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04/12/2007

La veuve, la couturière et la commère de Charlotte Escamez

THEATRE de L' ATALANTE
10, Place Charles Dullin
75018 PARIS
(M° Anvers)
Loc. 01 46 11 90
Tarifs : 18€, 13€ & 8€

Du mercredi 14 novembre au samedi 22 décembre 2007
Lundi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 20h.30
Dimanche à 17h. (relâche le mardi)

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Photo : BM Palazon.

Farce onirique et meurtrière,
Mise en scène et lumières : William Mesguich

avec : Agathe Alexis (Maria) - Anne de Broca (Lola) - Michèle Simonnet (Antonia) - Philippe Fenwick (L'hidalgo) - Zbigniew Horoks (Le fou).

Texte publié aux éditions : " L'oeil du Prince "

Trois Erinnyes, trois sorcières de Macbeth, distillent leur venin sur une île. Elles font penser à des naufrageuses auprès desquelles il est plus qu' imprudent d'accoster.
Agathe Alexis, Anne de Broca et Michèle Simonnet seront ces trois fossoyeuses vengeresses, rivalisant de talent. Hydre tricéphale auprès de qui s'abîmeront l'hidalgo (Philippe Fenwick) et le fou (Zhigniew Horoks) dont la fantaisie respective sera confrontée à ces mégères apocalyptiques.
William Mesguich anime l'action grâce à une mise en scène active, inventive ...
Charlotte Escamez (l'auteur) tricote la métaphore, entrelaçant les fils de cette farce " onirique et meurtrière" où effectivement, la mort et la folie jouent les équilibristes sur le fil du rasoir.
Ces trois femmes s'activent sous nos yeux, l'une rafistole, l'autre embaume tandis que la troisième reste à l'écoute de ce qui se passe ou de son imagination, ce qui revient au même.
Le spectateur s'interroge tout au long de la pièce essayant de décrypter ce qu'il voit et entend, se surprenant à imaginer la fin ignorant si ce à quoi il assiste se déroule sur terre ou en enfer?
Submergé d'hypothèses toutes plus aléatoires les unes que les autres, on se laisse finalement porter par le jeu des interprètes car le climat est onirique, surréaliste et ... pardonnez du peu, fantastico-macabre !
Les partenaires masculins bien que victimes expiatoires ne sont pas en reste ...
Aucun fou ne saurait égaler celui-là quant à l' hidalgo ou hidalgotte si vous préférez, le personnage semble sorti tout droit d'un film d' Almodovar.
Bref, une pièce qui interroge, tout spécialement destinée à ceux qui aiment se poser des questions et qui parvient ensuite à nous hanter de bien étrange façon ...

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

19:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

L' EDUCATION DE RITA de WILLY RUSSELL

THEATRE MOUFFETARD
73 Rue Mouffetard
75005 PARIS
(M° Place Monge)
Loc. 01 43 31 11 99
Prix des places : 22€
TR : 15€

du 22 novembre au : 5 janvier 2008
du mercredi au vendredi à 20h.30
samedi à 17h & 21h.
dimanche à 15h.
ATTENTION : du 19 au 31 décembre, du mercredi au samedi à 21h.
samedi à 17h. dimanche à 15h. lundi à 21h.
matinée supplémentaire mardi 18 décembre à 18h.

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Adaptation : Adriana SANTINI
Mise en scène : Christophe LIDON

avec Pierre SANTINI & Adriana SANTINI.

J'ai - en son temps et comme beaucoup - vu le film mais comme cela ne date pas d'hier et ne l'ayant pas revu depuis, me voilà du même coup à l'abri de toute comparaison.
Du reste, peut-on mettre en parallèle cinéma et théâtre, j'aime à croire que cela est impossible, même si parfois les deux disciplines se confondent au mépris de toute imagination.
Ah ! cet abus de vidéos sur scène ... Ici, il n'en est rien, fort heureusement et la bibliothèque aura même certains aspects ludiques ...
Pierre Santini sera Frank, ce vieux professeur alcoolique et sa fille Adriana jouera les tornades sous le nom de Rita. Nous ne sommes pas loin du Pygmalion de Shaw et la jeune femme a (presque) tout à découvrir ... Ce faisant, elle va peu à peu inciter son mentor à reprendre goût à la vie. Ce ne sera pas sans heurts ni sans difficultés car ces deux personnalités d'âge différent vont nécessairement s'affronter. Les milieux sociaux diffèrent aussi ce qui est un obstacle de plus pour cette coiffeuse de 26 ans sorte de petit canard sur le point de devenir cygne, qui n'appartient plus à l'univers qui est encore le sien et pas encore à celui auquel elle aspire. Il n'est pas rare que stimulé, l'élève dépasse le maître ou du moins le suppose ce qui peut déboucher sur un conflit. Ces deux là vont vivre sous nos yeux toutes les phases de leur évolution jusqu'à ce qu'ils prennent conscience de leur complémentarité.
Adriana Santini apporte sa fougue volontiers iconoclaste au personnage de Rita tandis que son parental homonyme lui oppose sa proverbiale solidité. Le fait que père et fille jouent ensemble ces deux personnages leur enlève peut-être un peu d'ambiguïté mais les spectateurs pourront bien sûr, imaginer la suite de l'histoire selon leur gré et ce avec d'autant plus de facilité qu'il m'a semblé que la fin restait ouverte.
A voir, bien sûr !

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

18:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/12/2007

BASILE de Caroline DARNAY

THEATRE DU PETIT GYMNASE
38, bd. Bonne Nouvelle
75010 PARIS
(M° Bonne Nouvelle)
Tél. 01 42 46 14 07
Pl. 25€ TR. 10€

jusqu'au : 23 décembre 2007
chaque samedi à 18h.

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Mise en scène : Rémi PRECHAC
avec Caroline DARNAY et Damien BOISSEAU.

Une histoire un peu ... " brut de décoffrage " issue d'un cerveau actuel, traitant d'une période que Dumas illustra avec talent, des sentiments que Marivaux traita avec subtilité mais il serait - il est vrai - malaisé d'être les deux à la fois.
Basile en sa qualité de chef de la police, appartenant au sieur Mazarin et cadet (non de Gascogne) mais celui du surintendant Fouquet (pleurez, Nymphes de Vaux ... là, j'anticipe ! ) va malencontreusement tomber amoureux d'une femme au dessus de sa condition puisqu'il s'agit de la duchesse de Châtillon laquelle à ses heures perdues, complote quelque peu pour le Prince de Condé ...
Bien entendu, la belle n'a que mépris pour le commensal du célèbre cardinal.
Il va donc sous couvert de disgrâce royale, la kidnapper afin de l'avoir à disposition. On ne saurait être plus expéditif !
N'oublions pas que le Siècle de Louis XIV fut également celui de " l'affaire des poisons " mais notre homme ne courtisait pas La Voisin et de toutes façons, l'amour rend aveugle quand ce n'est pas complètement idiot, comme chacun sait.
Croyant tenir sa proie en ses griffes acérées, Basile va avaler le poison après avoir fait cadeau de l'antidote. Pas très finaud, notre chef de la police !
Rassurez-vous, tout coeur de pierre comporte une faille par laquelle Cupidon parviendra à se faufiler. Ouf ! on a eu peur ...
Le spectacle se partage entre séquences filmées et scènes jouées. Les costumes sont superbes, le décor à la fois fonctionnel et très beau. Il est seulement dommage que l'on voit les interprètes eux-mêmes le modifier sous nos yeux à une époque où l'on ne manquait pas de domestiques.
Damien Boisseau nous campe un Basile au jeu nuancé quant à son auteur(e)-partenaire, cette dernière boule le texte de façon littéralement suicidaire.
On est tenté d'ajouter : après tout c'est le sien et elle en fait ce qu'elle veut !
A ce détail près et si l'on n'est pas allergique à la mixité des genres actuellement à la mode, (vidéo-théâtre) les spectateurs pourront passer cette heure et demie d'assez agréable façon.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

10:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/11/2007

La maison de Bernarda Alba de Federico Garcia Lorca

THEATRE de la JONQUIERE
88, rue de la Jonquière
75017 PARIS
(M° Guy Moquet, Brochant, Porte de Clichy)
Loc. 06 32 46 78 37
Pl. 13€ TR.11€

Du 28 novembre au 1er décembre 2007 à 20h.

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Adaptation et mise en scène : Georges TAPIA
avec Myrna Raccah (Bernarda) - Thérèse Guichard (La Poncia) - Christiane Bastide (Maria Josefa) - Valérie Ferron (Angustias) - Leocadie Brissaud (Magdalena) - Juliette Di Pasquale (Amelia) - Marianne Dell (Martirio) - Nadège Sapède - Ariane Mourier (Adela).

A une époque où tout va trop vite, il est malaisé de faire la preuve de l'aboutissement d'un spectacle en seulement quatre représentations. C'est ce que tente actuellement Georges TAPIA qui a réécrit La Maison de Bernarda Alba afin de rendre la pièce jouable par les huit comédiennes qu'il avait à disposition ...
Le décor est constitué de voilages blancs sans doute pour souligner la présence de ces cinq filles qui rêvent désespérément de mariage sous le toit d'une mère tyrannique. Le père vient de mourir et l'ainée âgée de presque 40 ans se voit brusquement convoitée par un coq de village.
A la lucidité de La Poncia (domestique fidèle, ici sans doute un peu trop effacée) s'oppose l'égoïsme dominateur de l'omniprésente maîtresse des lieux.
Les jeunes comédiennes (plus jolies que Lorca l'avait prévu) s'acquittent de leur rôle respectif avec une aisance qui ira croissant si bien entendu la pièce perdure en ce lieu ou est reprise ailleurs.
Quant à cette harpie claudicante qui a pour nom : Bernarda Alba, la comédienne ayant mémorisé le livret aurait tout intérêt à oublier la partition car Myma Raccah chante étrangement le texte situant son autorité dans la canne qu'elle brandit à tout bout de champ. (A l'issue d'une apparition, on pourrait presque croire qu'elle dort avec). Le metteur en scène nous a dans le passé fourni d'intéressantes réalisations ce qui nous amène à penser que cette pièce n'en est qu'au stade du rodage et qu'après avoir resserré quelques boulons (comme on dit en jargon de métier) tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes ...
Une mention à Christiane Bastide dont la fugitive omniprésence nous arrache un sourire par le biais de sa composition de vieille folle amusante au possible.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

10:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent