Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/03/2011

Pluie d'enfer de Keith Huff

visuel-pluie.jpg

La Pépinière théâtre

7, rue Louis le Grand

75002 PARIS

(M° Opéra)

loc. 01 42 61 44 16

Pl. 29 à 39€

- 26 ans : 11€

A 21h. du mardi au samedi

Matinée le samedi à 16h.

Adaptation française : Alexia Périmony et Benoît Lavigne.

Mise en scène : Benoît Lavigne

avec Olivier Marchal et Bruno Wolkowitch.

 

Deux hommes, deux flics, deux copains, une amitié violente, une trahison presque obligatoire et tout cela tient dans une même pièce au style très américain (et pour cause.)  Les habitués des séries policières télévisuelles ne seront pas pris de court puisque comme on dit en certain milieu, ils sont au parfum. (les comédiens également, rompus depuis longtemps à ce genre d'exercice.)
Alors quoi, diront certains, on va désormais au théâtre pour retrouver des héros télévisuels ? ... La pièce est d'une construction bizarre, Denny (Olivier Marchal) et Joey (Bruno Wolkowitch) s'adressant tour à tour au public, pour ensuite s'opposer l'un à l'autre avec violence, sans oublier d'évoquer ce qui s'est passé par le biais de flash-back. " Un film d'action destiné à la scène " dit Keith Huff quand il veut définir ce qu'il a écrit. Les deux personnages ressemblent à deux silex qui font des étincelles en se heurtant. Certes, la mise en scène de Benoît Lavigne est quelque peu statique, l'action étant justifiée par le langage et la psychologie abrupte de ces deux hommes piégés par les événements. A trop fréquenter les voyous certains flics finissent par ne plus savoir qui ils sont. La pluie qui tombe ressemble à la neige envahissant le petit écran quand il y a problème ... musique et lumières feront le reste. Les spectateurs quant à eux se demandent vaguement angoissés comment tout cela va finir et c'est précisément ce qui fait le succès du spectacle.
A voir, plus pour les comédiens que pour le texte dont la construction déroute un peu notre conception habituelle du théâtre.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

pluiedenfer.jpg

Photos : Mirco Magliocca

23:19 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/03/2011

Audiard par Audiard

Kalfon-h.jpg

LUCERNAIRE

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS

(M° N.D. des Champs)

loc. 01 45 44 57 34

www.lucernaire.fr

A 20h. du mardi au samedi

Dimanche à 15h.

jusqu'au 25 Mars 2011

Montage et lecture, Jean-Pierre KALFON

d'après le livre édité par René Chateau
dans sa collection " La mémoire du cinéma français "

 

On parlait jadis des titis parisiens, ces mômes plus ou moins prolongés qui cultivaient la gouaille comme une fleur rare et avaient toujours sous la casquette une réplique prête à fuser au moindre incident.  Michel Audiard était de ceux là.
A l'époque, vous ne risquiez pas le tribunal pour un mot de travers prononcé lors d'un brouillard éthylique. Les lobbies n'avaient pas encore eu le temps d'imposer leur loi. Audiard, c'était dans toute sa splendeur ce que l'on nommait l'esprit parigot. On s'épuiserait en vain à le dénicher maintenant, le politiquement correct ayant stérilisé le langage.
En s'inspirant du pavé édité par René Chateau, Jean-Pierre Kalfon nous gratifie de sa présence, seul en scène afin de mieux nous parler de celui qu'il a choisi d'évoquer.
C'était effectivement un hommage à rendre au dialoguiste sans lequel le cinéma français n'aurait pas été ce qu'il fut, n'en déplaise à La Nouvelle Vague et à l'indigence qui a suivi.
Combien de fois, le regret s'est imposé à nous au sortir d'un film insipide à l'issue duquel la phrase " hélas, Audiard est bien mort " nous venait à l'esprit.
Avec lui, le verbe était vivant, percutant, ironique tout ce qui nous fait défaut actuellement. Certes, l'homme n'eut pas que des amis mais il était impossible de rester indifférent. On l'adorait ou on le détestait, il n'y avait pas de moyen terme. C'est même ainsi que l'on reconnaît les personnalités réelles et non celles fabriquées par une notoriété issue de campagnes publicitaires qui rapportent. (comme les clébards, pour rester dans l'esprit du texte)
Et puisque Michel Audiard n'a pas eu le temps d'adapter " Voyage au bout de la nuit " de Louis-Ferdinand Céline, puis-je ici, exprimer un souhait ? Il m'a semblé que Jean-Pierre Kalfon serait l'interprète idéal pour évoquer celui dont la parole est actuellement confisquée par un confrère de talent certes mais dont la préciosité correspond peu à celui dont elle est issue.
Allons, bon, voilà que je m'égare ... la parole est à Audiard et rien qu'à lui, véhiculée  par un fervent admirateur qui en retour bénéficie de notre complète adhésion. Merci, à Jean-Pierre Kalfon de réveiller ainsi nos esprits endormis.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

Audiard-4.jpg

Photos LOT


10:26 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/03/2011

Parce que je la vole bien de Laurent Ruquier.

parceque-h.jpg

 

THEATRE SAINT-GEORGES

51, rue St-Georges

75009 PARIS

(M° St-Georges)

loc. 01 48 78 63 47

Pl. de 19 à 54€

- 26 ans : 10€ les mar, mer, jeudi.

du mardi au samedi à 20h.45

Matinée le dimanche à 15h.

 

Mise en scène, Jean-Luc MOREAU

avec Catherine ARDITI, Ariel WIZMAN, ARMELLE, Rémy ROUBAKHA, Olivier PAJOT, Bertrand DEGREMONT.

Le sujet était en or, ce qui paraît logique en fonction des personnages et de la situation évoqués.
Décor de nouveau riche, tape à l'oeil au possible avec pour que l'on comprenne bien, une baignoire située en fond de scène, remplie de billets de banque, clin d'oeil à Oncle Picsou, preuve que l'auteur connaît ses classiques.

La pièce se veut une parodie appuyée de l'affaire Bettancourt mais nous n'apprendrons rien que nous ne sachions déjà.
Catherine Arditi est une cougar aussi prolongée que milliardaire, du moins l'était-elle avant de rencontrer ce gigolo auprès duquel son capital a perdu quelques zéros en route et la comédienne est parfaite, mais il lui faudra attendre encore un bon quart de siècle pour se rapprocher physiquement de l'original ...
Le théâtre de Ruquier est constitué de répliques qui se veulent drôles et y parviennent parfois, lesquelles fusent avec la rapidité d'une mitraillette. Conséquence, dans le nombre les moins bonnes sont oubliées au profit des suivantes. Après tout, c'est une technique comme une autre et qui, apparemment a fait ses preuves.
Ariel Wizman a tout du marlou désinvolte et cynique tandis qu'Armelle joue la fille par qui le scandale est arrivé grâce à la complicité de Georges le majordome interprété de façon remarquable par Rémy Roubakha. L'héritière légale qui se croit lésée caquettera comme une poule à qui on a volé tous ses oeufs.
La pièce n'est pas méchante et il semble que Laurent Ruquier ait voulu épargner la vieille dame car de même que les sourds entendent quand ils le veulent bien, celle ci jouera avec malice à avoir des pertes de mémoire au bon moment.
Beaucoup d'huile fut donc versée dans les rouages de cette comédie grinçante afin qu'elle tourne de façon optimale. Cela dit en tant qu'auteur dramatique, notre amuseur a autant de chance de passer à la postérité que moi d'être béatifiée ! Mais qu'importe, le public s'éclate comme on dit et puisqu'il est venu pour ça, que demander de plus ?

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

Parceque-lot.jpg

Photos : LOT.

 

15:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent