat pas facilement un homme tel que lui.

 

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Il a donc écrit et mis en scène ce texte destiné à faire l'éloge du baiser au travers des siècles.

Quelques mots du thème : imaginez une grande dame aristocrate comme notre époque n'en connaît plus, laquelle écrit pour le plaisir de ses invités et le sien.

Hélène Lestrade et son élégance naturelle incarne ce personnage en roulant les R comme une princesse russe. A son côté, un majordome " proud as Artaban " l'assiste en toutes circonstances. Ici, la grande silhouette de Vincent Morisse et sa belle voix grave font merveille.

Après être sortis de l'époque des cavernes nous traverserons gaillardement celle des Croisades pour ensuite nous transporter à Vérone où une parodie drolatique de la célèbre scène du balcon nous offrira un Roméo benêt, face à une délicieuse gourde prénommée Juliette. La scène est hilarante au possible portée par la fantaisie du duo : Noëlle Salomon / Alexis Long.

" Baiser menteur " quand les années de mariage ont quelque peu émoussé les sentiments de l'époux, ce dernier se prendra pour un Ulysse des tavernes après avoir fait fi des prescriptions de la loi Evin.

Alors, lasse de jouer les Pénélope, la comtesse se consolera platoniquement grâce au mythe de l'Ange gardien.

Dracula s'invitera ensuite de façon inattendue à cette sarabande puis nous reviendrons à des moeurs plus charmantes par les soins conjugués du célèbre trio : Pantalon, Arlequin et Colombine.

David Clair, tour à tour cuisinier en chef qui rate ses plats, tant son attention est bousculée par les projets théâtraux de la Comtesse, sera successivement un mari parti en Croisade, frère Laurent et Pantalon, sa bonhommie naturelle convenant parfaitement à tous ces personnages.

 

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Spectacle ludique et joyeux par excellence ce dont nous avons le plus besoin par les temps qui courent …

Bravissimo ! ! !

Allez-y nombreux car ils le méritent bien.




Simone Alexandre

 

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10:48 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/11/2016

Place Dauphine de Mélanie Rodrigues

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LE GUICHET MONTPARNASSE

 

15, Rue du Maine

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

Loc. 01 43 27 88 61

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

http://www.guichetmontparnasse.com/

 

Vendredi et Samedi à 20h30

 

Dimanche à 16h30

 

 

Texte et mise en scène : Mélanie Rodrigues

 

avec : Kenny Douala et Damien Jouillerot

 

ainsi que : Adeline Riffault-Guyot

 

 

Place Dauphine, un duo explosif !


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Deux hommes que la vie a mis en lambeaux se retrouvent au 5ème sous-sol d'un lieu qu'ils ne peuvent en un premier temps identifier.

 

Une simple lucarne leur permet un regard sur l'extérieur et ce qu'ils y voient est carrément apocalyptique.

Un chapelet de : " ô putain ! " résumera parfaitement la situation.

Nous allons tout d'abord faire la connaissance de l'athlétique Erwan, ( Kenny Douala ) un breton-bronzé qui présente tous les symptômes d'un lendemain de cuite.  Pour illustrer la situation, il déclare que ses cheveux crépus " lui poussent à l'intérieur " … ( la formule est imagée et la salle s'esclaffe, ce qui arrivera assez souvent par la suite).

Dauphine-2.jpgPuis arrive Romain, ( Damien Jouillerot ) tout rond, tout rose et encore plus en lambeaux que le premier. Il sort de boîte et à peine frimeur, prétend que ce sont les " meufs " qui l'ont mis dans cet état !

En fait - sans le savoir - ils se sont associés pour que la catastrophe arrive. L'un a ouvert le gaz et l'autre allumé une cigarette.

 

Nous avons les conséquences sous les yeux.

L'événement a eu lieu un 15 Août date à laquelle, Erwan a voulu fêter l'Assomption à sa façon. Il était désespéré et se croyait aussi seul dans la vie que dans l'immeuble. Pour lui et jusqu'à ce jour, la dissociation entre le corps et l'esprit fut toujours ratée car il n'en est pas à son coup d'essai.

Dauphine-3.jpgAprès quelques empoignades tant verbales que physiques, les deux hommes vont raconter ce que fut leur vie jusqu'à ce jour. Brillante et insouciante pour Romain, morose voire désespérante pour Erwan,  puis peu à peu, les personnages vont évoluer, voir ce que fut leur vie sous un autre angle ...

Une mystérieuse et belle Dame Blanche incarnée par Adeline Riffault-Guyot fera ponctuellement son apparition - démarche que le spectateur interprètera à son gré - en fonction de ses acquis personnels car il est évident que la lecture de la pièce peut s'effectuer à différents degrés. ( le décryptage étant ici tant religieux que politique )

La pièce est habilement construite, les personnages sont drôles à souhait et après nous être posé beaucoup de questions, nous ne redescendrons sur terre qu'à la fin.
Parfaitement ravis par la double interprétation - ô combien contrastée ! - de ces comédiens à l'énergie incroyable !

N'hésitez pas, ruez vous au Guichet Montparnasse, je vous promets un dérouillage de zygomatiques comme vous en avez rarement connu.  


Simone Alexandre

 

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09:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/11/2016

Trahisons de Harold Pinter

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THEATRE de MENILMONTANT

 

15, Rue du Retrait

 

75020 PARIS

 

 

 

(M° Gambetta)

 

loc. 01 46 36 98 60

 

Pl. 22€ - T.R. 15€

 

https://www.menilmontant.info/

 

Le mardi à 21h,

 

Mercredi à 19h SAUF le 23.XI à 21h

 

Relâche les 29 & 30 Novembre

 

jusqu'au : 14 DECEMBRE 2016

 

Mise en scène : Carole Proszowski

 

avec : Séverine Saillet, Fabien Leca et Hakim Djaziri

 

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Symbolisme des couleurs : espace scénique noir, sur lequel éclate la luminosité des cubes blancs.

Ce jeu de contrastes sera complété par une paroi translucide située en fond de scène qui permettra de visualiser la ponctuelle chorégraphie, à l'instar des ombres chinoises.

Emma ( Séverine Saillet ) et Jerry ( Fabien Lecas ) se retrouvent après deux années d'éloignement volontairement réciproque. L'un et l'autre sont mariés et ont chacun deux enfants.

- " Comment va Robert ? " dit Jerry
- " et Judith ? " répond Emma.

Echange de politesses non dénué d'arrière-pensées.

Nous ne tarderons pas à apprendre qu'une liaison de sept années ( ! ) a réuni ces deux-là. Nous autres spectateurs allons assister à un petit jeu ( pardonnez l'expression ) du " cours après moi que je t'attrape " et il est évident que rien n'est anodin entre eux.

Emma prétend être sur le point de divorcer d'avec Robert ...

( meilleur ami de Jerry ) Les époux auraient même passé la nuit à discuter et se livrer des confidences. ( aveux d'infidélités avec noms à l'appui.) Malaise … trouble de Jerry, visiblement contrarié, lui qui n'a jamais fait part de cette liaison à âme qui vive !

Pinter excelle à mettre en place ces atmosphères tendues, au climat lourdement menaçant, où l'ambiguïté des attitudes joue du mystère pour mieux se protéger en mystifiant l'autre.

Une sourde jalousie qui refuse de se reconnaître pour telle, tisse sa toile et engluera le trio dans l'inextricable.

 

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Après ce dialogue entre amants nous assisterons aux retrouvailles des deux amis.


Très curieusement les faits évoqués ne seront pas identiques. Ruse ou simple manifestation de confiance aussi inexplicable qu'indestructible de la part du mari ?
Autant Jerry semble sur le qui-vive, autant Robert ( Hakim Djaziri ) fait figure de roc inattaquable mais peut-on se fier aux apparences ?

Emma quant à elle, échappe aux définitions en cette partie d'échecs.

Les échanges verbaux sont ponctués de parenthèses chorégraphiques et là, les corps en disent plus que les mots.

Ce qui m'avait paru superfétatoire ( la chorégraphie ) avant d'avoir vu le spectacle, et pour tout dire, presque iconoclaste, trouve ici sa justification, preuve que la mise en scène de Caroline Proszowski fut intelligemment conçue, l'esthétisme pouvant justifier à lui seul la démarche, mais pas seulement.

Lumières et musique habillent avec bonheur le spectacle alors que le thème - ô ironie ! - s'offre le luxe d'être résumé par la réplique finale que vous aurez hâte de découvrir, n'en doutons pas.




Simone Alexandre

 

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10:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent