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10/12/2009

La patience des buffles

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS

M° Abbesses ou Blanche.

Loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ & 13€

PROLONGATION JUSQU'AU 1er AVRIL 2010

du lundi au jeudi à 21h.

 

(photo : Sandra Raphaël)

d'après le recueil de nouvelles

"LA PATIENCE DES BUFFLES SOUS LA PLUIE"

de David Thomas

Adaptation et mise en scène : Julien Sibre

avec Marc Bottiau, Raphaël Cohen, Stéphanie Hédin, Sandra Valentin.


Vu sous l'angle de l'astrologie chinoise, le titre est carrément pléonastique mais cette pièce tombe à pic juste avant que l'année du Buffle ne soit terminée. (Clin d'oeil par conséquent.)

Deux couples vont et viennent sous nos yeux, animés par une habile mise en scène, sublimés par des lumières parfaitement mises au point.

Quant aux sentiments exprimés alors là ... c'est un régal !
Combien de fois avons nous au cours de notre vie formulé ce souhait immédiatement suivi d'un chapelet de situations possibles, la phrase débutant par,

- " j'aimerais ... j'aimerais ... "

Seulement voilà, pour obtenir il faut être deux et c'est là que les difficultés commencent. Il convient alors de conjuguer avec l'autre, de se mettre au diapason et parfois, le bât blesse car les ego ne fusionnent pas aussi facilement.


Vu de la salle, confortablement installé dans son fauteuil, les situations paraissent cocasses et même franchement délirantes mais si séduisants soient ils, essayez de vous mettre dans la peau des personnages et vous n'allez pas rire, (plus qu'eux en tout cas).  Nous, spectateurs toujours un peu voyeurs, toujours un peu sadiques, nous en donnons à coeur joie !


Drôlissime, la scène où l'un des partenaires se met en condition pour dire à l'autre ses quatre vérités mais va bien au contraire entendre les siennes.
Hilarante, cette autre scène où l'une des deux femmes récapitule ses amants un peu à la façon dont on comptabilise un stock de pulls pour l'hiver.


Où donc la pudeur masculine va t' elle se nicher ?
Avouez que se ceindre les reins d'une serviette pour enfiler un slip devant quelqu'un qui vous a déjà vu nu comme un ver ... il fallait y penser.

Ce sont ces petits riens qui font la vie d'un couple rendant l'autre attendrissant ou carrément insupportable au gré du stade d'évolution de la vie commune.


Ces deux couples de comédiens débordent d'énergie et de drôlerie inventive ce qui vous permettra de passer un excellent moment en leur compagnie et puis - au passage - cela vous rappellera tellement de choses ... Non ? Osez dire le contraire !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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11:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

06/12/2009

Les enfants du soleil de Maxime Gorki.

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THEATRE 13

103 A, bd Auguste Blanqui

75013 PARIS

(M° Glacière)

loc. 01 45 88 62 22

Pl. 22€ - T.r. 15€

(le 13 de chaque mois, tarif unique : 13€)

mardi, mercredi, vendredi : 20h.30

jeudi et samedi : 19h.30

dimanche : 15h.30

jusqu'au : 13 décembre 2009.

Nouvelle traduction d'André Markovicz

Mise en scène : Côme de Bellescize.

avec Michel Baladi, Sabrina Bus, Jonathan Fussi, Vincent Joncquez, Eléonore Joncquez-Simon, Gaël Marhic, Sidney Ali Mehelleb, Teddy Melis, Alix Poisson, Nathalie Radot, Colette Venhard.


La mise en scène de Côme de Bellescize fait de cette pièce un spectacle bouillonnant, aidée en cela par la traduction d'André Markowicz qui rend le texte de Gorki quasi actuel.

Si métaphorique que soit l' histoire qui nous est racontée, le contexte est curieusement d'actualité aussi les clins d'oeil ne manqueront-ils pas.
L' épidémie de choléra nous amène à penser à l'actuelle grippe A et les comédiens s'amusent à utiliser de temps à autres des masques que l'on imagine tout droit sortis de la plus proche pharmacie.
Complètement obnubilé par ses recherches et autres expériences, Pavel fait à peine attention à ceux qui l'entourent, délaisse son épouse Eléna, ce qui active d'autant l'intérêt de Dimitri pour cette dernière, jusqu'à ce qu'un triangle amoureux s'ébauche mais en attendant, l'époux ne voit rien, n'entend rien.
Mélania ( extraordinaire Eléonore Joncquez-Simon ! ) n'a d'yeux que pour cet omniprésent absent; elle est prête à tout pour lui, se propose même à vendre ce qui lui appartient afin de le lui offrir. Elle ira jusqu'à se traîner à ses pieds (dans tous les sens du terme) tandis que notre savant restera sur son petit nuage dont il semble que rien ni personne ne puisse le déloger. D'autres couples et d'autres drames s'agitent pourtant autour de lui ...
Le vétérinaire se meurt d'amour pour la soeur de ce chimiste expérimentateur laquelle semble aussi décalée que son frère mais sans l'excuse que procure une  monomanie qui se veut constructive. Tchépournoï en fera les frais et par voie de conséquence le faible équilibre de l'indécise sombrera complètement.
" Quand on désire très fort, on ne raisonne pas " or c'est bien là que se niche le moteur de l'action et de tous ces personnages. Le danger qui plane au dessus de leurs têtes a pour conséquence qu'ils vivent tous dans l'urgence et les sentiments en sont exacerbés, jusqu'à la bonne qui rendra son tablier pour aller vivre ailleurs, un évident n'importe quoi.

Ne serait-ce que pour justifier le titre mais pas seulement, les lumières ont une grande importance dans la pièce, car il convient qu'elles jouent avec ce décor tout en transparence dont les aménagements vont ponctuer le temps qui s'écoule quatre jours durant.
Nous assistons à une irrésistible farce tragique mettant en scène les membres d'une société où chacun reste ancré dans sa classe sociale même s'il n'en est pas toujours conscient.

" Il ne faut pas que ça bouille " ...   mais tout est en ébullition à commencer par les comédiens relayés au final par les spectateurs enthousiastes. Courez-y vite : la pièce se joue encore jusqu'au 13 décembre.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photos : Antoine Melchior)

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09:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/12/2009

Le mec de la tombe d'à côté.

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PETIT ST-MARTIN

17, rue René Boulanger

75010 PARIS

(M° République)

Loc. 01 42 02 32 82

Pl. 30€, 24€ - Etudiants 10€ du mardi au jeudi.

Tous les jours sauf dimanche & lundi à 20h.30

matinée supplémentaire le samedi à 17h.30

d'après le roman de Katarina Mazetti, (Editions Gaïa)

Adaptation : Alain Ganas -

avec Anne Loiret et Vincent Winterhalter.


Nous allons assister à ce que nos parents ou grand-parents nommaient une mésalliance. Les hasards de la vie vont faire qu'une femme plutôt bourgeoise, intellectuelle, va croiser le chemin d'un paysan.
A l'origine, tout les sépare, l'aspect physique de chacun et leur construction mentale surtout et avant tout.
Ce qui n'a jamais empêché la survenance d'un coup de foudre n'est-ce pas ?
La rencontre aura lieu au cimetière puisque Daphnée a coutume de venir sur la tombe de son époux avec lequel elle n'a vécu que durant cinq années mais sa disparition a créé un vide, forcément.
Jean quant à lui vient - dès qu'il a un moment à lui - sur la tombe de sa mère et lui raconte tout, alors cette présence à proximité va commencer par l'agacer.
Comme tout macho qui se respecte, si une femme n'est pas là pour donner un coup de main à la ferme il convient qu'elle soit maquillée et juchée sur des talons hauts. Celle là a le visage net et s'habille de façon neutre d'où le surnom dont il va rageusement la gratifier : " la beigeasse ! "
Le petit angelot au carquois devait déjà les ajuster de derrière une tombe ...
Il a suffi pour cela d'un regard, d'un sourire et le poisson était ferré. Jean va commencer par battre en retraite, jouer de la distance c'est à dire de l'absence mais reviendra immanquablement.
Une idylle va s'amorcer entre eux deux et surtout une fulgurante entente sexuelle ! En clair, Jean va révéler Daphnée à elle-même ... seulement voilà, l'une lit Schopenhauer et l'autre ... Mickey. Notre intello a coutume de vivre dans un décor tout blanc tandis que son compagnon patauge en plein purin. Une période de réflexion ne va pas tarder à s'imposer. Ne comptez surtout pas sur moi pour vous raconter ce qui va se passer ensuite ...
Les deux comédiens sont parfaits dans leur rôle respectif, le texte déclenche de façon ponctuelle l'hilarité des spectateurs, bref allez y car en leur compagnie l'ennui est impossible et puis cela donnera de l'espoir à certains !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photos : Lot)

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14:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent